PARTIE SVPÉR1EVRE DE LA CENSIVE
Fac-similé réduit du a
FORMATION ET DÉVELOPPEMENT DU FAUBOURG SAINT-GERMAIN
Esprit, est figuré un ouvrage bastionné avec ce titre : Forl des Académisles. Ce fort, qui se trouvait assez exactement sur le passage de ia Tranchée du xvi' siècle, et qui en était peut-être un reste, ou qui, du moins, avait dû être édifié avec les terres qui en provenaient, servit pendant quelque temps à l’instruction militaire des jeunes gentilshommes qui suivaient les cours des académies du faubourg Saint-Germain. Il en existait deux, en effet: l’une, dont nous avons parlé plus haut et qui avait son entrée dans la rue de l’Université; l’autre, qui occupait un vaste espace à l’angle de la rue des Canettes et de celle du Vieux-Colombier. Le fort des Académisles n’eut sans doute qu’une durée éphémère. Ou ne le retrouve sur aucun des plans postérieurs à celui deBullet et Blondel.
En avance sur plusieurs points, ce document est singulièrement en arrière sur certains autres. La grande nouveauté du temps n’y est point mentionnée: l’hôtel royal des Invalides, commencé en 1671, était en pleine construction au moment où Bullet et Blondel publièrent leur travail, et ils en connaissaient certainement l’économie générale. S’ils ne font pas fait figurer sur leur plan, alors qu’ils ont eu soin d’y représenter la porte Saint-Denis, qui est de 1672, celle de Saint- Bernard, qui fut reconstruite en 1 673, et celle de Saint-Martin, qui date de 1 67/1, c’est sans doute parce qu’ils s’étaient assigné pour limite le tracé du cours, ou boulevard projeté, au delà duquel s’élevait le nouvel édifice. Une simple jalousie d’architecte n’expliquerait point cette omission.
Jouvin de Rochefort, dont les deux plans suivirent d’assez près (1690) celui que nous venons d’analyser, 11e craignit pas d’élargir son cadre, et il y fit figurer toutes les extensions du faubourg vers l’ouest et le sud-ouest. Plus de cours, ou boulevard en projet, arrêtant l’expansion du Paris suburbain; les rues de Vaugirard et du Petit-Vaugirard (extrémité méridionale de la rue du Cherche-Midi) ont dépassé, malgré les édits de 1G70 et 167a, les bornes plantées par arrêt du Parlement. La rue des Fourneaux, encore à l’état de chemin desservant les fabriques de poterie de la région, commence à se dessiner sous le nom de chemin de Clamart, et le moulin de la Pointe s’élève à la bifurcation du chemin de Vaugirard. La rue de Sèvres a pour continuation trie grand chemin de Bretagne, v en bordure duquel se montre une «folie, n ou maison de campagne isolée, et la rue Blomet s’en détache sous le nom de «chemin d’Icy et de Meudon.n Un second chemin de Clamart, le chemin de Vanves, se soudant à la rue de Chevreuse, et le chemin de Châtillon sillonnent la plaine de Montrouge, au milieu de laquelle se dresse solitairement la butte du Mont-Parnasse, entourée de duellistes. Les rues de Babvlone et de Varenne s’avancent vers l’ouest, comme pour. rejoindre le boulevard projeté, tandis que les rues de Grenelle et de Saint-Dominique s’allongent indéfiniment, sous le nom de chemins, et couvrent l’emplacement actuel du Gros-Caillou, désigné sous le nom de «Marests du fauxbourg Saint-Germain, -n
Entre la Seine et ces terrains maraîchers, s’étendent deux prairies séparées par une sorte de haie ou de fossé; celle du couchant se nomme tries Prez de Sainttc Germain; » elle représente la partie nord de l’esplanade des Invalides; celle du levant a gardé la vieille appellation de et Prez aux Clercs, n et a diminué d’étendue depuis la levée du plan de Bullet et Blondel. Les constructions s’avancent, en effet, de proche en proche, le long des rues de l’Université, de Verneuil et de Bourbon. L’hôtel des Invalides, entièrement construit, apparaît avec ses bâtiments, ses cours intérieures et sa cour d’honneur, devant laquelle passe la rue de Grenelle, qui seule donne accès au nouvel édifice. Dans la plaine de Grenelle on aperçoit le gibet, ou justice de l’Abbaye (espace circonscrit aujourd’hui par les rues Chevert, de Bougainville et l’avenue de la Motte-Piquet, vis-à-vis le débouché de la rue Clcr) , et des corps militaires qui paradent, au point où ont été percées depuis les avenues de Ségur et de Breteuil. Le mouvement des constructions ordinaires, que Jouvin de Rochefort indique par un pointillé, se montre tout le long des rues du Bac, de Grenelle, de Saint-Dominique, de la Planche, de Sèvres, du Cherche- Midi et de chaque côté des rues transversales avoisinant les Incurables. Les maisons religieuses que nous avons énumérées plus haut se détachent, en plan, ainsi (jue les hôtels: celui du président Le Cogneux porte le nom de a pavillon de trNavailles;» l'hôtel de Luynes est encore appelé hôtel de Chevreuse.
Sept années seulement s’écoulent entre la publication du plan de Jouvin de Rochefort et le travail analogue de Nicolas de Fer. Dans cet intervalle assez court, le mouvement d’extension du faubourg s’accentue nettement, surtout vers le sudouest. Les rues de Vaugirard, du Petit-Vaugirard et de Sèvres font un pas de plus vers la campagne; la rue Blomet, ou Plumet, a son point de départ à l’ouest du jardin des Incurables. Vis-à-vis le moulin de la Pointe, une et maison de pension n forme le premier noyau de l’hospice de l’Enfant-Jésus ou des Enfants malades; ces vieux bâtiments existent encore aujourd’hui, au point où se croisent les rues de Vaugirard et du Cherche-Midi. La construction de l’hôtel des Invalides et le projet de percement des avenues latérales à cet édifice arrêtent la progression des rues de Varenne et de Babylone; mais, au delà de ces deux voies, la marche en avant se continue: les rues de Grenelle et Saint-Dominique commencent à devenir les grandes artères du Gros-Caillou, tandis que le prolongement, vers l'ouest, des rues de l’Université, de Verneuil, de Bourbon et du quai de la Grenouillère, est modéré par des barrières, ou bureaux de perception. La tradition des cabarets hors barrière remonte jusque-là, et plus loin peut-être. A quelques pas de la et roulette, ii se voient les débits de ttla Bonne-Eau n et du « Milieu-du-Monde, » fréquentés sans doute par les bateliers et débardeurs des chantiers de bois ilolté, ainsi que par les derniers promeneurs du Pré-aux-Clercs. D’autres barrières se voient à l’extrémité des rues de Varenne, de Babylone, des Brodeurs et du Petit-
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