RUE DES PRÊTRES-SAINT-SÉ VERIN
Cette voie aboutit, dune extrémité à la rue Saint-Séverin, et de l’autre à celle do la Parcheminerie. Elle a été fréquemment qualifiée do a ruelle n et de " ruelette n à cause de sou étroitesse et de son peu d’étendue. Un titre de 12 44 la nomme niella ante Sanctum Severimm. Guillot l’appelle la ruelette Sainct Severin. Sauvai lui a trouvé un autre nom, celui de ruele à l’arci-prêtre , parce que le cure de Saint-Séverin y demeurait i-i; circonstance que nous fait connaître
;1) Archives nationales, S 6211. — 1,1 Antiquités ic Paris, t. [, p. i5q.
:î90 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS,
également le Livre de la Taille de 1298, en l’appelant rude au curé. Certains titres, sans la confondre avec la rue Sacalie, la désignent comme y aboutissant : ruella que esl in capile vici qui dicitur Sacqualie (i236). Puis, malgré sa petitesse,' elle paraît avoir été parfois qualifiée de grande : cia grant ruelle Sainct. Séverinn (i35g), par comparaison avec cia ruelette allant du cimetiere à la rue de la Parcheminerie». (Voir à l’article de celte dernière rue.)En 187/1, c’est par strictus vicus Sancli Severini qu’on la désigne. Le nom de rue ou ruelle des Prêtres lui fut attribué vers la lin du xv' siècle (1689 et 1 4g3 ) , et a subsisté jusqu’à nos jours.
Par sa situation entre le Palais des Thermes et le Petit-Châtelet, que des substructions gallo-romaines montrent comme ayant dû être rattachés l’un à l’autre, le sol occupé par la ruelle et l’église a été couvert de constructions de la même époque. Des fouilles récentes en ont donné la preuve,,:.
CÔTÉ OCCIDENTAL
(du Nord au Sud).
PAROISSE DE SAINT-SÉVERIN
Maison à deux pignons, sans désignation, faisant le coin de la rue Saint-Séverin. Cette maison fut donnée en 1 287 au Chapitre de Notre-Dame par Guillaume de Montmorency, archiprêtre-curé de Saint-Séverin 2 . Son importance tenta la cupidité anglo-bourguignonne. Elle figura, dans les termes suivants, sur le Compte des confiscations, dès l’année iÛ2t (Sauvai, t. 111, p. 295) : «Maison, rue Saiut- Séverin, au coin de la ruelle Saint-Séverin, qui lut à Henri Olivier, absent; ladite maison chargée de sept livres dix sols parisis de rente envers les chanoines de la Sainte-Chapelle, de soixante sols envers l’église Saint-Benoît, v
Presbytère de 1 église Saint-Séverin (1669), contigu à la maison formant l'angle occidental de la rue de ce nom. L’archiprêtre y demeurait dès 1 2 6 3 .
11 Un savant archéologue, Joltois (dans un Memoire sur les antiquités romaines et gallo-romaines de Paris, inséré dans le tome I des Mémoires de l’Institut, année t843, p. 88), donne d’intéressants détails sur les lombes en plâtre découvertes en ce lieu, ainsi que *sur une véritable construction romaine en maçonnerie de briques et de moellons alternativement, sur laquelle les fondations de l’église seraient assises». Le même Jollois détaille ensuite les particularités suivantes : rrLes fouilles ont mis h découvert un assez grand nombre de
tessons de belle poterie rouge et de poterie plus commune, de couleur grise et noirâtre. . . , une médaille petit bronze de Probus . . . , des médailles du Haut et du Bas-Empire, entre autres d’Antonin, de Fausline, de Domilien, de Claude le Gothique, de Dioclétien, de Constance, de Licinius et de Tetricus.»
(2J Archives nationales, S3,i, p. pareil. — Suivant ce document, cette maison était sise en la censive de Saint-Germain-des-Prés. — Communication de M. P. Ce Vayer.
Hostel de Lisieux ( i 3 3 (j ) , puis Maison de la Corne de cerf (i5ia), ayant été le premier domicile du collège de Lisieux, d’où lui venait son nom. Lorsque l’établissement ttdes pauvres clercsv eut été transféré dans la rue des Grès, l’hôtel passa à un certain Geoffroy et devint finalement la propriété de la paroisse Saiut- Séverin.
Maison de la petite Autruche, ou simplement de l’Autruche ( i 3 3 4 ) , appartenant alors à Mc Philippe, médecin, domus magistri Philippi, medici. En i 5 i 6 , elle aboutissait à un jardin des appartenances de l’église voisine.
Maison de la grande Autruche, ou simplement de l’Autruche (i4go), ayant, selon toute probabilité, formé deux corps de logis portant la même enseigne. Quand on les divisa, le plus considérable s’appela la Grande, et le moins important la petite Autruche. Au xvie siècle, la petite Autruche paraît avoir eu pour dénominations Trois Liages, celles de Saint-Clément, Saint-Martin et Saint- Séverin.
CENSIVE UK LA SORBONNE
Corps de logis, dépendant de la Maison de la Séraine (i A5/i) , ou des Gans (i 690), ou des Verts galans ( 1 5 1 8 ) , sise en la rue de la Harpe. Elle est ainsi désignée dans des titres de la fin du xv" siècle : cr Place où souloit avoir masure et, de présent, est ung jardin, nommé la place Jehan Bourdon, contiguë à l'Autruche, aboutissant à la Seraine. n — r Grant maison et deux masures, l’une le Four. l’autre la Masure de Bourdon, contiguë à l’Autruche. * — kMasure du Foin, alors Jeu de Paulmef rue des Prestres, tenant à i.'Estoille, d’aultre part aux Verts galands, antiennement place Jehan Bourdon, v
Maison avec four ( 1 3 0 8 ) , domus ad fiirnum ( 1 h 1 h j , appelée successivement l'Hostel au four ( 1 h 1 h j : Quamdam dotnum silam m par va niella Sancli Severim et est quidam furnus in domo eadem. E11 1/1 5 h, on la désigne ainsi : tt Masure où souloit avoir maison appellée antiennement la Maison du four, rue aux Prestres, tenant à un jardin de l’Estoille, et d’autre à une place vide des appartenances de la Seraine. v Quelques années auparavant, un titre la localise ainsi : ttMeson dans une petite ruele, devers l’église parochiale de Sainct-Séverin , ayant regard sur la goutiere d'icelle église, tenant et aboutissant à la Seraine, d’autre à J. Cornet, en la ccnsive des Escoliers de Sorbonne, à cause du fief appelé le Franc Bozier.p Devenue Jardin en îôgo, Jeu de Paume du Four en 1526, Jeu de Paume du Pré en t 5 3 5 , elle dut être rendue plus tard à sa destination première, puisqu’on la trouve désignée, en i 5 7 5 , sous le nom de Four d’Allexis. A cette époque, d’après Y Inventaire des biens de la Sorbonne, celle-ci percevait sur l’immeuble, et par chacun an, xud parisis -r».
Jardin dépendant de I’Estoille d’or (ikbk) et faisant le coin occidental de la rue de la Parcheminerie. En 157.5, c’est la Maison de l’Image Sainte-Catherine ; on la voit plus tard refaisant le coing de la rue des Prebstres, tenant, d'une part à un jeu de Paulme, puis à Colin Vanier, parcheminier, et au jardin de la Maison
DES G.ANS Ti.
CÔTÉ ORIENTAL
(du Sud au Nord).
PAROISSE DE SAINT-SÉVERIN
JUSTICE ET CENS1VE DE LA SORBONNE
Maison de la Fleur de lys ( i 683), faisant le coin de la rue des Prêtres. Elle paraît s’être nommée, en i35o, la Maison de l Angle.
Maison dd Patin (i5 i 7), contiguë à celle qui occupait le coin oriental de la rue de la Parcheminerie. Elle avait primitivement fait partie de la Maison du Boisseau. Elle est dite, à la date précitée, « aboutissant, par derrière, à la Maison de Saincte-Geneviefvet, et, en 1 5 6 G , et contenant plusieurs corps d’bostel, tenant à la Fleur df. las, faisant le coing de la ruele, aboutissant, par derrière, aux charniers du cymetierre de l’église Sainct-Séverinn. Eu 1557, elle ^appartient à Mc Claude Parisot, procureur au Parlement, et doibt, par chacun an, viiis parisis v à la Sorbonne.
Côté occidental des charniers Saint-Séverin. C’est à la rue Saint-Séverin que se rattache la description historique et topographique de celte nécropole.
Façade de l’église de Saint-Séverin. La notice consacrée à cet édifice se trouve à l’article de la .même rue Saint-Séverin.
RLE DES RATS.
Cette voie, perpendiculaire à la Seine, débouche, d’une part, dans la rue Galande, et. de l’autre, dans celle de la Bùcherie. 11 en est fait mention dès le xnic siècle, et elle doit être contemporaine des deux rues auxquelles elle aboutit encore aujourd’hui.
Le nom quelle a longtemps porté, et qui est orthographié de deux laçons dans les litres, a donné lieu à diverses conjectures étymologiques : r 11 pourrait bien venir, dit A. Berty, de ce que les chantiers situés en la rue de la Bùcherie et voi-
HÉGION CENTRALE DE L’UNIVERSITÉ, siiis du bord de la rivière, servaient de refuge à de nombreuses troupes de ces rongeurs, n L’hypothèse n'est pas dépourvue de vraisemblance : seulement, comme 1 auteur précité constate, en 1 a g 8 , l’existence, dans cette rue, d’une ancienne Maison dks Ratz, il se demande si cet immeuble a reçu son nom de la rue dans laquelle il était situé, ou s’il le lui a donné.
Une autre étymologie se présente, appuyée sur le Dit de Guillot : rue (l'Arras, mot que l'on trouve traduit, en latin, dans le censier de i343, ainsi que dans plusieurs titres du XIVe siècle, meus atrebalum et atrebalus. Un hôtel de ce nom a pu exister dans la rue et lui valoir celte appellation.
Celle qu’on lui donne aujourd’hui date de 1899; elle lui vient d’une maison qui aurait appartenu au célèbre ministre de Louis XIV, ou à l'un de ses parents; maison qui se faisait remarquer par sa belle porte à heurtoir ciselé, son riche escalier, dont la rampe était en fer forgé, et les bas-reliefs décorant sa cour. Le nom d Hôtel Colbeiit a donc été, au début du siècle et sur la demande des riverains de la voie, substitué à celui des Rats, lequel était beaucoup moins euphonique.
CÔTÉ OCCIDENTAL
(du Sud au Nord).
PAROISSE DE SAINT-ÉTI EN NE-DU-MONT
Maison de la longue Allée (i38o), plus tard Hôtel Colbert, contiguë à l’immeuble qui faisait le coin occidental de la rue Galande. Elle était importante et comprenait plusieurs corps de logis, dont l’un 11'était autre que la maison suivante. Son nom lui venait sans doute de la ruelle, ou passage, qui la longeait, avant son démembrement, et faisait communiquer la rue des Rats avec celle du Fouarre.
Maison sans désignation, ayant constitué un corps de logis de la précédente et tenant le coin méridional de la ruelle que nous venons de mentionner.
Maison de l’Ymaige Nostre-D.ame (i38o), formant l'angle septentrional de la même ruelle; contiguë à l’édifice des Ecoles de Médecine, qui faisait le coin occidental de la rue de la Bûcherie, elle aboutissait rue du Fouarre, sous forme d’autres écoles, lesquelles dépendaient, en 1,807, de L Hostel de Chartres. En îôoi, elle appartenait en totalité à un évêque de Chartres, nommé Miles d’il— liers. En 1 5 5 7 , elle est déjà démembrée et ainsi désignée : « Maison contenant plusieurs corps d liostel, appellée l'IIostel du Puits des Chartiers, sise rues des Rats et du Fouarre, tenant, d’une part, lesdicts lieux, à Ms de Melior et à l’huissier
IMPRIUlniC NATIONALE.
Cantot, d'autre part à F. Richerel, M° Jean Ruelle et autres, d'un bout sur la rue des Rats et d’autre à ladite rue du Fouarre.v Les prélats chartrains se défirent enfin de la partie centrale de cet immeuble, car un censier de 1 646 donne à l'ancien Hôtel de Chartres, du Puits de Chartres, ou d Illiers , deux enseignes nouvelles : les Trois poulles blahches et Nostre-Dame.
Anciennes Écoles de Médecine (1/175). Leur notice se lit à l'article de la rue de la Bùcherie.
CÔTÉ ORIENTAL
(flu iNord au Sud).
MÊMES PAROISSE, JUSTICE ET CENSIVE
Maison des Rats (i36a), contiguë au vaste chantier qui tenait le coin septentrional de la rue de la Bùcherie. C’est, avec la suivante, dont elle n’était point séparée primitivement, l’immeuble qu’on dit avoir donné ou emprunté son nom à la rue. 11 en est fait fréquemment mention dans les titres, avec des tenants et aboutissants divers, notamment en 1 3 5 7 , i36a, i38o, iù3i et îigo. On le dit, à ces différentes dates, situé et devers les Trois portes. . . , devers la Buscherien, et tenir «par derrière à I Ostel des troas Janettesm.
Autre Maison des Ratz, démembrement de la précédente, ayant contenu une sorte d’hospice, ainsi qu'il résulte de cette mention qu’on trouve dans un titre de i.38o : «Les Raz; les deux jadis en faisoient une seule et y eust un Hostel Dieu, contigu à la maison faisant le coings de la rue des Trois-Portes. C était 1 un des cinq hôpitaux fondés en 1 Université par Philippe de \alois.
L'une des deux Maisons des Rats appartenait, en i36s, à l’abbaye de Sainte- Geneviève. Témoin un document portant cette date : «La meson des Raz, rue des Raz, tenant a une meson des religieux de Saincte Geneviefve, appelée aussy la Meson des Raz. n
Maison de la Corne de cerf (1 55 1), faisant le coin septentrional de la rue des Trois-Portes. Elle était primitivement comprise dans le grand immeuble portant le nom de Rats. Détachée à une époque qu’on 11e peut préciser, elle est ainsi désignée en 1/189 : « Maison à Nicolas Morillon, tenant d’une part et faisant le coing de la rue des Trois-Portes, d’autre à I'Hostel des Ratz, précédemment à P. de La Fosse. v En 1 55 1 , la Cornf. de cerf reparaît, «tenant à Al. Regnard et à la rue des Trois-Portes, d’une part, par devant à la rue des Ratsu.
Maison de l’Image Saint Jehan (i58G), formant l’angle méridional de la rue des
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Trois-Portes et contiguë à celle qui faisait le coin oriental de la rue Galande, ou Maison de la Teste-Pelée. Elle en avait primitivement dépendu.