VINS BLANCS ET MUSCATS
On fait peu de vins blancs dans ce pays , et seulement pour la consommation. Quelques propriétaires font des vins muscats rouges et blancs ; les premiers sont les plus estimés.
Le principal commerce des vins et eaux-de-vie se fait à Toulon , d’où ils s’expédient par mer pour les pays étrangers.
Le vin se vend à, la millerole ou charge qui contient de 62 à 70 litres. Les eaux-de-vie se vendent au poids , futaille comprise.
Les tonneaux en usage pour le vin se nomment barriques 9 et contiennent 228 litres $ ceux pour les eaux-de-vie se nomment boutes et contiennent depuis 5oo jusqu’à 664 litres.
5. III. Département de Vaucluse, formé du comtat d’ Avignon y de la principauté d’ Orange et de la partie nord-ouest de la Provence ; il est divisé en quatre arrondissemens : Avignon, Apt , Carpenlras et Orange .
Vingt-un mille hectares de vignes cultivées dans cent cinquante communes , produisent , récolte moyenne, 5oo,ooo hectolitres de vin, dont 180,000 sont consommés par les habitans ; le surplus est exporté en Suisse, en Allemagne et dans l’intérieur du royaume. On en convertit une foible portion en eau-de-vie.
La vigne est ordinairement tenue haute dans ce pays ; les ceps sont robustes et durent fort longtemps ; ils forment des allées dans lesquelles on passe la charrue et où l’on sème du grain , de manière que le sol paroît comme partagé en bandes dont les unes sont façonnées en terres labourables,
et les autres en vignes.
Les plants le plus généralement cultivés se nomment grenaches, terreins et connoges.
PaVini le grand nombre de vignobles que contient ce département, on en distigue plusieurs qui fournissent de bons vins \ mais on en compteroit beaucoup plus , si les propriétaires apportoient plus de soin dans le choix des plants et dans la culture.
VINS ROUGES
P r entière classe .
Avignon y chef -lieu du département, a sur son territoire un cru nommé le Coteau-Brûlé ; il n’est que de 12 hectares, et produit un vin plein de feu , de finesse et d’agrément , dont on récolte cependant une trop loible quantité pour que tous les amateurs puissent s’en procurer.
Châteauneufy à quatre lieues et demie d’Orange. Les vins de ce vignoble , provenant de plants anciens du pays et nouveaux d’JEspagne, quoique chauds, sont délicats et fins. Les meilleurs se récoltent dans les clos dits de la Nerthe et de Saint- Patrice. Plus colorés que les précédens , ils ont du velouté et de l’agrément : le moment de les boire dans leur parfaite maturité , est lorsqu’ils ont trois à quatre ans.
Sorgues , canton de Bédarrides , à deux lieues nord-est d’Avignon, fournit des vins qui ont plus de corps, de feu , de vigueur, et qui se conservent plus long-temps que les précédens 5 mais ils sont moins délicats.
Deuxième classe .
iéhctLe auneuf ~ de -Gadagne , à deux lieues et demie à Test d’Avignon , fait des vins délicals et agréables , mais qui ne sont pas comparables à ceux j des vignobles déjà cités. Beaucoup d autres canj tons produisent des vins d’ordinaire et des vins I communs de différentes qualités.
VINS MUSCATS
Beaumes , à une lieue trois quarts au nord de ! Carpentras , en récolte de fort agréables.
Le principal commerce des vins se fait à Avignon , a Garpentras et à Orange. La mesure en usage | est le barrai qui , à Avignon , équivaut à 49 litres , I tandis qu’il n’en contient que 26 et demi à Car- | pentras.
Les tonneaux en usage se nomment barriques , et contiennent environ 228 litres. Les expéditions ont lieu par terre , mais plus ordinairement par le Rhône : les chargemens se font à Avignon.
S* IV. Département des Bouches-du-Rhône , formé de la partie sud - ouest de la Provence, et divisé en trois arrondissemens : Marseille , Aix et Tarascon .
La vigne est cultivée dans cent dix-sept communes et occupe 2Ô,5oo hectares de terrain , dont on tire, récolte moyenne, 5 1 5, 000 hectolitres de vin, et beaucoup de raisins que l’on fait sécher. La quantité de vin consommée par les habitans est évaluée
à 25o,ooo hectolitres $ le surplus est livré au commerce ou converti en eau-de-vie et en esorit de ■vin, dont les principales fabriques sont à Aix et dans les environs. On en fait aussi à Marseille et dans plusieurs autres cantons.
Les vignobles les plus considérables sont ceux de Marignane, d’Esquilles, de Roques, de Peyrolles, arrondissement d* Aix , et d’Alauch, de Cassis, de la Ciotat et d’Aubagne , dans celui de Marseille.
VINS ROUGES
On ne cite aucun vignoble qui mérite de fixer l’attention des gourmets; l’île de la Camargue > formée par les deux bras du Rhône, qui se séparent au nord d’Arles , produit des vins d’une couleur foncée et un peu grossiers, mais qui ont un bon goût , du spiritueux, et sont assez agréables comme vins d’ordinaire.
VINS MUSCATS
Les plus estimés sont ceux de Cassis et de la Cio taty à trois et quatre lieues sud-est de Marseille ; ils sont légers, peu capiteux, ont du corps, du velouté et un goût fort agréable. Roquevaire , à quatre lieues de Marseille , Barbantane et Saint - Laurent y arrondissement de Tarascon , en font aussi de rouges et de blancs qui approchent de la qualité des précédens.
vins CUITS.
Il s’en fait de très-bons dans les vignobles que je viens de citer, et sur-tout à Aubagfies j à Cassis
et à la Ciotat . Ces vins , nouvellement faits , sont liquoreux, un peu pâteux, et prennent à la gorge; mais en vieillissant ils deviennent fins et trèsagréables, tout en conservant leur douceur. M. Grimod de la Reynière (i)* dont le jugement est d’un grand poids en cette matière, leur donne la préférence sur les vins de liqueur d’Espagne , d’Italie et de la Grèce ; il assure même que ceux que l’on fait à Cassis, à Aubagne et à la Cotât, ressemblent beaucoup aux vins de Tokay, et cite à l’appui de son assertion une anecdote , d’après laquelle le prince d’Esterhasv , propriétaire de ce vignoble célèbre, auroit reconnu cette parité en 1 770 (2).
Le principal commerce dès vins et eaux-de-vie se fait à Aix et à Marseille. Les vins se vendent à l’ asnés équivalant â 85 litres, ou à la mille ro le , qui en contient environ 65.
Les eaux-de-vie se vendent aii quintal de Marseille, qui vaut 40 kilo. 8 iiect. futaille comprise.
Les tonneaux en usage pour le vin se nomment — 4 1 — z ;
(1) Almanach des Gourmands , cinquième année, pagei5o.
(2) Je vois dans la Géographie d eBusching, que les princes â* Esterhaisy possèdent’ des vignobles très-étendus dans la Basse-Hongrie, particulièrement dans le comté d'OËJen-
[I bourg , et qu’ils ont à JDotiner^kirchen de grands celliers dans lesquels sont réunis tous leurs vins; mais à Partie. le Tokay il 11e ies cite pas comme propriétaires : d’où je crois pouvoir conclure que la comparaison dont parle M. Grinicd, n’a eu lieu qu’avec des vins de Iiust À ou autres vignobles voisins , qui , quoique fort estimés , ne valent pas celui de Tokav.
barriques y et contiennent environ 228 litres. Ceux pour l’eau-de-vie portent le même nom, et sont ordinairement de 80 veltes ou 608 litres
Marseille est l’entrepôt le plus important des vins et eaux-de-vie destinés à l’exportation. Ces denrées s’expédient par mer, tant pour l’étranger que pour le nord de la France.