RUE DU CLOÎTRE-SAINT- BENOÎT
Celte voie n'était, en réalité, qu’une sorte de couloir longeant l’église, ainsi que les maisons canoniales de Saint-Benoît, et desservant les granges et les caves ou étaient déposées les redevances en nature, auxquelles avait droit le clergé de cette église. Celui de Notre-Dame y possédait également un abri, pour la part de récolle qui lui était due. Il y tenait un petit marché; la justice temporelle y était exercée par le chapitre; ce qui avait nécessité la construction d’une geôle, ou prison.
Fermée à ses deux extrémités, la rue du Cloître-Saint-Benoît notait qu’une sorte de passage peu fréquenté, faisant communiquer la rue Saint-Jacques avec, celles d’Argenteuil , — plus lard de la Sorbonne et des Mathurins, aujourd’hui rue Du Sommerard. C’est en retour d’équerre qu’elle passait de l’une à l’autre de ces rues. 11 n’en reste plus de trace, au sud et à l’est, par suite des nouveaux agrandissements de la Sorbonne et de l’ouverture de la rue des Écoles. Quelques maisons en retrait sur le côté oriental de la rue de Cluny rappelaient seules 1 ancien tracé, à angle droit, de cette petite voie. Déjà fort amoindrie, lors de la première reconstruction de la Sorbonne, par Richelieu, elle a presque complètement disparu de nos jours.
CÔTÉ ORIENTAL
(du Nord au Sud).
PAROISSE SAINT-BENOÎT
Maison du Ciiief sainct Dents (ii6ô), faisant le coin oriental de la rue des Mathurins. Il y avait anciennement, attenant à cette maison, une porte qui permettait de fermer le cloître. En 1 3 1 g , le roi Philippe V accorda la permission de bâtir cette maison, ainsi que celle de la rue Saint-Jacques, qui lui était contiguë.
Maison de l’Ymaige Notbe-Dame (i 585), sans autre désignation.
Deux musons sans désignation.
Maison de la Cuillier ( i 663), paraissant avoir été l’un des corps d’hôtel de la Pomme de mn, dont elle a du être détachée à une époque indéterminée. Elle tenait, d’une part, aux Cinq Tranchouers, et, d autre part, à Germain Volant.
Maison des Deux Tiunciiouebs (i Ô6 1) , dite tenant à la Cuillier.
Entre la Cuillier et les Deux Tranchouers, il paraît y avoir eu place pour un hôtel contigu, tenant à un autre hôtel ttqui fust Fiobert Houel, et aboutissant à la Cuillieh, qui fust Thomas Souliacn.
Maison de l’Ymaige sainct Estienne (i 585), faisant, dit un litre de i4Gi, nie coin du cloître et devant le puits, tenant à Estienne de Montiguy, à présent à la communauté de ladicte église Saint-Benoit et aboutissant aux Tranchouers i>.
Maison de la Pomme de pin (1ÔÔ7), ayant probablement compris la Cuillier.
Maison de l’Ymage sainct Martin (i 4 1 9). Il semble qu’il y ait eu deux immeubles de ce nom, l'un dans le cloître, l’autre dans la rue Saint-Jacques, où il débouchait. Celte dualité résultait, selon toute probabilité, de divers démembrements, qui ont donné une existence distincte à la Cuilllier, à la Pomme de tin et >à I’Ymaige sainct Martin, lesquelles ne formaient primitivement qu’une seule propriété ayant issue sur la rue Saint-Jacques, par une ruelle, et façade sur le cloître.
Maison du Plat d’estain (1Ô89), ayant probablement fait partie, comme corps d’hôtel postérieur, de la maison des Crochettes, laquelle avait façade sur la rue Saint-Jacques.
Ostel de la Geôle, ou Prison de Sainct-Benoist, se divisant en petit et en grand , et servant à la justice seigneuriale du chapitre. Le premier fut concédé, en 1070, pour faire une petite cour à la maison du Croissant. On lit dans le bail : crune place où est a présent la petite prison desDictz du Cbappitre, contenant huict piedz de largeur, au derrière de la grande prison de la geôle, aboutissant et joignant au derrière de la maison appartenant audict Nivelle (le Croissant), sur neuf piedz de long, qui est deux thoises de plalte forme, de fond en comble, laquelle grant prison contient unze piedz de profondeur, entre deux murs, a prendre dessuz le mur qui est sur le cloistre, jusques au mur qui est entre ladicte petite prison et la grant prison v.
Plusieurs des maisons ci-dessus énoncées étaient habitées par les chanoines, le curé et les chapelains de Saint-Benoît.
Maison de l’Ymaige sainct Jehan (1/192) au sud des charniers de Saint-Benoît. Elle est dite et tenant, d’une part, aux hoirs de feu meistre Pierre Dorigny, et à I’Ostel de la Pomme douce, d’autre part, au revestiere de ladicte église Saint- Benoist, aboutissant, par derrière, au cymetière d’ycellen.
Maison sans désignation ( 1 5 8 5 ) , paraissant avoir séparé I’Ymaige sainct Jehan de la Pomme rouge.
CÔTÉ OCCIDENTAL
(du Sud au Nord).
Maison de la Pomme rouge (1/197).
Maison delà Tournelle (1/181) ou de la Tour (i5Go). Auparavant, il y pendait pour enseigne I'Ymaige sainct Nicolas.
Maison de la Biche (1/181).
Maison sans désignation, mais paraissant devoir être identifiée avec celle de la Bouteille, mentionnée en 1 5 1 8 . Trente ans plus tard, par suite d’une affectation spéciale, elle était dite maison aux Enfants de choeur, de Saint-Benoît. Un texte de 1 5/i8 la mentionne en ces termes : la Biche, tenant à la Maison des Enfants de choeur r.
Maison de la Fleur de lys ( 1 5 8 5 ) , ayant une issue en la rue d’Argenteuil ou de Sorbonne, et par dessous les petites escholes du collège n.
Maison de la Corne de cerf ( 1 5 8 5 ) .
Maison de la Pantoufle ( 1 5 6 1 ). Elle appartenait, avant 1/182, à l’évêque d'Angers. Dans un bail de 1/172, il était stipulé que, entre cette maison et une autre qui lui était contiguë, il y aurait toujours une allée de quatre pieds de large, et de huit de haut, fermée d’une porte dont la Sorbonne aurait toujours une des clefs, k de façon à pouvoir communiquer au cloistren.
C’est probablement cette allée que désigne Sauvai en signalant, sous la rubrique Des rues qui ne sont plus rues et qui sont condamnées, et un cul-de-sac entre le cloistre Saint-Benoist et le collège de Sorbonne n. 11 en constate l’existence dans les termes suivants : tr En ce temps-là, les religieux de Sainte-Geneviefve, à la priera de saint Louys, permirent aux Mathurins d’acquérir les logis situés en la rue Sans-Chef, contre le collège de Sorbonne, et de les tenir comme amortis *.
Maison de la Roze (i3i2). La contiguïté de cet immeuble et de la Maison de la Pantoufle ressort du texte suivant : « Domum magnam que fuit quondam episcopi Andegavensis , et Domum ad Rosam, sitas in claustro Sancli Bénédictin.
Entre celte maison et une troisième Ymaige sainct Martin, qui venait ensuite, se plaçait probablement la Maison des Trois Espées, dormis ad Très Enses (1 3 1 2) dont il 11’existe que de simples mentions.
Maison de l’Ymaige sainct Martin (1/16/1), ayant, à cette date, sept toises et un pied de profondeur. Elle est dite, en i/i5/i, tenir à Jean de Brie et à Jean Merjot, en i/i65, à la PiOze et à I'Hostel de Longoeil; antérieurement (1/102- 1/127) les documents la placent ir devant le petit huis* et n devant le petit portail de Sainct-Benoist*. Bien qu’elle ait eu une existence distincte, elle a pu, avant les démembrements qui la lui ont donnée, faire partie de la Pantoufle, ou des Trois Espe'es.
Maison delà Teste noire (1 585).
Maison du Mirouer ( 1 5 8 8 ) , tenant, d’une part, et aboutissant par derrière ce à ung ostel que a tenu cy-devant i\ loyer messire Pierre Lizet, premier président en la Cour de Parlementa. Un titre du 8 février 1 5 5 8 mentionne la vente, par Gilles Le Maistre, à M° Nicole Thibaut, procureur général, de «une maison au cloistre Saint-Benoist, à l’enseigne du Mirouf.r, moyennant 8/i3 livres*.
Hostel de Longueil (i53g), vaste immeuble paraissant avoir embrassé, dans son pourpris, le Mirouer et la Teste noire, ce qui le rendait limitrophe de l’V ai aigu sainct Martin. Les réunions et les démembrements, ainsi que les ventes dont il a été l’objet, jettent quelque confusion sur ce logis. Divers titres l’identifient avec les maisons contiguës auxquelles ils donnent différents propriétaires, vendeurs et acquéreurs. O11 y voit notamment que tria maison existante au coing de la rue des Mathurins fust vendue, en 1 537, par Michel de Champaud, escuyer, sieur de la Sourdinière au pays Chartrain, à Nicolas Thibault, conseiller et procureur général du Parlement *. Une note relevée aux Archives nationales (carton S 897 B) porte ceci : te Cloistre Saint-Benoist : Maison qui fut à maistre Compains, notaire, vendue à Me Fournier, ensuite à M° Michel de Champrosé et venue à madame veuve de M. Thibaut, procureur général, et avant avoit appartenu à Pierre Lizet, premier président du Parlement*. L’hôtel de Longueil résultait de la réunion de trois immeubles jadis distincts, ainsi que l’établit la note suivante : n Celte maison en faisoit trois auparavant, avec une petite maison devenue masure. Elle joignoit la maison de l’enseigne saint Martin. *
La rue du Cloître-Saint-Benoît étant située en plein quartier latin, il était naturel que les écoliers externes cherchassent à y prendre gîte, et que l’Université intervînt dans la fixation des prix de logement. Une maison, dite «des Sorbonistesn, qui y était située, avait été taxée à 20 livres!1); mais celte maison, qui n’est désignée ni par son enseigne ni par ses tenants et aboutissants, défie toute identification.
(l) Mémoire de la Société de l’Histoire de Paris, t. IV, p. 1 /17.
ÉGLISE SAINT-BENOÎT