PROJET POVR LA GRANDE GALERIE DV LOVVRE
Les autres sculpteurs qu’on mentionne comme ayant été employés aux galeries du Louvre sous Henri IV sont Pierre Biart, Barthélemy Prieur et les deux frères L’Heureux. Ceux-ci passent pour être les auteurs de la Irise délicate dont nous avons parlé, et que les chiffres H G prouvent avoir été exécutée entre i5gô et i 5 g g ; mais ces artistes figurent dans les comptes du Louvre dès i56e , de sorte qu’on doit admettre qu’ils ont travaillé à l’édifice pendant trente-cinq ans environ , circonstance sur la réalité de laquelle nous souhaiterions d’être mieux édifié.
Pierre Biart, celui que Sauvai appelle le père, et que nous croyons fils de Noël Biart, est nommé parmi les gens de métier dans un compte de la maison du Roi pour 1608; il était donc sculpteur de Henri IV. 11 est en effet qualifié de tr sculpteur ordinaire, n et même de « architecte du Roy,it dans des pièces relatives à la statue équestre de ce prince, dont il orna la façade de l’Hôtel de Ville, par marché du h octobre ifio5, et que son fils, porteur du même prénom, gâta plus tard, comme Sauvai le lui reproche. Sauvai exalte au contraire deux statues de captifs, dont Biart le père avait décoré l’extérieur de la Petite Galerie, et qui furent détruites lorsqu’on remania le bâtiment pour y disposer l’appartement d’été d’Anne d’Autriche. «Ces captifs, dit-il, étaient couchés à leur séant et cour- «bés avec un abandonnement fort naturel, et qui marquoit bien l’excès de leur «affliction. Leurs corps pendoient à leurs mains garrottées et attachées par der- «rière. Leurs yeux étaient flétris et collés contre leurs genoux. La tête leur tom- «boit sur l’estomac, mais si appesantie de tristesse, qu elle entraînoit le reste du «corps par son poids. Un talon et une jambe sembioient venir au secours d’un «abattement si extraordinaire, avec si peu de fermeté pourtant, qu'il étoit aisé «de juger que cela se faisoif plutôt par quelque instinct de nature que par aucun «soin que ces pauvres malheureux prissent de prolonger leur vie plus long-tems. «En un mot, ou ne pouvoit voir une tristesse ni mieux conçue ni exprimée plus «naïvement, ni un renversement de corps plus désespéré par tout le corps. L’ana- «tomie étoit si bien entendue, particulièrement sur les épaules et sur le ventre «couvert de plis écrasés, qu’on y remarquoit toutes ces différentes passions que «la nature donne à ceux qui sont véritablement affligés. Enfin ces captifs, en la «posture où Biart les avoit mis, disoient plus de choses par leur contenance «muette, qu’ils n’auroient fait dans une harangue longue et étudiée*1*. s Biart, qui était né à Paris, y mourut le 17 septembre 1609 , âgé de cinquante ans, suivant l’inscription qu’on lisait sur son tombeau*2), dans l’église Saint-Paul; cette inscription était accompagnée d’une épitaphe en vers, commençant par ces mots : Sculpteur, peintre, architecte en mon vivant je fus.
Ainsi que Pierre Biart, Barthélemy Prieur appartient bien plus au xvic siècle
11 T. II. p. 37. «5o ans. est Irespasse le dix-septiesme jour de
,S| - 1 c y gist \L Pierre Biart, Parisien, en son «septembre, audit an mil six cent neuf'. «
«vivant M" sculpteur et architecte; lequel, àgd de
Du Hrcul et Bunel ,
i| u’a 11 xvn1', et, si nous ic trouvons pareillement nommé sur les états de la maison du Roi en 1 608 et 1609 , nous le voyons déjà sur ceux de Henri 111, avec le titre de «sculpteur de Sa Majesté, 11 et porté pour 3o livres tournois de gages1’1. O11 ne sait au juste à quelle époque il exécuta les bas-reliefs des tympans d’arcade de la Petite Galerie, qui représentent des Renommées, ainsi que les Génies de l’astronomie, de l’agriculture, de la musique et de l’architecture. Les bas-reliefs correspondants du pavillon de Lesdiguières peuvent être do sa main. Du reste, ses œuvres, comme celles de Biart, sont extrêmement mal connues. Au nombre de ses derniers ouvrages, il faut compter des statues en plâtre, hautes de huit pieds, qu’il exécuta pour l’entrée solennelle de Marie de Médicis , et suivant un marché passé avec la Ville, le 5 avril 1610, au prix de 1 6 5 livres tournois par figure. Le texte du marché fait savoir qu’il demeurait « ès faulxbourg Sainct-Gertrmain, rue GarencièreP . n On ignorait encore naguère la date de sa mort; mais M. Ch. Read, qui s’occupe avec tant de fruit de l’histoire des protestants célèbres, a récemment découvert que B. Prieur fut enterré au cimetière Saint-Père, le ah octobre 1 (i 1 1 ; il était huguenot.
Des artistes nombreux enrichirent de leurs peintures, aujourd’hui perdues, l’intérieur de la Petite Galerie et de la salle des Antiques. Le premier, dans l’ordre chronologique, est Toussaint Du Breul, sans douLe parent de Louis Du Brueil ou Du Breul, dont on a vu le nom dans les comptes de la période de Charles IX. Toussaint Du Breul comptait parmi les valets de chambre de Henri IV, et portait le titre de peintre du Roi dès 1 5 g 3 . 11 était, croit-on, l’élève du père de Martin Fréminet, et travailla surtout au château de Fontainebleau, où, vers 1570, avec Roger de Rogery il dirigeait la troupe des peintres. Au Louvre, il commença la décoration de la Petite Galerie, dans sa partie la plus rapprochée des appartements du Roi, mais il n’eut point le temps de la mener loin, car il mourut le 92 novembre îfioahh Jacob Bunel lui succéda, après lui avoir été adjoint.
J. Bernier raconte que, lorsque Bunel, «en grande réputation . travail loi I au
'■ Louvre, le roi Henri IV, qui eût bien voulu associer Bunel avec le savant peintre, r lui dit un jour qu’il souhaitoit les marier ensemble. Mais Bunel, faisant serait blant de prendre la chose au pied de la lettre, quoiqu’il vit l’intention du Roi, r- lui répondit modestement que Sa Majesté savoil bien que cela ne se pouvoit. Le
11 Arcli. de l’Emp. reg. KK 162.
,S) Arcli. de l’Emp. reg. 11 1795, fol. i3o v°. — Un nommé Barthélémy Prieur possédait, en 1G06, certaine maison de la rue Mazarine, où pendait pour enseigne la Corne-de-Cerf ; mais rien dans les titres ne permet de s’assurer si elle appartenait réellement au sculpteur de Henri IV.
(3) cr Ce jour, dit L'Estoile, cité par M. de Chen-
renevières, Du Breuil, peintre de Sa Majesté, sinffgulier en son art, et qui avoit fait eL devisé tous wees beaux tableaux deSaincl-Gcrmain , en revenant cr dudit Saincl-Gerrnain sur un cheval qui étaiL rétif fret alloit fort dur, fut, à son retour, surpris d’un rr renversement de hoyaux, que les médecins appellent miserere, qui, en moins de vingt-quatre rr heures, l’envoya en l’autre monde.»
et Roi se voyant ainsi obligé de lui parler franchement, et lui ayant dit qu’il falloit '■que Du Breuil fît les dessins et qu’il les peignît, il lui répliqua fort généreuse- " mont qu’il se contentoit de barbouiller ce qu’il avoit dessiné, sans entreprendre et de traiter ainsi les dessins des autres. Ayant donc continué de travailler avec Du cc Breuil , ce peintre étant mort, il lui succéda et acheva les grands ouvrages du tt Louvre, qu’un embrasement a depuis consumés!’!. „
Jacob Bunel, (ils de François Bunel et de Marie Gribbe, naquit à Tours!'2', en 1 5 5 8. Il eut pour premier maître son propre père, qui était peintre. Il voyagea, dans la suite, pour se perfectionner, et s’arrêta longtemps à Madrid afin d’étudier les œuvres du Titien renfermées dans le palais de l’Escurial. Il reçut des leçons du vieux Pomarange et de Zuccharo, puis revint en France, où il fit un grand nombre de tableaux, dont le plus célèbre avait été destiné au chœur de l’église des Capucins de Blois. Bunel, qui appartenait à la religion réformée, est mort sans postérité directe!3', en 161A; il fut enterré le i5 octobre.
Bunel seul n’aurait pu suffire à sa tâche, et il se faisait aider par plusieurs artistes. tt Pendant que Bunel peignoità la Petite Galerie du Louvre, n rapporte Félibien, tt David et Nicolas Pontheron, Nicolas Bouvier, Claude et Abraham Halle, tt travailloient aux ornemens et aux doreures des trumeaux de la même galerie!*', tr Jérôme Baullery estoit aussi un de ceux qui peignoient au Louvre.it Félibien ajoute : tt Henri Lerambert, Pasquier Testelin , Jean de Brie, Gabriel Honnet, AmttbroiseDuBois, Guillaume Dumée travailloient tantost au Louvre, tantost à Sainttt Germain, et tantost à Fontainebleau. n M. de Laborde indique une lettre de Henri IV, du mois de mars 1607, où sont mentionnés trois autres peintres, le nommé Jean de Courcelles et ses tuteurs Nicolas Malapert!5' et Jean Colombier, comme retenus près de Bunel par leurs travaux16'. Mais Bunel eut pour collaborateur principal sa femme, Marguerite Bahuche , qui , suivant Carre) van Merder1"'. possédait peut-être encore plus de talent que son mari. Aussi, après la mort de Bunel , le 8 octobre 1 6 1 h , fut-elle chargée , avec son neveu Picoit , de continuer .à prendre soin des peintures du Louvre et des Tuileries; tous deux devaient recevoir par moitié la somme de 1,200 livres par an, qui avait constitué le salaire de Bunel, et ils étaient confirmés dans la jouissance, leur vie durant, du logis de la Grande
Histoire (le Blois , citée aussi par M. de Cliennevières dans sa Notice sur la galerie d’Apollon.
(s) Et non à Blois, comme on l’a souvent affirmé. Dans son Histoire de Touraine , M. Challemel cite une lettre où Claude Vignon dit : «■ J'ai eu l’honrneur de connoître Jacob Bunel, le plus grand ff peintre qui fût en Europe, et même je me glorifie tr d’avoir reçu de sa bonté les premiers enseignerrmens de la peinture. Il étoit natif de Tours, en ff Touraine. Il vivoit à Paris, aux galeries du Louvre,
fffort honoré du Boy Henry le Grand, quatrième rr du nom. *
(3) Dom J. Liron, Bibliothèque chartraine, p. 222.
(4) Entretiens sur la vie et les ouvrages des plus excellons peintres , t. III, p. 1 35.
(5) C’était le parent par alliance de l’un des Du Cerceau.
<°) La Renaissance des arts à la cour de France, t. I , p. 935.
(7) F0 208 bis, et Baldinucci , t. VIII. p. 263.
Galerie, où avait habité Bunel (1). Nous lisons dans un compte de 162/1, queM. Ch. Read a bien voulu nous indiquer, et que nous transcrirons plus loin, le passage suivant : «A lad. Margueritte Baliuche*2', vV0 dud. feu Jacob Bunel, peintre, et caud. Robert Picou , son nepveu , aussy peintre, au lieu dud. feu Bunel , pour Tenir tretènement des peintures de la Petite Gallerye du Louvre, passaige d’icelle, salle r des Anticques et pallais des Thuilleryes, pour leurs gaiges et service , chacun par rr moitié, la somme de six cens livres, dont ils seront payés entièrement; cy... vid. n Nicolas Pontheron et les Bouvier père et fils eurent une charge analogue, car l’article suivant du compte est ainsi conçu : «A Nicolas Pontheron, et... Bouvier, au lien de ttfeu... Bouvier, son père, pour Tentretènement de toutes les peiner tures et lambriz du logement des logis bas du Louvre, pour lequel Hz estoient n employez, etc. *3'n
piain et Fournier, L’étaee de la Petite Galci’ie fut élevé, d’après le témoignage de Sauvai, parles
architectes B ... 1 un I
dcia petite Galerie, architectes Plain et Fournier, qui, de tous les constructeurs du Louvre, sont demeurés les plus inconnus, car on n’a jamais cité d’eux que leurs noms.
Fournier appartenait à la famille de Florent ou Fleurent Fournier, juré du Roi en l’office de maçonnerie, dont la signature figure sur la soumission de travaux du i/i mars 1 5 <8 2 , que nous avons plusieurs fois citée 11 devait être aussi le
Voici le texte de l’ordonnance, publiée d’abord par M. Lacordaire: n Aujourd’hui, vme octobre mil «six cens quatorze, le Roy estant à Paris, mettant rr en considération les longs et fidelles services que crfeu Jacob Bunel, vivant, l'un de nos peintres ordinaires, ayant la charge des peintures de ses galcderies du Louvre et Thuilleries , a cy-devant rendus celant au feu Roy dernier décédé, que Dieu absolve, ce que à Sa Majesté, depuis son advènement à la couccronne, et voilant iceulx recognoistre envers Marguerite Baliuche sa femme, sa veufve, laquelle r-faict aussy profession de peintures et y travaille rc journellement; Sa Majesté, par l’advis de la Royne ce sa mère, a accordé h ladicte Baliuche sa demeure, ce sa vie durant, dans le logis de la Grande Gallerie ce du Louvre, où demeuroit et est décédé ledict feu 'f Bunel, à la charge d’y loger et accomoder Robert ccPicou,son nepveu, aussi peintre, pour avoirsoing ce avec elle des peintures tant de la Grande Gallerie et du Louvre que des Thuilleries. Et pour leur donner crmoyen d’y servir et s’y entretenir dignement, sacc dicte Majesté leur accorde, par moytié, les gaiges ce et entretènement de douze cens livres dont soulloyt ce jouir ledict feu Bunel, qui est à chacun d'eux six ce cens livres; lesquelles leur seront payez par les
ctlrésoriers de ses bastimens, présens et advenir, ce chacun en l'année de son exercice, à commancer et du premier jour de ce mois, parleur simple quitectance, sans qu’il leur soye besoing d’autres lettres ccny expéditions que le présent brevet, qu'il a voulu ce signer de sa main, et iceluy estre conlre-signé de ccmoy, son conseiller et. secrétaire d’Estat. Signe ce LOUIS, et plus bas, Laümènye. Et au dos estescrit ce ce qui ensuit: Enregistré par moy, intendant des ce bastimens du Roy soubzsignez, à Paris, le troifcsiesme jour de janvier mil six cens quinze. Ainsxj ce signé Fourcy.»
(ï) Le 2 h octobre 1608, Jacob Bunel acheta du président de Harlay un terrain de cent toises de superficie, sur lequel il fit bâtir la maison qui fait le coin de la place du Pont-Neuf et du quai des Orfèvres. Le 3 juin 1622, Marguerite Baliuche et son second mari, Paul Galland , conseiller du Roi, vendirent cinq travées de l'édifice bâti sur ladite place à l’orfévre Cl. Cousturier. (Arch. de l’Emp. cart. S 5oi2-i3.)
(3) Voir Append. XIII.
,,) Il est question de Florent Fournier dans le registre des Archives de l’Empire coté H 1788, fol. â3o r°.
parent du maître maçon Nicolas Fournier, nommé en octobre 1607 du menuisier David Fournier, qui, vers i58o, travailla pour la Reine mère, etdel’orfévre Jean Fournier, qui possédait, en la rue Mazarine, une maison dont, au milieu du règne de Henri IV, tr Loys Fournier, me juré maçon , n était devenu propriétaire. Cette maison occupait un terrain qui, en 1 5 Zi 7 , était possédé parle charpentier Guillaume Fournier. Le membre de la famille Fournier dont parle Sauvai avait le prénom soit de Louis, soit d’Isaïe, il est fort embarrassant de dire lequel, et nous ne sommes même pas absolument sûr que les deux prénoms s’appliquent à des individus différents. Au mois de juin 1607, te Loys Fournier, juré du Roy en tt l’office de maçonnerie , 11 fut assigné au Châteletà propos d’une maison qu’il avait reçu l’ordre de démolir pendant le siège de Paris, et, le 3 juillet suivant, il fui choisi comme arbitre, avec Pierre Cliambiges, par les maîtres de l’hôpital du Saint- Esprit. «Loysn fut encore arbitre au mois de février 1 G 1 5 , et, le 28 mai 161 4, il visita, en compagnie d’autres experts, une maison de la rue Hautefeuille Isaïe Fournier cultivait l’art du graveur; il a exécuté au burin et à l’eau-forte un certain nombre de planches représentant des sujets historiques, qu’il signait : Esaias de Fomariis ®. Il dessinait avec habileté et traitait la ligure; on connaît de lui , entre autres œuvres graphiques, un médaillon de Henri IV, gravé par Thomas de Leu en 1 5g6 , et un portrait de Marie de Médicis, reproduit par le même artiste, avec la signature : Fournier pinxit. Il s’occupait d’ailleurs très-certainement de construction , puisque nous lisons dans les registres du Bureau de la Ville que, le 25 février 1602, ttEsaye Fournier, » en qualité de tt architecte du Roy, n assista à une réunion de ses collègues appelés à donner leur avis sur un projefrde réservoir qu’on se proposait d’établir aux Halles®. Par les pièces que nous transcrirons à la fin de ce chapitre, et qui nous ont fourni deux spécimens de sa signature, on aura, de plus, la preuve que cc Isaye n lut un des maîtres maçons ou entrepreneurs qui, en 1G00, étaient associés pour bâtir la seconde moitié de la Grande Galerie du Louvre. On peut donc croire que c’est lui qui construisit l’étage supérieur de la Petite Galerie®. D’un autre côté, l’assignation de 1G07 comprend, en même
Arcli. de l’Emp. reg. II 1796, fol. *290.
!ï) Arcli. de l’Emp. reg. H 1796, fol. 233 v° et •239 r°, et carton S a835; Arch. de l’Assistance publique, layette 1 37.
(3) Bonnardot, Histoire archéologique de la gravure en France , p. 35.
(4) Arch. de l’Emp. reg. H 179 h, fol. 796 r°.
5) M. Jal rapporte ( Dictionnaire critique de biographie et d’histoire, Paris. 1867, p. 219) que, le h février 1610, rrYsaye Fournier, architecte du rrroy,» fut parrain de Jeanne, fille posthume du sculpteur Pierre Biart, et d’Eléonore Fournier, que Biart avait épousée le 28 janvier 1692. On
lit dans les registres de l’église Saint-Paul : rrDud. a dimanche 12e may i5g-2 ,fuerunt ajfidati Pierre «Biart lîlz, m° sculpteur et architecteur du roy, et «Héléonore Fournier fille, dem‘e rue de la Cerisaie ; cl desponsati die marlis 28 januarii i5g-2.v Eléonore Fournier était probablement la sœur d’Isaïe. Une de ses filles eut pour parrain, en 1695 , le charpentier Jean Fontaine , dont nous parlons page 90, et une autre, en 1699, fut tenue sur les fonts par Léon Lescot, le neveu de l’architecte du Louvre. Il est intéressant de constater combien étaient nombreux les rapports que les familles d’artistes de cette époque avaient entre elles.
TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, tempsque Louis Fournier, et Jehan Coing, maistre maçon de Paris, net il est manifeste pour nous que ce .1. Coin, compagnon d’un des Fournier vers i5go, ne diffère point de l’individu que Sauvai appelle Plain et donne comme associé à Fournier vers 1 5 g 5 : son nom aura été défiguré par une de ces fautes de lecture ou d’impression dont fourmille le livre des Antiquités de Pans. Nous retrouvons Jean Coin employé comme expert avec les jurés du Roi au mois de juin i6o8.Lea7 octobre 1612, il obtint l’entreprise de la conduite des eaux de Rungis à Paris!1), ct 1r 20 mars 1 G 1 3 , assisté de Salomon ® de Brosse, de Jean Gobelin et de Charles Du Ry, il donna les alignements du château de Coulom rriiers I3'. 11 était déjà mort au mois de novembre 1618. On voit que les deux architectes à qui Sauvai attribue l’étage supérieur de la Petite Galerie, ainsi que celui qu’il dit en avoir élevé l’étage inférieur, ne sont pas le moins du monde des personnages imaginaires, comme on a paru plus d’une fois disposé à le croire, dans l’impossibilité où l’on était de donner un seul renseignement sur leur compte.
. 'Uiiiectos Parmi toutes les difficultés qui compliquent d’une façon si fâcheuse l’histoire du
™»i" s«itri.. Louvre de la Renaissance , celle qui a le plus résisté à nos efforts consistait à déterminer par quels architectes furent réellement construites les diverses parties de la Grande Galerie. Sur ce sujet, la confusion est extrême, et nous n’avons recueilli aucune donnée authentique propre à la dissiper complètement. Nos recherches, en tout cas, auront pour résultat de faire justice des assertions déraisonnables auxquelles le problème a donné lieu, et d’y substituer des opinions qui, si elles conservent encore quelque chose d’hypothétique, ont du moins pour bases des faits très-authentiques et les plus sérieuses présomptions.
A propos de la Grande Galerie, on a mis en avant six noms d’architectes, et, comme plusieurs de ces noms ont été portés par deux, trois et même quatre individus différents, on peut évaluer à une douzaine le nombre de ceux auxquels la Grande Galerie a été attribuée : ce sont les Du Cerceau , les Métezeau, de l’Orme, Serlio, Huilant et Du Pérac. Retranchons d’abord de cette liste Serlio, qui mourut avant qu’on projetât la galerie, et Philibert de l’Orme, qui, s’il avait donné les plans de la galerie, n’aurait pas manqué d’en faire mention dans son grand ouvrage, où il parle si volontiers des Tuileries; puis, tâchons de dégager la vérité relativement à la première moitié de la Grande Galerie.
mille Métezeau.
Nous avons dit que l’étage inférieur de cette moitié révélait un grand artiste dont les œuvres étaient inconnues de notre époque, et nous avons ajouté qu’on pou-
(1) Félibien , Hist. de Paris, t. V, p. 806.
(a) Tel est le vrai prénom de de Brosse , suivant les documents que M. Ch. Read a découverts en 1 855, et qu’il se propose de publier. On sait que les biogra¬
phies sont tout aussi nulles sur le compte de l’architecte du Luxembourg que sur celui des Métezeau.
(3) Notice sur le château neuf de Coulommiers, par M. A. Dauvergne, p. 9.
vait regarder Thibaut Métezeau comme celui qui, le plus vraisemblablement, en commença la construction. Il semble aussi que ce fut son fils, Louis Métezeau , qu’on chargea, sous Henri IV, de bâtir l’étage supérieur, bien que, dès i5g5, Jacques Androuet fils ait été commis à la conduite des bâtiments du Louvre. Brice rapporte, en effet, que la première partie de la galerie fut l’œuvre de Louis Métezeau, lequel aurait imaginé la fameuse digue de la Rochelle h'. L’inventeur de la digue s’appelait Clément, et non Louis; mais, malgré cette inexactitude, il est probable que Brice a dit vrai, en ce sens que ce doit être Louis Métezeau qui, du temps de Henri IV, a terminé les constructions de la galerie commencées par Catherine de Médicis. Les renseignements biographiques qui suivent, et que nous avons puisés surtout dans le manuscrit de Dreux, ne peuvent que corroborer l’hypothèse.
Jeanne Bardia® donna à Thibaut Métezeau plusieurs fils : Clément, lié le 1 8 septembre i56o; Jacques, né le 1 h août 1 5 G g , et un second Clément, né le 6 février i 58 1 , apparemment après la mort de son frère homonyme®. Ce second Clément est celui qui, par le projet de la digue de la Rochelle, s’est acquis mie réputation derrière laquelle s’est éclipsée la notoriété des autres membres de la famille; mais la date de sa naissance (î 58 1) démontre qu’il n’a pu dresser les plans d'aucune partie de la Grande Galerie. Au contraire, Louis Métezeau, que T. Donnant assure être le fils aîné de Thibaut®, était, après la mort de celui-ci , au mois de septembre 1 5 g 6 , «architecte des bastimens du Roy et contrôleur d’iccux®,n suivant les registres de la paroisse de Dreux, où l’on voit qu’il fut alors parrain d’Hélène, lillc de Léonarde Métezeau. Il est pareillement appelé «architecte du « Royn dans les registres de la Ville où nous avons lu qu’il fut chargé, avec l’ingénieur Franchine®, d’organiser les préparatifs de l’entrée de la Reine, en mars et avril 1610. Sur un reçu de marbres, signé de sa main le a3 mars iGog, il s’énonce «Loys Métezeau, architecte des bastimens du Boy, consierge et garde des «meubles du pallais des Thuillerys de sa Majesté®. n II fut investi de ces dernières fonctions au mois de décembre i6o5®. D’après un essai généalogique du Cabinet des litres, à la Bibliothèque impériale, il était écuyer, sieur de Germainville et de Bressac, près Dreux, et ordonnateur des bâtiments royaux. Il vivait encore en 1 6 1 5 ; mais il dut mourir cette année même , à en juger par les articles suivants d’un compte de 1 62 A : « A Demoiselle Isabel de Hanqueil , vvfl de leu Louis «Métezeau, architecte, et à ses enfans, sur vicfl à eulx ordonnés par brevet du
■l) Descript. de Paris, 1. 1, p. 1 63 , édit, de 1762. (a) Alias Bordia et Biardia.
(3) Il eut pour parrain Thibaut Bardia , et pour marraine sa tante, Jeanne Métezeau.
(4) On a dit plusieurs fois que c’était son frère ; mais l’opinion de Donnant nous semble préférable, quoique nous n’ayons jamais eu la preuve formelle de son exactitude.
(5) Voir l’Appendice VIII.
Reg. H 1790, fol. 95 v® et 1 36 r°.
Ou plutôt Francini. Il était Florentin et avait, en 162/1, le litre rrd’ingénieur et intendant de la creonduitte des eaues et fontaines de Sa Majesté.’'
(8) Arch. de l’Emp. cart. Iv 102, n° 39.
[9) Invent, des Mémoriaux de la Chambre des comptes; Arcb. de l’Emp. reg. PP 11 5, p. lxl\k.
TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, r xiie septembre mil vic quinze, et lettres patentes vérifïiées en la Chambre des « comptes, pour les causes y contenues, la somme de quatre cens cinquante livres,
crdont elle sera payée eu la présente année, pour trois quartiers; cy . mi' l1. —
rA lad. Dam11' Isabel de Hanqueil, v,e dud. Métezeau, qui estoit consierge des rr Tliuilleries , et à sesd. enfans, sur la somme de un'1, à culx aussi accordez, au rr lieu desd. gaiges, leur vie durant, par autre brevet du x sept. m. vic quinze111, et r lettres patentes vériffiées en lad. Chambre, la somme de trois cens livres dont
k ils seront paiez pour trois quartiers de la présente année; cy m'1. r Aussi
bien, c’est au mois d’août 1 G 1 5 que Charles d’Albert de Luynes remplaça Louis Métezeau comme capitaine et concierge du château121. T. Donnant, qui confirme plusieurs détails que nous venons de donner, mais qui commet diverses méprises de dates et de parentés, dit que Louis Métezeau était déjà capitaine des Tuileries en 1 566. 11 avance également que Louis Métezeau éleva le bel escalier de ce château, généralement attribué à de l’Orme, et que, après avoir été envoyé en Italie par Marie de Médicis, il aurait fait pour elle les dessins du palais du Luxembourg et ceux du portail de Saint-Gervais , à Paris. Pour que Louis Métezeau eût pris part aux travaux des Tuileries du temps de Catherine de Médicis, il faudrait qu’il fût né vers t 5ûo ; il ne saurait alors être le fils de Thibaut, né en i 533 . et n’aurait pu exercer encore son métier sous Louis XIII. Si un Métezeau a été le collaborateur de Ph. de l’Orme, et rien ne s’oppose à ce qu’on le croie, ce doit être Thibaut lui-même. Il est pareillement impossible que Louis Métezeau ait dressé les plans du portail Saint-Gervais, dont la première pierre fut posée le 2/1 juillet 1 G 1 6 , et ceux du Luxembourg, commencé en 1 6 1 5 ; mais il est assez probable que Clément Métezeau, confondu par Donnant avec Louis, a été pour quelque chose dans les projets du Luxembourg et du portail Saint-Gervais. Pourtant il paraît assez diltîcile. de penser que Salomon de brosse ait pris ou accepté un auxiliaire de cette valeur, sans qu’aucune trace se rencontre, soit dans l’histoire, soit dans les comptes, d’une semblable collaboration. D’ailleurs nous n’avons point ici à traiter de la construction du Palais du Luxembourg, et, comme nous ne voyons pas que Clément ait jamais été mêlé aux travaux du Louvre, nous n avons point à nous occuper de lui. Nous crovons devoir mettre ici sous les
An mois d'aoùl i6aa, lu pension de milte livres avait été confirmée à Élisabeth Du Hanqueil [alias de Haulguet); elle était alors mariée à René Parrain , secrétaire du Roi. (Arch. de l'Enj|>. reg. PP 111, p. Goâ.)
2 Après avoir dit que Louis et Clément Métezeau étaient apparemment frères. M. Jal ( Dictionnaire critique, etc. p. 859) suppose que ce dernier pouvait être le fils de ■■ t.oys de Métbeseaun qui, le 28 août 1598. épousa à Sainl-Merrv rlsa-
n- bel de Audegner.v Nous croyons, au contraire, que Isabelle de -Audegnern est Isabelle de Hanqueil. que M. Jal appelle de - Hogues; r elle est aussi nommée -de Haulguet, r et elle épousa Louis Métezeau, architecte des bâtiments royaux. M. Jai lait savoir que Clément Métezeau fut enterré à Saint-Paul, le 29 novembre 1 6 5 a , -dans ta nef. - proche de ses père et mère, s ThibauL Métezeau et Jeanne Bardia auraient-ils donc été inhumés à Paris ?
LE LOUVRE ET LES TUILERIES SOUS HENRI IV ET LOUIS XIII. 81 yeux du lecteur le tableau généalogique de la famille des Métezeau, tel que les documents que avons pu consulter nous permettent de l’établir.
Clément Métezeau, maître maçon à Dreux, mort entre 1 53 7 et 1 556.
Femmes : Catherine et Etienne.
Catherine. Jeanne.
Toinette ,
Thibaut MÉTEZEAU,
Nathalie,
Jean Métezeau,
née le 3 mars
né le ai octobre
née le 1 9 janvier
architecte
1533; architecte du duc d’Alençon et de Henri III ; il était
déjà mort en 1596.
Femme :
Jeanne Bardiu.
de l’église de Dreux ; mort le 27 avril 1600 Femme :
Marie Gejfroy.
Louis MÉTEZEAU, architecte de Henri IV et de Louis XIII; mort
au commencement de 161 5.
Femme :
I sahel de Hanqueil.
Clém‘ MÉTEZEAU, né
le 6 février 1 58 1 ; architecte de Louis XIII et de Louis XIV, inventeur de la
digue de laRochelle; mort vers i652.
Clément, Marie, Jacques,
né née né
le 18 nov. le 1 h avril le 1 h août i56o. 1 565. 156g.
Jean Métezeau, secrétaire de la
comtesse de Bar.
Paul Métezeau , théologien ; né en i58a , mort
le 17 mars i63a.
Louis. Élisabeth. Guillaume.
Louis Métezeau , sa généalogie.
S il est difficile de savoir au juste qui donna les plans de la première moitié de la Grande Galerie, il n’est pas moins embarrassant de déterminer le nom de l’architecte auquel on doit les projets de la seconde moitié. Sauvai ne désigne personne, bien qu’il donne quelques détails sur l’édifice. Brice , copié par Piganiol, nomme Du Pérac. line note manuscrite d’André Duchêne, prévôt des bâtiments royaux, ajoutée à une gravure de Marot, aurait porté, suivant Callet(1>, que Henri IV', après avoir confié l’exécution du pavillon de Flore à Du Pérac, avait, en i5gfi, chargé Bullant de la construction des cinq premières travées à la suite de ce pavillon; que Bullant n’acheva pas ces travaux, mais qu’ils furent poursuivis, après la mort de Du Pérac etia retraite de Bullant, par Jean-Baptiste AndroueD2!, lequel
'* Notice sur la vie et les ouvrages, etc. p. 1 2 et mais il y a eu un Je an Androuet, fils de Baptiste, i3. La rédaction du passage est fort incohérente. et l’on a confondu les deux personnages en un seul.
’K 11 n’a point existé de Jean-Baptiste Androuet; (Voir p. 87.)
devint, à cette occasion, l'architecte de Henri IV. M. de Clarac, ne distinguant point entre Baptiste Androuet et Jacques Androuet, son père, suppose, au contraire, que c’est Du Pérac qui succéda à Androuet, et il place après lui Clément Métezeau. On est sans aucun doute allé plus loin encore dans la voie des conjectures; mais il est superflu d’insister sur les résultats d’une semblable méthode.
Du Pérac, architecte et peintre.
Nous avons montré la part qu'il convient d’assigner aux Métezeau dans l’édification de la Grande Galerie. Quant à Bullant, il mourut en 1 578, et conséquemment il n’a rien bâti sous le règne de Henri IV. Restent les Du Cerceau et Du Pérac, entre lesquels, seulement, l’hésitation est permise. La vie d’Etienne Du Pérac, qui se déclarait Parisien, est aussi mal connue que ses œuvres, et nous n’avons jamais rencontré de sa personne aucune mention contemporaine. Brice le qualifie d’architecte médiocre, ayant laissé peu d’ouvrages remarquables à Paris; il se garde d’ailleurs d’en citer aucun. Du Pérac paraît avoir été plutôt peintre que constructeur, et le père Dan lui attribue certaines peintures du château de Fontainebleau*11. Le recueil de dessins d’architecture, de sa main, qu’on conserve à la Bibliothèque impériale, prouve cependant qu'il alla étudier les monuments antiques en Italie12*. Le titre d’une gravure datée de 1C02 nous apprend que, en 1569, il lil à Rome un dessin du Capitole d’après Michel-Ange*31, et l’ouvrage sur les antiquités de cette ville, qu'il y fit paraître en 1 876 (1>, établit qu’il y habitait en cette année. Il revint en France l'an i58a, et passa d’abord au service du duc d’Aumale, car nous lisons dans l’ouvrage de Claude Mollet sur l’horticulture ; te ... Il y a environ quarante ou cinquante ans. . . la plus grande partie rt des jardiniers de ce temps-là, ne faisant qu’après les vieilles erreurs, s’estoienl te tellement accoustumez à telles façons de faire, sinon depuis que j’ay eu l’hontt neur de recevoir les instructions de très illustre personnage le feu sieur Du Pérac , tt grand architecte15' du Roy; lequel, après son retour d’Italie, qui fut en l’année rt mil cinq cens quatre-vingts deux, monseigneur le duc d’Aumalle, grand amattteur des braves hommes, retint iceluy sieur Du Pérac pour son architecte, et <t luy donna commandement sur tous ses chasteaux et maisons, particulièrement tien son chasteau d’Annet, lequel esloit en ce temps-là le plus beau chasteau de tt France ; de sorte qu’iceluy sieur Du Pérac prit la peine luy-mesme de faire des
1 ' Le Trésor de la maison royale de Fontainebleau , p. 95. — Le père Dan appelle Du Pérac un <r peintre rr françois , qui a esté autrefois en estime.»
(S) Le manuscrit est coté n° 6990.
(3) Cette gravure, grossièrement exécutée, est intitulée : capitolii sciogràphi.a ex ipso exemplari MICHAELIS ANGELI BONAROTI A STEPIIANO DUPERAC PARI- SIENSI ACCFRATE DELINEATA , ET IN LUCEM EDITA ROM/E,
anno salütis oo dlxix. On lit au bas : loannis Or-
landi fonnis , Romœ , 1602, et au-dessous de celte dernière inscription : Romœ , Claudii Duché tliformis.
Il est intitulé : Vestigi delT anlichità di Roma , raccolti et rilratli in perspettiva , con ogni diligentia , du Stefano Du Pcrac , P arm no , ail’ illm0 et eccell"'0 sig. il sig. Giacomo Buoncompagni , governalor generale di Santa Chiesa.
(6) On lit «premier architecte du Roy» dans l’édition de 1670.
LE LOUVRE ET LES TUILERIES SOUS HENRI IV ET LOUIS XIII. 83 t' desseins et des pourtraicts de compartimens, pour me monstrer comme il Faite loil Faire de beaux jardins!1), n
Fclib ien assure qu’en 1 5 g g Du Pérac. tt conduisit plusieurs ouvrages aux Tuittleriesetà Saint-Germain-en-Laye , estant alors architecte du Roy(2);n mais Félibien ne parle point de la Grande Galerie, qui aurait, certes, mérité une mention spéciale, même dans le cas improbable où il l’aurait considérée comme une simple dépendance des Tuileries. Il ajoute que Du Pérac mourut vers 1601 (3). Si Du Pérac mourut vers 1601, comme la seconde partie de la Grande Galerie ne semble pas avoir été commencée avant 1600, et ne pouvait être que Fort peu avancée en 1601 , il est impossible que cet artiste ait jamais Fait plus que d’en dresser le projet. Mais ce projet même, convient-il réellement de le lui attribuer? La question est très- obscure, car le silence de Sauvai, qui savait tant de choses sur le Louvre et qui avait puisé aux sources authentiques, balance assurément l’assertion de Brice, dont les connaissances n’avaient pour bases que des traditions plus ou moins exactes. Que Du Pérac ait été, en sa qualité de peintre, chargé de laver des dessins de la galerie, comme nous inclinons à le supposer, en voilà assez pour que, quatre-vingts ans plus tard, Brice ait entendu dire et répété que Du Pérac avait été l’architecte du second tronçon de la Grande Galerie; or ce 11’est pas là, tant s’en Faut, ce que donnent à penser les vraisemblances.
En est-il de même pour les Du Cerceau, et les présomptions tendent-elles à
. . . . , , . . - Androuet Du Cerceau,
laire repousser 1 opinion qui considérerait 1 un d eux comme le véritable auteur des «rthinae.. constructions dont il s’agit? C’est tout le contraire. En effet, suivant l’affirmation Formelle de Sauvai, l’aile des Tuileries reliant le pavillon dit de Flore aux bâtiments de Catherine est l’œuvre d’un Du Cerceau!41 ; mais ce qui caractérise particulièrement cette aile, en la faisant si Fort contraster avec les parties contiguës et plus anciennes, c’est qu’elle est formée d’un ordre colossal de pilastres accouplés, divisé en deux étages; la seconde moitié de la Grande Galerie présente une disposition identique, qui 11e s’harmonise pas davantage avec les constructions voisines et antérieures, et qui dénote, comme à l'aile des Tuileries, un parti pris sans aucun souci des précédents. Il Faut donc en conclure que les deux édifices sont la création du même homme, de l’un des Du Cerceau. Aussi bien, avec les Androuet, la critique ne saurait alléguer aucune fin de non-recevoir, telle que le déFaut
(l) Théâtre des plans et jardinages , p. 199.
(S) Entretiens, etc. t. III, p. i35.
(S) M. de Clarac (p. 359) dit que Du Pérac mourut en 1602, âgé de Irenle-deux ans. Il serait donc né en 1670; or, en 1569, on vient de le voir, il copiait déjà à Rome un dessin de Michel -Ange.
(,1) rrCe qu’Henry IV y ût bâtir (au palais des «■Tuileries) pour le joindre au Louvre, par sa grande fgallerie, a été ordonné par Du Cerceau.» (T. Il, p. 53.) Dans le manuscrit de M. Le Roux de Lincy, on lit rrpar Baptiste Du Cerceau,» ce qui ne peut être exact.
Jacques Androuet Du Cerceau , architecte.
Ses ouvrages.
de notoriété, l’incompétence, ou l’incompatibilité des dates, car, depuis 1675 jusqu’au milieu du siècle suivant, il y a toujours eu un membre de la famille des Du Cerceau architecte du roi, et célèbre en sa profession autant qu’aucun de ses contemporains. Nous avons l'apporté comment Baptiste, après avoir été l’architecte ordinaire et presque exclusif de Henri III, avait certainement exercé les mêmes fonctions près de Henri IV avant 1 6o2(1); nous allons faire voir maintenant qu’à Baptiste succéda un sien frère appelé Jacques, et, dans la suite, son propre fds Jean; mais Jacques, le frère de Baptiste, ayant longtemps été confondu avec leur père commun, l’illustre Jacques Androuet, et 11e s’en distinguant point sans peine, il n’est pas inutile d’esquisser la biographie de celui-ci : son nom revient trop souvent dans une histoire du Louvre pour qu’on nous accuse d’en faire ici le prétexte d’un hors-d’œuvre.
La date de la naissance de Jacques Androuet Du Cerceau est inconnue; 011 11e peut la déterminer que d’une manière approximative (2). La plus ancienne de ses œuvres dont on ait connaissance est une carte du pays Manceau, qu’il exécuta d’après Macé Ogier(3), et dont La Croix du Maine dit : cr — elle fut gravée en rr planches de cuivre par Jacques Androuet, Parisien, surnommé Du Cerceau , et rr imprimée au Mans, l’an i53q, par Mathieu Vaucelles et Alexandre Chouen, et
(,) Baptiste du Cerceau fut l’architecte de ce magnifique château de Charleval, dont les planches de Jacques Androuet nous révèlent la splendeur. Une liste des pensionnaires de Henri III, pour 1677, renferme effectivement les deux indications suivantes : rr Jacques Androuet, dict Cerceau, architecte, “200 livres. — Baptiste Androuet, dictCerrrceau, architecte à Charleval, la mesme pension rr qu’il y soulloit avoir, 600 livrés**5.» M. A. Jal, qui cite ce passage dans son Dictionnaire critique de biographie (p. 36 1 ), présume que Baptiste était le père de Jacques, et qu’il vivait retiré à Charleval, après avoir été employé par les prédécesseurs de Henri III. L’hypothèse est assurément bien fausse, mais le biographe écrit ailleurs (p. 36 o) qu’au mois d'octobre 1 865 on ne savait rien encore de la famille des Du Cerceau. M. Jal , qui , malheureusement pour son livre, n’a pas tenu compte des travaux accomplis en dehors de lui, ignorait sans doute que, dès 1 86o , nous avons résolu , pièces en main . presque toutes les questions relatives à la filiation des Du Cerceau. Il est difficile de décider si, dans le texte qu’on vient de lire , il s’agit de Jacques Androuet fils, ou de son père; nous penchons toutefois
vers la dernière opinion , à cause du chiffre peu élevé de la pension, qui ne nous semble pas devoir récompenser des services actifs.
Le Petit Traité des cinq ordres de colonnes . que Jacques Androuet père publia à Paris en 1 583 , donne à penser qu’il y habitait encore cette année, et que ce fut après qu’il alla réclamer la protection du rluc de Nemours. — M. Destailleurs a récemment publié ( ap. Recueil d’estampes relatif à l’ornementation des appariements ) une liste des cuivres gravés de Du Cerceau, beaucoup plus complète que la nôtre. La notice biographique, d'ailleurs, n’ajoute rien aux renseignements que nous avons donnés dans l’ouvrage précédemment indiqué, si ce n'est une citation d’un certain Jacques Besson , qui écrivait en 1569, et qui dit que rr Maistre Jacques rr Androuet du Cerceau» était rr architecte du Roy rr et de Madame la duchesse de Ferrare. » ( Livre des instruments mathématiques et tnéchaniques , dans l’épîlre aux lecteurs.)
Callet déclare que Jacques Androuet étaiL âgé de soixante-trois ans en 1676; mais c’est une des inventions dont il a rempli son livre.
(3) Bibliothèque françoise, art. Macé Ogier..
Bibliothèque impériale, Mss. Dupuy, n° 85a.
« encore l’an 1 5 G 5 par ledit Vaucelles™. n Le père Lelong parle de deux autres éditions de cette carte, dont l’une serait de 1 5 3 7 l * 3'21. Or, si dès 1 5 3 7 Jacques Androuet maniait déjà avec quelque habileté la pointe du graveur, il ne saurai I être né plus tard que vers 1 5 1 5 . Par contre, diverses présomptions, et surtout son livre imprimé en 1 5 8 A , ne permettent pas de reporter sa naissance beaucoup au delà de l’avénement au trône de François Ier. Il est à croire que Du Cerceau est né plutôt avant qu’après 1 5 1 5 .
On n’est point non plus sans incertitude sur le lieu où naquit Jacques Androuet. Comme les premières planches signées de lui ont été publiées à Orléans13 , on a supposé qu’il était originaire de cette ville; à ce compte, la carte qu'il grava pour Macé Ogier établirait encore mieux qu’il vit le jour au Mans. Nous venons de citer un texte où La Croix du Maine, son contemporain, le qualifie de Parisien; il lui donne de nouveau cette épithète dans un autre endroit de son livre, où il dit : «Jacques Androuet, Parisien, surnommé Du Cerceau, qui est à dire « cercle , lequel nom il a retenu pour avoir un cerceau pendu à sa maison, pour nia remarquer et y servir d’enseigne (ce que je dis en passant pour ceux qui n ignoreraient la cause de ce surnom)™. i> Si le renseignement n’inspire pas une confiance absolue en ce qui touche l’origine du surnom de Du Cerceau, qu’on a souvent transformé en titre™, il semble fort concluant quant à la détermination de la ville natale de Jacques Androuet, et il 11’est point en contradiction avec le passage des Mémoires du duc de Nevers dans lequel Du Cerceau est énoncé bourgeois de Montargis, car 011 pouvait très-bien acquérir le droit de bourgeoisie dans une ville autre que celle où l’on était né. Du reste, il est certain que, dans sa vieillesse, Du Cerceau, qui était huguenot, habita Montargis, te la retraite de tteeux de la religion, n comme parle Lcsloile. Dans la notice sur le château de cette cité, qu’on lit au second volume des Plus excellons baslimens de France, à propos de l'entretien des édifices, Jacques Androuet dit : tt Comme mesme au chasteau de «Montargis, lequel n’est pas de petite, entretenue, toutes fois pour bien peu de «chose par an, avons regardé à le maintenir; n et dans son Livre d’architecture, s’adressant au Roi , il dit encore : « Sire , estant vostre Majesté à Montargis , je receus «ce bien de vostre accoustumée bénignité et clémence, de me prester l’oreille à «vous discourir de plusieurs bastimens excellons de vostre royaume... Cepen-
(l) Cette planche est perdue , dit-on.
2) Bibl. hist. vol. I. p. q5, n° 1661.
(3) Elles forment un recueil d'arcs de triomphe, portant la date de 15/19. Trois autres ouvrages de Du Cerceau ont para à Orléans en i55o, et un autre encore en 1 55 1 . Dans notre ouvrage suites Grands Architectes de la Renaissance se trouve (p. 98 et suiv.) la liste des treize ou quatorze recueils de Du Cerceau.
,) Dans un article sur fries enseignes de Paris rr avant le xvne siècle» ( Reçue archéologique , xii* année), nous citons mie charte de i36a, d'où semble résulter qu’un cerceau était l’enseigne habituelle des tavernes. Telle avait pu être la première destination de la maison de Jacques Androuet, que certains biographes ont dit fils d’un cabaretier.
(B) Bibliothèque française, p. 175 de l’édition de 1 58 A.
TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, et dant, désirant vous donner quelque plaisir et contenteinenz, j’ay employé le n séjour de mes vieux ans à dresser un livre d’instruction W, etc. i> En outre, un historien à peu près contemporain , Guillaume Morin , attribue à Du Cerceau le chœur de l’église de Montargis, en s’exprimant ainsi : ce Du temps de Mme d’Est, cc duchesse de Ferrare, les hahitans et bourgeois de Montargis se cotisèrent pour ctl'aire bastir le chœur d’icelle (église), en la forme qu’il se void à présent. Le cc dessein en fut projetté par Du Serseau, l’un des plus ingénieux et excellens
cc architectes de son temps . Le commencement fut sous le règne de Henry
ersecond, et fut parachevé l’an 1608
En constatant que, ci l’exception d’une, toutes les constructions dont les biographes font honneur à Du Cerceau 11’ont pas été élevées par lui, nous avons d’abord pensé qu’il s'était exclusivement occupé de travaux graphiques, et que le titre d’architecte, dont il se pare, était sans conséquence, parce que ce mot n’avait point, au xvic siècle, la même portée que de nos jours; mais le témoignage de G. Morin et certains détails techniques du Livre d’architecture doivent faire supposer qu’il a pu aussi construire. Toutefois 011 ne connaît que l’église de Montargis, un bien médiocre édifice , il faut le dire , dont il ait authentiquement dressé les plans , et il est manifeste que sa vie a été absorbée par l’exécution de ses recueils de planches et de ses innombrables gravures isolées. Elles lui attirèrent, de son vivant, une réputation égale à celle que son nom conserve aujourd’hui. On a remarqué la façon élogieuse dont en parlent le duc de Nevers et G. Morin : un étranger, Jean Uredman, dans son Architectura, traité publié à Anvers en 1577, mentionne simultanément crie très-renommé Vitruvius, Sébastien Serlio et l’excc pert Jacobus Androuetius Cerseau. v
En 1579, Jacques Androuet disait : ccMa vieillesse ne me permet pas de faire ce telle diligence que j’eusse fait autrefois, n et, en 1 58a , il revenait sur ses cc vieux cc ans (3!; n il était donc alors fort avancé en âge. On ignore combien il vécut encore, et l’on suppose qu il mourut à l'étranger (4L Son dernier ouvrage (5) porte la date de i584, sans indication de lieu; mais, dans la dédicace qu’il en fit à Jacques de Savoie, duc de Génevois et de Nemours, Du Cerceau dit : cc . . . Aussi que dès
(l; Les descendants de Jacques Androuet sont qualifiés de sieurs Du Cerceau dans plusieurs titres, et nous en avons cité un exemple, t. I, p. 276.
(ï) Histoire générale des pays de Gastinois , Sénonois et Hurpois , in- 6° ; Paris, i63o . p. 20 (ouvrage posthume).
(3) Conf. le second volume de son grand ouvrage et le Livre d’architecture.
(4) Callel dit que Jacques Androuet mourut à Turin en 1692; mais on n’a pas à tenir compte de l'aflirmalion , qui n’a absolument rien de sérieux.
Le Petit Traité des cinq ordres de colonnes, que Jacques Androuet publia à Paris en 1 583 , donne à penser qu’il y habitait encore en celte année.
(5) Il est intitulé : Livre des édifices antiques romains, contenant les ordonnances et desseings des plus signalez et principaux baslimens qui se trouvaient à Rome, du temps quelle esloit dans sa plus grande feur ; partie desquels baslimens se void encor à présent, le reste aiant esté ou du tout ou en partie ruiné. L’ouvrage est très-rare, ce qui donne h penser qu’il a été imprimé à l’étranger.
LE LOUVRE ET LES TUILERIES SOUS HENRI IV ET LOUIS XIII. 87 et longtemps vous m’avez fait cel honneur que de m’accepter pour vostre, et de et m'entretenir de vostre libéralité, qui inc fait estimer vostre ce qui provient de et moi ; ii il demeurait donc probablement près du Duc, faisant partie de sa maison. Or Jacques de Savoie mourut le 25 juin 1 5 8 5 , à Annecy, où il s’était retiré depuis plusieurs années, et où il s’occupait de littérature et d’art; il y a conséquemment bien des présomptions pour que Du Cerceau, redoutant les persécutions en France, soit allé mourir aussi à Annecy, ou plutôt à Genève, ville que ses convictions religieuses devaient lui rendre particulièrement sympathique.
Jacques Androuet eut au moins deux lilsW, Baptiste, l’architecte de Henri III, et Jacques, sur le compte duquel nous n avons pu recueillir que peu de chose. Personne ne soupçonnait plus l'existence de ce dernier, lorsqu elle nous a été révélée par des titres provenant des archives de l’Université; mais nous avons reconnu depuis que Jacques Androuet fils n’était point encore entièrement oublié au milieu du xvmc siècle. Il paraît être le même que ce «Jacques Androuet r compris parmi les secrétaires ordinaires du duc d’Anjou, en i 5 7 6 (2), et il fut chargé, au mois de mars 1 5 g 5 , de la conduite des bâtiments du Louvre et autres maisons royales!3'. Ces fonctions purent lui valoir le don que le Roi lui fil, en juillet 1 C08 , «des droits seigneuriaux de la Chastre, l’ Aima y et forest de Pichery !4b r Il est qualifié de contrôleur et architecte des bâtiments du Roi, dans les actes relatifs à la vente que sa belle-sœur Marie Raguidier lui fit, le 23 mars 1602, de la maison du Pré-aux-Clercs , bâtie par son mari Baptiste Androuet. Dans ces actes <5!. il n’est nullement fait mention des liens de parenté qui unissaient Marie Raguidier à Jacques Androuet; toutefois nous avons pu les établir à laide des notes précieuses prises par M. Charles Read dans les registres du temple de Charenton, dont on lui doit la découverte. Ces notes nous ont appris que, en 1600, Jacques Androuet fils, dit architecte du roi, fut parrain de l’enfant d’un nommé Legros, et qu’il fut inhumé le 17 septembre 161 A. En combinant d’ailleurs les renseignements de M. Read avec ceux que nous fournissent les archives de l’Université, nous sommes arrivé à constater péremptoirement que le Jacques Androuet mort en 161 A ne pouvait s’identifier avec son homonyme le graveur^. G était manifestement son fils et, par conséquent, le frère de Baptiste Du Cerceau.
(l) Les comptes de la maison du duc d’Anjou pour i58o (fol. 208 r°) contiennent un article ainsi conçu : rr Charles Androuet, dicl Cerceau, aussi rcvallel de garderobe de mondict Seigneur. » Ce Charles Androuet pourrait être également le fils de Jacques, le graveur.
Mémoires du duc de Nevers , t. I, p. 587.
Invent, des Mém. de la Chambre des comptes ; Arch. de l’Emp. reg. PP 122, fol. 37 r°. Les registres des Mémoriaux ne contiennent point le texte
des lettres de nomination de Jacques Androuet, et l'inventaire ne renferme que cette phrase : rr Jacques crAndrouet, dit Cerceau, architecte, commis à la (r conduite des bastimens du Louvre, Fontainebleau fret autres maisons royalles.»
(4) Arch. de l’Emp. reg. PP 116, p. 63.
<5> Ibid. cart. S 6188.
(6) Autrement il serait mort à peu près centenaire, et, ce qu’on ne saurait admettre, Userait devenu père, étant au moins nonagénaire. En effet.
88 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE Dl! VIEUX PARIS.
L’illustre Jacques Androuet, le père, ua pas été confondu seulement avec ses fils Baptiste et Jacques, mais, sans prendre garde quon le faisait vivre près dun siècle et demi, on l’a pareillement confondu avec son petit-fils Jean, né de Baptiste et de Marie Raguidier. Jean Du Cerceau est le dernier membre célèbre de sa famille. Le 3o septembre 1617, il fut nommé architecte de Louis XIII, en remplacement d’Antoine Mestivier, récemment décédé. «Le Boy, est-il dit dans les cr lettres d’office, . . . voulant recongnoistre envers Jean Androuet, dit Du Cerceau, r fils de feu Baptiste Androuet Du Cerceau, son père, les services des feuz Boys:
„ bien informé aussi de la suffisance dudit Du Cerceau (ils, Sa Majesté lui a donné r la charge d’architecte, de laquelle estoit pourvu ledit Mestivier, et lui a accoide tria somme de cinq cents livres de gaiges. . . voulant que ledit Du Cerceau soil et doresnavant employé ès états des officiers servans de sesdits bastimens W. „ En 162/1. les appointements de Jean avaient été sensiblement augmentés, car nous lisons dans le compte de cette année : te A Jean Androuet, dict Du Cerceau, aussy tt architecte, sur vmc 1. à luy accordez pour ses gaiges, la somme de quatre cens tt livres pour demie-année seulement, attendu la nécessité des affaires de Sa Matt jeslé : cy 1111e 1. 11 Le même compte fait savoir que Jean Androuet était cousin de l'architecte du Luxembourg, Salomon de Brosse, neveu lui-même de Jacques Androuet fils.
Dapiisie Androuet Baptiste Androuet avait jeté les fondements du Pont-Neuf en i578; en i63g, D"°S“ son fils Jean entreprit la reconstruction du Pont-au-Change , en compagnie de Denis Laud et de Mathurin Du Ry. La bibliothèque de l’Arsenal renferme un compte des trois associés, depuis 1639 jusqu’en 16/12 <2). On y observe de nombreuses signatures de Jean Androuet, dont nous rencontrons le nom pour la dernière fois dans une déclaration foncière qu’il passa, le 1 5 mai 1 6/ig13), à propos de terrains à lui appartenant etsituésau canton de Clignancourt,près de Montmartre. En 16/19, Jean \ndrouet ne pouvait avoir moins de cinquante et quelques années, et il en comptait probablement soixante; il approchait donc du ternie de sa carrière. Nous ignorons la date de sa mort, et rien ne nous est parvenu touchant ses héritiers. Il avait bâti à Paris un certain nombre d’hôtels importants , parmi lesquels ceux de BellegardeK
Marie deMalapert, la femme de l’architecle du roi Jacques Androuet, eut de lui une fille, Marie, qui, morte en i65o à l’âge de quarante ans, était donc née en 1610, quatre-vingt-quinze ans environ après Jacques Androuet le graveur. Celui-ci, par conséquent, ne devait être que son aïeul.
(1) La pièce, signée Louis, et au-dessous, Loménie, a été découverte par M. B. Hauréau, au département des manuscrits de la Bibliothèque impériale.
(2) Le manuscrit est coté 11F 3a5 bis.
(î) 11 y est nommé rrJean Endrout du Cerceau, rrarchilèque du Roy.»
(4) 11 existe un devis, dalédu aA septembre 1 665. relatif à l’hôtel de Bellegarde, et signé de Jean Androuet, qui est dit demeurer en la rue Princesse. Un peu auparavant, il avait habité le quai de la Mégisserie . détail consigné dans un arrêté de compte du 12 janvier 16A2, ou Ion fait allusion à des carrières qu’il avait à Meudon. Le meme renseignement se retrouve dans le bail , daté du
SIGNATVRES DE CON STRVCTEVRS DV LOVVRE ET DES TVILER! ES
de Bretonvilliers et de Sully (l) ; ce fut certainement l’un des architectes les plus en vogue de son temps.
Le tableau suivant résume la généalogie des Du Cerceau, telle qu’elle ressort des documents que nous avons rassemblés.
JACQUES ANDROUET, dit DU CERCEAU,
architecte et graveur,
né à Paris vers i5i5; vivait encore en i58à.
Charles Androuet, valet de garde-robe du duc d’Anjou en i58o.
(La filiation n’est pas sûre. )
JACQUES ANDROUET, architecte de Henri IV et de Louis XIII ;
il apparaît en 1676, et fut enterré le 17 septembre t G 1 6. Femme : Marie de Malapcr.
Anne, Marie,
mariée en 1 83 h. née en 1610, et morte le 2/1 décembre i65o.
BAPTISTE ANDROUET, architecte de Henri III et de Henri IV ; né vers i555,
il était déjà mort en mars 1602.
Femme : Marie Baguidier,
JEAN ANDROUET, nommé architecte de Louis XIII en 1617;
il était mineur en 1602 , et vivait encore en mai 16^19.
Jean Androuet n’ayant été nommé architecte du roi qu’en 1617, et son père Baptiste étant déjà mort en 1602, seul parmi les Du Cerceau, Jacques Androuet lils a pu diriger la construction de la seconde moitié de la Grande Galerie, achevée vei's 160g. (1 est même à peu près hors de doute que ce fut lui qui en dressa les plans, puisque, dès le mois de mars 1 5 g 5 , il avait été certainement «commis à «la conduitte des bastiinens du Louvre. » Les six entrepreneurs qui, en 1600, exécutaient les travaux dp la Grande Galerie, tous gens notables et d’une capacité reconnue, étaient Pierre Chambiges et Isaïe Fournier, dont nous avons parlé; puis, Pierre Guillain, Robert Marquelet, François Petit et Guillaume Marchant. Pierre Guillain, fils de Guillaume Guillain, lut comme lui architecte de la Ville; li entra au service de la Prévôté des marchands vers 1 568 , car il exei’çait depuis trente-huit ans ses fonctions, lorsque, le 3 o janvier 1606, étant gravement malade dans son domicile de la rue Saint-Antoine, il se défit de sa charge au profit de son lils Augustin Guillain Toutefois Pierre Guillain, dont le nom se rencontre si souvent dans les registres du Corps municipal, ne succéda officiellement à son
■J A octobre i645, d'une maison à lui appartenant et sise rue du Mail.
11 La Renaissance monumentale contient, sur l’hôtel Sully, une notice historique dans laquelle nous avons réuni une suite de renseignements depuis l'an i3Go jusqu’à l'époque moderne. Ce bel édilice fut bâti de 163/1 à i63o, et subsiste encore ;
il est situé rue Saint-Antoine et porte le n° 1 A 3 . Les hôtels de Bretonvilliers et de Bellegarde sont complètement détruits. Les restes de la terrasse du premier ont été récemment démolis.
121 Arch. de l’Emp. reg. H 178/1, fol. A5 r°. — Augustin Guillain, accepté par les Écbevins le tc[ février 1606, mourut le 6 juin 1 636.
Généalogie îles Du Cerceau.
Les entrepreneurs i la Grande Galerie.
père que par suite de la démission donnée par celui-ci, le 20 avril i58a. 11 vivait encore au mois de novembre 1611, et avait épousé Gillette de la Fontaine W. Robert Marquelet, juré du Roi en l'office de maçonnerie et bourgeois de Paris, fut contemporain de Henri IV et de Louis XIII. En 1601, il fit, pour le compte de la Ville, divers travaux à des fontaines publiques. Il mourut le 20 avril 1625, et fut enterré dans l’église Saint-Nicolas-des-Cbamps, où son épitaphe relatait qu’il avait été concierge et garde-meuble des Tuileries, — et qu’il était né en bourgogne, l’an 1 5 7 3. Elle était ainsi conçue :
A l’éternelle mémoire de Rorert Marquelet,
CONCIERGE ET GARDE-MEUBLE DES TlIUILLERIES , Me JURÉ MASSON DES BASTIMENS DU Roy.
Robert. Marquelet gist sous ce froid monument:
Ce qui estoit mortel y estant seulement,
Non l’esprit tout divin, qui, n’estant point terrestre,
Est remonté aux cicux, dont il prenoit son estre.
Assisté de la foy, en Bourgogne il nacquit.
Par son art, à Paris, un bonheur il aquil,
Car il fut reconnu pour un bourgeois notable;
Aux bastimens du Roy il eut charge honorable.
Toujours homme de bien, un chacun l’éprouva.
A cinquante-deux ans sa vie il acheva;
Lorsque pour le public il cuidoit s’entremettre,
Du rolle des vivants la mort le vint démettre,
Par un triste accident qui tomba sur son chef.
Passant, prie pour luy, et pleure son méchef.
Il mourut le mercredy, 20 d’avril îbsÔ; priez Dieu pour luy.
Les armes adoptées par Marquelet étaient : d’azur, à un compas et une équerre d’or , accompagnés de (rois roses du même.
François Petit, pareillement juré du Roi, eut pour père un architecte de Beau-
1 Ce devait être une parente de Jean Fontaine, maître des œuvres de charpenterie du Roi, en 1606, et commis du Grand Voyer.
Llî LOUVRE ET LES TUILERIES SOUS HENRI IV ET LOUIS XIII. 91 vais (l) , il est nommé dans la soumission du 1 h mars i58a, et lut l’un des entrepreneurs du Pont-Neuf, sous Henri III et Henri IV. Vers 1608, il donna les plans de la place Dauphine, qu’il contruisit lui-même, et fut, en la même année, mêlé au\ travaux de 1 Hôtel de Ville IaL Guillaume Marchant avait, comme ses associés . le titre de juré du lloi, et fut aussi l’un des entrepreneurs du Pont-Neuf. Il mourut le t 2 octobre 1 6o5. G était le frere de Charles Marchant, à la (ois capitaine des archers et maître charpentier de la Ville. La permission que l’on accorda à ce dernier, en 1 5 g G, prouve qu’il fit les combles de la première moitié de la Grande Galerie. Vers 1576, il avait été employé pour les bâtiments de la Reine mère, et, le 20 mars i6o3, il résigna sa charge dans l'intérêt de son fils, Jean Marchant, qui le remplaça. Le pont des Oiseaux, destiné à tenir lieu du pont aux Meuniers, et terminé en 1609, avait été construit par Charles Marchant, de sorte qu’on l’appela souvent le pont Marchant.
Pour que la Grande Galerie réunît tout à fait le Louvre au palais des Tuileries, il fallut que les bâtiments de ce dernier édifice fussent prolongés vers la Seine jusqu’au droit de la Grande Galerie. Au point de jonction, on éleva un gros pavillon (le pavillon dit de Flore), qui est figuré complet sur le plan de Quesnel; il était effectivement fort avancé à la fin de i6o8<3), car, dans une lettre du 3 octobre de cette année, Malherbe écrit à Peiresc : a Si vous revenez à Paris d’ici à deux ans.
11 Simon [Suppl, à l’Hist. du Beauvoisis, 2° part, p. 95) dit : «■ Petit , architecte, a fait, en 1662 , la rr maison du Pont-d’ Amour, où il y a une trompe "sur l’angle, qui est un chef-d’œuvre , et plusieurs rr autres maisons de la ville» (de Beauvais); puis (p. 122) : ff Petit, dont j’ai parlé, a eu deux lils, (t architectes du roy Henry IV.»
(S) Arch. de l’Emp. reg. H 1795, fol. 12 r°.
( ,) Le pavillon de Flore doit avoir été commencé en 1607, car, lorsqu’on l’a démoli, M. Cazeaux, inspecteur des travaux , a trouvé ce millésime gravé sur un libage, à l’angle sud-est de la construction. Ce libage était posé immédiatement sur les grossiers pilotis, enfoncés dans la vase, qui supportaient les fondations de l’édifice, et les supportaient assez mal puisqu’il se produisit un fort tassement, d’où résulta le surplomb des murailles. Quant h la pierre gravée, elle a été perdue précisément par suite des précautions qu’on prit pour la conserver.
Le soubassement du pavillon de Flore n’a jamais eu la forme que lui prête la gravure de Marot. Le talus était beaucoup moins accusé, et il n’y avait aucun socle par le bas. L’absence de parement aux assises, à partir d'un peu au-dessous du cavet, prouve qu’elles étaient, à cet endroit, destinées à demeurer cachées dans le sol; la dernière assise
avait son lit en contact avec les pilotis à 9°',o3 en contre-bas de la corniche des piédestaux.
Le pavillon de Flore, récemment démoli , n’ayant jamais été sérieusement reproduit, nous avons cru devoir en donner une élévation correcte. Nous l’avons naturellement représenté dans son état ancien . mais en indiquant les parties dont la restitution ne peut se faire avec certitude. Les planches de Marot méritent peu de confiance, et paraissent avoir été exécutées d’après des projets plutôt que d’après la réalité; elles montrent ainsi des ornements et des dispositions qui certainement n’ont jamais existé. Au reste, la restitution du palais des Tuileries est hérissée de difficultés rebutantes, car elle soulève une foule de questions qui nous paraissent d’une résolution bien laborieuse, sinon tout à fait impossible. O11 ne saurait croire jusqu’à quel point sont contradictoires les renseignements graphiques que nous possédons sur ce sujet.
Note du continuateur. Quand on reconstruisit, il y a quelques années, le pavillon de Flore, les fouilles des fondations furent exécutées, non en rigoles comme au temps de la première construction , mais en masse, de manière à ménager la place des caves. On trouva, au-dessous des premières fondations. à environ neuf mètres en contre-bas du sol
F vous ne le conoistrez plus. Le pavillon du bout de la galerie est presque achevé; cria galerie du pavillon du bastiment dés Tuileries est fort avancée; les fenestres f de Testage du bas sont laites; l’eau de la pompe du Pont-Neuf est aux Tuilef ries b), d Cette f galerie du pavillon du bastiment des Tuileries r est celle qui relie les constructions de Catherine au gros pavillon du coin. Elle était alors bien plus étroite qu’aujourd’hui. Maintenant, elle est à peine en retraite, du côté du jardin, sur la face correspondante du pavillon de Flore; avant les remaniements opérés sous Louis XIV, elle n'avait pas la moitié de cette profondeur, et n’affleurait les bâtiments contigus que du côté de la cour. La disposition primitive demeure très-sensible sur le plan actuel du palais, où Ton reconnaît que l’ancien mur de face de la galerie, vers le parc, est devenu mur de refend. La galerie apparaît dans son aspect primitif sur les plans de Quesncl et de Mérian; et Blondel a donné, d’après Marot, une grande élévation de sa façade occidentale®. On voit quelle était décorée de grands pilastres composites, comme ceux de la face opposée, dont on a conservé l’ordonnance, et que, dans chacune des encoignures qu’elle faisait avec les pavillons attenants, il y avait une cage d’escalier hors d’œuvre, coiffée d’un petit dôme et présentant deux étages avec un attique, orné aussi de pilastres. Le toit n’était qu’à une seule pente, et il s’en détachait, sur les deux faces, trois lucarnes en fronton, qui ont été supprimées. Du reste, dans cette partie, l’ornementation, comme en font foi plusieurs gravures, resta presque partout à l’état d’épannelage, et il n’est pas probable que l’édilice fût terminé entièrement, à 1 intérieur, du temps de Henri IV®. On le considérait cependant comme tel, puisque Du Breul dit : FL’escrit suivant est gravé en marbre au haut du grand portail de n ce palais royal, achevé soubsle règne du deffunct roy Henri IV, d heureuse mé- <r moire® :
« Perennitati invictissinii pnncipis rr De bello et pace triumphantis. n
Vous ne savons quels sont les ouvrages que, suivant Félibien, Du Pérac aurait
conduits aux Tuileries en 1697. Peut-etr
actuel, une épaisse couche de sable qui paraissait propre à recevoir et à supporter les constructions. Pourtant, l’habile architecte du palais, M. Lefuel, instruit par les tassements importants du batiment primitif, que tout le mondedoitse rappeler parfaitement, jugea utile de faire pratiquer des sondages qui atteignirent bientôt un lit de vase, et obligèrent à aller chercher au-dessous le bon sol, c’est-à-dire la marne, sur laquelle furent établies solidement les fondations du pavillon actuel. Ce lit de vase renfermait de nombreux débris d’ossements et de cornes d’animaux, tels qu’aurochs, cerfs, daims, etc. indi-
3 fut-il chargé d’achever le pavillon de
quant l’existence de terrains boisés sur cette partie du sol parisien. On remarqua aussi les vestiges, trèsnettement, accusés, du lit d’un ruisseau assez considérable , qui se trouvaient précisément au-dessous du pavillon et dont les eaux paraissaient descendre de Montmartre ou plu tôt des hauteurs de Belleville. H. L.
(1) Œuvres de Malherbe , édition publiée par M. Lalanne, t. III, p. 78.
(5) Architecture française, t. IV.
(3) Nous avons dit (p. iô) que le grand escalier fut complété sous son règne.
(,,) P. 1 0Ô9. Le livre de Du Breul a paru en 1 G 1 -3 .
Bullant,qui, assurément, avait été laissé imparfait par Catherine; car sur les acrotères, entre les lucarnes du toit, étaient sculptés les écussons accolés de France et de Navarre'1*, et sur les souches de cheminées, ainsi qu’au-dessus des niches creusées dans les trumeaux des deux ordres, on apercevait ce chiffre couronné, qui se
compose d’une H, initiale du nom de Henri IV, et de deux M, initiales du nom de Marie de Médicis, l’une de ces deux dernières lettres étant renversée, pour que le monogramme forme une figure symétrique. Le même chiffre, répété sur le second ordre du pavillon central et sur les attiques des galeries voisines, donne à penser que ces parties furent aussi décorées, sinon entièrement bâties sous Henri IV. La face orientale du pavillon de Bullant dut être, en outre, grandement modifiée par suite de l’abandon du projet de Catherine; mais les détails précis nous font défaut sur tous ces travaux, que les remaniements postérieurs contribuent à rendre très-confus. Les peintures des salles et des antichambres de l’attique du palais, que Sauvai assure avoir été exécutées par Bunel, n’ont pu être faites que du temps de Henri IV, ou dans les quatre premières années du règne de Louis XIII. En 1G00, les entrepreneurs de la maçonnerie étaient Pierre Guillain et Bobert Marquelet. Leur marché datait du 7 mars, et comportait l’exécution d’une cerlaine quantité de travaux dans l’année, moyennant une somme de 1 8,000 écus, payable par à-compte hebdomadaires; mais ils 11e reçurent point dans les termes convenus, ce qui les fit protester le 2/1 juillet.
\u-devant des Tuileries, dit Du Breul. de deffunct Boy a fait faire, depuis l’an et 1 Goo, un jardin aboutissant d’une part auprès la porte Sainct-Honoré, et d’autre tt à la Porte-Neufve, ayant regard sur les fossez de la Ville, où on desseigne faire un et estang. n Ce jardin , dont la cour actuelle des Tuileries occupe l’emplacement, était achevé dès 1600, car Olivier de Serres, dans l’édition de son Théâtre d’agriculture publié en cette année, dit: et J'ai mis ici quelque nombre decompartimens de diverses et façons, d’entre lesquels y en a de ceux que le Boy a fait faire à Sainct-Germain et en Laie et en ses nouveaux jardins des Tailleries et de Fontaine-bleau , au dresser et desquels M. Claude Molet, jardinier de Sa Majesté, a fait preuve de sa dextérité'2*. » On peut juger du talent de Mollet'3* par les quatre dessins de et quarreaux i> que
(I) On aperçoit encore une H sculptée avec deux sceptres en sautoir sur un retour d’équerre de la frise du second ordre, du côté du jardin. Tous les autres insignes de la même période sont disparus.
* P. 58a. L'impression de l’ouvrage a été achevée le 1 cr juillet 1G00.
(3) Claude Mollet, fils du jardinier du château d’Anet, avait le titre de dessinateur ordinaire et pre-
Claude Mollet jardinier des Tuileries. (.60,,.)
nous reproduisons d'après Olivier de Serres. H les donne comme empruntés a au ir jardin neuf des Tailleries, n que le plan de Mérian représente orné, vers le centre, d’une fontaine jaillissante, qui ne se retrouve point sur le plan de Quesnel. Legrand jardin des Tuileries subit d’importantes modifications sous Henri IV. La partie des arbres de haute futaie, qui occupait le quart sud-ouest du jardin, et qu’on appelait un peu plus tard le bois, semble avoir alors acquis un développement plus considérable. On remarque également, sur les deux plans que nous venons de nommer, une allée d’arbresW longeantle Mariége, et, auprès, une sorte de tonnelle fort longue, interrompue de distance en distance par des pavillons coill'és de combles en pyramide. Cette tonnelle, dont les pavillons étaient couverts d’ardoises, avait été faite en 1 5 8 1 , à l’occasion du mariage du duc de Joyeuse avec la belle-sœur de Henri 111 (2!; quant à l’allée , c’est celle que l’on appelle tria haulte tt allée des Meuriers v dans le compte, de 162/1. Elle existait encore en i65«, et datait du règne de Henri IV. On sait que ce roi avait fait planter aux Tuileries un grand nombre de mûriers du Languedoc, dès 1 5 9 6 , dit-on, et sûrement dès 1601 (3:; en 160/1, aussi, une magnanerie y était établie <4L L’orangerie, qui a
mier jardinier du Roi. Il raconte, dans son Traité des plans et jardinages , que, grâce aux leçons de Du Pérac, il changea profondément le style adopté avant lui pour la composition des parterres, et, parlant des travaux des Tuileries, il dit : rrDieu m’a «donné la grâce que j’ay fait de très belles choses ffsous le règne du défunct roy Henry le Grand, que fftous les princes et grands seigneurs ont veues; fftesmoins les belles palissades de cyprès qui ont cr esté faites par feu Guillaume Moisy au jardin dont 'fj’av encore la charge. Ce bon prince m’avoil donné recel homme pour travailler sous mes desseins, lesquel estoit le plus habile homme de ce temps-là. ffC’esloient bien les plus belles pallissades qu’il y rreusl en France; mais les injures du grand hyver rr qui survint en l’année mil six cens huict me lirenl ce mourir toutes mes palissades de cyprès, ce qui apporta un grand méconlentemenl au Roy.» (P. i 96.) Claude Mollet vivait encore lors de la publication de son livre, en i65-j.
(l) Cl. Mollet dit (p. 85) : rrNous en avons une rr palissade (de grenadiers) au grand jardin des Tuirrleries, qui a trois cens toises de long, laquelle est rr extresmement belle; elle est plantée contre la muo- raille de la haute allée des meuriers blancs. » L’allée. Irès-nellement représentée sur le plan de Gomboust, avait effectivement près de trois cents toises de longueur.
2 ff Plus de quinze jours durant (à l’époque du
ff mariage) ce ne furent que bals, balets, comédies, ff festins, feux d’artifices et joutes dans le jardin du ff Louvre et celui des Tailleries; car, aux Tuilleries. «ces pavillons de bois, couverts d’ardoise, qu’on voit ffencore çà et là, sont les restes d’une galerie qui fffut faite exprès.» (Sauvai, l. Il, p. 689.)
{3) ffLe principal est d’avoir des meuriers en ffabondance, et de les faire semer ainsi qu’a fait le ffsieur de Congis, gouverneur du jardin du Roy, ffaux Thuilleries, en ayant fait semer, il y a trente ffinois, qui sont creus, si tant qu’il n’y a homme ff qui les puisse atteindre. » (B. Laflemas, La preuve du plant et profil des meuriers. Paris, iGo3, p. 29.) — ff Au commencement de l'an six cens un, il en fut ffeonduit (des plants de mûriers) à Paris jusques ffau nombre de quinze à vingt mille; lesquels fufrrent plantés en divers lieux, dans les jardins des rr Thuilleries, où ils se sont heureusement eslevés.» ( Théâtre d’agriculture, p. 4Go de l’éd. de 1600.)
(1) ffDame Jule, italienne, qui nourrit les vers ffpourSa Majesté, au jardin des Thuilleries.» (Laffemas , La façon défaire et semer la graine de meuriers. Paris, 1 Goâ , in-8°.) — ff Et pour d’autant plus ff accélérer et avancer ladicle entreprinse et faire cofrgnoislre la facilité de ceste manufacture (la proffduclion de la soie), Sa Majesté fit exprès consfftruire une grande maison au bout de son jardin ffdes Tuilleries, à Paris, accomodée de toute choses ff nécessaires.» ( Théâtre d’agriculture , p. 46 0.)
TOPOGRAPHIE HISTORIQVE DV VIEVX PARIS.
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