S* VII. GU I ANE
C’est une vaste contrée située entre les rivières d’O rénoque et des Amazones , depuis les 2e. jusqu’au 9e. degré de latitude septentrionale. La vigne , le grenadier et le figuier sont les seuls arbres fruitiers transportés d’Europe, qui aient réussi dans quelques parties ; mais les raisins pourissent pendant la saison pluvieuse , et sont dévorés par les insectes dans les temps chauds.
Les nègres révoltés de Surinam font en abondance du vin de palmier 5 ils se le procurent par une ineision d’un pied carré dans le tronc de l’arbre , ea reçoivent le jus dans un vase, et le mettent fermen-
ter au soleil : cette boisson est agréable , fraîche , et assez forte pour enivrer.
Les Indiens libres ont plusieurs sortes de boissons, et entre autres le jus du fruit qu’ils nomment coumou. L’arbre qui le produit est un palmier de la plus petite espèce; ses semences sont renfermées dans des baies d’un bleu pourpré, qui ressemblent à des grappes , et dont la pulpe adhère légèrement à un nojau dur et rond comme une balle de pistolet. On fait macérer et dissoudre ces baies dans de l’eau bouillante , et l’on y ajoute du sucre et de la cannelle ; cette boisson a un goût prononcé de chocolat. Un autre breuvage , que les Indiens appellent pivori , est une mixtion de pain de cassave (i) mâché par les femmes et fermenté dans de l’eau ; elle a le goût de la bière douce anglaise , et peut enivrer. Le pain de maïs ou blé d’Inde sert aussi aux naturels delà Guiane à faire une autre liqueur : ils l’émiettent et le font macérer dans de l’eau jusqu’à ce que cette infusion fermente comme la précédente ; ils la nomment chiacoar . Ils en ont encore une quatrième appelée Cfissirj ; c’est un composé d’igname , de cassave, d’oranges aigres et de sucre ou de thériaque bien macérés et fermentés dans l’eau. Tous ces breuvages sont enivrans quand on en fait excès.
Les renseignemens que j’ai obtenus sur le carac-
(i) Farine faite avec la racine de manioc séchée.
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1ère et la qualité des vins récoltés dans cette partie du monde , ne sont pas assez certains pour que je puisse indiquer positivement le genre auquel ils appartiennent , et assigner à chacun d’eux le rang qu’il doit occuper. Cependant je crois pouvoir considérer les vins dePasso-dei-Norte, dans le Nouveau-Mexique , et de Paras , dans la Nouvelle-Biscaye , comme des vins de liqueur de seconde classe ; ceux de Saint- Louis-de*la-Paz et deZelaya, dans le Méchqacan, seroient alors de la troisième.
Les vins de San-Diego-, San- Juan, Capistrano , San-Gabriel , San-Buonaventura, Santa-Barba,San- Luis*Obispo, Santa-Clara et San-Jose, dans la Californie , et ceux des nombreux vignobles des royaumes de Lima , de la Plata et du Chili, dans l’Amérique- Méridionale , me semblent parcourir toutes les nuances de qualité de ceux de troisième , quatrième et cinquième classes. Les vins rouges que l’on récolte près du Nouveau- Madrid , dans la Haute- Louisiane, et de Philadelphie , dans les Etats-Unis, ne peuvent entrer que dans la cinquième.