COLLÈGE DE BEAUVAIS, OU D OR MANS-BEAU VAIS
Hersan, y suppléa; Hersan donne deux mille écus, qui furent employés à payer les travaux W.
11 nous reste, pour en finir avec les vicissitudes du collège de Beauvais, auquel Rollin avait rendu son existence propre, à dire comment il fut absorbé, soixantecinq plus tard par Louis-le-Grand, et comment, quatre ans après, ses bâtiments, reconstruits aux frais de Hersan, devinrent la propriété de Lisieux.
Louis-le-Grand, abandonné par les Jésuites et devenu le chef-lieu provisoire de l’Université, respecta le passé de Beauvais, fout en l’englobant. Une inscription, placée sur la porte du collège absorbant, rappela en ces termes ce qu’avait été le collège absorbé :
Collegicm Lunovici Magni In qho Academiæ Parisiensis ædes alumniqüe Et Collegium Dormano-Bellovacum Ex MUNIFICENT! A LuDOVICI XV Régis dilectissimi. — 1766.
Trois ans après la pose de celte inscription commémorative, les bâtiments de Beauvais et ses dépendances étaient vendus au collège de Lisieux : une pièce conservée aux Archives nationales (S 62 35) nous donne, à cet égard, les détails suivants :
Vente du Collège de Beauvais et des bâtiments en dépendants à Messieurs du Collège de Lisieux (1767) :
te Les maisons, b:\limenls, cours et dépendances appelés le Collège de Beauvais. . ., tenant d'un côté à quatre maisons, savoir les trois actuellement occupées par le sieur Blanchefort, Le Blanc et veuve Guérin, et dont il sera parlé cy après comme comprises en la présente vente, et la quatrième appartenante au chapelain de Saint-Jean en l’église Saint-Benoist, et d’autre côté aux terrein et bâtimens du collège de Presles, aboutissant par devant sur laditte rue Saint- Jean de Beauvais et par derrière sur celle des Carmes, contenant environ six cens quatre-vingttreize toises de terrein, ensemble la faculté concédée par la Ville, par acte du dix-huit décembre 1621, de trois lignes d’eau de la fontaine d’Arcucil, de laquelle concession mention est faite sur un marbre noir étant dans la cour dudit collège, à côté de la grande et principale porte. . .
cr Plus une maison et cour contiguë attenante à la chapelle dudit collège de Beauvais, sise à Paris susdite rue Saint-Jean de Beauvais, occupée par le sieur Blanchefort, tenant d’un côté et aboutissant par derrière à la susdite maison et bâtimens appelés le collège de Beauvais, d’autre côté tenant à la maison occupée par le sr Le Blanc, aboutissant par devant sur ladite rue Saint-Jean de Beauvais, contenant environ trente une toises et demie de terrein.
if Plus une autre maison, scise même rue, louée à Monsieur Le Blanc, tenant d’un côté à la maison précédente, d’autre à la maison louée à la veuve Guérin, aboutissant par devant sur
(l) Histoire de l'Université de Paris aux x vu' et ivin' siècles, p. 278.
laditle ruë Saint-Jean de Beauvais, et par derrière aux cours et bâtimens dud. collège, contenant environ soixante-treize toises et demie de superficie.
-Plus une autre maison louée à la veuve Guérin, scise même rue, tenant d’un côté à une maison appartenant au chapelain de Saint-Jean, fondé dans l’église Saint-Benoist, d’autre côté à la maison précédente, aboutissant par devant sur laditte rue Saint-Jean de Beauvais, et par derrière aux terrein et bâtimens dud. collège, contenant environ treize toises et demie de terrein.
-Enfin une autre maison scise rue des Carmes, louée au sieur Derobbes, tenant d'un côté à laditte maison du chapelain de Saint-Jean , d’autre au sieur Guérin, vitrier, et autres, et aboutissant par derrière à remplacement des anciennes Ecoles de droit, et par devant aboutissant à la rue des Carmes, contenant, environ quatre-vingt-six toises de superficie.
-Toutes lesquelles maisons, bâtimens et dépendances appartiennent aud. collège de Beauvais, comme fcsant partie de la fondation primordiale dudit collège, et en vertu d'autres fondations qui ont été faites dans led. collège, ou des acquisitions faites depuis plus de trois siècles. ^
Beauvais ne fut pas respecté par la Révolution : les bâtiments, aliénés en partie, eurent à subir diverses appropriations, et plusieurs corps de logis furent convertis tant en caserne qu’en magasins de literie. Vinrent ensuite divers percements édililaires, qui les isolèrent et les séparèrent de la chapelle, demeurée intacte, malgré son abandon. Achetée par les Dominicains, avec ce qui restait des constructions de Raymond du Temple, réparées par Rollin et Hersan, elle fut restaurée et rendue au culte. Quelques années avant cette restauration ( i 855), Ferdinand de Guilhermy la décrivait ainsi :
-La chnpelle, qui faisait partie des constructions primitives du cardinal de Dormans, a heureusement échappé aux démolisseurs. C’est un édifice élégant et complet de la seconde moitié du xivc siècle. Le roi Charles V en posa la première pierre. Saint Jean l’Evangéliste fut choisi pour en être le palron. Un architecte du dernier siècle a mutilé le portail; l’ornementation gothique est remplacée par des panneaux insignifiants, taillés dans l’épaisseur de la pierre. Les autres parties de la chapelle sont à peu près intaclcs. Elle se compose d’un vaisseau simple, sans collatéraux, partagé en cinq travées pour la nef, terminé par une abside à cinq pans, appuyé de contreforts, percé de hautes et larges fenêtres ogivales à meneaux. Notre gravure reproduit le côté septentrional. Une jolie porte, avec colonneltes et moulures toriques, s’ouvre à la cinquième travée. La flèche, décorée à sa base d’une arcature en ogives à trois lobes, reste debout sur le comble; les révolutionnaires l’ont seulement époinlée, en brisant la croix qui la surmontait. Au sud, une construction intéressante s’élève entre la nef et l’abside, renfermant une sacristie au rez-de-chaussée, et une salle de trésor ou un chartrier à l’étage supérieur.
-L’intérieur de la chapelle est aujourd'hui un magasin de literie militaire. Un plancher recouvre le sol. Il ne subsiste plus rien de l’ancien mobilier sacré. L’édifice a pour couverture une voûte en berceau d’ogive, formée de lattes, soutenue par des entrais et des poinçons. Comme à la Sainte-Chapelle du Palais, les croix de consécration sont portées par les apôtres. Mais ici on s’est contenté de peindre les personnages en petites proportions au pourtour de la chapelle. Chaque apôtre, représenté à mi-corps dans un quatrefeuilles, tient d’une main la croix d'or, et de l’autre l'instrument de son propre martyre, ou son attribut le plus ordinaire. Nous n’avons retrouvé que dix figures au lieu de douze; les deux autres sont couvertes de badi-