‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 3)Chapitre 90 sur 150 · LES ARPENTAGES DE 1529« 1660, 1701 ET · texte numérisé non relu

LES ARPENTAGES DE 1529« 1660, 1701 ET

rr C’est le mesuraige et arpentaige en forme de terrier faict à la requeste et presence de :: religieuse personne frere Adrien Lescavre, celerier et procureur de l’eglise et abbaye Sainct cr Germain des Prez, ayant commission et charge du père vicaire, du père prieur du couvent de ccladicte église et abbaye, Monsr Sainct Germain des Prez, de toutes et chascunes les terres et cc vignes estant au terrouer du dict Sainct Germain es triaiges qui s’ensuyvent :

ccLe premier, commençant à la porte de Bucy, tirant à la rivière jusques à l’isle des Treilles.

ccLe second triaige, commençant aux fossez Sainct Germain jusques au moulin à vent et du r moulin à vent au long de l’isle jusques à Gamelles.

ccLe troisiesme triaige, commençant depuis l’hostel du Sepulchre et cymetiere Sainct Pere, rentre le cliemyn aux Vaches et le chemin des Treilles jusques au prêt de Gamelles.

«Le quatriesme, commençant au boullover près les murailles dudict Sainct Germain, entre le ccchemyn aux Vaches et le cliemyn de Gamelles, tirant jusques audict Gamelles et aux terres de crSaincte Geneviefve.

cc Le cinquiesine triaige, commençant derrière les murs de la malladrerye dudict Sainct Gerce main , entre le cliemyn de Gamelles et le cliemyn de Sevre jusques audict Gamelles et terrouer rde Saincte Geneviefve.

ccLe sixiesme triaige, commençant entre le boullouer et le chemin de la Vieille Thuyllerye, cc allant à Vaugirard jusques au fons des Marivaulx, faisant séparation dudict terrouer de Saincte cc Geneviefve.

ccLe septiesme triaige, commençant au chemin de la fosse à l’Aumosnyer, entre les deux checcmyns allant à la poincte de Vaugirard.

ff Le huictiesme triaige, commençant à la Thuyllerye, tirant à la fosse à l’Aumosnyer jusques cc au grand cliemyn de Vaugirard.

ccLe neufiesme, commençant à la rue du Coulombier et la ruelle de Cassel, tirant depuys les ffmurs du jardin du Verger jusques au grand cliemyn de Vaugirard.

ccLe dixiesme triaige, commençant au heurt de la fosse à l’Aumosiiyer, cloz Regnouart elles 'f Poullignys, tirant au dessus du coing des Chartreux, qui faict le coing du cliemyn de Baunes t et le cliemyn Herbu.

(1) C’est grâce à ce document qu’ Adolphe Berty a pu reconstituer le fief rural de l’Abbaye. Nous l’avons consulté à notre tour, et nous avons pensé que le lecteur désirerait connaître, au moins par extraits, un texte aussi précieux pour l'histoire des

origines du faubourg Saint-Germain. L’arpentage de 1529 est, en effet, antérieur aux premières constructions, qui ne commencent à s’élever, sur les points les plus rapprochés du bourg, qu’à partir de la seconde moitié du xvic siècle.

«Le unziesme triaige, commençant es Glaizes.

«Le douziesme triaige, du Vigneray, commençant au coing des murs des Chartreux, en ff venant au chemyn de Vaugirard jusques au cloz Rourgeoys.

«Le trcziesme triaige des vignes et terres du cloz Rourgeoys, commençant de Vigneray le ff long de la rue jusques à la porte Sainct Michel et closture des murs des Chartreux.

«Lcdict arpentaige faict l’an mil vc vingt-neuf par Jehan Lescuyer, arpenteur juré du Roy ccnostre seigneur, es presence de Denis Myot, Guillaume Moyry, Jehan Pomier, Jehan Louver « et autres. »

A la suite de cette énumération, l’arpenteur-juré entre dans le détail des triages.

Le premier, qui a pour titre «La porte de Bussy » est en dehors de notre cadre. Le second et le troisième mentionnent diverses pièces de terre tenant «au chemyn qui va du «bourg Sainct Germain à Saint Père. . . au chemyn allant de Sainct Père au Pré aux «Clercs. . . à la voyrie Sainct Germain. . . , au chemyn aux Vaches. . . au chemyn qui va «de Sainct Père à la Malladerye. » Ce sont les environs immédiats du monastère. Le quatrième pénètre plus avant dans le fief rural de l'Abbaye: il contient des terres «assises «derrière la maison delà Grandie aux malludes de Naples,» c’est-à-dire au sud-ouest du carrefour de la Croix-Rouge.

Dans les cinquième et sixième, il est question d’arpents et de quartiers «assis près de «la Malladerye, sur les chemyns allant à Gamelles et à Sève;. . . et sur ceulx tendant au «Jeu de boulle ou boullouer, au chemyn de la Vieille Thuyllerye, etc.» Le septième triage comprend les terres «à Guillaume et Robinet Montrouge. . . de la fosse à l’Aumos- «nyer. . . du chemyn de Vaugirard, etc.»

Quelques-unes de ces pièces de terre n’ont point été baillées à cens; l’Abbaye en a gardé la jouissance; aussi sont-elles dites «à Messieurs de Sainct Germain. » D’autres sont accensées à l’Hôtel-Dieu, «à la confrarie Sainct Suplice,» à «l’Hostel de la Malladerye, » à «Messieurs les Chartreux,» 5 l’église Saint-Jean en Grève et à divers particuliers, ainsi qu’à leurs «hoirs.» Parmi ces derniers, on distingue une «vefvc Gobelin,» appartenant sans doute à la famille dont le nom reste attaché à la célèbre manufacture du bourg Saint-Marcel, et un bourgeois, Honoré Chevalier, qui a laissé le sien à une rue voisine de l’église Saint-Sulpice.

Dans les huitième et neuvième triages, les climats mentionnés sont ceux des «jardins et «granches de la Vieille Thuillerye» et le «chemyn des Ruelles allant à Vaugirard.» Les dixième et onzième, contigus à la censive «Madame Saincte Geneviefve,» tiennent aux «vignes des Poullignys,» aux «champs des Aulnes,» au «lieu dict Couppegorge, » au «chemyn de Baunes,» aux «Glaizes» et à «la fosse Al Caulme» (fosse Alleaume). Enfin, il est question, dans les deux derniers triages, du «chemyn Herbu,» des «murz des Charci treux» et du «chemyn allant à la porte Saint Michel. »

Des contenances et des prix sont indiqués dans le travail de Jean Lescuyer; ce qui permet de fixer approximativement la valeur locative des terres du bourg et du faubourg Saint-Germain en l’année i52q. Ainsi, dans le premier triage, l’Hôtel-Dieu payait deux sous et six deniers de cens «pour cinq arpens de terre assis devant l’hostel de Nesle » (emplacement actuel des rues de Seine et Bonaparte). Dans le huitième, la confrérie de Saint- Sulpice était taxée à trois deniers parisis «pour demy arpent demy quartier de terre assis

en Cassel» (en bordure de la rue Cassette). Quatre particuliers, Claude Patier, Denys Sainct-Quentin, Jehan de La Roque et Nicolas Michel, avaient à payer : le premier, meme redevance que la confrérie de Saint-Sulpice, pour une contenance égale de terre «assise près de la Thuillerye» (rue du Cherche-Midi); le deuxième, six deniers «pour demy arpent estant des appartenances de la Vieille-Th aillerye » (même région); le troisième, six deniers «pour ung arpent assis à la Fosse à l’Aumosnier » (terrain à l’ouest de la rue du Regard); le quatrième, même somme «pour un arpent tenant au chemyn des Ruelles a (partie de la rue de Vaugirard comprise entre les rues du Regard et d’Assas). Dans le neuvième triage, Guillaume Boucicault devait neuf deniers parisis «pour cinq quartiers et demy de terre assis en Cassel, proche de la rue du Coulombier» (point où la rue de Rennes traverse celle du Vieux-Colombier); et Honoré Chevalier, deux sous et trois deniers parisis, «pour neuf quartiers assis audict Cassel prez le chemyn des Ruelles» (emplacement de la rue qui porte encore aujourd’hui le nom de ce particulier). Le dixième triage nous offre quatre accensements d’une certaine importance : le premier, de dix-huit arpents et demi, «assis aux haulx Poullignys» (boulevard et rue du Mont-Parnasse), moyennant un cens annuel de neuf sous et trois deniers parisis; le second, de trois arpents, «assis sur le che- «myn des Aunes, au lieu dict Couppe-Gorge» (environs des rues de Chevreuse et de la Grande-Chaumière), pour dix-huit deniers parisis; le troisième, de trois arpents soixante perches, «prins en une pièce de vingt arpens, en laquelle sont les bornes faisant sépara- «tion des censives de Sainct-Germain et Saincte-Genneviefve, prez les vignes de Poulli- «gnys» (boulevard de Montrouge et rue de Vanves), au prix de vingt et un deniers parisis de cens; le quatrième, d’un arpent, «assis derrière Poullignys» (c’est-à-dire dans le quartier moderne de Plaisance), taxe a trois deniers. Dans le douzième triage, une redevance seule est indiquée : c’est celle de six deniers parisis, «pour ung arpent de terre assis en «Vigneray» (partie du jardin du Luxembourg située entre l’Orangerie et la rue de Fleuras). Enfin, dans le treizième triage, quatre particuliers tenaient à cens, de l’Abbaye, diverses pièces de terre sises entre «les murs des Chartreux, le cloz aux Bourgoys et le chemyn «allant de la porte Sainct-Michel à Vaugirard» (rues des Francs-Bourgeois, de Médicis et partie haute du jardin du Luxembourg) : le premier, Yvon Peu, payait six deniers parisis pour un arpent; le deuxieme, Guillaume Mahomet, était taxé à trois deniers pour un demi-arpent; le troisième, Jehan Dagneau, acquittait annuellement quatre deniers pour un demi-arpent et un demi-quartier; le quatrième, Honoré Chevalier, ne payait que la modique somme de trois deniers «pour ung demy arpent où il y a à présent une maison, «court, jardin et estables assis au cloz Bourgeoys.» Comme l’indique le nom du climat, toute celte culture était en vigne

L arpentage de 1529 n’est pas le seul que renferment les archives de l’Abbaye : on en

rencontre du xvii” et du xvm‘ siècle ; mais ils présentent moins d'intérêt, parce que le fief

rural du monastère est déjà entamé et qu’on n’y trouve plus cet ensemble domanial décrit

par Jean Lécuyer. Il existe, à la date de 1660, un «Extrait du livre des plans des terres

!l) 11 importe de comparer ces contenances et particulier, avec les évaluations que présentent les ces prix avec les nombreux chiffres que nous don- baux et accensements de la même époque. Voir nons dans le cours de l’appendice suivant, et, en pages 188 et suivantes.

o et seigneuries appartenantes aux religieux de l’abbaye de Saint Germain des Près, w Ce document, grand in-folio de 46 pages, est un arpentage des terrains possédés par l’Abbaye à Issy, Antony, Verrières, Amblainvilliers, Monteelin, Thiais, Choisy, Grignon, Valenton, Avrainville, Suresnes, Puteaux, la Selle, le Chesnay, la Marche, Longuesse, Tiverny, Saint-Germain-sous-CoulIy, Courlhomer, Wilhuis, Bagneaux, Marolles, la Tombe, Baronnie-de-Cordoue, etc. La région qui nous occupe y est représentée par Vaugirard et partie du faubourg Saint-Germain.

Nous mentionnerons deux autres arpentages faits en 1701 et iy43: le premier par k François-Gaspard Rougeot, juré expert et arpenteur royal demeurant a Paris, des «maisons, lieux el héritages dépendants de la seigneurie de Saint Germain des Prez, «appartenants à Monseigneur le cardinal de Furstemberg, abbé de l’abbaye royalle de «Saint Germain des Prez les Paris,» volume in-folio de 21 5 pages; le second par «Paul « Desquinemare, géographe et arpenteur general des eaux et forets de France, nommé par «arrêt du Conseil d’État du Roy du dix-neuf février dernier, à l’effet de lever un plan «figuratif des terrains qu’occupoient les murs, fossez, rempart et contre escarpes de Nesles «et lieux adjacens, depuis l’endroit ou estoit la porte de hesle jusqu a celuy ou est la porte «dite Saincl Michel et des terrains des grands et petits hostels de Nesles, ainsi que de «chacune des maisons étant sur lesdits terrains et lieux adjacens; en conséquence dudit arrêt, » in-folio de 3i feuillets. (Archives nationales, fonds Saint-Germain, S. 3o863 et 3o864.)

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