‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 4)Chapitre 21 sur 81 · EN · texte numérisé non relu

EN

d’après

le Plan de J. Gomboust.

toujours été située à la même place, vers le coin nord-ouest du jardin, près de la courtine du bastion, doit pareillement son origine à Henri IV. Dans une lettre adressée à Sully, le 29 mars iGo5, le Roi dit : trMon ami, je vous prie de faire « bâter la charpente et couverture de mon orangerie des Tuilleries, afin que,

« cette année, je m’en puisse servir à faire élever la graine de vers à soye que j’ay '■ fait venir de Valence, en Espagne, r Un acte de partage du 2 1 août 1G10 nous apprend que l’orangerie n’était encore séparée que par une haie d’avec les dépendances de la maison de l’Image Notre-Dame, sise en la rue du Faubourg- Saint-Honoré. A côté se trouvait, dès 162/1 au moins, une ménagerie de bêtes féroces. La volière que Louis XIII fit faire aux Tuileries fut certainement construite, comme celle du Louvre, avant 1 62/1 elle était placée à l’intérieur ou près de ces bâtiments, voisins du quai, qu’on aperçoit déjà sur le plan de Du Cerceau, et qui, sous Henri IV, servirent de demeure à M. de Congis, gouverneur du jardin.

Ce qu’on appelait l'étang était un bassin rectangulaire, avec jet d’eau, alimenté par les eaux de la pompe du Pont-Neuf t21, preuve qu’il était tout au plus contemporain de Henri IV; mais il ne pouvait être de beaucoup postérieur à sa mort, car il est figuré sur le plan de Mérian. Il était très-poissonneux et avait été creusé dans le parterre opposé, vers le nord, à celui qui avait contenu le labyrinthe.

Si nous récapitulons maintenant ce que Henri IV a fait au Louvre et aux Tuile- importance ries, nous reconnaîtrons que sa part dans la création des deux palais est supérieure, m. j'‘iiB»ri iv comme importance, à celle de ses cinq prédécesseurs ensemble, et qu’elle égale r«cM«m™uii Uum celle de tous ses successeurs réunis, excepté l’empereur Napoléon 111 , sous le seul règne duquel des travaux aussi considérables ont été entrepris et menés à bonne fin. Cependant Henri IV ne réalisa pas même la moitié des desseins qu’il avait conçus, et, sans la mort qui vint si brusquement le surprendre, la fusion des deux palais en un même édifice eût peut-être été effectuée deux siècles et demi plus tôt.

Ce projet, en effet, dont l’achèvement restera un des grands événements de notre époque, il l’avait imaginé, et dès 1608 il en poursuivait l’exécution, car, dans une lettre du 20 janvier, par laquelle Malherbe apprend à Peiresc que Henri IV a passé un marché pour entourer la Ville d’une nouvelle enceinte, on lit : rLt* rRoy... s’est retenu six places; dont il en donne une à M. le Grand, les autres rrà M. de Bassompière, M. d’Espernon, M. de Rohan; il ne me souvient pas de fia cinquiesme; la sixiesme, il la réserve pour lui, et s’appellera Bourbon, pour et ce que, en bastissant le Louvre, le Bourbon (l’hôtel de ce nom) , qui est devant la

(l) rr Louis i3*. . . fit faire. . au Louvre une ff volière, la plus belle qui se voye. . . et une autre «à costé du jardin des Tuilleries. » (Suppl, aux Antiquités de Paris.)

(S) tfDans le grand jardin des Tuilleries est une

f espèce de petit estang dont les eaux proviennent rrde ce qui se tire par la pompe du Pont-Neuf, qui, erpar canaux, se rendent en ce jardin, et dans cet ff estang se nourissent carpes et autres poissons en «quantité.» (Suppl, aux Antiquités de Paris.)

ce porte, sera mis bas. Saint-Nicolas et Saint-Thomas-du-Louvre seront transportés ttlà, pour raser cet espace d’entre le Louvre et les Tuileries (l). v II est, au surplus, d’autres preuves de la résolution de Henri IV, et nous les connaissions avant que M. Poirson indiquât celle qui précède. Nous avons cité (t. I, p. 3) un jugement du 6 avril 1 6 1 6 , portant qu’une partie de l’enceinte avait été rétrocédée au Roi et pour rr Teffect du grand dessaing du Louvre; v dans les actes de la donation , laite en 1620 à divers particuliers, des terrains du rempart entre la porte Saint-Honoré et la Porte-Neuve, il est spécifié que la donation a lieu ce à la charge que, lorsque Sa cc Majesté voudra faire parachever le grand dessein du Louvre, ils (les preneurs) ne cc pourront prétendre aucune récompense du fond et propriété des places <2). m Ce projet, dont Louis XIII prenait garde de ne point entraver l'accomplissement, est bien clairement celui de son père. En 162/1, le bruit s’étant répandu qu’il allai I être repris , le Prévôt des marchands , qui s’était rendu à Saint-Germain , le 27 septembre, pour se plaindre de ce qu’on démolissait le mur d’enceinte, dit au Roi cc qu’il avoit appris que c’estoit le dessein de sadicte Majesté d’enclorre ledicl fossé cc (de l’enceinte) dans le bastiment de son Louvre, et de combler ledict fossé, mais ccque ce dessein ne pouvoit estre exécuté que d’ung fort long temps et peut-estre cc de xx ou xxx ansP'.n II devait s’en écouler encore deux cent trente avant que le projet de Henri IV fût, réalisé; mais, du moins, on sait maintenant que l’idée première de cette grande œuvre lui appartient, et il ne sera plus permis d’en faire honneur à Louis XIV. Aussi bien est-il constant que les plans de Henri IV ne différaient guère, quant à l’ensemble, de ceux qu’on a suivis; nous trouvons la démonstration du fait dans le passage suivant des Mémoires du seigneur de Ta va nues, qu 011 n’a jamais cité, et qui exprime à peu près la pensée caressée par Henri IV : cc Si le roy Henri IV eust vescu, aymant les bastimens comme il faisoit, il pouvoit ccen faire un remarquable, achevant le corps de logis du Louvre, dont le grand ts escalier (celui de Henri II) ne marque que la moitié, et au bout d’iceluy faire fcuue mesrne gallerie que celle qui est à la sortie de sa chambre (la galerie de ■■c Charles IX ) , en tirant vers Sainct-Honoré, et depuis là faire une pareille galederie que celle qui regarde sur la rivière, qui allast finir entre le pavillon des ccTuilleries qui n’est pas faict, et l'escuvrie; et, au lieu de gallerie, s’y pouvoit cc construire des logis pour loger des ambassadeurs, et ruinant toutes les maisons cc entre les deux galleries, le Louvre et les Tu il leries , se fust trouvée une grande cc cour admirable. Et au regard de la cour du Louvre, l’autre moitié du corps fc de logis au costé de l’escalier estant faicte , faire un pareil corps de logis que ccceluy où loge la Royne, et au costé du portail, proche du jeu de paume, faire cc une grande terrasse de laquelle pourroit descendre par degrez, comme d’un ce théâtre, les degrez deçà que delà du portail qui seroit au milan, qui contien-

Œuvres de Malherbe, t. III. p. 58. — <*> Arcli. de i’Emp. cart. Q 1 1 46 — s> Arch. de l’Emp. reff. H 1801. fol. 36 1 rD.

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