EXTRAIT DV PLAN'. J
FORMATION ET DÉVELOPPEMENT DU FAUBOURG SAINT-GERMAIN, sont, en effet, peu favorables aux institutions monastiques, et, si plus tard les filles du monarque prennent le voile, c’est dans une maison existante qu’elles se retirent; il ne leur vient point à la pensée d’en fonder une nouvelle. La création de deux grands établissements militaires, la construction de nombreux liôtels aristocratiques, d’utiles mesures de voirie prises par le Bureau de la Ville pour transformer en rues et en quais ce qui restait de chemins, de berges et de terrains vagues, tels sont, au xvme siècle, les moyens de peuplement qui ont le plus influé sur le développement du faubourg.
Et d’abord, l’hôtel royal des Invalides, qui fut plus de trente ans en construction, détermina un certain mouvement de bâtisse dans les petites rues avoisinantes ; les ouvriers employés aux chantiers de l’hôtel se logèrent dans les rues Rousselet, Traverse et des Brodeurs; des cabarets et des guinguettes s’établirent à la Grenouillère et au Gros-Caillou; on vit se renouveler le fait qui s’était produit lors de la construction de l’hospice des Incurables, et qui avait appelé la population le long de la rue de Sèvres.
Ce n’est pas tout : l’ouverture d’une sorte de chemin de ronde autour de l’édifice donna l’idée de reporter un peu plus à l’ouest le fameux projet de cours, ou boulevard du Midi, qui figurait depuis plusieurs années sur les plans de Paris, et qui avait beaucoup nui au développement des rues Plumet, de Babylone, de Varenne, de Grenelle, Saint-Dominique, de l’Université et de Bourbon. Désormais les anciens chemins du bourg, transformés en ruos, ne se prolongèrent plus indéfiniment dans la campagne; ils eurent dans l'hôtel et son esplanade un point d’arrêt fixe, et le faubourg, que rien ne délimitait vers l’occident, posséda dès lors un périmètre bien déterminé.
L’Esplanade elle-même ne fut pas sans influence sur la prospérité des voies ouvertes au milieu du Pré-aux-Clercs, et sur la régularisation du quai de la Grenouillère. Pour arriver à cette promenade, à laquelle un bac conduisait les habitués du Cours-la-Reine, il fallait suivre la berge, longer les chantiers de bois flotté et traverser les prairies marécageuses que La Caille appelle des Prez aux tr Clercs de Saint Germain, n tranchant ainsi, par une sorte de transaction dans les mots, le différend séculaire qui régnait entre l’Université et l’Abbaye. Le Bureau de la Ville et, en particulier, le Prévôt des marchands Boucher d’Orsay, comprirent qu’il fallait rattacher au nouveau palais militaire le Pont-Royal, la rue du Bac et toute la partie septentrionale du faubourg Saint-Germain; ce fut l’objet des édits autorisant la construction du quai d'Orsay W. Ils comprirent également que 1 ancien projet de boulevard devait être abandonné; mais ils y substituèrent une voie transversale qui, dans leur pensée, devait, comme la rue du Bac, at-
f'! Voir, aux Appendices, les pièces relatives à celle opération édilitaire.
teindre ia rue de Sèvres, en traversant le faubourg dans la plus grande partie de sa largeur : c’est ce que prescrivit l’édit relatif au percement de la rue de Bourgogne «.
Enfin l’ouverture du nouveau cours et des avenues rayonnant autour du dôme des Invalides facilita l’accès du monument, mit en valeur les terrains de la plaine de Grenelle, et détermina un certain mouvement de construction. Le nouveau cours du sud fut une clôture, comme l’était déjà celui du nord, et les jardins des hôtels qui se construisirent aux angles des rues Plumet, de Babylone, de Varenne, de Grenelle, Saint-Dominique, de l’Université, eurent leur aboutissant sur ce boulevard, dans des conditions analogues à celles des bétels bâtis le long des rues neuves des Augustins et des Capucines.
Quatorze ans après la publication du plan de La Caille, géographe de la Lieutenance de police, il en parut un fort recommandable par la précision géométrale de ses tracés et l’exactitude des renseignements qu’il contient : c’est celui de l’abbé Delagrive, géographe de la Prévôté des marchands. On peut avoir toute confiance dans les indications que fournit ce topographe, et qui confirment, en les complétant, celles qui nous viennent d’une administration rivale. Or le développement du faubourg y apparaît clairement, autant dans le détail des constructions que dans les grandes lignes de viabilité, et ce développement est immense. Toutes les voies longitudinales sont bordées de constructions, et leur prolongement dans la campagne, à l'état de chemins, montre bien leur extension future. Au sud-est, la rue Notre-Dame-des-Champs, encore peu bâtie, mais régularisée dans son parcours, atteint le carrefour des rues d’Enfer et de la Bourbe: elle est bordée, du côté septentrional, par de nombreuses carrières contiguës au mur de clôture des Chartreux; c’est de là qu’on extrait les pierres pour la construction des maisons et des hôtels du faubourg.
Le cours projeté se dessine, avec ses quatre rangées d’arbres, de la rue d’Enler à celle de Vaugirard, coupant les nombreux chemins de la plaine de Montrouge; entre l’esplanade des Invalides et la rue de Vaugirard, il est figuré par une ligne pointillée qui dépasse le débouché de la rue de Grenelle, mais qui ne fut exécutée que jusque-là. Au delà du cours, des chemins marquent l’emplacement des rues Blomet, d’Eslrées, Chevert, et de l’avenue de la Motte-Piquet. Le Gros-Caillou a trois grandes artères : la rue de Grenelle, non encore bâtie, la rue Saint-Dominique, en bordure de laquelle se montre nia Boucherie des Invalides, n et la rue de l’Université qui aboutit au pont de Pile des Cygnes; trois petites rues transversales coupent ces grandes voies et préparent le peuplement de la région. Le quai d’Orsay, encore inachevé, continue ceux des Théalins et de Malaquais, et la
{I) Voir, aux Appendices, les pièces relatives à cette opération édili taire.
TOPOGRAPHIE HISTI
HSpitzU des petites
' Jl'î-,4 T*\
; ri-
Représentant le quartier du Luxembourg, ou pa
z0" '•ïîrüpue.'W
>■? F en latrie. Rejtu' perte de demer P.xlaùf du Luxe.
j vï:— iil '
Hggâ
cilÉ
* ; « ïï i .
pi®*!
" VZ ÆSSJ
. ■■ ': WMW-'tnmmj/fimii
il- J - ’•• . :
jiiaias .
I ‘ Perl :
èjaama
! wAT.;^ Î2 ïiïsi" l22î 2iîa
ï ALÛ/tef-