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RUE DES NOYERS

Eu sa qualité d’ancienne voie, la rue des Noyers a occupé les historiens de Paris, qui en ont, à l’envi, recherché l’origine et les diverses dénominations, a Elle a pris, dit Sauvai (t. I, p. 1 58), son nom des noyers qui la couvraient, quand on a commencé à y bâLir ; elle la gardé jusques en i348, alors que la chapelle Saint-Yves fut fondée, car le peuple aussitôt 1 appela la rue Saint-Yves; ce qui n’a pas duré longtems, puisque, eu îôoi, elle avoit repris son premier nom. ii Les Gartulaires de Sainte-Geneviève et de Notre-Dame, où il en est fait de nombreuses mentions, ne laissent aucun doute sur 1 époque ou, de chemin qu’elle était au milieu des vignes, elle devint une rue : l’ancienne allée de noyers, comprise dans l’enceinte de Philippe Auguste, offrit dès lors des garanties de sécurité. En 1228, on la trouve appelée viens Nucutn; en 12A2, viens Noessorum; en ia/i3, viens (le Nueriis etNuceriis; en 1267 et i25o, viens Nucium; en ia5i,

1 268 et i3o3, vicus de Nucibus. Voilà pour les textes latins; quant aux titres en français, on trouve : rue des Noïers dans le livre de la Taille de 1 292 ; des Noiers et des Nouiers dans celui de 1 3 1 3 ; du Noyer, en i3oo, dans le Dit de Guillot, et enfin des Noyers dans le manuscrit de Sainte-Geneviève (t A5o).

A côté de ces noms traditionnels, 011 en rencontre deux autres à la dernière année du xiv° et au xvi° siècle. Le manuscrit de la bibliothèque Gottonienne, date de 1A00, parle d’une rue des Roseaux qui semble ne pouvoir être autre que celle des Noyers. D’aulre part, Robert Cenau, qui l’appelle eu français vue des Noyers, et en latin via Nuceloria, ajoute : tthodie via Tabellionaria, rue des Tabellions n ou des Notaires; ttee dont pourtant je doute fort, ajoute Sauvai, et en douterai même jusqu’à ce que je Paye vû ailleurs W. * Mais ces deux dernières dénominations ont dû résulter d’une méprise, car les litres officiels ne les appliquent qu’à la rue de la Parcheminerie ( Paris et ses historiens, p. 176).

La rue des Noyers avait conservé, jusqu'à ces derniers temps, l’aspect quelle présentait autrefois; mais les opérations édilitaires accomplies aux environs en ont complètement changé la physionomie. L’ouverture du boulevard Saint-Germain en a fait disparaître tout le côté septentrional, et ce qui reste du côté méridional demeure en contre-bas

(1) Sauvai , t. 11, p. 382.

(3) Au cours des touilles opérées sur ce point, il a été fait divers constats archéologiques consignés dans les rapports suivants :

mi avril 18G6. — Egout, boulevard Saint-

Germain. — La fouille pour un branchement d’égout traversant le boulevard Saint-Germain, près la rue Saint-Jacques, a été pratiquée, partie à travers des gravois modernes, partie h travers une terre noire et compacte. Dans ce dernier sol, j’ai découvert une monnaie romaine de bronze de

CÔTÉ SEPTENTRIONAL

(d’Occident en Orient).

PAROISSE SAINT-SÉVERIN

JUSTICE ET CEiYSIVE DE SAINT-SÉVERIN.

Chapelle Saint-Yves, faisant io coin septenlrional de )a rue Sainl-Jacques, sur laquelle elle avait sa façade. Une petile boutique, ou échoppe, y était accolée et se développait en longueur sur la rue des Noyers, ce qui donna lieu à de longs différends. Le récit de ces débats, ainsi que la notice historique et descriptive consacrée à la chapelle, a dû prendre place à la suite de la rue Saint-Jacques.

CENSIVE DU CHAPITRE SAINT-ANDRÉ-DES-ARS (jusqu’au coin de la rue des Anglais).

Maison sans désignation (iA65), contiguë au chevet de la chapelle. En i5ûo,

grand module paraissant appartenir h Antonin le Pieux.»

Th. Vacqüer.

rrii juin 1866. — A la rencontre de la rue Saint-Jacques, les fouilles s’exécutent dans les couches d’empierrement de la voie romaine qui reliait Lutetia à Genabum .

«Cet empierrement, épais et solide, était encore en partie recouvert de grands blocs de grès dur, fie forme pluie, et dont un spécimen existe depuis longtemps au Musée de Cluny.»

- 18 juin 1 866. — On a trouvé dans ces fouilles une meule antique en grès, une assez belle monnaie de l’empereur Décenlius (35 1 -353), une assiette romaine en terre noire, divers fragments de poterie et trois perles en pâte de verre également de la même époque.»

-2.5 juin 1866. — Les ouvriers ont atteint une masse considérable de terrain tourbeux s’étendant jusqu'au dessous de la voie romaine, laquelle est fondée sur ce terrain même, au moyen d’un enrochement de moellons bruts.

f Plus bas se trouve une glaise sableuse , de couleur jaune grisâtre, et plus bas encore un sable jaunâtre fin et très pur.

(rDans les couches tourbeuses se rencontrent un

assez grand nombre de brindilles d’arjbres qui paraissent avoir été des saules ou des aunes, des fragments de branches de chêne et des tiges de roseau ou des plantes de la famille des cypéracées.

tr Sous la voie elle-même on a également trouvé, dans cette tourbe, des lambeaux de cuir mince et très bien conservé, qui sont évidemment des premiers temps de la domination romaine, si même ils ne sont pas antérieurs à cette époque.

ff J’ai recueilli une très belle fibule en bronze dans les couches supérieures de cette tourbe, tout auprès de la voie romaine.»

rr 2 juillet 1866. — Les remblais anciens ont fourni une certaine quantité de morceaux de poteries romaines, dont plusieurs portent un nom de fabricant. On y a également trouvé quelques fragments de verre antiques, des objets en os travaillés, des pièces de monnaie.»

9 juillet 1866. — J'ai encore recueilli sur cet atelier des fragments de poterie antiques, dont plusieurs sont intéressants, 3 monnaies romaines et 1 du moyen âge, un gros boulet de pierre, la partie supérieure d’un meneau de la P»enaissance orné d'une colonnelte torse très délicate, surmontée de son chapiteau finement sculpté, enfin un fragment de dalle tumulaire du moyen âge. »

Th. Vacquer.

on la trouve dénommée Maison de l’Imaige Saint-Jean-Baptiste; elle est alors composée de deux corps de logis, à trois pignons sur rue, et dite tien censive de Saint-Antoine-des-Champsu.

Maison sans désignation (iA65), appartenant aux religieux de Sainl-Jean-des- Vignes.

Maison de l’Imaige Saint Georges (i5Ao), ayant ensuite porté les enseignes de Saint Kristofle, Saint Yves et Saint Antoine.

Maison de l’Imaige Sainct Kristofle, formée peut-être par le morcellement de la précédente.

Petite maison de l’Imaige Sainct Martin.

Maison du Lyon d’or. Elle a pu, comme les deux précédentes, faire partie de l’Imaige Saint Georges et en avoir été détachée à une époque indéterminée.

Maison sans désignation, alias du Goquerille, faisant le coin occidental de la rue des Anglais, où était située la Maison aux Gociiets, qui lui servait d’aboutissant. G est de cet immeuble ou de celui qui lui faisait face, le Chapeau rouge, qu’il est question dans le Compte îles confiscations de la Ville île Paris par les Anglais, pour l’année ikai, document où se trouve l’article suivant : « Maison, qui fut à M° Guillaume des Friches, qui fut occis à Paris, seize en la rue des Noyers, faisant le coing de la rue des Anglois, chargée, envers la Confrairie aux Bourgeois, en trente solz parisis de rente, et envers le collège de Cerbonne, en quarante sols parisis de rente; ladicte maison délivrée aux exécuteurs du testament dudicl des Friches O ti. On lit la même déclaration dans le Compte îles confiscations anglaises pour la période comprise entre iÙ23 et 1 Z127 l2). v

Maison du Chapeau rouge (1 527), occupant le coin oriental de la rue des Anglais. Une note communiquée par M. P. Le Vayer nous fait connaître que cette maison était, en i35o, dans la censive de Saint-Germain-l’Auxerrois : rc/n vico Noeriis ultra Pontes , domus que fuit Roberli Lescot librarii , ante clausum Brunelli , et venit usque ad cuneum vici Anglicorum, et est ad presens relicle dicti Roberli , pro anniversariis Roberli de Mellento m’ utd, pro quolibet termina (3). *

Maison ayant au-dessus de la porte les enseignes suivantes :

LYmaige Sainct Yves (1A20) et antérieurement l’Ymaige Sainct Estienne; puis

>'> Sauvai, t. III, p. 3 1 6. — <’) U., ibid. — <J) Arcli. nat., LL 3gi, fol. i3 v".

le Daulphin (1527); après quoi, elle redevient Maison de Saint Yves (1 55 1). Il y a tout lieu de croire qu’elle s’identifie avec la Maison des trois Escus, dont il est fait mention dans un titre de i38o, et qui est dite alors tten censive de Saincl Aignann. Elle fut achetée par les Religieux de Saint-Jean-des-Vignes, en i4o6, moyennant «cent soixante escus d’or à la couronne, à dix huict solz piecen. En ! 583 , elle tenoit d’une part à Mc Christophe Laboche, d’autre part à Jehan Sagot.

Maison de l’Esce de France (1 575).

Maison de l’Ymaige Sainct Kristofle (i38o), que nous voyons reparaître ici, sans pouvoir l’identifier avec les deux maisons précédentes ainsi dénommées, et dont plusieurs immeubles la séparaient. Les titres nous apprennent que cette enseigne était rrpaincte sur le pignonr. Plus tard 011 y substitua d’autres enseignes : la Roze, en 1 689 , et la Roze rouge, en 1575.

Maison de la Corne de Cerf (iA8g), puis de la Croix d’or (i53o). 11 est à présumer que cette maison avait deux corps d’hôtel distincts, car, dans le censier de i53o, on la trouve mentionnée avec les deux enseignes. Lv Croix d’or, dénomination simultanée au xvie siecle, aura fini par désigner 1 ensemble des deux corps de logis primitivement dénommés la Corne de Cerf. Ces simultanéités et ces successions d’enseignes jettent quelque confusion dans l’ancien parcellaire.

Maison du Pestel (1 5g3) , ttà deux pignons -i, c’est-à-dire formant deux corps d’hôtel distincts, ayant issue sur la rue des Lavandières. Le second pignon devait appartenir à la Maison de la Bouteille, ayant façade sui cette voie, a moins que le terrain sur lequel s’élevait la Maison du Pestel nait été complètement bouleversé. E11 effet, si l’on consulte les plans du xvm' siècle, on se convainc que le peu de façade de celte maison sur la rue des Noyers 11e permet guère la coexistence de deux corps d’hôtel se développant en largeur sur cette voie. U11 titre de 1 5 g 3 la désigne ainsi : tr Maison du Pestel, tenant à la Croix dor et au Soufflet; par derrière, à feu François Langlois. d En 1600, elle est dite sappuver ttà l’Escu de Bourgongne i>.

Maison du Soufflet verd (1 5y5) , faisant le coin occidental de la rue des Lavandières.

Maison sans désignation, formant l'angle oriental de la rue des Lavandières. Lue pièce de la fin du xvie siècle la dénomme ainsi : a la Croue, rue des Noyers, au coin des Lavandières, n

Partie poste'rieure de la Maison dd Modton, ayant façade sur la place Maubert. H semble que cet arrière-corps de logis ait constitué au xivc siècle une maison distincte, témoin ce passage d’un titre de 1 386 : ir Maison contiguë à une anllrc maison faisant le coin de la rue des Lavandières, tenant, d’aultre part, à l’Hostel de la Nasse. r A la fin du xvic siècle, le Mouton est signalé comme trayant issue sur la rue des Noyers », ce qui implique entrée sur la place Maubert.

Ruelle de l’Ysore, conduisant à la Maison de l'Ysore.

Hostellerye de la Pomme de pin (1/173), qui, un siècle auparavant, devait s’appeler l’Hostel de la Nasse, ainsi qu’il est allégué plus haut. En i/i83, elle portait l’enseigne de Saincte Geneviefve.

Maison sans désignation, contiguë à celle qui faisait le coin de la place Maubert. En 1 678 , elle était incorporée à cette maison d’angle alors appelée le Cheval noir, et elle avait dû être détachée de la Pomme de pin, car un document de 1 époque désigne ainsi cette dernière : cr Maison contenant deux corps d’hostel, tenant à l’Hostel du Cheval noir.»

CÔTÉ MÉRIDIONAL

(d’Orient en Occident).

PAROISSE SAINT-ÉTIENNE-DU-MONT

Maison de la Corne de Cerf ( 1 335), puis de la Corne de Daim (i55e), contiguë à celle qui faisait 1 angle de la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève cl à laquelle s’attachait la dénomination de Belle Estoille.

Maison de la Fleur de lys ( 1 5 3 1 ) , désignée en un titre de 1 5 6 2 , comme tt tenant, des deux costez, à l’eglise des Carmes et aux religieux de Saincte Geneviève, par derrière à la cour des Carmes». C’était, à ce qn’il paraît, une enclave dans la Corne de Cerf, du moins en i552.

Maison sans désignation (16/12), censitaire de Sainte-Geneviève.

Portion du liane septentrional de l’ÉGLISE DES CARMES, appartenant, par sa

situation, à la rue de ce nom et à celle de la Montagne-Sainte-Geneviève, qui

seront décrites dans le volume suivant : Région orientale de l Université.

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