‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 4)Chapitre 18 sur 81 · ONT LES MOVLES ONT ÉTÉ TROVVÉS DANS VN DES FOVRS DE · texte numérisé non relu

ONT LES MOVLES ONT ÉTÉ TROVVÉS DANS VN DES FOVRS DE

B. PAL1SSY, AVX TVILLERIES

LE CHÂTEAU DES TUILERIES AU TEMPS DE CATHERINE DE MÉDICIS. A7 diamant (fig. 10, 11 et 12); enfin les moules, malheureusement endommagés, de figures en haut relief, dont deux sont décrites par Palissy lui-même dans le «Devis d’une grotte, » que nous avons emprunté au livre de M. Fillon. Il est assurément rare de pouvoir, en semblable occasion, justifier une attribution par des témoignages aussi saisissants et aussi incontestables.

Informé de notre trouvaille, l’architecte du palais, M. Lefuel, qui avait bien voulu donner des ordres pour qu’on aidât à nos recherches, fit soigneusement transporter dans une salle des nouveaux bâtiments les précieux moules déposés, près de trois cents ans auparavant, dans le foyer où ils furent abandonnés. Ces moules étaient saturés d’humidité, et le plâtre dont ds sont composés se désagrégeait. Après les avoir laissés séjourner, on en a pris avec précaution des estampages, qui ont produit les reliefs dont la planche ci-jointe donne l’image. Il y a eu , en tout, onze fragments recueillis. Quatre appartiennent à une figure d’homme, dont on possède ainsi la tête incomplète, ainsi que les épaules, les jambes, qui sont croisées, les talons et la région lombaire (lig. 1, 2, 3). Le torse est recouvert d’une draperie rayée, au-dessous de laquelle 011 aperçoit un tissu grossier comme du canevas. Le nu a été moulé sur cadavre, et les étoffes l'ont également été sur nature, afin de réaliser la pensée que Palissy énonce en ces termes (voir page h h ci- dessus) : te Item, pour faire esmerveiller les hommes, je en vouldrois 1ère «trois ou quatre (termes) vestus et coiffés de modes estranges, lesquelz habille- «mens et coiffures seroient de divers linges, toiles ou substances rayées, si très appro- « chant de la nature, qu'il n’y aurait homme qui 11e pensast que ce fust la mesme «chose que l’ouvrier aurait voulu imyter. ... Je y vouldrois fère certaines figures « après le naturel, voire imitant de si près la nature, jusqu’aux petits poilz des barbes «et des soursilz, de la mesme grosseur qui est en la nature.» Toutes ces particularités se reconnaissent immédiatement dans la figure dont nous parlons, et néanmoins il en est encore une autre plus caractéristique, car c’est celle d’une sorte de monstre, dont le corps est composé de coquilles, y compris les yeux (fig. A); or Palissy dit (même page) : « Item, il y en aurait un aultre (ternie) qui seroit tout formé «de diverses quoquilles maritimes; sçavoir est les deux yeux de deux coquilles; le nez, « bouche, menton, front, joues, le tout de quoquilles, voire tout le résidu du corps. » Il existe un morceau d’un second modèle du même masque avec plusieurs modifications, indiquant les tâtonnements de l’artiste. Le septième fragment est une main, aussi moulée sur nature, et tenant une épée de forme ancienne (lig. 5). Certain débris informe, où l’on croit reconnaître une cotte de mailles, pourrait provenir de quelque statue dont la main aurait fait partie. Ce que représente le huitième fragment est assez difficile à discerner ; on y voit des cuisses de femme, auxquelles adhère une mince draperie (fig. 6). Les trois dernières sculptures consistent en spécimens différents de piédouches (fig. 7, 8, g) formés de coquillages agglomérés, dont l’usage était sans doute de porter des statues comme celles dont il vient

d’être question. On a recueilli, en outre, mêlées aux moules ou jetées dans les terres du remblai, une dizaine d'empreintes de feuilles de fougères, qui appartiennent précisément aux espèces appelées adianle, cheveu de Venus, polylric et scolopendre !l), que Palissy se proposait d’utiliser dans la décoration de la grotte. Enfin le sol des environs du four contenait le creux d’un petit cartouche d’orfèvrerie et un charmant médaillon rond représentant un buste de femme au sein découvert. Ce médaillon rappelle le style de Germain Pilon, et décèle trop d’art pour être attribué au potier de Saintes, qui ne fut vraisemblablement chargé que de l’exécuter en émail.

Les fottrs de Palissy étaient au nombre de t rois ; mais nous n’en avons vu que deux, parce qu’il y en a eu un qui, imparfaitement détruit en 1861, n’a attiré l’attention de personne. 11 était situé sous les bâtiments des Tuileries, à environ

I h mètres de la Grande Galerie, et, comme ceux que nous avons étudiés, construit en carreaux ou briques plates communes, longues d’environ ao centimètres, larges de i5 ou de 10, et épaisses de i5 millimètres. Les briques étaient bourdées avec de la terre à potier, suivant la coutume, et portaient les traces d’un feu violent, qui avait causé çà et là des r tétines de verre,’» comme dit Palissy. Le four le plus intéressant était placé entre les deux autres. 11 se composait (voir la planche ci-contre et le plan de substructions, tome 1, p. 173) d’une cage longue, dans œuvre, de 3"', 60, large de 3°’, 20, et circonscrite par des murailles hautes de 3“,3o, adossées aux terres. Dans le sens longitudinal, la construction était divisée en deux par un petit mur qui recevait la retombée d’une double série d’arcs formant ce que, en langage technique, on nomme des carneaux. Vers le nord, la cage des carneaux était close par deux foyers cintrés, longs de 3m, 1 2 , larges de r',37, et hauts, sous clef, de o“\g8. Le four atteignait ainsi une longueur totale de 7m,o5 hors œuvre. Il était précédé d’une pièce destinée à l’individu chargé d’entretenir le feu des foyers, lors des cuites. L'aire de cette pièce étant à 5"',55 en contre-bas du sol de la cour des Tuileries, on devait y parvenir par un escalier ou par une pente qui n’a point été reconnue, parce que la fouille

II a pas été poursuivie dans cette direction, à cause de l’inutilité probable du travail. La cage du four oriental, longue de 7“, 27, et large de 3m,63, contenait également une double rangée de carneaux, mais les arceaux portaient, au centre, sur des pieds-droits isolés, et ils étaient reliés les uns aux autres par des languettes en terre cuite, dont la planche fera facilement comprendre l’agencement. Les foyers ou gueules avaient été détruits pour faciliter le passage d’un égout.

11 Adiante, genre de fougères à feuilles minces gaines de In famille des mousses, ainsi appelées et ii lige grêle et lisse. — Alliante, clievcu de Ir parce quelles poussent plusieurs petites tiges meme . vulgairement capillaire de Montpellier. nues qui ressemblent à une épaisse chevelure.

Poljtrie ( Polytricon) . genre de plantes cryplo- Scolopendre, genre de la famille des fougères.

TOPOGRAPHIE HISTORIQVE DV VIEVX PARIS

AVX TVILER1ES

Le et contrerolleur générai des basti mens des Thuiiieries n était Guillaume de Chapponnay, juré du roi en 1 office de maçonnerie, dont les gages avaient été fixés à 36o livres par an; mais l’ordonnancement des payements relatifs aux constructions du palais se faisait, vers 1670, sous la direction de l'Évêque de Paris intendant en titre des bâtiments de la Reine. Les entrepreneurs de la maçonnerie s’appelaient Nicolas Houdan et Jacques Champion ; dans le marché conclu avec eux, il avait été convenu que le travail serait « toisé comme sy le tout esloil plain " sans aucun aornement, fors seulement les ouvraiges, sailly es et aornemens décolérez aud. marché, n C’est ce que nous lisons dans les fragments des comptes de la construction des fuileries, pour les années 1670 et 1671, que possède la Bibliothèque impériale et que nous allons résumer.

Pour les travaux de maçonnerie, le salaire des ouvriers monta à la somme de 3,425' 1 is pendant une période de treize semaines consécutives, commençant le lundi 26 février 1671. La dernière fut celle où l’on dépensa le moins, 1 1 g1 q“ tournois seulement; la quatrième fut celle où l’on dépensa le plus : le total s’éleva à 3561 i6s4J. Un nommé Bertrand Deulx (d’Eu?) est indiqué comme travaillant au bâtiment des « escuyries et closture du grand jardin, n Nous avons vu un ordre de payement pour des travaux du palais, daté du 1 5 mai 1 566 et signé de l’Orme , où ce Bertrand Deulx et son collègue Gachon Belle sont qualifiés de « maçons cet entrepreneurs. r L’achat des matériaux, du lundi 5 mars au samedi 12 mai. coûta3,8o5' i/is4d, la dépense de chaque semaine variant de 77*1 os i6s.

Parmi les matériaux figurent 1 84 tonneaux et 12 pieds de pierre de Saint-Leu, payés à raison de ho sous tournois le tonneau de 1/1 pieds.

Les travaux de jardinage exécutés durant quinze semaines, commençant le îfi juin et finissant le 21 octobre 1670, coûtèrent 3521 9* 6d. L’article y relatif contient les énonciations suivantes : « Pour avoir. . . besongné et travaillé à la baye c encommencée pour la closture du grand jardin ... du bois yssu des arbres qui ont resté arrachez du jardin de la Cocquille<3>, joignant ledict grand jardin, n — «Pour « le parachèvement de la haye . . . encommencée à faire depuis le logis des Cloches « jusques à la porte pour entrer dud. jardin en la Carrière (manège), du costé du «faulxbourg de Sainct-Honnoré. v — Pour avoir arraché des arbres et bayes du r jardin de la Cocquille, à costé du grand jardin. . .pour y faire ung tertre au bout rde la Carrière. »

Entre le 1 2 février 1670 et le q 1 mai suivant, on acheta, pour le jardin, ho poiriers «tant barga motte que certeau , » au prix de 10 livres; — 55 gros amandiers . au prix de 110 sous, et 60 «sauvageaulx de poiriers, r au prix de 60 sous; —

L évêque de Paris était alors Pierre de Gondi, (3) C’est-à-dire de la maison de la Coquille, si-

plus taid nommé cardinal , qui, I an 1598 , résigna tuée dans la grande rue du faubourg Saint-Honoré

son siège en faveur de son neveu Henri. (voir 1. 1, p. 307).

(î> Le manuscrit est coté FR. 10899.

Dépenses pour les travaux des Tuileries.

6 o 3 quarterons d’arbres <r tant ormeaulx que tiilets , n payés 27 livres; — 701 quarterons rr d’ormeaulx et tilleaulx,n payés 3a livres; — i5o merisiers et i5o pruniers, payés ko livres; — k tt bottées de houbellonn et 2 de fraisiers, payées (3 0 sous; — 4oo tt perches de saulx pour faire le Dedallus et aultres hayes d'apuis, 11 à 20 livres le cent, rendues au jardin; plus un quarteron de bottes d'osier au prix de 5 sous la botte; — 3,3oo tr perchettes de couldre pour servir à faire des bayes «au pourtour du parterre et pavillons, d payées 2 A1 1 5S; — 7,000 petites perches de coudrier, payées 551 ios, et 6 bottées de fraisiers, à 10 sous la bottée. Les travaux du jardin, dont Bastien Tarquin étail jardinier, aux gages de 3oo livres tournois par an, avaient lieu sous la direction de Bernard de Caruessequi, qualifié de tt gentilhomme servant de la Royne et intendant des plantz du jardin et des Thuilleries. v II reçut 200 livres pour ses honoraires des six derniers mois de l’année 1670.

\ propos de la fontaine, il est parlé des et robinets de fonte et cuivre pour les tt descharges 11 des tuyaux. Roger Langlois, maître fondeur en sable, reçut, le dernier décembre 1870, la somme de 100 livres pour, est-il dit, et les ouvraiges des tt gros robinets de cuivre qu'il a encornmencez à faire et fera cy-après pour mettre tr et aplicquer dedans les regards de maçonnerye faicts pour les décharges et vuyttdanges des eaues de la fontaine que la Royne veult et entend faire conduire detr puis le villaige de Sainct-Cloud jusques au bastiment et jardin du pallais de Sa -Majesté lez le Louvre à Paris, n 11 est encore mention de sept autres payements complet faits au même individu, et montant ensemble à g35 livres. On lit ensuite : tt Aplu-

.1!’ îïî.1™.' tt sieurs et manouvriers qui ont besongné et travaillé, de l’ordonnance dudict sieur

f Evesque de Paris, A la réparation de la fontaine que Iadicte dame Royne faict venir tt de sa maison de Sainct-Clou en son pallais et jardin desdictes Thuilleries, tant rà faire les tranchées des terres audedans du parc du bois deBoulongne queaux tt jardins des Bonshommes et aultres lieux, pour descouvrir les tuyaulx d’icelle tt fontaine, pour congnoistre les faulles qui estaient ès-dicls tuyaulx, à l’endroict des tt emboestemens d’iceulx, par où l'eau se perdoit, et pour iceulx remastiquer et tt restaldir; et ce, depuysle luridy dix-neufviesme jour de juing mil cinq cens soixante tr et dix jusques au sabmedy vingt el ungniesme jour d’octobre après ensuyvant. 11

L’article où il est question des Palissy est ainsi conçu : r Autre despence laicte tt par cedict présent comptable à cause de la grotte de terre esmaillée. — Paiement tt faict à cause de lad. grotte, en vertu des ordonnances particulfières de Iadicte dame f Du Pérou. A Bernard, Nicolas etMathurin Palissis, sculteurs en terre, la somme c de quatre cens livres tournoys, à eux ordonnée par lad. dame Du Pérou, en son r ordonnance signée de sa main le vingt-deuxiesme jour de janvier mil cinq cens tt soixante et dix, sur et tant moings de la somme de deux mil six cens livres tourttnoys, pour tous les ouvraiges de terre cuicte esmaillée qui restaient à faire pour tt parfaire et parachever les quatre pons au pourtour de dedans de la grotte en-

LE CHÂTEAU DES TUILERIES AU TEMPS DE CATHERINE DE MÉDICIS. 51 " commencée pour la Royne en son pallais, à Paris, suivant le marché faict avecc[ tteulx, selon et. ainsi qu’il est plus au long contenu et déclairé en ladicte ordon- " nance; par vertu de laquelle paiement a esté faict comptant aux dessusdicts, ainsi "qu’il appert par leur quictance, passée pardevant lesd. Vassart et Yvert, notaires "susdicts, le vingt-deuxiesme jour de febvrier, oudict an mil cinq cens soixante et "dix, escripte au bas de ladicte ordonnance cy-rendue. Pour ce, cy en despence tt ladicte somme de 1111e

" Ausdicts Palissis cy-dessus nommez, pareille somme de quatre cens livres tour- " noys , à eulx aussi ordonnée par ladicte dame Du Pérou , en son ordonnance signée "de sa main, le vingt-sixiesme jour de febvrier mil cinq cens soixante et dix; et "ce, oultre et pardessus les aultres sommes de deniers qu'ilz ont par cy-devant c reçues sur et tant moings de la somme de deux mil six cens livres tournoys, " pour tous les ouvraiges de terre cuicte esmaillée qui restent à faire pour faire et tt parachever les quatre pons au pourtour de dedans de la grotte encommencée '•pour la Royne, etc. (ut supra).-» II y a encore un troisième à-compte de 200 livres, dont la date manque.

Le paragraphe relatif à Brillant se trouve au recto du dernier feuillet; en voici le texte: tt A Mc Jehan Bullant, architecte de ladicte dame Royne, mère du Roy, au trbastiment de son pallais des Thuilleries, la somme de 1111e 1111“ xi* ms un4 tourt-nois, à luy ordonnancée par ledict sieur Évesque de Paris, en son ordonnance tt signée de sa main, le vme jour de mars mv'Ixxi, suivant les lettres de Sa Magesté, tt données au chasteau de Boullongne , le xxuue jour de février oudict an, pour unze "mois vingt-quatre jours do ses gaiges, à cause dudict estât d’architecte du basti- " ment de son pallais des Thuilleries, commenceant le vnejour de janvier mil vc Ixx ttet finiz le dernier décembre ensuivant oudict an. Qui est à raison de vcl par an, tt selon et ainsy qu il est plus à plain contenu et déclaré en ladicte ordonnance, par "vertu de laquelle paiement a esté faict comptant aud. Bulanl de lad. somme de ttnuc 1111“ xi1 ms mi4 tournois, ainsy qu’il appert par sa quictance signée de sa main de xe jour desd. moys et an, escripte au bas de lad. ordonnance cy-rendue. " — Pour ce, cy en despence, lad. somme de nuc nu" xi1 uis un4 tournois. ■» En marge est ajouté : ttPar une coppie de lettres patentes de la Royne, données tt au chasteau de Boullongne, le xxiine février mil vc lxxi cy rend, par lesquelles cest mandé au présent comptable bailler et délivrer comptant aud. Bullant la tt somme de vc livres faysant moictyé de mil livres que icelle Dame luy avoit cytt devant ordonnée pour ses gaiges de me architecte de ses bastimens par chacun ttan doresnavant jusques à la perfection d’iceulx bastimens, à ycelle prandre par tt moictié sur les deniers destinez pour employer tant aud. bastiment des Thuilleries ttque en son chasteau de Saint-Maur des Fossez; et ce, à commencer le vne janttvier mil ve Ixx. n

\u milieu de l’année i5yi, on s’occupait déjà des combles du château, pour

la construction desquels Charles IX accorda à sa mère vingt arpens de bois de haute futaie, à prendre dans la forêt de Neufville-en-Hays, suivant une déclaration du 5 mai , qui fut renouvelée le 1 2 , et contient ce passage : s Comme pour paraît chever et rendre en sa perfection le pallais et maison que la Royne, notre trèstt honorée dame et mère, fait bastir aux Thuilleries lez nostre ville de Paris, il soit ttbesoing d’avoir et recouvrer une bonne quantité de boys pour faire la charpente tr de la couverture et aultres ouvraiges requis et nécessaires audict pallais , etc. M n Le 3o juillet 1671, le Roi adressa aussi une lettre au Prévôt des marchands, afin de lui recommander certains travaux ayant pour but l’assainissement du faubourg Saint-Honoré. L’opération lui semblait urgente, ttpource que, disait-il, rt nous espérons aller de bref loger au palais des Thuilleries , où , sans doubte , léser dictes voiries et immondices que l’on mène audict marché (aux pourceaux) y ente gendrent ung très mauvais air (2L n Cette lettre, la déclaration et les comptes de la même année montrent suffisamment qu’il n’y avait alors aucun ralentissement dans les travaux de construction du palais; mais, bientôt après, une circonstance des plus étranges vint changer entièrement les idées de Catherine et couper court crtini» superstwcma aux projets dont elle poursuivait la réalisation depuis huit ans. tt Ses diseurs de inierrtpÏÏndmr.v.u, ttboiine adventurc, raconte Mézeray, l’avoient menacée qu’elle périrait sous les rt ruines d’une maison, et quelle mourrait auprès de Saint-Germain, à cause de ttquoy elle avoit accoustumé de faire bien visiter les maisons où elle logeoit, et ttl'uyoit superstitieusement tous les lieux et toutes les églises qui portaient le nom tr de Saint- Germain; de sorte quelle ne vouloit plus aller à Saint-Germain-enttLaye, et mesme, pour ce que son palais des Tuilleries estait de la parroisse de tr Saint-Germain de l’Auxerrois, elle en lit bastir un autre avec beaucoup de destt pense dans la paroisse de Saint-Eustache l3L n Le palais bâti, ou plutôt rebâti par Catherine, dans les limites de la paroisse Sainl-Eustache, c’est l’hôtel dit plus tard de Soissons, dont elle fit acquisition vers 1.072, et qu’il lui aurait été inutile d'acheter si ses absurdes appréhensions ne l'avaient point déjà décidée à abandonner les Tuileries. Il paraît quelle prit cette résolution à la fin de 1671 ou au commencement de 1672. Postérieurement on ne rencontre aucune indication de travaux de construction au palais du bord de la Seine, tandis qu on a la preuve que ceux de l’autre palais étaient encore en pleine activité l’an 1 58 1 ; or ces derniers étaient

Arch. de l’Emp. reg. X 8618, fol. n5 v°.

(,) Ibid. reg. H 1786 bis, fol. 108 v°.

(3) Hist. de France, t. 111, p. 58o de l’édition de 1 65 1 . Mézeray poursuit : tr Or, comme ceux qui adffjoustent foy à ces prédictions ne manquent point n de leur trouver des explications de quelque façon «que ce soit, elle crut lors que la première estoit rr arrivée et que les ruines de la maison de Guise tr l’accabloient. Pour la seconde, il ne fut pas diflî-

ffcile de l’expliquer quand on sceut que celuy qui fcl’assistoit à la mort estoit un nommé Laurent de tr Saint-Germain, qui avoit esté précepteur du Roy, fret pour lors estoit évesque de Nazareth et abbé de frChâlis. Surquoy les plus sages, au lieu d’adjouster «foy à ces vaines prophéties, tirent cette nécessaire « induction, ou qu’elles ne sont pas véritables, si on «■les peut éviter, ou qu'il est inutile de les sçavoir, -r si elles sont infaillibles. «

LE CHÂTEAU DES TUILERIES AU TEMPS DE CATHERINE DE MÉDICIS. assez considérables pour qu’il fût impossible à ia Reine d’en exécuter de semblables sur deux points à la lois. Dés 1 5 7 7 , il passait pour constant que le palais des Tuileries ne serait point terminé. On lit dans la relation du voyage de Lippomano : et Mais cet édifice (le palais des Tuileries) ne sera pas plus achevé que l’autre (le cr Louvre); la Royne est vieille et plongée, par son ambition, dans les affaires du cc royaume, en sorte que, le temps lui manquant ainsi que l’argent, cette construccc tion restera imparfaite. Elle est destinée à servir de maison de plaisance pour les cc princes; elle est si près du palais royal (le Louvre), que le Roy et les Roynes y cc vont souvent à pied, v

La Reine mère, en renonçant à poursuivre l’achèvement des Tuileries, et surtout à y vouloir habiter, ne cessa point de faire des jardins de ce palais une de ses promenades habituelles; 011 le voit par la lettre suivante, envoyée, le 2/1 avril 1675, au Bureau de la Ville : ce De par le Roy, — Très chers et bien amez, Pour ce que cc ceulx qui passent pardessus le rempart d’entre la porte Sainct-Honnoré et le quay ccrespondant à la Porte-Neufve regardent dedans les jardins du pallais des Thuileelcries, et aussy dedans les autres jardins prochains de nostre chasteau du Louvre, ce où nous et la Royne, nostre très honnorée dame et mère, nous allons promener cc journellement; nous voulions et vous mandons que vous ayez incontinant à faire cc faire une muraille au bout dudict rampart, près lad. porte Sainct-Honnoré, et cc une autre près du moulin à vent qui est au bout dud. rampart, y laissant et faisant cc faire à chascune desd. murailles une petite porte, desquelles vous garderez les ccclefz pour passer quand l’on ira faire la ronde; mais, d’aultant que nous sommes a ici à présent, nous désirons que vous y faictes incontinant besongner. Donné à cc Paris, le vingt-quatriesme jour d’apvril 1 5j5. — Ainsy signé: HENRY, et plus bas : cc BiujlartW. 11 Ces jardins des Tuileries, dont le Roi désirait dérober la vue au publicpassant sur les remparts, ne pouvaient être situés qu’entre le fossé de l’enceinte de Charles V et les bâtiments commencés du palais, sur l’espace qui fut effectivement occupé, sous Henri IV, par un jardin dont l’établissement implique qu’on avait renoncé aux premiers plans adoptés. Faut-il conclure de la lettre précédente que cet abandon était déjà décidé? On ne le dirait point, à en juger par la manière dont Du Cerceau s’exprimait en 1679, et par la teneur des lettres patentes du i5 mai 1678, portant annulation des dons particuliers faits sur les restes des comptes. Dans ces lettres, le Roi déclare que les exactions re des donataires, r qui absorbaient le fonds des restes, avaient ce entièrement et du tout empesché le cc dessein longtemps jà fait d’accompagner le Louvre d’un si beau palais et si nécecessairen pour lui et ses successeurs qu’était cc celui des Thuilleries ; n puis, et afin cc qu’une tant louable et nécessaire entreprise soit mise à fm,n il prescrit ce que et tous et chacuns des deniers desdits restes soient employez à la construction dudit

Arch. de l’Emp. reg. H 1787, fol. 362 v°.

cr palais des Thuilleries W, n à laquelle il avait aussi été recommandé, dans une ordonnance du 5 décembre i5y6, de n’apporter ttaulcune interruption, i> II est à croire cependant que, vers le milieu du règne de Henri III. la Reine mère étant occupée à bâtir son hôtel de la paroisse Saint-Eustache et n’ayant point les moyens de fournir à la dépense d’autres constructions aussi vastes, personne no songeait plus sérieusement à continuer les bâtiments des Tuileries suivant les projets ruineux d’après lesquels ils avaient été commencés. Le premier établissement du petit jardin, qu'on attribue à Henri IV, pourrait avoir coïncidé avec l’édification de la

Le préambule des lettres patentes , dont il existe lin exemplaire imprimé dans la collection Rondonneau (cart. 8 1 ) , rappelle les dons faits par Charles IX «à sa mère, et est ainsi conçu : « Henry, etc. A tous « présens et à venir, salut. Sçavoir faisons que nous savons cy devant et du vivant de nostre très honoré f seigneur et frère le Roy Charles de bonne mé- « moire, veu de quelle affection il désiroit l’avance- «ment du palais des Thuilleries, de nostre très hoir norée dame et mère, comme estant chose plus '••nécessaire pour accompagner le Louvre; et, à cet "effet, avoit nostre dit seigneur et frère ordonné, rr dédié et destiné tous les deniers provenons des rr restes des comptes de nos ofliciers comptables, de rr quelque qualité et condition qu’ils soient, ayant rrcompte en nos Chambres des comptes, sans que rrlesdits deniers pussent eslre divertis ny employez rr a illeurs qu’à la construction du dit palais; et trouvant nostre très honoré seigneur et frère qu’à f occasion d’aucuns importuns donataires son intenrrtion ne pouvoit eslre si exactement exécutée que rr le plus souvent ne fussent diverties quelques bonnes «sommes desdits restes, il auroit, pour empescher «que lesdits deniers des restes ne fussent divertis, «fait don en l'année i5GG d’une bonne somme de «deniers sur lesdits restes à nostre dite dame et «mère, pour estre icelle somme employée à ladite «construction du palais des Thuilleries, et non ailleurs; et depuis auroit fait don général à nostre «dite dame et mère de tous lesdits restes à même «effet, estimant par ce moyen couper chemin aus- «dits donataires à ne plus demander aucune chose «sur lesdits restes des comptes, ce qui auroit eu «lieu pendant quelque temps ; mais, comme toutes «choses prennent changement, même qu’à l’occa- «sion des troubles on n’a pu y remédier, comme «on eusl bien désiré, lesdits donataires ont usé «de (elle importunité en nostre dit endroit, et par «même moyen envers nostre dite dame et mère,

«que par infinies subtililez ils ont obtenu autant, «ou plus de dons sur lesdits restes des comptes «qu’ils avoient fait avant que ledit bastiment dudit «palais des Thuilleries fust commencé ; et ont fait en «telle sorte, et réduit à telle extrémité lesdits restes «des comptes qui revenoient cy devant à grosse «somme, de laquelle on pouvoit faire estât, qu’elles «ne suffisent presque à présent au payement des «charges ordinaires et gages d’officiers, et moins «suffiroient à l’avenir s’il n’y estoit remédié, ayant «par telles voyes entièrement et du tout empêché le «dessein longtemps jà fait d’accompagner le Louvre «d’un si beau palais, et si nécessaire pour nous et «nos successeurs Roys qu’est celui desdites Thuil- «leries ; pour à quoy remédier et remettre les «choses en leur premier eslre, afin qu’une tant «louable et nécessaire entreprise soit mise à fin, «et que tous et chacuns des deniers desdits restes «soient employez à la construction dudit palais des «Thuilleries, sans en divertir autre chose que les «charges ordinaires et accoustumées ; nous, par «l’avis et meure délibération de nostre conseil privé , «avons dit et déclaré, disons et déclarons par édit «perpétuel et irrévocable :

1er.

«Que tous dons faits sur lesdits restes depuis Je «commencement de la construction dudit palais des «Thuilleries, au préjudice du don général desdits «restes fait à nostre dite dame et mère par feu nostre «dit et très honoré seigneur et frère, qu’avons de- «puis confirmé à l'effet susdit, et lesquels dons ne «sont ce jourd’huy acquittez, soit iceux dons véri- « fiez en nostre dite Chambre des comptes à Paris, «ou non, sont obtenus par importunité; et à cette «occasion les avons tous cassez et révoquez , cassons «et révoquons, sans distinction de qualité desdits «dons, ny des personnes auxquelles ils ont esté «faits, etc. n

LE CHÂTEAU DES TUILERIES AU TEMPS DE CATHERINE DE MÉDICIS. 55 contrescarpe à éperons du fossé, qui fui faite en 1 5 8 1 , et semble avoir été entreprise non pour l’utilité de la Ville, mais bien pour l’agrément du palais.

A la mort de Catherine de Médicis, Henri 111, chassé de Paris, était dans I im- farim possibilité de reprendre les travaux du château des Tuileries, et il ne survécut ,i,<Tuii,.i. que de quelques mois à sa mère. Durant les dernières années de la vie de celle-ci, l’édifice, qui comptait toujours au nombre de ses bâtiments, dut rester dans l’état où il était en i 572, et l’on se borna vraisemblablement à entretenir les jardins, que la Reine mère continua toujours de faire soigner111. Sous la Ligue, ou avait tout autre chose à faire qu’à achever les palais royaux, et il ne put être question de cet achèvement qu’ après la soumission de Paris. La troisième période de 1 histoire des Tuileries correspond donc au règne de Henri IV.

111 Suivant les comptes de la trésorerie deCatherine, le 3o juillet 1587, "M* Jehan de Verdun, "payeur des œuvres et bastimens de la Hovne, «mère du Roy, du bastiment de son pallais des "Thuilleries,* reçut une somme de quinze cent quatre- vingt- sept écus quarante sous tournois, tfpour payer les jardiniers du jardin dudict pai¬

re lais, tant de la demie-année à eulx deue de leurs "gages que de ce qui leur seroit deub à l’advenir. » Le 26 août suivant, il reçut aussi cent douze écus et vingt sous tournois pour solder les gages de r Basrr tien Tarquin , jardinier ordinaire de Sa Majesté au "grand jardin de son pallais des Thuilleries. * ( Arcli. de l’Emp. reg. KK 1 17, fol. 1 55 et 1 56 rV>

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