‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 2)Chapitre 161 sur 302 · RUE DE REIMS · texte numérisé non relu

RUE DE REIMS

Avant les remaniements modernes, qui ont bouleversé toute cette région, la rue de Reims aboutissait, d’un côté, à celle des Ghollets, de 1 autre, à celle des Sept-Voies, aujourd’hui rue Valette. Le nom quelle devait au collège qu’on y fonda, en 1/112, n’est pas le premier quelle ait reçu; elle s’appelait auparavant crue au duc de Bourgongne » , et c’est ainsi que la désigne le Livre de la Taille de i 39e. Mais elle avait eu une dénomination antérieure : avant que les ducs de Bourgogne de la branche des Valois se rendissent acquéreurs de plusieurs maisons pour les réunir en un vaste hôtel et en faire leur résidence occasionnelle, la rue portait le nom d’un certain Gaultier le Mire, viens Giialtcni Mcdici, lequel n’était, pas médecin, comme son père, ou son aïeul, avait pu l’être, mais maçon, cementarius, dit un titre de 12/17; c’est le censier de Sainte-Geneviève.

Lorsque nies grands ducs d’Occident » quittèrent leur hôtel du quartier de l’Université pour habiter celui qui était situé en la ville, et qui leur venait de Marguerite, comtesse de Flandre et d’Artois, la résidence abandonnée devint un collège et en prit le nom; un titre de 1/117 porte : nia ruë au duc de Bourgongne à présent appellée la ruë du Collège de Beims. n Malgré cette mutation, l’ancienne appellation ne disparut pas complètement et plusieurs documents du xvi" siècle la lui donnent encore.

CÔTÉ MÉRIDIONAL

(d’Orient eu Occident).

PAROISSE DE S A INT-ÉTIEN NE-DU-MONT

Jardin dépendant du Collège de Reims, occupé plus tard par la Maison de l’Image Saint-Pierre, laquelle tenait à un Petit-Ouvrocer, celui-ci donnant sur la rue des Sept-Voies, dont il formait l’angle méridional. Ce jardin est dit, en 1 58o , etcloz de murs, ouquel y a ung petit appentis sur le derrière, assiz devant la porte du college, ruë de Bourgongne, aultrement dicte de Reims, contenant deux quartiers de terre, tenant, d’une part, au collège de Saincle Barbe, d’aultre part au collège Fortet (ou appartenances desdits), aboutissant à une maison estant du collège de Montaigu ; d’aultre bout, par le devant, sur ladicte ruë de Bourgongne, dicte de Reims «.

Ostel des Coulons (i 4os). Celte maison s’alignait à l’ouest, du jardin précité et aboutissait en partie sur la rue des Chiens. Nous n’avons pu vérifier si elle aliénait, comme il y a lieu de le croire, aux deux maisons suivantes.

Deux maisons, mentionnées, en 1607, comme placées nau derrière d’un jardinet avant entrée sur la rue des Chiensn. Lune de ces maisons appartenait alors à un certain Jehan d Auvergne. En 1A26, elle avait passé en d autres mains; un titre portant cette date cite, en effet, «deux maisons entretenantes, l’une grande, l’autre petite, appartenant à Jean Sa \ in . tenant aux maisons de Mc de Chalon, et à une maison appartenant à Guillaume Arcus, aboutissant ledict jardin à une ruë par laquelle len va à la chapelle de Sainct Siphorieni). La renommée de 1 immeuble se prolonge dans le xvic siècle. En effet, J. Quicherat y introduit en ces termes [Histoire de Sainte-Barbe, t. 1, p. 274-275) Jean Louis Lilletan, ou de Thielt ; ci Cet imprimeur, élève des Étienne et beau-père de Guillaume Morel, qu’il employa comme correcteur d’épreuves depuis i54o, demeurait en face du Collège de Reims, dans une maison bâtie depuis peu, à côté du vieil hôtel des Coulons. Son établissement est le même que Thomas Richard illustra depuis sous l’enseigne de la Bible d’or. 11

Maison de la Hache (i4o4), aboutissant à l'hôtel de Chalon, ainsi que le dit formellement un titre de cette année, où elle est énoncée comme it tenant à Jehan d’Auvergne et à Jean Ronsergenl, prebstre, par derrière à 1 ostel de Chalon r.

Hostel de Chilox, ou des Cinq Écus, dans lequel fut installe plus tard le collège de Sainte-Barbe. 11 s’agit ici de la résidence parisienne des princes d’Orange, de la dynastie de Chalon, et non de la demeure des évêques de Châlons-sur-Marne. La confusion a été très souvent commise, et Jules Quicherat la relève en ces termes : ci Les évêques de Châlons-sur-Marne, domiciliés de tout temps au quartier Saint-Martin, n’ont rien à faire ici (1). n Nous lavons relevée, d après le meme, à l’article de la rue des Chiens, et nous prions le lecteur de s’y reporter. La maison dont il s’agit, formée sans doute par la réunion de plusieurs autres, tenait l’angle méridional de la rue de Reims et s’étendait jusqu à la rue des Chiens.

CÔTÉ SEPTENTRIONAL (d’Ori’-nt en Occident).

MEMES PAROISSE, JUSTICE ET CENSIVE

Hostel de Bourgongne, s’étendant, en largeur, depuis la rue des Sept-Voies jusqu’à la rue Chartière. Au milieu du xnT siècle, un certain Joce d’Arundel, mort

Histoire de Sainte-Barbe , t. I, [>. h.

vers 1 a 5 G , possédai!, en la rue (le Reims, une maison qui, après avoir passé à sa veuve, fut achetée par un duc de Bourgogne de la branche de Valois, par Philippe le Hardi, qui la possédai! dès i 3 7 G . Pour en former une résidence digne de lui, le même duc y joignit plusieurs autres maisons voisines, entre autres celle de Hue le Picart, située devant celle de l’évêque du Mans et faisant le coin de la rue Chartière. Il y réunit également un autre hôtel épiscopal, celui qu’avait possédé, au xmp siècle, ttl’evesque des Cinq églises, episcopus quinque ecclesiarum^,-» et qui formait l'angle septentrional de la rue des Sept-Voies. Enfin le pourpris de l’hôtel fut complété par une annexe occupant l’angle sud-est, par la maison de Gaultier le Mire, dans laquelle se trouvaient, en i38o, nies estables de l’osteln, et où le collège de Reims eut plus tard un jardin.

Les divers immeubles dont la réunion a formé l’Hostiîl nu Bourgongne sont énumérés dans le censier de i38o : <t Monseigneur de Bourgongne, pour sa maison qui fut Mc Le Picart, devant la maison à Lévesque du Mans. Item, iceluy, pour la maison qui fut Josse d’Arundel. Item, iceluy, pour la maison qui fut à la Fillesoye. llcm , iceluy, pour la maison qui fut à Lévesque des Cinq églises. Item, iceluy, pour la maison qui fut Gaultier le Mire, en laquelle souloient estre les estables. Item, iceluy, pour la maison où la grant porte est.» Tout cet ensemble, moins l’immeuble de Gaultier le Mire, formait un pourpris qui devait s’étendre, en formant hache, jusqu’à la rue du Mont-Saint-Hilaire, et couvrir l'espace compris entre les rues Chartière et d’Ecosse. Les censiers de Saint-Marcel prouvent, en effet, que tout ce dernier terrain constituait le collège de Coqueret; or on sait que ce collège fut établi, en tôt 8, sur une partie du sol des bâtiments du ci-devant hôtel de Bourgogne.

En 1 3 6 1 , par suite de l’extinction de la deuxième race des ducs et avant la reconstitution du duché par le roi Jean, ce duché fut réuni au domaine royal, puis donné, trois ans après, à Philippe le Hardi, souche de la troisième et dernière famille ducale. 11 11e paraît pas que le fondateur de l’hôtel Lait beaucoup habité; il préférait sans doute le magnifique séjour que lui offrait l'hôtel de Flandre et d’Artois, apport dotal de sa femme Marguerite, et qui fut plus tard la résidence favorite de Jean sans Peur. Mais, en îôoa, quand il partagea ses biens, l’hôtel échut à son troisième fils, Philippe, comte de Nevers et de Rethel. C’est à ce dernier qu’il fut acheté, en 1Ù12, parles écoliers de Reims. Il est nommé, dans un acte de cette même année, IIostel de Poissï, parce que, vers 1 36/i , les religieuses de Poissy, forcées par les événements — on était alors en pleine guerre — devenir chercher un refuge à Paris, y furent accueillies et logèrent soit dans le futur hôtel, soit dans une de ses futures dépendances.

(l) Cet évêque n’a pu posséder la maison visée lement indiquée comme ne lui appartenant plus dans le texte que vers le commencement du xin' depuis longtemps : domo ijuœ quondam fuit epi siècle-, car, clans le censier de 1067, elle est formel- scopi quinque ecclesiarum.

Collège de Reims, sis en la rue au duc de Bourgogne, dit un censier de 1 5 Uh.

Hostel des evesques Dû Mass, où fui installé le collège de ce nom. Son pourpris s’étendait depuis la rue Gliarlière jusqu'à celle des Cliollets. Chacun de ces établissements est l’objet d’une notice spéciale.

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