‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 2)Chapitre 119 sur 302 · ROYAL · texte numérisé non relu

ROYAL

"Item, un jardin planté d’arbres fruitiers et treilles, tenant à la ruelle;

«Item, un corps de logis étant dans ledit collège et sur le devant dudit, où est une boutique de libraire. . .;

«Item, le surplus dudit collège appliqué, au rez de chaussée, à un grand passage . . . (3). 11

Cet extrait fait connaître aux dépens de quels voisins le Collège royal s’est fait la place qu’il occupe encore aujourd’hui, et que diverses additions ont successivement augmentée.

L indemnité de dépossession ayant été inexactement et tardivement payée, le collège de Tréguier 11e fit cpie végéter. Eu 1763, lors de la réunion à Louis-le-

ll) Histoire de la Ville de Paris , t. I, p. 56 1.

(î) Il importe de recueillir, en note, un renseignement tiré du Bulletin de la Société de l’histoire de Paris, mars-avril 1882, à la page 55. D’après celte publication, voilà le local où le plan de

Vassalieu fut édité, en 161 4, par la veuve de Jean Le Clerc, marchand et tailleur d’hystoires , lequel avait achalandé la Salamandre dès avant i5go.

(3) Archives nationales, S 658 1.

Grand de toutes les fondations scolaires qui n’avaient point ci d’exercice », on ne comptait plus à Tréguier que trois boursiers.

Maison sans désignation, dépendant du collège de Tréguier et faisant le coin oriental de la ruelle Fromentel et de la rue Saint-Jean-de-Latran.

Ruelle aboutissant à la rue Fromentel , dont elle portait le nom dès le xive siècle. On la trouve ainsi désignée en 1 35g , et ruelle Fromentel en i456; souvent même on ne lui donnait d’autre dénomination que celle de ruelle. Comme elle aboutissait aux deux rues, nous avons cru devoir la mentionner à chacune d'elles. Elle existait encore au commencement du xvne siècle.

Ostel AUX Carneaulx , ou Cbenaulx (i3a ù), l’une des nombreuses maisons parisiennes qui portaient ce nom. Elle formait l’angle occidental de la ruelle Fromentel.

Maison de la Roze (1B26).

Grande maison, dite Ostel de Cambraï, appartenant à Guillaume d'Auxonne, fondateur du collège de ce nom ; elle était contiguë à l'ancien cimetière de Saint- Benoît, lequel faisait le coin méridional de la rue Saint-Jacques. C’est sur l’emplacement de cet hôtel et des deux maisons précédentes qu’a été établi le collège de Cambrai.

Collège de Cambrai.

Cet établissement scolaire et a rarement fait parler de lui dans l’Université», dit le continuateur de Du Boullay, ttmais, sil ne brillait pas par les etudes, il n'était pas mal partagé sous le rapport matériel». En effet, on y comptait, selon un document cité par Laverdy et conservé aux Archives nationales (MM 372), tt plusieurs beaux et grands bâtiments, comme grandes salles servant pour les lectures publiques, quarante chambres à cheminée, accompagnées chacune de trois ou quatre cabinets, cinq caves voûtées, plusieurs greniers, quatre cours pavées, trois boutiques au devant, une imprimerie en dehors, un puits, dix bûchers, ou celliers, six privés en six endroits dudil collège».

Cette installation , assez somptueuse pour un collège, il la devait aux libéralités de trois évêques, qui avaient concouru à sa fondation, et dont il portait le nom, concurremment avec celui de Cambrai. Tous les historiens de Paris ont parlé du Collège des Trois évêodes; mais ils en ont rapporté la londation à 1 année 1 3i8 .

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TOPOGRAPHIE HISTORIQVE DV VI EVX PARIS

Echelle de o.ooi

RÉGION CENTRALE DE L'UNIVERSITÉ, tandis que le testament de Guillaume d’Auxonne, qui, le premier, en eut le dessein, est de i3 kh. Ce prélat chargea son compatriote Hugues de Pomard, Bourguignon comme lui, de réaliser son projet, et à celte œuvre s’associa Ilugues d’Arcy, originaire de la même province. C’est pour cela, dit Lebeuf, que trie collège fut appelé quelquefois college des Trois évêques de Bourgogne*. Guillaume d’Auxonne, qui avait occupé le siège de Cambrai avant de passer à celui d’Autun, donna à l'établissement le nom de son premier diocèse; ou plutôt, la maison qu’il habitait à Paris et qui s’appelait tl’ostel de Cambray*, ayant servi à la première installation du collège, celui-ci reçut naturellement cette appellation.

Félibien, qui a reproduit, dans ses Preuves, l’acte de fondation et les statuts, énumère les divers évêchés et archevêchés dont les fondateurs furent titulaires : Langres, Autun, Laon, Auxerre, Cambrai, Reims; puis il expose ainsi l'emploi qui fut fait des legs et donations consentis au nouvel établissement :

Les exécuteurs du testament de Hugues de Pomard achetèrent cent livres dix sous parisis de rente à Montdidier au diocèse d’Amiens. Les exe'culeurs du testament do Hugues d’Arci fournirent pareille rente acquise dans le diocèse de Sens ; et ceux qui furent chargés d’exécuter les dernières volontés de Gui d’Aussonue donnèrent la maison qu’il avoit à Paris vis-à-vis S. Jean de Latran, où les écoliers furent établis au nombre de sept boursiers, outre un maître ou principal, et un chapelain qui serait aussi procureur. On assigna six sous parisis à chaque boursier par semaine, douze au principal; et au procureur, outre sa bourse de six sous, une somme de cent sous parisis par an. Les premiers statuts de ce collège furent dressés par les exécuteurs testamentaires des trois évêques, la même année de sa fondation, et confirmés depuis par Jean, évêque de Preneste, cardinal et légat du pape Clément VU, le 9 juillet 1879, et par l’évêque de Paris, Aimeri de Maignac, le 20 juillet i38o. Il y est ordonné que les écoliers de la portion de Hugues de Pomard seront pris de l’évêché d’Autun ; ceux de la portion de Hugues d’Arci, de l’évêché d’Auxerre, ou s’il ne s’en trouve point, de celui d’Autun; et ceux de la portion de Gui d’Auxonne, dAvesne au diocèse de Cambrai. Toutes les bourses, depuis la mort des fondateurs, ont été à la nomination du chancelier de l’Université. La chapelle fut dédiée sous le titre de Saint Martin W.

Le souvenir des trois généreux fondateurs était attaché au collège par la dénomination que la reconnaissance publique lui avait, donnée; il le fut encore, d’une laçon plus saisissante, par une sorte de fresque dont Lebeuf parle en ces termes : te Les trois évêques sont représentés en peinture de ce tems là, avec leur nom au portail qui est du même tems<2). *

Ce n’était pas la seule décoration artistique du collège de Cambrai; un et procèsverbal de visite et estimation*, fait en 1612, dont malheureusement nous avons perdu la trace, signale ce deux tourelles en saillie, de pierre de taille, regardant la grant place et ornant la façade *.

111 Histoire de la Ville de Paris, 1. 1, p. 602. — l'l Histoire de tout le diocèse de Paris, édit. Cocheris, t. H, p. G06.

Le collège do Cambrai, ou des Trois-Evêques, n’avait que deux siècles et demi d'existence lorsqu’il fut acquis, avec celui de Tréguier, pour l’établissement du Collège royal. Leur peu d’importance et le vaste emplacement qu’ils occupaient les désignaient naturellement aux arcbilectes que Henri IV avait chargés de trouver un terrain pour la nouvelle fondation. Cambrai possédait un grand jardin et une chapelle isolée des bâtiments scolaires; c’est sur lui que porta principalement l’emprise nécessaire à l’établissement du Collège de France.

Il y avait d’ailleurs, dès le règne de François Ier et de Henri II, ce qu’on peut appeler un commencement d’exéculion : les lecteurs et professeurs royaux, pour lesquels on avait eu d’abord la pensée de construire un édifice spécial, au lieu où Mazarin fil bâtir plus tard le collège des Quatre-Nations, firent leurs leçons dans les spacieuses salles que possédaient les collèges de Tréguier et de Cambrai, et qui n’étaient point occupées par les boursiers. Le Roi devait contribuer à la réparation et à l’ameublement de ces salles; ce qui était un acheminement vers la dépossession ultérieure des deux établissements.

En 1611 furent faits divers procès-verbaux de visite et estimation, que nous reproduisons aux Appendices, et qui donnent d’intéressants détails sur l'aménagement intérieur du collège de Cambrai; puis, le 18 avril 1612, pour se conformer aux intentions du roi défunt, la reine régente fit acquérir la plus grande partie du pourpris et des bâtiments, moyennant une somme de cent dix-sept mille cinq cents livres h), dont elle se réserva de payer la rente jusqu’à ce qu’on eût fait bâtir un nouveau corps d’hôtel pour loger les boursiers. Mais, en 1763, il était dû, pour arrérages de cette rente, vingt mille six cent quatre-vingts livres. Le bâtiment n’ayant pas été construit, les boursiers demeurèrent dans la partie de l’ancien collège restée en dehors des constructions en cours, jusqu’au moment de leur réunion à Louis-le-Grand. En 172 b, dans ce qui restait des anciens bâtiments du collège de Cambrai, l’enseignement du droit français devait être installé, mais l’arrêt du Conseil du roi ne fut point exécuté.

Quant aux rares boursiers que le collège avait conservés, en passant à Louisle-Grand, en 1763, ils laissèrent vide le corps de logis qu’ils occupaient, et qui fut démoli en 1 7 7 éi , pour l’agrandissement du Collège de France.

Le lecteur a dû remarquer que la monographie de ce dernier établissement se trouve implicitement contenue dans celles des deux collèges auxquels il a succédé ; nous lui avons néanmoins consacré une notice spéciale, p. /18 et suiv.

Maison «où souloit pendre pour enseigne les Quatre fils Hémonu, et depuis l’YmAIGE SAINCT MaRTIN.

Ancien cimetière de Saint-Benoît, ainsi désigné en 1/182 : « Ung cyme-

Archives nationales, MM 37a.

RÉGION CENTRALE DE L’UNIVERSITÉ, tiere, qui est en Iadicte ruë Saiuct Jacques, et faisant le coin de la rue, par laquelle on va de Iadicte ruë à Sainct Jehan de Latran, lequel cymetiere, qui est cloz de mur, est front à front de Iadicte église Sainct Benoist, et appartenant à ycelle église; ouquel cymetiere a deux portes fermans, l’une du costé de Iadicte ruë Sainct Jacques, et 1 autre du costé du colliège de Cambray; au bout duquel cymetiere, devers ledict collège de Cambray, a une petite place commune, estant en la -haulte justice de Iadicte église Sainct Benoist et de Saincte- Geneviefve, et laquelle place extend jusques auprez de la grant porte de la principale entrée dudict colliège de Cambray, et jusques à une tournelle, contre laquelle est enclavé un marmozet de pierre de taille, qui regarde sur une borne, laquelle a accoustumé estre sur le bout de la chaussée de Iadicte ruë de Sainct Jehan de Latran; lesquels borne et marmozet, que on dit fait la séparation des haultes justices de Sainct Benoist et de Saincte Geneviefve. »

CÔTÉ SEPTENTRIONAL

(d'Occident en Orient).

PAROISSE SAINT-BENOÎT

Maison de la Corne de daim, puis de la Samaritaine ( i 5 8 5 ) , contiguë à celle qui faisait le coin de la rue Saint-Jacques et l’angle occidental d’une ruelle communiquant avec cette rue. En 1/167, l’immeuble est ainsi désigné : n Maison de la Corne de daim, ou de la Samaritaine, en la ruë Sainct Jehan de Jherusalem, à l’opposite de l’ancien cymetiere de l’église de Sainct Benoist le Bestourné. .., tenant, dune part, à lostel de Iadicte cure, et, d’autre part, à ung liostel appartenant à Huguenin Hérion, faisant le coing de Iadicte ruë Sainct Jehan de Jherusalem , par derrière à une ruelle commune descendant à Iadicte grant ruë Sainct Jacques.» La Corne de daim, ou la Samaritaine, dans laquelle Guillaume Lerouge imprimait en 1 5 1 2 , n’était donc point alors la demeure du curé de Saint-Benoît, puisquelle tenait et à l’ostel de Iadicte cure», lequel fait l’objet de l’article suivant :

«Ostel de la Cure (1/157), ou presbytère de la paroisse de Saint Benoist, faisant l’autre coin de la ruelle en 1 585. n

Maison de lYmaige sainct Kristopiie ( 1 5 5 9 ) , ainsi désignée à cette date : « Saint Kristophe à Saint Benoist, faisant séparation d’un jardin à la Commanderie. »

Au regard de cet immeuble, voici une intéressante communication de M. Paul Le Vayer : tcNicolas de Saint-Denis, relieur de livres, rue Saint-Jean-de-Latran, en la maison où pend pour enseigne Saint Ciiristophle, et dame Magny, sa femme,

passent contrat de donation entre vifs, le lundy 19 janvier 1587, etc. s ( Arch .

nal., Y 128, f° 2 4g'0.)

Antérieurement à cette dernière date, c’est encore à Saint-Christophe , près le Collège de France, que transporta ses presses Berchtod Rembolt, de Strasbourg, après avoir occupé temporairement le Soleil d’or (de Gering), rue Saint-Jacques. La veuve dudit y continua l’industrie typographique jusqu'en 1 5 1 3 , époque où, remariée à l’imprimeur Claude Chevallon, elle rentra au Soleil dou.

Enfin, année 1607, Prévôteau, libraire et imprimeur, demeura aussi non loin du Collège de France, mais on ignore sous quelle enseigne.

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