COLLÈGE DE BEAUVAIS, OU DO RM ANS-BEAU VAIS
trLes ouvriers travaillèrent avec tant d’activité que le nouveau bâtiment, commencé clans les derniers mois de 1887, était habité à la Pentecôte de l’année suivante. Les boursiers furent partagés par chambrées de quatre. Les chapelains n’avaient qu’une chambre commune, divisée par des cloisons formées de planches et de plâtre. (Ibid., fol. xiv verso.)
tf . . . Les boursiers et les maîtres étaient installés dans les constructions nouvelles..., lorsque Jean Roland, chanoine de Chartres et de Meaux, et curé d’Arcueil, offrit aux fondateurs de leur céder une grande maison, une plus petite et des écoles qu’il possédait dans la rue du Mont-Sainl-Hilaire, près du collège. . . Le collège s’empressa d’accepter, et l’acte en fut passé le «"décembre 1893. (Ibid., Reg. MM 356, fol. 1 5 3 . )
rr Lorsque la construction touchait à sa fin, on résolut, sur la proposition de Raymond du Temple, d'en décorer la façade, sur la rue Saint-Hilaire, des armes du fondateur. Elles furent aussi placées sur la porte principale de la rue du Clos-Bruneau, ouverte sur la cour du collège, avec une inscription qui rappelait la fondation.
«Les comptes furent réglés au mois de décembre i388. L’année précédente, le collège avait reçu j our la construction nouvelle quatre mille trois cent douze livres; les dépenses ne montèrent qu'à quatre mille deux cent vingt sept livres neuf deniers (Arch. nat.,H 2785, fol. xlvi), dont les maçons louchèrent huit cent quatre-vingt-quatre livres neuf deniers, les charpentiers quatre, cent quatre-vingts livres et les menuisiers quarante-trois livres quatre sols. Quant à Raymond du Temple, tries prelaz déclarèrent que, pour sa peine», il aurait quarante francs, ou vingt- deux livres, dont il donna quittance. Jacques de Chartres, qui avait aussi consenti à travailler pour ce collège, n’ohtintque vingt francs.» (Arch. nat., H 27851, fol. xxvi.)
Le collège de Beauvais avait été précédé, d’un demi-siècle environ, par celui de Presles, auquel il était contigu, fondé par le célèbre Raoul de Preslcs, qui fut avocat au Parlement et secrétaire de Philippe le Bel, pour quinze boursiers nalifs du Soissonnais, comme ceux de Beauvais. Le collège de Presles avait donc avec ce dernier des affinités naturelles.
« Avec le temps, dit Ch. Jourdain, la proximité fit naître des relations si étroites de bon voisinage entre les deux maisons, que, vers la fin du xvic siècle, elles se partageaient les classes devenues communes aux boursiers' de l’une et de l’autre. -o C’était une réunion implicite; elle devint complète en 1597, et un seul principal dirigea les deux collèges jusqu’en 1 7 G 3 , époque où les constructions de Beauvais, trop grandes pour le petit nombre de boursiers des deux établissements, que celles de Presles auraient suffi à loger, furent abandonnées au collège de Lisieux, obligé de quitter son ancienne installation dans le voisinage des deux Brelonneries, parce qu’on établissait alors une place devant la nouvelle église Sainte-Geneviève, et que l’on construisait les bâtiments de la Faculté de droit, sur l’emplacement du collège de Lisieux.
Ces dernières phases de l’existence de Dormans-Beauvais ont donné lieu à diverses études qui complètent l’histoire topographique du collège, et qu’il est de notre devoir de résumer ici.
Dans la première moitié du xvne siècle, la fusion des deux établissements ne
ib.
TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, fut pas favorable à Beauvais. Un principal (lu nom de Jean Grangier, qui était tt lecteur et professeur du Roy en langue latine a, se montra plus dévoué aux intérêts de Presles qu’à ceux de son associé : sous son principalat, disent les écrits du temps, les écoliers eussent été mieux irsur les tuiles que dessous^, et lui-même constatait la nécessité de crrebastir trois maisons estant à la veille de leur ruine a.
Cependant il n’absorba pas complètement Beauvais dans Presles, à en juger par cet extrait d’une brochure qu'il publia en 1628, sous ce titre : De l’estât du rollèjre de Dormans , dit de Beauvais, fondé en l’Université de Pans (1628).
cr Pour consécration des droits de ceux de Dormans, entre la porte et la chapelle de notre collège, se voit une lame de cuivre, enchâssée de deux poulces avant dedans la muraille, où sont escripts ces mots : C’est le Collège de Dormans, et, de l’autre costé du collège, dans la rue Saint-Hilaire, se voit une table de pierre, attachée contre le gros mur du corps de logis ancien, où sont les armoiries du cardinal fondateur. D’un costé desdites armoiries, est gravée une inscription latine qui veut dire ce que, de l’autre costé, la françoise contient en ces termes : C'est le Collège des escoliers de Dormaxs, fondé par de donne mémoire Monsieur Jean de Dormans, luy vivant Cardinal Prestre du Sainct Siège de Rome et jadis evesque de Beauvais. Ex repos soit son âme. Amen ('lu
Il était réservé à un universitaire justement célèbre, Charles Rollin, nommé, en 1698, principal du collège de Beauvais, de relever cet antique établissement de l’état d’abaissement matériel et intellectuel où il languissait depuis un siècle. ttCeux de Dormans n , comme les appelle un peu dédaigneusement Jean Grangier, 11e pouvaient être indéfiniment sacrifiés à «ceux de Preslesa. A peine installé, Rollin constata, dit Ch. Jourdain, que la fusion des deux collèges 11’avait profité ni aux études ni à la discipline. «Quatre choses, — c’est-à-dire quatre enseignements, — ajoute-t-il, avaient lieu dans les bâtiments de l'un, quatre dans les bâtiments de l’autre; les deux maisons, qui étaient mitoyennes, avaient des portes de communication par lesquelles les écoliers, surtout les boursiers, échappaient à la surveillance. Rollin demanda et obtint du Parlement, de l'aveu de la Faculté des Arts, que pour l'avenir toutes les classes fussent établies au collège de Beauvais; qu’un mur de clôture le séparât de celui de Presles; que chaque collège reprit, avec son nom, une existence propre. Pour construire le mur et pour d’autres dépenses, il fallait de l’argent, et Rollin n’était pas riche; son petit revenu ne dépassait pas sept cents livres. La générosité de son maître, Antoine
(l) Nous transcrivons ici le litre complet de la brochure contenant ce curieux renseignement : De i/estat dd Collège de Dormans, dit de Beaovais, fondé en l’Université de Paris, par Jean Grangier,