‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 3)Chapitre 85 sur 150 · TOPOGRAPHIE H1ST · texte numérisé non relu

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jermam de 1670 a 1676

FORMATION ET DÉVELOPPEMENT DU FAUBOURG SAINT-GERMAIN. Vaugirard. L’esplanade des Invalides ne se dessine pas encore; mais deux rangées d’arbres, figurant les rues Fabert et d’Iéna, en encadrent le futur emplacement.

Les nouvelles dispositions adoptées pour l’isolement du palais des vieux soldats, les avenues de Ségur et de Breteuil, qui se dessinent déjà, ont fait renoncer au projet de cours indiqué par Bullet et Blondel; cependant Nicolas de Fer le représente encore , avec trois ronds-points , dans l’axe des rues de Grenelle , de Babylone et de Vaugirard. Comme Jouvin de Bochefort, il place l’un des cimetières de Saint-Sulpice entre les rues de Varenne et Valleran (Hillerin-Bertin) , avec entrée rue de Grenelle, à la hauteur du couvent de la Visitation.

De la réunion de divers îlots s’est formée file Maquerelle, dont on a toujours cherché à déguiser le nom malsonnant (île de Mast ou Querelle ) et qui s’appelle désormais île aux Cygnes : elle doit cette poétique dénomination aux oiseaux d’eau que Louis XIV y fit placer vers 1676, et qui devaient égayer les rives de la Seine M.

Nicolas de Fer a le faubourg Saint-Germain en haute estime, et il résume en quelques mots le travail qui s’y est opéré depuis un siècle : «Pour donner, dit-il, «une idée approchante de la grandeur de Paris, il n’y a qu’à dire que, dans un «seul de ses faubourgs, qui, à la vérité, est le plus grand, appelle de Saint-Ger- «main, il y a sept couvents de religieux, quinze couvents de filles, deux sémi- «naires, cinq hospitaux, deux collèges, sept communautez et plusieurs maisons de «retraite; ce qui suffiroit pour une des meilleures villes de l’Europe. d

Les dernières années du xvnc siècle furent marquées par un événement édiiitaire, qui eut la plus grande influence sur le développement du faubourg Saint- Germain. L’établissement d’un bac et l’ouverture d’un chemin à travers le domaine rural de l’Abbaye, pour faciliter les travaux de construction du château des Tuileries, avaient déjà singulièrement favorisé, un siècle auparavant, le peuplement du faubourg. Plus tard, la substitution d’un pont de bois, ou Pont Bouge, au bac de Catherine de Médicis, augmenta considérablement les facilités de passage d’une rive à l’autre; mais ce pont, établi dans l’axe de la rue de Beaune, qui n’a qu’un parcours très limité, avait surtout pour but de desservir le nouveau marché, ou «Halles des Prez-aux-Clercs; n il lui manquait un débouché spacieux, et la rue du Bac pouvait seule le lui offrir. Incendié en 1 656 , puis reconstruit et emporté plusieurs fois par les eaux, il eut enfin, le 20 février 1 684, le sort du vieux pont Notre-Dame, et sa reconstruction en pierre fut décidée. L’architecte Jules Hardouin Mansart et le frère Romain, jacobin, ingénieur fort habile, édifièrent le Pont-Royal «dont on ne verra point la fm,n dit Félibien, et qui, en effet, est encore debout aujourd’hui, quoiqu’il compte près de deux siècles d’existence. Ce

(l) Voir, aux Appendices, deux études de MM. Longnon et V. Jonathan Garpett sur ce sujet.

pont, en épargnant aux équipages des grands seigneurs le détour du Pont-Neuf, mit le faubourg Saint-Germain à deux pas des Tuileries, et détermina un mouvement de construction qui couvrit d’hôtels somptueux de vastes terrains encore inoccupés.

Le xvui' siècle, qui fut témoin de cet immense développement, débute par deux actes administratifs d’une haute portée, qu’on peut regarder comme la consécration du travail opéré depuis 1602, et comme l’adoption solennelle du faubourg Saint-Germain par la ville de Paris : nous voulons parler des édits de 1701 et 1702, qui lui donnèrent deux receveurs particuliers, un receveur des deniers affectés à l’entretien des lanternes et au nettoiement, deux commissaires du Châtelet, deux quarteniers ayant le titre de conseillers du Pmi, et l’incorporèrent à la Ville dont il forma désormais deux quartiers.

Pareil fait s’était produit au xm' siècle, lors de la construction de l’enceinte de Philippe-Auguste, qui enferma dans Paris toute la partie orientale de la censive de l’Abbaye : la création de deux paroisses, Saint-Gôme et Saint-André-des-Arts, fut le résultat de cet enclosement. Au xviii' siècle, deux quartiers s’ajoutent à ceux de Saint-Benoît et de Saint-André, qui représentaient à peu près les deux paroisses et s’étaient ajoutés eux-mêmes aux seize quartiers existant du temps de la Ligue : ce sont ceux du Luxembourg et de Saint-Germain-des-Prés. Le premier a pour limites, aux termes de l’édit de 1702, crà l’orient, la rué du Faubourg-Saintct Jacques, exclusivement; au septentrion, les rués des Fossez-de-Saint-Micbel ou cr de Saint-Hiacinte, des Francs-Bourgeois et des Fossés-de-Saint-Germain-destrPrez, inclusivement; à l'occident, les rués de Bussy, du Four et de Sève, incluccsivement; au midy, les extremilez du fauxbourg, inclusivement, depuis la rué rr cle Sèvejusques au fauxbourg de Saint-Jacques. 11 Le second est borné crà l’orient, te par les rués Dauphine, de Bussy, du Four et de Sève, exclusivement; au sepcrtentrion, par la rivière, y compris le Pont-Royal et l’isle aux Cignes; à l’occident ccet au midy, parles extrémitez du fauxbourg, depuis la rivière jusqu’à la rué de cr Sève, t

Un document presque contemporain nous fait connaître, moins sommairement que la note de Nicolas de Fer, l’importance des deux nouveaux quartiers; c’est le texte annexé au plan de La Caille (171 A), sorte de statistique qui permet de mesurer l’étendue du développement que le faubourg avait pris en un siècle. Nous n’en retranchons que ce qui a trait au bourg, décrit dans le volume précédent du présent ouvrage :

Dans le quartier du Luxembourg sont compris :

3 abbayes et cours abbatiales, sçavoir: de Notre-Dame-au-Bois, ordre de Citeaux, rue de Sève; de Notre-Dame-des-Prez, ordre de Saint-Benoist, ruë de Vaugirard; de Port-Royal, ruë de la Bourbe, entre les fauxbourgs Saint-Jacques et Saint-Michel;

FORMATION ET DEVELOPPEMENT DU FAUBOURG SAINT-GERMAIN

A barrières, 3 bureaux, 1 brigade et 2 laissez-passer, pose's pour la seurelé des droits du Domaine, etc., sçavoir : barrière de l’Observatoire, située au bout de la rué Maillet; bureau de Saint-Michel, où l’on reçoit les droits d’entrée sur les Vins, Domaine, Barrage, Poids-lelloy, etc., situé au bout de la rué d’Enfer, fauxbourg Saint-Michel; laissez-passer de Saint- Michel, posé vis-à-vis la ruë de la Bourbe; barrière du Regard-des-Carmes, située rue de Vaugirard, au coin de la ruë de Notre-Dame-des-Cbamps, vis-à-vis celle du Regard; bureau des Carmes, où l’on reçoit les droits d’enLrée du Vin, Pied fourché, Domaine, Barrage, le Poidsle-Roy et autres, situé grande ruë de Vaugirard; barrière de Bagneux, posée en la ruë de Bagneux; barrière posée au milieu et au bout de la ruë de la Barouillère; bureau de Sève, où l’on reçoit les droits d’entrée du Vin, Pied fourché, Domaine, Barrage, le Poids-le-Roy et autres, situé au bout de la ruë de Sève; laissez-passer posé en la ruë de Sève, au coin de la ruë des Vieilles-Thuilleries; brigade posée au bout de la ruë de Sève, au coin de la ruë Rousselet ;

2 boucheries : une au carrefour de la Croix-Rouge, contenant 2 étaux, l’un au coin de la ruë du Four, et l’autre au coin de la ruë de Sève; une au carrefour de la Porte-Saint-Michel et des rues d’Enfer et de Saint-Hyacinthe, contenant 2 étaux;

2 carrefours: de la Croix-Rouge, où aboutissent les rues de Sève, du Cherche-Midy, de Grenelle, du Sépulchre, du Vieux-Colombier; de Saint-Michel, où aboutissent les rues des Francs-Bourgeois, de la Harpe, de Saint-Hyacinthe, des Fossez-de-Saint-Michel et ruë d’Enfer ;

1 cimetière situé hors la paroisse, en la ruë de Sève, au coin de la ruë du Bac, appelle de la Trinité;

1 collège, du Mans, situé à l’entrée de la ruë d’Enfer, F. B. S. Michel. Il y a en ce collège une chapelle où se célèbre la sainte messe tous les jours;

3 communautez de filles, sçavoir: du Bon-Pasteur, ruë du Cherche-Midy, chapelle des sœurs de la Charité pour les pauvres malades delà paroisse du Pot-de-Fer; de Sainte- Thècle, ruë de Vaugirard, au coin de la ruë Neuve-Notre-Dame, chapelle et école; de Saint-Thomas-de-Ville- Neuve, ruë de Sève, chapelle et école;

2 communautez laïques: une pour les gentilshommes, ruë du Pot-de-Fer; une des frères de la Charité chrestienne pour les écoles, ruë de la Barouillère;

A couvents et communautez, sçavoir : des Carmes Deschaussez, ruë de Vaugirard; des Chartreux, ruë d’Enfer, F. B. S. Michel; des Pères de l’Oratoire, dit de TEnfant-Jésus, ruë d’Enfer, F. B. S. Michel; des Prémontrez, dit de Sainte-Anne, ruë de Sève, carrefour de la Croix-Rouge ;

A couvents de filles: des Bénédictines, dit du Saint-Sacrement, ruë Cassette; des Bénédictines, dit du Chasse-Midy, ruë du Cbasse-Midy; des Bénédictines, dit de Notre-Dame-de- Liesse, ruë de Sève; des Bernardines, dit du Précieux-Sang, ruë de Vaugirard;

A corps-de-garde de soldats tirés du régiment des Gardes françoises pour la sûreté du public, posés, sçavoir: un en la ruë du Chasse-Midy; un en la ruë de la Corne; un en la rue d Enfer, F. B. de S. Michel; un en la ruë de Sève, près les Incurables:

1 école de charité publique, pour les garçons, ruë de Saint-Placide ;

1 pour les filles, en la ruë Sainl-Maur;

2 hospitaux, sçavoir: des Incurables, ruë de Sève; des Petites-Maisons, même ruë;

336 lanternes distribuées en 58 ruës et culs-de-sac;

1,32 1 maisons, sans y comprendre les églises, couvents et échopes;

2 marchez publics, sçavoir: celuy de la Place ou carrefour de Saint-Michel, qui n’est que

pour le pain, qui s’y lient tous les mercredis et samedis; celuy de la Croix-Rouge, pour toutes sortes de vivres;

3 réservoirs pour les foutaines publiques: un au coin du clos des Chartreux, en la ruë d’Enfer; un en la basse-cour de Luxembourg, ruë d’Enfer; un en la ruë du Regard, près les Carmes-Déchaussez ;

58 ruës et culs-de-sac;

6 tombereaux pour le nettoyement et enlevement des immondices de ce quartier, sçavoir : pendant l’hyver six, et quatre en esté;

î voirie où l’on porte toutes les immondices et ordures de ce quartier, située sur le chemin de Vaugirard et du village de Vanvres.

Celte simple énumération faite par La Caille, géographe de la Lieutenance de police, en dit plus sur le développement du faubourg que les documents écrits ou tigurés; elle prouve qu’il y avait là, dès 1 7 1 4 , toute une ville nouvelle à côté de 1 ancienne. Le chantre de Notre-Dame avait été le premier à comprendre qu’une assimilation était nécessaire entre l’ancien et le nouveau Paris; les édits de 1701 et de 1702, dus à cet esprit de fiscalité qui entacha tant de créations administratives sous le règne de Louis XIY, confirmèrent purement et simplement un état de choses qui s’était établi de lui-mème, et auquel manquait seulement la consécration légale.

Le quartier Saint-Germain-des-Prés, de formation plus récente que celui du Luxembourg, 11e le cédait pas en importance à son devancier; 011 s’en convaincra en parcourant la nomenclature que donne La Caille :

Dans ce quartier sont compris :

1 abbaye, de Penleinont, congrégation cle Cisteaux, ruë de Grenelle;

2 abbreuvoirs pour les chevaux: un au quay de Malaquais; un au quay d’Orsay ou de la Grenouillère;

Ratteaux, servants pour laver le linge sale: se tiennent au bas des quays, depuis le Pont-Neuf jusqu’au quay d’Orsay;

8 barrières posées pour la sûreté des droits dus au Domaine du Roy, situées, sçavoir: barrière du bord de l’eau, au bout du quay d’Orsay ou de la Grenouillère; barrière du Pré-aux-Clercs ■> placée au-dessous de cette dernière, au bout de la ruë de l’Université, vers les Invalides; barrière de Saint-Dominique, posée au bout de ladite ruë de Saint-Dominique et du Cours de la Ville; barrière de Grenelle, posée au bout de ladite ruë de Grenelle, et Cours de la Ville et des Invalides; barrière des Réeollettes, au bout de la ruë de Varennes; barrière de Varennes, posée au bout de la ruë de Rabylone; barrière des Brodeurs, posée en ladite ruë des Brodeurs; barrière de la Traverse, posée en ladite ruë de la Traverse;

3 boucheries : une au bout de la ruë du Sépulchre, au carrefour de la Croix-Rouge, contenant un étal; une en la ruë de Beaune, contenant un étal: une appelée des Invalides, située au Gros-Caillou ;

Chantiers de bois flotté à brûler et pour bâtir, situez tout le long du quay d’Orsav ou de la Grenouillère:

Chapelle de Sainle-Reyne, ruë de la Chaise;

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