RUE DU PLÂTRE
Cette ancienne voie, dont te côté septentrional existe encore, presque intégralement, faisait communiquer entre elles les rues Saint-Jacques et des Anglais. Depuis l’ouverture du boulevard Saint-Germain, en contre-bas duquel elle est située, elle n’aboutit plus à la rue Saint-Jacques que par une ligne biaise. On lui a donné récemment le nom du jurisconsulte Domat, après celui de Dante Ali— gliieri, ce dernier en souvenir du séjour que le poète de la Divine Comédie fit à Paris, pour suivre les cours de la rue du Fouarre.
La rue du Plâtre existait dès le xmc siècle : elle est appelée, en 1267, 1260 et 1 2 5 fi, viens Plastrariorum et vicus Plasleriurum (Cari, de la Sorbonne, fos 64 et 123). Au xiv'' siècle, on trouve dans les titres rrruës de la Plastrièüe, as Plastiuers et des PLASTiuEns.il Au XV" et depuis, c’est le nom de küe du Plastbe qui prévaut. Elle le devait à une carrière de gypse qui y fut exploitée anciennement, comme à la butte Montmartre (P.
L industrie du plâtre y fit place, vers 1760, à celle de 1 impression en tailledouce. La communauté des imprimeurs de cet ordre s’y transporta et s’y maintint jusqu’à la suppression du régime corporatif.
Il n’y avait, dans la rue du Plâtre, aucun hôtel ou maison de quelque importance, sauf, au xhic siècle , la domus Radulphi plastrarii; le collège breton de Cornouailles en devint ensuite l’établissement le plus considérable. Elle était, au sud. la limite du cimetière juif de la rue Galande; c’est par suite de cette circonstance qu’on y a fait, au xvmc siècle et de nos jours, de nombreuses découvertes funéraires.
A ce qui précède ajoutons une particularité signalée par Jollois ( Mémoire sur les antiquités rom. et gallo-rom. de Paris, inséré dans les Mémoires de l’Institut, t. 1. p. 25) : irDans la rue du Plâtre-Saint- Jacques, presque toutes les maisons ont deux étages de caves, qui attestent l’exhaussement du sol.n
Les habitations destinées au menu peuple étaient généralement construites en plâtre, comme Knobelsdorfle constate, en i543, dans sa Lutetiœ Descriptio :
Nomina si quæris, conservât pristina; jjypsum Hic quoque plebeio more vocare soient.
Inde pavimentum, paries, tectoria dantur Ædibus, et tigno tegula juncta suo.
CÔTÉ SEPTENTRIONAL
(cl' Occident en Orienl).
CENSIVE DU ROI
Maison des Maillets (1601), mentionnée, au xv' siècle, comme dépendant de la Corne de Cerf, ou Maison du Cerf, qui avait façade sur la rue Saint-Jacques, et, en i5oo, comme incorporée à la Maison de l’Ange.
Maison du Soufflet (1601), ayant été rattachée primitivement à la Maison de lAnge, ou des deux Angels, de la rue Saint- Jacques. Elle était divisée en deux corps d’hôtel, dont l’un portait l’enseigne de Saint-Georges. Elle contenait, en 1/128, cinq toises et demie de large, sur trois toises 1111 quart de profondeur. En 1 538, elle est énoncée avec le Lièvre cornu, ce qui implique deux corps d’hôtel, ayant chacun une enseigne distincte. E11 1602, nous retrouvons le Soufflet n tenant à la Pye, d autre part aux Maillets, aboutissant à l'Hostel du Grand Cerf n. En i63o,le Lièvre cornu paraît être devenu Saint-Gentès, puisqu’on cite cette dernière maison avec le Soufflet.
Maison de la Pye, enseigne assez fréquente dans le Vieux Paris; elle l’échangea au commencement du xvnc siècle contre celle de I’Image saint Sebastien. C’est dans cette maison que se trouvait 1 issue de l’Hôtel de Garancière, lequel avait son entrée sur la rue Galande. La Pye se rattachait, comme le précédent immeuble, A la Maison de lAnge, ou des deux Angels, en façade sur la rue Saint-Jacques. Un titre de 1600 prouverait que 1 Image saint Sébastien faisait corps avec la maison de la Pye, puisqu il y est dit : rLa Pie et Saint Sébastien, tenant au collège de Cornouailles et au Soufflet, r
Petite maison sans désignation (i/iG5), dite du Mouton en 1578, du Mouton blanc en 1590. Elle appartint d’abord à la chapelle de Saint-Yves, puis au Collège de Cornouailles, deux fondations bretonnes, et aboutissait à la Maison des trois Canettes. Un titre de 1600 la désigne ainsi : r Petite maison du collège, attenant audit college, n
Allée dépendant d’une maison distinguée par l’appellation d’HôTEL des Anniversaires, lequel appartenait à cet office de l’église de Paris. L’Allée en question passait sous la Petite maison du collège de Cornouailles, et, après la reconstruction dudit collège en 1762, elle était louée 2/1 livres.
COLLÈGE de Cornouailles, dont la notice se trouve à la suite de la description topographique de la rue du Plâtre.
Quatre petites maisons, situées devant le collège, avec un jardin derrière en dépendant; elles se nommaient, aux xvi° et xvu° siècles, le Mouton, Saint-Jean, Saint-Corentin, et une dernière, Maison des Boursiers. Une allée, celle des Anniversaires, les faisait communiquer avec la rue Galande. 11 en est fait mention dans divers documents. Le Mouton est dit, en 1667 et avant, «estant prez la porte du college, tenant par derrière à I'IIostel des Anniversaires h. Nous avons vu qu’on l’appelait, en 1G00, «la Petite maison du College, attenant audit collège*. Reconstruite en 17/10, on la retrouve encore alors «tenant à la porte du collège*.
Voici quelle en était la distribution intérieure, en l’année 167A, c’est-à-dire antérieurement à la dernière reconstruction : «Un corps de logis sur le devant, composé d’une cave, salle, écurie, cuisine, plusieurs chambres l’une sur l’autre et grenier au dessus, lieux, aisances et dépendances de ladite maison, où est une petite cour. . . * Enfin, au-dessus de la porte, était «insculpée l’enseigne du Mouton blanc,* indicative de la censive royale. (Arch. nat., MM 3g2.)
Maison Saint-Jean, en 1587 et 1 5 90, «contenant anciennes estables, joignant et tenant aux collège et chapelle, tenant, d’autre part, à la Maison du Mouton blanc s.
Maison Saint-Corentin (1609)1 dépendant du college de Cornouailles.
Maison des Boursiers (1609), donnant passage à I’Allée ci-dessous.
Allée de la maison de la Longue Allee, faisant front sur la rue Galande, maison ayant été divisée vers 1527, mais offrant encore aujourd’hui un passage à travers ses trois corps d’hôtel. Il est fait mention de cette maison et de l’allée qu’elle contenait, surtout à propos de la rue Galande. Sur cette maison et celle correspondante, rue Galande, à l’enseigne le Cerf, Jehan Ansquer «, docteur en théologie et maître du collège de Cornouailles, et Vves Ansquer, son frère, prêtre, maître ès arts, ce dernier inhumé en la chapelle Saint-Yves, avaient assigné 2b livres parisis de rente au profit du collège de Cornouailles'2). En i5oi, elle est réputée «tenant d’une part aux Coullons et à l Imaige Nostre-Dame, d autie part à LA Levrière, avec cour en bas, tenant de même et aboutissant en partie aux hostels cv-aprez : la Corne de Cerf, anciennement les Trois Faucilles, rue du Piastre, tenant aussi à la Couppe et à la Croix blanche, aboutissant à la cour précédente . . . *
Maison de la Coulpe (i575), appartenant au collège de la Marche; elle est dénommée, en 1G87, Maison de la Coupe dor.
') Ansquer et non Asperi, faute évidente du transcripteur.
:*> Fondation sans date .. mais qui parait appar¬
tenir au xv' siècle. — Bibl. nat. Estampes. Coll. Gaignières. Oxford, P\ ij f 5o. - Communiqué par M. P. Le Vayer.
Maison de la Choix blanche (i 5 20) , localisée par les textes que nous venons de citer à propos de la Longue Allée.
Maison des Trois Faucilles ( 1 4 2 g ) , puis de la Cobne de Ceiif (15*27), ayallt lait primitivement, comme les deux précédentes, partie de la Maison de la Longue Allée, en façade sur la rue Galande.
La situation respective de ces trois immeubles, détachés d’une maison plus importante, ne peut être exactement indiquée; il est certain qu’ils se suivaient et r s’entretenaient r , mais dans un ordre qu'on ne saurait préciser.
Maison, sans désignation d’abord, formant l’angle septentrional de la rue des Anglais, puis annexée, en 1602, à l’enseigne du Miroir, de la rue des Anglais; elle avait pour aboutissant la Maison du Plat d’estain, sur la rue Galande.
CÔTÉ MÉRIDIONAL
(d’Orienl on Occident ).
Maison sans désignation (1600), lenant à celle faisant le coin méridional de la rue des Anglais.
Maison de l’Estoile (1G00), attenant à la précédente.
Emplacement où l’absence d’astérisques, sur le plan de restitution, accuse quatre places vides, à propos desquelles nous ne pouvons donner que les renseignements suivants, d’après les Comptes qu’a publiés Sauvai. Ces documents, datés de 1/121, mentionnent :
i° tr Maison qui fut à M° Nicolle de Gondrecourt, qui fut occis à Paris, seize rue du Piastre, chargée envers l’église de Paris en dix livres, huit sols, huit deniers, tant de fonds de terre comme de rente W. »
En autre document, daté de 1/1/ig, nous fait connaître que cet immeuble, composé a d ung hostel, court, jardin en deppendant . . . , qui jadis fut et appartint à Mc Jehan Isambertn, lut donné à cens et à rente, aux conditions précitées, à ttAndry le Jote, clerc et secrétaire de noble homme et saige maistre Jehan Bureau, trésorier de France
20 e Maison en ladite rue, joignant à la précédente, qui fut audit de Gondrecourt, chargée envers l’église de Paris de douze sols parisis de fonds de terre (3). »
Maison et Jardin, appartenant au collège de Cornouailles, en 1698, et vis-à-vis
Antiquités de Parts, I. lit, p. 3 1 G. — 11 Archives nationales, S”, p. pareil. - Communication de M. Le Vaver. — Antiquités de Paris, t. III, p. 3iG.
TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, et à l’o|iposite de la grant porte du collège, joignant la chapelle d udict t. En 1 G 5 1 , le jardin fut tt donné à bastir en maisons*.
Chapelle nu collège de Cornouailles ( i 5 g 8) . Après la reconstruction de î y 5 a , transférée sur le flanc septentrional de la voie, elle fut englobée dans l'établissement même qu’elle desservait.
Gr anche du collège de Cornouailles (i/i65), contiguë au jardin dudit collège.
Hostel de la Plastriere (i Aa8), aboutissant, ainsi que la maison suivante, aux dépendances de l’IIostel de Saint-Jeiian des Vignes. Son mur, composé des mêmes matériaux que celui de la rue, devait venir des carrières à plâtre, sur remplacement desquelles il avait été bâti. On doit y voir aussi une reconstruction de la domus Radulphi plastrarü, auquel immeuble se rattachent les origines et le baptême de la rue.
Hostel du Renard (1/128), signalé à cette époque comme « tenant aux religieux de Soissons,* d’autre part à l’IIostel de la Plastrière, sur la rue du Piastre*.
Granchech 1/108, puis, en 1 5 5 1 , Maison de Saint-Antoine; plus tard, kla Corne de daim, tenant au Renard*. Diverses transformations sont 'attestées par l’état des propriétés du collège de la Marche au milieu du xvi" siècle. Dans le nombre se trouve comprise la Maison de Saint-Antoine, tt tenant à une maison appartenant aux religieux de Saint-Jean des Vignes, à Soissons, d’autre part, à une maison du collège*.
Autre Granche, contiguë à la précédente, dite, en 1/108, tt tenant au Lyon d’or *. En 1600, elle est ainsi désignée : tt Place où estoil d’ancienneté une grange, à présent Est voles du Lyon enferré, en la rue du Piastre, fief de Gallande h Saint- Aignan,* c’est-à-dire aux chanoines de ce nom.
Maisoncelle sans désignation (1600), formant dépendance du Lyon enferré, lequel avait façade sur la rue Saint-Jacques.
Maison de la Croix d’or, formant l’angle des rues Saint-Jacques et du Plâtre, ayant été aussi appelée la Corne de Cerf et la Petite Maison, ainsi qu’il résulte du texte suivant : tt Maison du Lyon enferré, rue Saint-Jacques, tenant et aboutissant à Delisle, avec petite maison rue du Piastre, la première contenant un corps d’hostel tenant au derrière de la Corne de Cerf. . . - La petite maison sans désignation était donc une dépendance du Lyon enferré, sur la rue du Plâtre, et 1 enseigne de la Corne de Cerf était attribuée, en 1 600 , à la Maison de la Croix d or.