‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 2)Chapitre 116 sur 302 · RUE SAINT-JEAN-DE-LATRAN · texte numérisé non relu

RUE SAINT-JEAN-DE-LATRAN

Celte voie, dont il ne reste presque rien aujourd’hui, était peu étendue et sans grande importance; elle devait sa notoriété à ses deux collèges — • Tréguier

Histoire de la Ville de Paris, t. 11 , p. 55. Antiquités de Paris, (. Il, p. 33G.

11 La ixe églogue de Virgile (vers 5ç), 60) mentionne expressément ce fait : le berger Lyci-

das salue, sur le grand chemin de Mantoue, le tombeau de Bianor. Ainsi l’exigeait, du reste, la loi des Douze Tables : Hominem mortuum in urbe ne sepelito, neve urito.

et Cambrai — et surtout à l’asile qui y fut fondé par les Hospitaliers de Saint- Jean. Cet établissement, antérieur à la fondation des deux collèges, servit à la désigner, et lui imposa ses diverses dénominations.

Bien qu’elle soit qualifiée de viens, dans les textes latins, vers le milieu du xine siècle, elle est appelée, presque à la même époque (1276-1278), « rue sans chief encontre l’ospital u et « rué qui 11 a point de bout devent 1 ospital». On serait porté à croire qu’il s’agit ici de la ruelle Fromentel; mais les livres de la Taille y mentionnent plusieurs contribuables, qui ne pouvaient évidemment habiter cette ruelle sans importance, sur laquelle les maisons des rues voisines avaient seulement leurs murs de liane. Au contraire, la voie appelée «ruë Sainct Jehan de Jkerusalem, Sainct Jehan de l’Ospital», ou simplement «de l’ospital d, conduisait à l’établissement hospitalier, ainsi que le dit une pièce de 1266 : « Vicus per quem itur ad domurn hospilalem Jherusalem » , formule qui se retrouve dans un titre de 1 3 8 1 . Le fait seul que 1 Hôpital de Saint-Jean y avait son entrée avait dû déterminer un mouvement de construction des deux côtés de la rue et y créer des contribuables. Or les livres de la Taille de 1 276 et de 1 278 ne parlant que d’une seule «rue sans chief n , il faut bien reconnaître, dans cette désignation, notre rue Saint-Jean-de-Latran, dont 1 ouverture est très piobablement contemporaine de la fondation de l’hôpital. Celte dénomination n’apparaît que vers la fin du xvie siècle.

Le point de départ de la rue, à l’est, était le carrefour formé par les rues Jean ou Saint-Jean de Beauvais, du Mont-Saint-Hilaire , Chartière et Fromentel; laboutissant, à l’ouest, était l’ancien cimetière de Saint-Benoît, sur 1 emplacement duquel fut ouverte au xvue siècle, la place Cambrai W. C’est celte extrémité occidentale qui a le plus souffert : amputée d’abord pour la création de la place sur laquelle fut établi le «collège royal», elle a perdu, il y a quelques années, la totalité de son flanc septentrional, par suite du percement de la rue des Ecoles.

La rue de Saint-Jean-de-Latran s’est aussi dénommée rue de Chabanais, en i526. A cette époque, elle était peuplée de libraires, et Ton n’y trouvait quun seul relieur. ( Mémoires de la Société de l'histoire de Paris, etc., t. XIII, p. 3.)

Une nouvelle rue de Latran a été ouverte de nos jours, parallèlement à celle-ci, et à travers l’enclos de la commanderie; mais elle a été tracée au nord de l’ancienne, dont l’emplacement reste marqué par la voie longeant, en contrehaut, le Collège de France et ses dépendances.

CI Voir les articles relatifs h cette place, ainsi que ceux qui concernent les rues Fromentel et du Cimetière-Saint-Benoît.

CÔTÉ MÉRIDIONAL

(d’Orient en Occident).

PAROISSE DE SA1NT-ÉT1ENNE-DU-MONT

M.aisonsdes Comeiians, Coatmohan ou Quoëtmeiian (i 37Û), faisant le coin de la rue Fromentei, à laquelle elles aboutissaient, et s’étendant jusqu’au collège de Cambrai. Ces maisons, dont le vocable breton est très reconnaissable, appartenaient à l’évêque de Dol et furent acquises par l’ordre, jussu, dit le texte latin, de Guillaume de Comehan, ou Coatmohan, pour l’établissement du collège de Tréguier. Réunies à ce moment, elles ont été divisées plus tard sous les quatre désignations suivantes :

Maison de l’Ymaige sainct Nicolas (i4a3), puis de Saint-Jeuan-en-l’Ile (i5og) et enfin Ostel dd Petit Corbueil ( i 5 g 5 ). Cette maison, qui devait ses deux dernières dénominations au prieur du monastère de Saint-Jean-de-l’lle, près de Corbeil, auquel elle appartenait, formait l’angle de la rue Fromentei.

Maison de la Roze (i38o) et de la Rozb rouge ( i 5 2 3 ) , paraissant avoir eu, à une époque indéterminée, la Corne de daim pour troisième enseigne.

Maison de la Chaize (i5og), sans autre indication.

Maison du Cerceau d’argent (i55o), composée de deux corps de logis et d’un jardin, s joignant le tout». Au milieu du xvic siècle, le Cerceau d’argent est dit «au Prieur de S. Jehan en lisiez et tt s’appelle le Petit Corbueil d.

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