‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 2)Chapitre 102 sur 302 · JUSTICE ET CENSIVE DES MATHURINS · texte numérisé non relu

JUSTICE ET CENSIVE DES MATHURINS

Maison de l’Ymaige saincte Katherine (1/128), enseigne peu répandue dans cette région, bien que la sainte fût honorée comme patronne des écoliers. Elle faisait le coin méridional de la rue du Foin, à l’opposite de l’Aigle. En 1 5 6 2 , elle est dénommée le Pélican. O11 trouve, à la date de 1280, mention d’une Maison des Etuves eu la rue Saint-Jacques, aboutissant aux Mathurins. L’emplacement qu'elle occupait paraît avoir été le même que celui du Pélican ou de l’Ymaige saincte Katherine.

Maison de l’Ange (i/i.38), du Berceau de fer ( 1 5 i 2 ) , avec, issue sur la rue du Foin, bien quelle ne fût pas située à l’angle; mais elle avait certainement, à l'origine. fait partie de la précédente : ce qui explique cet aboutissant postérieur. Elle doit le perdre en 1610, par suite de la mesure d’élargissement qui fut prise, et qu’une pièce conservée aux Archives nationales (LL i545) nous fait connaître en ces termes : et Toutes les maisons rué Saint-Jacques, contenues depuis le coing des rues Saint-Jacques et du Foin jusqu’à l’église dudit couvent (Les Mathurins) ont été aliénées en 1610, à cause du retranchement qui en fut fait pour élargir ladite rue Saint-Jacques, et données a condition de les rebâtir et d’en payer certaines rentes au couvent, n

Maison de l Ymaige sainct Claude (1 5/12) ayant, en 1 5 1 0 , porté l’enseigne des Trois Couronnes. Cette maison, ainsi que les deux précédentes, paraît être visée par le texte d’une charte de 1 29/1 : rt De tribus ilomibus in Vico Magno — la rue Saint- Jacques — contiguis hospitali — Les Mathurins — et facientibus ameum vici Feni.v Au lien des Trois couronnes, le plan porte : et de l’Étoile d’or, dénomination

(|Vii résulte de la note suivante, sans indication de source : <r 1 5g8 l’Ymaige sainct

Claude. 1 58a , tenant à la Cuiller de fer. — C’est ia troisième en remontant

de la rue du Foin à la rue des Mathurins. — Elle s’est appelée aussi l’Etoile — Les deux dernières maisons ont été réunies en une. Dans les premières années du xvi' siècle, François Grandyon et ses frères, graveurs à la lois et fondeurs de caractères, s’établirent à I’Ibage saint Claude, près l’église Saint-Yves, et ensuite dans l’immeuble en face, sous l’enseigne de l’Éléphant. Gilles de Gourmont, le premier qui imprima du grec à Paris (circonstance vaguement chronologique) , occupa tout ou partie des Trois couronnes, enseigne de maison à laquelle il ajouta son enseigne de boutique, l’Écu de Cologne. Aux Trois couronnes de Cologne, imprima ensuite Pierre Régnault.

Maison de la Cuillier de fer (t5aa), ayant été réunie à la précédente.

Maison des saincts Gervais et Protuais (ikqb), ayant porté, au siècle suivant (i&29), l’enseigne de l'Escu de Lorraine. Elle paraît n’avoir été bâtie qu’en 1675, sur un emplacement dépendant des deux maisons suivantes et formant probablement une cour ou un jardin.

Maison de l’Arraleste ( 1 Zi 7 i ) , aboutissant au dortoir du couvent des Mathurins, comme celles qui lui étaient contiguës. Non indiquée sur la place de restitution, la Maison de l’Arraleste a pourtant sa localisation exacte.

Maison de la Trinité (1Û71), ayant eu pour enseigne, en i438, le Four, ce qui la faisait dénommer l’Ostel du Four, appellation identique à cette autre qu’on rencontre fréquemment dans les titres : Four Saint Benoist. Celui-là était le four banal des Mathurins, et il touchait «à l’ospital», c’est-à-dire à l’infirmerie du couvent, ainsi que le prouve le texte ci-joint, emprunté au censier de Sainte-Geneviève, pour l’an 12 56 : «Sanctum Maturinum. . . pro domibus sitis subtus Sanclim Mulurinum, infurno, conliguis hospitali, qui quimdamfuil ecclesie de Bria. »En 126,1. les Mathurins vendirent leur four, et la pièce portant ratification de la vente précise l’emplacement de la maison qui le contenait, laquelle a eu plus tard 1 enseigne de LA Trinité, a Vendilio furni Sancli Malm-mi et domus, proul se comportai, a scolis Sancli Maturini usque ad cunemn vici Feni.-n La maison contenant le four sétendait donc , à cette époque , depuis les Écoles des Mathurins jusqu au coin de la rue du Foin. Quelques années après, on lui donna plus d’extension encore, puisqu’une charte de 129I1, porte «permission par sainct Gervais à samet Mathunn, d’agrandir ledict four, à la charge du cens».

Là ne se bornèrent pas les transformations du « four aus Mathurins»; en ibo-2.

RÉGION CENTRALE DE L’UNIVERSITÉ, on l’agrandit encore aux dépens de la geôle du couvent, puisqu’on en fit un nouveau, contigu à l’ancien eau lieu où souloitestre la prison v. L'un des deux devait être à l’usage du preneur à bail de la maison contiguë à l’hôpital ou infirmerie, l’autre demeurant banal. Ce texte localise la geôle des Mathurins, qui devait être à côté de l’ancien four et derrière l’hôpital.

Postérieurement à la construction du nouveau four, d'autres documents nous renseignent sur l’ancien. Les textes le placent tantôt à la Trinité, tantôt à I’Arbalestg : rtl’oslel du fourv, ainsi qu’il est dénommé, est dit tria maison qui s’appeloit jadis le four des Matburinsv. En 1 Ô7 1 , l’Arbaleste et la Trinité étaient distinctes; un siècle après (1675), elles furent divisées en trois, la troisième ayant pour enseigne l’Escu de Lorraine, ci-devant Sainct Gervais et Sainct Prothais. La Trinité est dite alors : cejoingnant l’entrée de hospital 11, et tria maison touchant hospital estre devant la Miillb».

C’est donc sur cet emplacement, si fréquemment remanié, que doivent prendre place

cQuatre maisons, avoisinantes hune l’autre. I’ostel du Four, la Trinité, Sainct Gervais et Sainct Prothais, la Cuillers, qui, nous l’avons vu, ne sont que des démembrements. Les pièces qui les mentionnent les localisent ainsi : ttdeux d’ycelies basties sur lesdits portail et ospital — des Mathurins — et adossées contre le dorlouer ; plus deux autres joingnant au dortouer; le derrière tenant à l’Ymaige Sainct Claude, à présent l’Estoile d’or.h

Il résulte de notes un peu conluses que le Berceau et l'Escu de Venise se trouvaient et devant les Maturinsv; mais l’expression devant, pouvant être interprétée de diverses façons, le plan de restitution ne localise pas les deux immeubles.

L’ospitai. de la dicte éclise Monseigneur Sainct Math brin (1/193) dit alors être c en censive des Dames de la Saulsaye, à Villejuif*. Nous 11e dirons rien ici de cet hôpital qui se rattache à l’ensemble du couvent des Mathurins, afin de ne pas scinder la monographie de cette importante maison. On la trouvera entière à harlicle de la rue des Mathurins.

Portail et allée, ayant dû, à l'origine, constituer la principale entrée du couvent sur cia grant rue Sainct Jacques* la plus ancienne et la plus importante artère du quartier. L’allée, qui était voûtée et avait environ trois toises sous clef, lut détruite en 1610; la baie de la porte avait douze pieds de haut sur sept pieds et dix pouces centre tableaux*.

Diverses notes empruntées à des pièces du commencement du xvne siècle nous

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