I. — LE BAC
i° Lettres patentes du roi Henri II pour l’établissement d’un bac sur la Seine.
Henry, par la grâce de Dieu, Roy de France,
Au Prévost de Paris ou ses lieutenans, salut.
Comme pour decorer, embellyr et augmenter nostre bonne ville de Paris, cappitalle de nostre Royaulme, nous ayons advisé et ordonne' faire joindre et enclorre en icelle a murailles et fossez les faulxbourgs de nostredicte Université, aligner et dresser les rues, icelles paver et acommoder selon le pourtraict et devis qui en a esté faict, au plus près de nostre intencion, et d’autant que, pour faire l’execution et accomplissement de ceste entreprinse, il est besoing faire une grande et grosse despence à laquelle il seroit bien difficile a ceulx de ladicte Ville de povoir satisfaire et fournir sans estre de nous aydez et secouruz, ce que nous voulions bien faire pour le singulier désir que nous avons de veoir mettre la main à l’œuvre et poursuivre ladicte entreprinse.
A cest cause et que nous avons advisé que le moyen le plus commode facille et aisé pour nous, quant audict ayde et subvention à icelle despence pour ce commencement, est de eriger et establir, en tel lieu et ondroict de ladicte Ville que l’on verra estre plus à propos, un bacq pour ung passage commung sur la rivière de Seyne, avec le devoir acoustumé d’estre payé aux austres bacqs, estre proclamé et baillé à ferme au plus offrant et après, selon cela, vendre et aliéner par lesdictz Prévost des marebans et Escbevins, et les deniers qui en proviendront convertiz et employez aux ouvrages de l’entreprinse dessusdicte.
Pour ce est-il que nous vous mandons et commectons par ces présentes que, appeliez nostre Procureur, lesdictz Prévost des marchans et Escbevins et autres que verrez estre besoing, vous voyez et visitez bien et exactement le lieu et endroit de noslred. Ville plus commode et à propos à asseoir ledict bacq commung sur ladicte riviere, moyennant le devoir accoustumé d’estre payé aux autres bacqs et passages d’icelle riviere, tant pour chacune personne que pour bestes, chariots, charetles et marchandises, au payement duquel devoir de passager d’icelluy nouveau bacq, vous contraindrez et ferez contraindre les passans, repassans et autres qu’il appartiendra et qui pour ce seront a contraindre par toutes voyes et maniérés deues et en tel cas requises et accoustume'es, en promectant ausdielz Prévost des marchands et Escbevins , et ausquelz par cesdictes présentes nous avons permis et permectons faire cryer et proclamer bailler et délivrer à ferme icelly bacq et droit de passage au plus offrant et dernier enchérisseur a Vestaincte de la chandelle comme Hz ont accoustumé faire les autres fermes d’icelle ville et que lesd. proclamation, bail et délivrance faietz de lad. nouvelle ferme dud. bacq ilz la puissent vendre et aliéner ou autrement en faire et disposer ainsi qu’ilz verront estre a faire pour le myeulx, pour les deniers qui en proviendront et ystront estre convertiz et employez à partir de la despence qu’il faut faire comme dit est pour les ouvrages de la closture desd. faulxbourgs et autres déppendans de l’entreprinse dessusd. dont celuv ou ceulx qui en feront la recepte et despence rendront compte comme des
autres deniers d’icelle Ville promettant par ces présentes signées de nostre main avoir agréable tout ce que vous lcd. Prévost des marchans et Eschevins verra estre faict quant à l’execution et establissement dudict bacq et les bail à ferme, vente et alienation d’iceluy, et sur ce en faire expédier si besoing est noz lettres d’approbation, ratiffication et autres necessaires selon et ainsi que nous en serons requis.
Car tel est nostre plaisir.
Et ausd. Prévost des marchans et Eschevins avons donné et donnons plain povoir et auctorité, commission et mandement spécial, mandons et commandons à tous noz justiciers, officiers et subjeetz, que a vous et à culx en ce faisant soit obey.
Donné à Sainct Germain en Laye le neufviesme jour de septembre l’an de grâce mil cinq cens cinquante et de nostre régné le qualriesme.
Signé : HENRY.
Et au dessoubs : Par le Roy : Du Tiiier et scellé du grand sel en simple queue de cire jaulne. (Arch. nat. , H 1781, fol. 199 v°.)
2° Proposition de Gilles des Froissiz relative à l’établissement du bac (novembre 1 5 5 1 ).
Plaise au Roy permectre et octroyer à Gilles des Froissiz, mc des forges, de pour luy et ses hoirs ou ayant cause, édiffier ung bac commung pour passer et repasser hommes, femmes et enffants, bestes, charrettes et charriots, de sorte que chacun qui y vouldra passer pour aller du Louvre à Sainct Germain des Prez, payeront pour homme et femme chacun ung denier, pour homme et cheval 3 deniers, et pour charrette six deniers, et pour chariot xii den. t., et pour ce faire fera le tour à ses dépens, et afin que la corde ne nuyse ne empesche aux basteaulx montans et avallans, permectre aud. des Froissy atacher le chable ung bout «à l’une des tours dud. Louvre, et l’autre bout à une autre tour à la maison de Nesle, en laquelle ataclie une poullye pour passer et reppasser led. bac, en la sorte qu’ils sont sur le Rosne, qui sera pour le grand soullagement des ponlz de ceste ville de Paris et a la république et par especial pour ceulx qui vouldront bastir vers led. Louvre pour passer la pierre, et pour ce faire led. des Froissy payant par chacun an aud. sr en ses domaines en ceste ville de Paris, vingt livres parisis et si entretiendra le tout à ses despens, et lesd. des Froissy et les sieurs prieront Dieu pour vostre bonne prospérité et santé. (Arch. nat., H 1781, fol 262 v°.)
3° Lettres du Roi prescrivant d’établir des bacs pour soulager le pont Notre-Dame.
De par le Roy.
Très cher6 et bien amez, vous scavez assez l’incommodité que reçoivent vos concitoyens et ceulx qui viennent en ceste ville, passans par le pont Nostre-Dame, à cause des charrettes qui scy rencontrent venant de tous costez oullre l’esbranlement dudict pont qui est en danger; à quoy est besoing de pourveoir ainsy que nous avons ja ordonné et cependant le faire soullaiger du charroy qui le charge plus, comme des pierres venaus des carrières proches de nostredicte ville, dont est aussy offensé le pavé d’icelle.
A ceste cause, vous mandons et ordonnons qu’aïez «à faire faire en toute dilligence quatre grandz bacqz dont deux pour le costé d’amont, l’un pour aller et l’autre pour retourner, et
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deux autres pour le costé d’aval que ferez asseoir et attacher et lier es endroilz qu’adviserez plus commodes tant pour les passaiges de tous charrois que des personnes de cheval et de pied.
Ferez aussy faire les chaussées de chacun costé, et accomoder les chemins principal! ement depuis la carrière Nostre Dame des Champs, jusques au lieux ou seront lesdictz bacqz, et le semblable pour la carrière de Vaugirard, affin que les charliers soient accomodez et n’ayent occasion de prendre leur chemyn par ledict pont Nostre Dame. Ainsi pour le regard de ceulx qui auront à aller du costé de la porte Baudoyer et Grève par la porte Sainct Anlhoine et ceulx qui aurront à aller du costé des Halles et Croix du Tirouer, par les portes neufves et Sainct Honoré, à quoy vous donnerez ordre et tiendrez soigneusement la main; mesmes que les autres charrois prennent le chemyn desdiclz bacqz et soit ledict pont Nostre Dame soullaigé le plus qu’il sera possible.
Pour la dcspence qu’il conviendra faire à ceste occasion, vous vous ayderez de tous deniers d’octroy de nostre d. ville, y usant de meilleur mesnaige que vous vous pourrez adviser estre; vous ferons expédier toutes les provisions qui seront requises. Mais ny faictes faulte, car tel est nostre plaisir.
Donné à Paris le vingt septiesme jour de décembre mil cinq cens soixante dix sept. Ainsy signé : HENRY et, au dessoubz, Pinart, et sur la suscription, A noz très chers et bien amez les Prévost des marchans et Eschevins de nostre bonne Ville de Paris. (Arch. nat. , H 1788, fol. i 6 3 r°.)