AMÉ DE GENÈVE, FRÈRE DV PAPE CLEMENT VII
LE COUVENT DES CHARTREUX, tuam. d Les mains, ainsi que les têtes des personnages, étaient primitivement de bronze, et les figures se détachaient sur un fond réticulé, semé, en haut, de monogrammes de Jésus, et, en bas, de dragons. A gauche, sur un rouleau déployé, étaient écrits ces seize vers :
Inlus fundali sunt fratres quatuor isti.
Celiam C primus habitat, si scire velimus.
Est, bene cognovi, D. cella parata sequcnti.
Possidel bine ternus F. Celiam G quoque quaternus.
Quos sic fundavit, et redditibus decoravit Navarr/e Petrüs, filius Regis generosus.
Ut cum diclorum fratrum quidam morienlur,
Aut ad officium de cellis extra vocentur,
Cellis ipsorum fratres alii statuentur.
Nam fratrum cellæ plenæ debout remanere.
Quinquaginla libris perpetuo percipicndis Cuilibet ipsorum, beue noscas, esse provisum ,
Anno milleno trecenleno nonageno Sexto , prædicta nituit fundatio facta.
Petrus fundator sit Christi verus amator;
Agmine sanctorum sibi dentur régna polorum. Amen.
Un monument plus important, placé dans la galerie voisine du petit cloître, rappelait la fondation efiectuée par Jeanne de Chdtillon. H consistait en un basrelief de quinze pieds de large, sur quatre de hauteur, qui représentait les quatorze Chartreux, agenouillés les uns à la suite des autres et abrités sous une voussure ornée de " pignonceaux - gothiques, ainsi que d’écussons alternativement aux armes de France et de Chdtillon. Au bout de la file des moines, on voyait deux arcatures en manière de niches. Dans la première et la moins large était figurée la princesse, assistée de son patron saint Jean-Baptiste. Elle semblait s adresser à la Vierge, assise dans la seconde arcature , et lui dire ces mots, écrits sur une banderoile : « Vierge mère et pucelle, à ton cher fieus présente quatorze «frères qui prient pour moy ; n ce à quoi l’enfant Jésus répondait : «Ma fille, je «prens le don que lu me fais, et te rens tous tes mesfaitsh). d
Dans le cimetière :
A la fin du xvne siècle, on comptait dans le cimetière au moins huit croix de
(l) Millin a donné des dessins du bas-relief de Jeanne de Châtillon et de la mosaïque de Pierre de Navarre. Il a fait également graver, mais avec peu d’exactitude, les effigies d’Amé de Genève, Enguerrand de Marigny, Pierre de Navarre et
sa femme, Philippe de Harcourt. Gilles de Sens, Pierre Loisel et sa femme. Jean et Simon du Portail, Nicolas le Diseur, Hervé de Neauville et sa femme, Pierre le Jay et un autre personnage.
pierre ou de bois, plus ou moins façonnées et marquant des sépultures; mais les épitaphes en étaient devenues illisibles, à l’exception des deux suivantes.
Sur la seconde croix, au-dessous d’un crucifix gravé :
Sous cette «P gisl le corps de . et sage feu Pbilippes le Fèvre, en son vivant changeur
et bourgeois de Paris, lequel a hanté par l’espace de xl ans et plus en l'hostel de céans, a
prins en gré la portion de l’un des frères d’icelle église de . , et en a été très bien content.
El afin que icclui Pbilippes soit en mémoire en prières et oraisons et bienfaits . en icelui
départir des biens que Nostre Seigneur lui avoit prestés, lesquels nous ont été délivrez par les exécuteurs dudit dellunt, comme par le martirologe appert, et aussi par lettres sur ce faites le xxvnic jour du mois de juillet l’an mccccxxiv. Priez Dieu pour les trespassez. Amen.
Sur l’autre face de la croix étaient gravées une image de saint Philippe et celle du mort, avec ces mots : crSancte Philippe, ora Deum pro me. n
La cinquième croix était de pierre et fleuronnée ; sur une pierre qui servait tt comme de pied d’autel à ladite croix, a était une épitaphe ainsi rédigée:
Hic jacet nobilis acdiscretus vir Arnoldus Witwiic ( alias Witwuc) (?), magister in artibus ac sacre théologie professor, canonicus Atrebatensis ac socius collegii de Sorbonne; qui obiit anno Doiniui Mccccxin , die Assumptionis beate Marie Virginis. Cujus anima in pare requiescat. Amen.
De l’autre côté de la croix était gravée l’etfigie du mort, avec ses armes.
Autres inscriptions sur deux croix de pierre, non désignées:
Cy-gist messire Jehan Guïot, jadis chapellain du Roy, nostre sire, et chanoine de Sens et de Champeaux; qui trespassa te xxviue jour de juin, l'an de grâce mcccciv.
Cy-gist feu maistre Pierre Surian, jadis clerc et notaire de deux roys, et chanoine de Saint- Germain de l’Auxerrois, à Paris, qui trespassa l’an .
Du Breul, après avoir transcrit ces deux dernières épitaphes, parle encore de quatre autres qu’on voyait dans le cimetière, mais qu’on ne pouvait plus déchiffrer; on savait seulement que c’étaient celles de Jean Charlequin, Guillaume de Blangy, Pierre du Périer et Bertrand Francoyer, tous notaires et clercs des rois.
Le clos des Chartreux, primitivement de huit arpents et demi, en contenait soixante-dix-sept à l’époque de la Révolution. Il avait été agrandi par une série d’acquisitions, dont plusieurs eurent lieu en 1 5 3 6 . L’une des plus anciennes fut celle des vignes de Briseharre, qui étaient situées entre le monastère et la ferme de l’Hôtel-Dieu, et et que l’on souloit appeller les vignes à l’Ourme le Roy. a Elles avaient une superficie de sept arpents et demi et sept perches. Quatre arpents de ces vignes, ayant appartenu à Rogier Ydre et énoncées au territoire de Vauvert, furent amorties aux Chartreux par saint Louis, en octobre 12G6. En i5aa, le
LE COUVENT DES CHARTREUX, clos du couvent est dit renfermer quarante-neuf arpents; mais dans ce chiffre étaient apparemment comprises les terres situées de l’autre côté du chemin de Vanves !l>. Ces dernières constituaient ce qu’en 1617 on nommait a le Petit Clos, v et les moines, souhaitant alors de les réunir au grand clos, sollicitèrent de Louis XIII 1 autorisation de supprimer le chemin qui formait la séparation. Le Hoi, par lettres patentes datées des mois de septembre 1617 et février 1618, accorda aux religieux leur demande, dans l’intérêt de tria commodité puhlicque et et décoration de leur maison. »
A cette occasion fut dressé un curieux plan W, qui nous a permis de restituer les bâtiments anciens du monastère, bâtiments dont plusieurs ont été fort modifiés par la suite. Le même document fait aussi connaître les limites du clos, antérieurement au retranchement qu’il subit vers i6a5, quand Marie do Médicis en prit une partie, afin d’agrandir son parc du Luxembourg et d’en régulariser les contours. Par contrat des i5 et 16 juin 1627, en échange de seize arpents et soixante perches que lui avaient abandonnés les Chartreux, elle leur donna une somme de i,5oo livres, avec vingt arpents de terre placés au delà du chemin de Vanves et attenant aux terrains que les religieux possédaient là. La cession entraîna la démolition d’un moulin qui existait dans le vieux clos, et qui lut reconstruit dans un coin opposé du nouveau. De tous les édifices de la Chartreuse de Paris, il 11e reste plus rien aujourd’hui. Le bâtiment de la pompe a été détruit en 1868; le portail et le pavillon13), élevés aux extrémités de l’avenue que le Roi fit ouvrir en 1618 pour conduire à la rue d’Enfer, ont été abattus lors du prolongement du boulevard Saint-Michel.
Les Archives nationales possèdent trois modèles de sceaux de la Chartreuse de Vauvert. Le premier, appendu à des chartes de 1278 et 1291, est de forme ogivale. Un Christ en croix y est représenté, ayant à ses côtés la Vierge et saint Jean-Baptiste, patrons de la grande église. Au-dessous, dans une niche subtrilobée, apparaît un moine en prières. Légende : [S. D]OM: VALL. VIRID. PARIS. ORDiniS CARTVSien. Le second type, attaché à des pièces de 1367 et lôio, offre deux niches abritant la Vierge ainsi que saint Jean, et surmontées d’une troi-
(l) En effet, le clos fut certainement agrandi depuis 1 5 2 2 , et Du Breul dit cependant que rr le "lieu de la Chartreuse» ne contenait que cinquante arpents.
(S) Ce plan , dessiné sur parchemin et poché en or, se trouve dans le carton des Archives coté S ^960. Exécuté avec soin, eu égard à l'époque, il n’en présente pas moins , quand on cherche à l’appliquer aux plans modernes, plusieurs petits pro¬
blèmes d’agencement désormais impossibles à résoudre.
(3) Ce pavillon , qui est figuré sur le plan dont nous venons de parler, ne fut, dit-on, construit qu’en 1628. Sur sa face occidentale avait été placé, après coup, un Ecce homo du moyen âge. A gauche, était la loge du portier, et, en face, on remarquait un grand Christ, aussi ancien, au-dessus duquel on lisait: crOtium cum dignilate.»
TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, sième niche où l’on aperçoit un petit crucifix. La légende se compose des mots: s. DOMVS VALUS VIRIDIS ORD. C ART V SIG. Le dernier type, provenant d’un accord de 1 6 c) 5 , reproduit, dans une disposition analogue, les figures et le crucifix du second; mais la légende, écrite en minuscules gothiques, est celle-ci : [s. comu?]itfns oallts uiribis p[pc pisjns [b] orîmtts carïnncn[sts].
topographie historiqve dvvievx paris
Sceau de la Chartreuse deVauvert appendu à des chartes de 1278 et 1291
Sceau de la Chartreuse.de Vauvert attaché à des pièces de 1367 et 1410
ie de Saulx-les-Chartreux (1458) croix percée des trois clous de la Passion )
Justice de Sollers-en-Brie (1460 ( une croix entrelacée dune Couronne d'épine
SCEAVX DE LA CHARTREVSE DE VAVVERT