‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 2)Chapitre 134 sur 302 · RUE DU MONT-SAIN T- HILAIRE · texte numérisé non relu

RUE DU MONT-SAIN T- HILAIRE

Celte voie étroite et peu étendue aboutissait à deux carrefours. Le premier était formé par les rues de Saint-Jeau-de-Latran, Jean ou Saint-Jean-de-Beauvais, Chartière et Fromentel; le second, par le débouché septentrional de la rue des Sept-Voies, en regard du cul-de-sac des Bœufs, et par la rue des Carmes. Cet ensemble, rue et carrelours, portait également le nom de Clos Bruneau, parce qu il était très voisin de ce territoire. Quant à la voie dont la monographie nous occupe, elle devait le nom qui lui est reste à 1 église qu’on y avait construite antérieurement au xmc siècle et qui servait aussi à désigner cette partie du versant septentrional de la montagne Sainte-Geneviève.

L'annotateur de Lebeuf rappelle que, lors de la démolition, Alexandre Lenoir remarqua «un grand bas-relier du xiv' siècle, en pierre volcanique, dite pierre à porc, qu’il Iransporla au Musée des Petits-Augustins».

Dès le commencement du xme siècle, la rue dont il s’agit est dite eau Mont Saint Hilairen, ou eau Clos Brunei e. En 1263 et 1265, le Cartulaire de la Sorbonne l’appelle viens superior Sancli Hitarii, pour la distinguer de la rue des Carmes, qui était considérée comme le viens inferior, et avait, à la même époque, saint Hilaire pour patron. Regardée comme une continuation de la rue des Sept-Voies, qui y aboutissait par son extrémité septentrionale, elle en a quelquefois porté le nom. Elle fut aussi nommée Fromentel, parce qu elle fait la continuation de cette rue. Enfin on l'a quelquefois appelée crue du Puits Certain n, mais vers le milieu du xvic siècle seulement, à raison du célèbre puits que Robert Certain , curé de la paroisse, fit creuser à quelques pas à l’ouest de son église, dans le carrefour même qui lui a dû également sa dénomination.

Nous avons relevé, à l'article de l’Impasse Bouvard, l’erreur de Lebeuf qui qualifie ce cul-de-sac de crue principale du quartier d. Tout porte à croire, au contraire, que la rue du Mont-Saint-Hilaire, conduisant à l’église de ce nom, avait beaucoup plus d’importance. Elle subsiste encore aujourd’hui et a conservé, en partie, son ancien aspect; le puits et l’église ont disparu, celle-ci eu 179b et celui-là au commencement de ce siècle. On a substitué récemment à son ancien nom celui de Victor de Lanneau, le restaurateur de la maison de Sainte-Barbe.

CÔTÉ MÉRIDIONAL

((l’Orient en Occident).

PAROISSE SAINT- HILAIRE

JUSTICE ET CENSIVE DU CHAPITRE SAINT-MARCEL

Eiilise paroissiale de Saint-Hilaire, lormant 1 angle de la rue des Sept-Voies fil.

Ancien piiesbvtèiie, attenant à l’église.

Maison de l’Estollle cochonnée (10C8), ayant été probablement construite sur un emplacement dépendant du presbytère.

Maison du Ghauldehon, faisant le coin oriental de la rue dÉcosse. (Voir celte rue.) Un document de 1 5 5 6 la décrit ainsi : «Maison et jardin où est à présent demeurant noble homme Guillaume Mondet, marchand libraire jure en ladite Université de Paris, située audit Mont Saint-Hilaire, en laquelle pend, de présent, pour enseigne le Chaudron, tenant au presbitaire d’icelle Eglise et au collège de Karembert, etc.; en la censive des vénérables de Saint-Marcel lez Paris, et chargée envers eux de douze deniers tournois de cens, v

La notice historique et descriptive est placée à la suite de la présente rue.

Maison sans désignation, formant l’autre coin, c’est-à-dire l’angle occidenlal de la même rue. Un titre de 1/107 la désigne ainsi : itMaison faisant le coing de la rue des Cliaulderons, appartenant au curé, n

Maison de Saint Cïu (i582), ainsi désignée dans un titre portant cette même date : ctAprez la maison de la Tournelle, est une maison dicte la Giunt salle de Coquerel, tenant à la maison qui fait le coing de la rué d’Escosse. n

Maison sans désignation, qu’un document du xvie siècle mentionne dans les termes suivants : « Maison, en la rue du Mont Saint-Hilaire, faisant partie de la Maison de Coquerel — c’est-à-dire du collège de ce nom, — tenant à la Maison de Saint-Gïre, d’aultre part à Dugast, aboutissant à la cour de la Maison de Coquerel, et, par devant, à la rue du Mont Saint-Hilaire, n

Maison de la Tournelle (i58/i), faisant le coin oriental de la rue Chartière, devant le puits Certain; elle devait son nom à la tourelle qui ornait son encoignure. Comme les trois précédentes, elle était la propriété du collège Coqueret, dont elle constituait une dépendance.

CÔTÉ SEPTENTRIONAL

(d’Occident on Orient).

MÊMES PAROISSE, JUSTICE ET CENSIVE

Maison du Colombier Saint-Jacques, ainsi désignée dans un titre de 1/193 : tt Grand hostel contenant quatre corps de maison, assis au Clos Brunei et faisant le coing de la rue Saint-Hilaire et du Clos Brunei, à l’enseigne du Colombier Sainct Jaques, tenant, d’une part, à l’Hostel de la longue allée, et, d’aultre part, au bedel d’Alemaigne, par derrière, aus jardins dudict Hostel de la longue allée. 11

Maison des Gros Jons.

Maison des Deux boulles. Au xvie siècle, cet immeuble abritait une imprimerie tenue par les frères Jean et Robert de Gourmont. Leur aîné, Gilles, imprimait en langue grecque rue Saint-Jacques, à l'Escu de Cologne.

Ces deux derniers immeubles étaient, selon toute vraisemblance, deux des quatre corps de maison indiqués plus haut dans le document de i/ig3.

Maison de la longue allée (13/19), c'*te également, et d’ancienneté, du Tartre ; elle faisait le coin occidental du cul-de-sac Bouvard et était contiguë aux mai-

sons formant l’angle oriental de la rue Jean-de-Beauvais. Divisée dès le xve siècle, elle en a formé deux, et peut-être trois autres, qui se succèdent ainsi :

Maison de l’Ymaige Saint Claude (1/109). L’an 1/192, Jean Lambert, qui avait imprimé d’abord en la rue Saint-Séverin, établit ses presses devant le collège Coqueret, dans cette maison de l’Ymaige Saint Claude.

Maison de la Corne de Ceuf (1/109).

Maison de la belle Imaige, ou de lImaige Nostbe Dame ( 1 5 8 /i ) , probablement détachée de la Coiine de Cebf, laquelle, avons-nous dit, n’était elle-même qu’une portion de la Longue allée.

Avant son démembrement, la vieille maison du Tarthe, ou de la Longue allée, appartenait au r couvent n, ou personnel desservant de Saint-Hilaire, ainsi qu’il résulte d’une note empruntée à un document de 1/109. J est a'ns' désignée : tt Maison de la Longue allée, ayant pour enseigne la Cobne de Cerf, appartenant au couvent de Saint-Hilaire, à présent l’Ymage Sainct Claude. i>

La Haulte maison (1228), puis l’Escu de Bbetaigne (1/110), faisant le coin oriental du cul-de-sac Bouvard. Le qualificatif qui lui fut donné d’abord semble indiquer une construction de quelque importance. A la première des deux dates ci-dessus, elle est dite appartenir «à l’Ostel Dieun. Auquel? Philippe de Valois en fonda cinq sur la rive gauche de la Seine. De 1 5 3 1 à i582, l’Escu de Bretagne fut l’enseigne de l’imprimeur Jean Macé, lequel se transporta ensuite au clos Bruneau, à l’Escu de Guyenne.

Maison et Jeu de paulme de la grande Caille ( 1 5 1 1). Contigu à la Haulte maison, il semble que cet immeuble doive être identifié avec la maison confisquée par les Anglais, entre i/i?.3 et 1/127. Le Compte des confiscations de la Ville de Paris pour cette période contient cette mention : « Maison qui fut à Me Yves Henri Breton, absent, seize rue Sainct Hilaire, tenant d’une part à la ruelle Jusselin et d’autre part à l'Escu de Bretaigne ('Lu

Maison de la Pomme de pin ( 1 568), ayant changé de vocable dans le cours du même siècle, puisque un document de i58/i la désigne ainsi : tt Au dessoubz pend pour enseigne l’Estoille. n

Maison de la Cuiller de Boys (1/188), contiguë à celle qui faisait le coin occi-

Antiquités de Paris, t. III, p. 3 1 6.

RÉGION CENTRALE DE L’UNIVERSITÉ, dental de la vue des Carmes. Elle est dite, en 1/198, retenant àJ. Mareau, d’aultre part à Jehan Faucille, par devant aboutissant à l’eglise. . à l’opposite de la grant porte ». En 1 5 1 5 et 1 5 2 8 , on l’indique comme rr tenant à la Pomme de pin , d’autre part, à un hostel appartenant à M" J. Saint Jehan, par derrière, à David Biaise Var roisn. A la date de 1 5 5 y , la Cuiller et la Corne de cerf, sa voisine, doivent i.viii5 vnd parfais au curé de Saint-Hilaire. Ajoutons qu’en 1 5 2 1 , l’imprimeur Pierre Gromors avait ses presses à la Cuiller, près de l’église Saint-Hilaire; il les transporta, en 1 5 3 8 , auPiiENix, en face du collège de Reims, e regione collegii Remensis.

Maison de la Corne de Cerf, ainsi désignée dans un titre de 12/10 : rt Maison où il a ung four, au carrefour Sainct Hilaire , faisant le coing de la rue Sainct Hilaire, chargée envers le chapitre de Saincte Agnès. » La Corne de Cerf avait pour dépendance la Maison des Pourcelets, qui lui était contiguë et faisait front sur la rue des Carmes.

On ne saurait localiser certaine maison, à l’enseigne de la Cathédrale, dans laquelle travaillait l’imprimeur Antoine Videl, aux dernières années du xvic siècle. Même incertitude en ce qui concerne l’atelier typographique de Jean Corbon, dont l’enseigne Au Coeur ron constituait un jeu de mots. C’est que les boutiques prenaient souvent une dénomination autre que celle de la maison.

ÉGLISE SAINT-HILAIRE

Il en est de l’église Saint-Hilaire comme de colles de Saint-Benoît et de Saint- Etienne-des-Grès; on 11e sait ni à quelle époque précise eut lieu leur fondation, ni ce qu’elles étaient avant et après les ravages des Normands, rc Je 11’ai trouvé, dit Jaillot, aucuns monuments qui m’aient mis en état de fixer l’origine do cette église et l’époque de son érection en paroisse ... On n'en trouve la mention qu’au xii° siècle, dans la bulle qu’Adrien IV adressa au chapitre de Saint-Marcel, le 7 des calendes de juillet de l’an 1 1 58 M. *

Dans ce document, elle n’est qualifiée que de chapelle, capella Sancli Hilarii de Monte. Son vocable lui venait du célèbre évêque de Poitiers, et c’est aux chanoines de Saint-Marcel qu’est dû l’oratoire primitif, transformé en paroisse antérieurement à 1200, d’après le pouillé de Paris de i 3 1 1 .

Située en censive de Saint-Marcel, la cure fut naturellement h la nomination du chapitre de cette collégiale, et ce droit, résultant de la législation du temps

(1) Recherches sur Paris, t. IV, p. io4, io5.

( patronum faciunl dos, œdijtcalio, fundus), subsista pendant toute la durée de l'ancien régime. La censive de Saint-Marcel s’étendant, en effet, jusqu'au collège d’Harcourt, sis en la rue de la Harpe, bien à l’écart de l’église Saint-Hilaire, le curé de Saint-Côme, qui regardait ledit collège comme compris dans sa circonscription paroissiale, fut, en 1678, débouté de ses prétentions, par arrêt du Parlement, travée defenses à lui et à tous autres de troubler le curé de Saint-Hilaire dans la jouissance dudit collège r.

Devenue insuffisante pour le nombre de ses paroissiens, l’église de Saint-Hilaire-du-Mont fut reconstruite, sur de plus grandes proportions, de la fin du xme siècle au commencement du xive. On fut obligé de l’agrandir encore en 1Ô70, et l’on y fit des réparations considérables en 1700, époque où le curé Jollain, qui en était titulaire, consacra des sommes considérables à sa décoration. On sait ce que ce mot signifiait alors : c’était, sous prétexte d’embellissement, une hybridation des édifices construits en style ogival. Lebeuf, qui écrivait en ! 7 5 h et qui a pu juger de visu de l'état de l’église Saint-Hilaire, apprécie ainsi les travaux de décoration exécutés aux frais du curé Jollain : rtll n’y a guères que le petit portail, situé sous le clocher, qui puisse approcher du xme siecle; l'aile méridionale paroît être du xive ou du xve; le reste est postérieur, et a été tellement retouché que ce qu’il y pouvoit rester d’ancien est entièrement couvert ù>. „

Désaffectée en 1790 et démolie en 1795, l’église Saint-Hilaire n’a rien laissé qui la rappelle; on voyait encore, il y a peu d’années, dit Cocheris (t. 11, p. 3a), K quelques fragments de piliers dans une maison privée construite sur son emplacement!); mais ces fragments ont disparu, et les musées historiques parisiens ne possèdent rien qui ait appartenu à l’antique Capella Sancti Hilarii de Monte, ni aux reconstructions de i3oo, de îôyo et de 1700.

L’inventaire descriptif, qui en fut dressé en 1790, au moment de sa désaffectation, prouve, d’ailleurs, qu’il y avait fort peu de chose à en conserver : n Cette église, y est-il dit, est composée d’une nef, avec chœur; à gauche, un bas côté, qui ne fait que la longueur du chœur et de la porte; au-dessus du bas côté, à gauche, et de la porte, sont deux étages, distribués chacun en deux chambres; au-dessus du bas côté, cà droite, est une distribution de deux pièces boisées; attenant le bas côté, est une cour pavée; ladite église tenant, du levant, à la rue des Sept-Voies; du couchant, à une maison du collège Égalité; du nord, à la rue du Mont-Saint-Hilaire, et contenant cent trente toises, trois pieds de superficie, ou environ, d

Lebeuf, t. II, p. i3.

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