II. — ANNÉE
Estât des Officiers que le Roy veult et ordonne estre entretenus pour son service en ses maisons et bastimens de Louvre, les Thuilleries, S1 Germain en Laye, Vincennes et aüres (autres) lieux. Entretenemens d’iceulx, et appoinclrmens durant la présente année Mil six cens dix huicl(l).
Officiers qui ont gaiges pour servir en toutes les Maisons et Bastimens de Sa Majesté.
A Salomon de Brosse, architecte, tant pour ses Gaiges antiens que d’augmentation par
le decedz du feu sr du Cerceau, son oncle, La somme de . ijmnijc 1*
A Glement Metezeau, architecte, retenu par brevet de Sa Magle du XXVe Septembre Mil
six cens quinze aux gaiges de Huict cens livres, cy . vnjc 1.
A Paul de Brosse, aussy architecte, retenu par brevet de Sad. Maglu du XXVe Septembre
M.VPXV a pareilz gaiges, cy . ... vnjc 1.
A Jehan . Androuet dict du Cerceau, architecte, au lieu et place de feu Anthoine
Mestivier, sur la somme de vnjc I. de gaiges ordonnez par Sa Maglc aud. Metivier [sic), La somme de vc 1. par brevet du dernier jor (jour) de Septembre M.VPXVII, cy lad. somme
i; Arch. même reg. fol. 7 3 mod.
APPENDICES. 209
A Ysabel de Hangueil (sic), veufve de feu Louis Metezeau architecte, La somme de Six cens livres, laquelle Sa dicte Mag*, par brevet du dixiesme Septembre Mil six cens quinze, a accordé à lad. veufve pour en jouyr par forme de pension, sur les nj' 1. de gaiges dont jouissoit led. Metezeau, pour luy donner moyen de faire instruire ses enlfans et les rendre
capables de servir Sad. Mag'” (1>, cy . vjc |
A Jacques Le Mercier™, autre architecte, pour ses gaiges, La somme de . xij'l.
A Pierre Le Muet™, jeune garçon (sic) retenu par Sa Mag* pour travailler en modelles et eslevations de maisons, selon l’ordre et direction qu’en fera le s' De Fourcy, intendant
des bastimens de Sad. Mag*, Pour ses gaiges . (j= |
Au sieur de Sainct Moris, retenu par brevet signé de la main de Sad. Mag* et plus bas Delomenye, en datte du trentiesme Juillet dernier, Pour servir aux inventions des peintures et devises qu’elle vouldra faire faire dans ses maisons et galleries, La somme de Dix buict cens livres par an, dont luy sera paie eu la présente année pour les mois d’aoust, septembre, octobre, novembre et décembre . |
A Claude Amaury, m™ des œuvres de charpenterie dud. Sr. au lieu de feu Jehan Fontaine™, pour avoir l’œil et prendre garde sur toutes les charpenteries des maisons de Sa Mag", tant celles que l’on mect en œuvre que celles qui y sont desja, à ce qu’il n’arrive aulcun inconvénient à la seureté des personnes de Leurs Mag**, par brevet du XV' Septembre
Mil six cens dix sept, signé Louis, et plus bas Delomenye, Pogr ses gaiges . xij' I.
A Anthoine Clericy de la ville de Morcelles, travaillant pour donner plaisir à Sa Mag' en terre sigillée et autres terres, tant pour faire des carreaux esmaillez que potz, vazes,
animaux et autres choses™, Pour ses gaiges . vj« |
A Marguerite Bahuche™, veufve de feu Jacob Bunel, peintre, et à Hubert Picou, son nepveu, aussy peintre au lieu dudict feu Bunel, Pour leurs gaiges de peintres de Sa Mag*, La somme de Six cens livres à prendre par moitié suivant le brevet de Sad. Mag*, cy. i j' 1.
(l) Conf. avec la page 79, où il est question de cette femme de Louis Métezeau, qui reparaît dans plusieurs autres états de gages des officiers du Roi. Les motifs donnés dans cet article pour l'octroi de la pension de la veuve de Louis Métezeau sont très-remarquables, en ce qu’ils montrent clairement que les Rois, à cette époque, comme à celles antérieures , cherchaient à se former une sorte de famille d artistes en tous genres, qu’ils entretenaient et encourageaient par tous les moyens. C’était , du reste, une coutume reçue et suivie de donner aux enfants la profession du père, de manière à perpétuer dans la même famille les secrets de métier qu on avait acquis. Ce système s’étendait aussi dans les corporations, et c’est ce qui a puissamment contribué à donner aux artistes français cet ensemble et cette unité de conception accompagnés d’une exécution vraiment supérieure. Les artistes italiens, qui avaient été appelés par les rois précédents, semblent avoir eu le rôle de professeurs de
procédés nouveaux qu’ignoraient les ouvriers français et qui , en effet, ont changé la méthode de construction et jusqu’à l’emploi de certains matériaux.
(3) C’est la première fois que Le Mercier paraît dans les états. Il est remarquable qu’il ait été porté d’abord à douze cents livres de gages.
(3) C’est aussi la première fois qu’il est fait mention de Le Muet, qui, on le voit, était fort jeune et avait pour attributions particulières les dessins des projets de bâtiments. C’était le dessinateur soumis aux ordres de l’intendant et des architectes. Il a publié plusieurs ouvrages.
(1> Voir plus haut , dans l'état de Saint-Germainen-Laye, p. 207.
S) Ce potier faisait surtout des carreaux émaillés dans le genre des azulcjos arabes, qui étaient employés pour le pavement des salles et le lambrissage du bas des parois.
(6> Sur Marguerite Bahuche, voir ce qu'en a
Au sieur Érard, peintre que Sa Mag* a faict venir de Nantes pour desseigner en peinture de ses bastiraens, Pour ses gaiges Mil livres, et Deux cens livres pour son logement
attendant qu’il soit logé dans la Gallerie de Sad. Magtu(1), cy . XIjc
A Claude Salle, autre peintre nouvellement retenu par Sa Mag,c pour servir aux peintures de ses bastimens, et aussy pour ses gaiges . JIjc
A Simon Vouel, peintre, estant de présent en Italie^, cy devant retenu par Sa Maglc au lieu de René Lcfranc, aussy peintre deceddé, qui y avoit esté envoyé par le feu Roy, pour se rendre capable de servir Sa Mag1*5 en peintures et ornemens du dedans de ses maisons, Pour son entretenement, La somme de Quatre cens cinquante livres, asscavoir Trois cens livres que Sad. Mag* luv avoit cy devant ordonnez et Cent livres d’augmentation à luy accordez par Sad. Mag^, d’aultant qu’il ne pouvoit vivre et s’entretenir pour lad. somme de
Trois cens livres, cy . injCL !•
A Louis Poisson, peintre servant à Fonau (Fontainebleau) et S1 Germain en Laie, Re-
jetté en l’estât des bastimens de Paris, Pour ses gaiges . . . vjc 1.
A Quentin Warin, peintre aussy retenu par Sad. Maglc, apres avoir esté certifïié qu’il est excellent desseignateur, Pour son entretenement, La somme de Six cens livres au lieu de pareille somme que souloit recepvoir le sieur de la Pioterie (sic) depuis peu deceddé, lesquelz Sa Maglë a affectez aud. Warin à commancer du premier jour de Janvier Mil six cens
dix sept, cy . vjc '•
A luy pour augmentation à luy accordée par Sa Magu par brevet du dernier jour de Juing dernier à raison de Six cens livres par an, dont luy sera paié en la présente année,
pour les mois de juillet, aoust., septembre, octobre, novembre et décembre . njc 1.
A Guillaume du Méé(sic), peintre ordonné pour faire les patrons des tapisseries que
Sa Mag^ à faict faire (3), La somme de . uijcL L
A Laurens Guyot, autre peintre ordonné pour faire lesd. patrons, La somme de mjcL 1. A Francisque Bourdoni (voir plus haut), sculpteur retenu par brevet de Sa Magte du dixiesme Septembre Mil six cens quinze, au lieu et place de deffunct Pierre Francqueviile, La somme de Deux mil quatre cens livres à luy ordonnée pour faire la charge dud. Franc-
dit M. A. Berty. p. 75. Elle figure dans plusieurs états comme travaillant encore dans les palais royaux.
(n 11 résulte des termes de cet article qu’outre les gaffes exprimés dans les états les artistes et officiers jouissaient encore d’un logement dans la Grande Galerie, à ce destinée par Henri IV, et qu’en 1618 ces logements n’étaient pas encore terminés. Du reste, dans le troisième volume de la Topographie, nous pourrons donner de nouveaux détails sur la distribution et disposition des locaux qui se trouvaient dans la Grande Gallerie.
(î) C’est la première fois que les états font mention de Vouet. On voit avec quel soin les Rois cherchaient à se décharger de l’obligation d’appeler les artistes italiens. Le goût était h l’imitation des
modèles antiques qui se trouvaient en abondance en Italie, et les artistes français, il faut en convenir, n’avaient en France aucun modèle de cette nature. On commençait déjà à traiter de barbare l’architecture française du moyen âge. C’est à cette époque de Henri IV, devenu possesseur tranquille du trône de France, qu’il faut faire remonter la véritable création de l’Ecole française à Borne, en germe au moins, sinon formée comme elle a été depuis. Et il est à remarquer que tous ces frais étaient exclusivement supportés par les revenus du Roi.
(3) C’est le commencement des manufactures royales de tapisseries. Auparavant il y avait des fabricants à Arras et en Flandres, mais nulle fabrique entretenue par le Roi.
APPENDICES. 211
quevillc à achever les ouvraiges de sculpture qu’il avoit commencez pour le service de Sad.
Mag" sans autre jiayement que sesd. gaiges, cy . rj”»!/ I.
A Guillaume Du Pré, sculpteur du Roy, pour ses gaiges, La somme de . u" 1.
A Berthelemy Tremblay (voir plus haut), autre sculpteur, Pour ses gaiges, La somme
de"-- . ' . VL
A Pierre Manssart™, aussy sculpteur, au lieu de Jehan Manssart son père, Pour ses
Saiges . VI.
A Cristofle Cochet, sculpteur que Sa Mag" a retenu pour la servir en sculpture à cause de son excellence et sur l’asseurance qui a esté donnée à Sad. Mag,<! qu’il est des plus rares de son art, Pour son entretenement à Rome® où il est à présent estudiant. iiij'l 1.
A Hubert Lesueur, sculpteur ayant faict preuve de jecter excellemment en bronze toutes sortes de figures, Pour ses gaiges accordez par brevet du III" Janvier Mil six cens neuf, A la charge de suppression avenant la mort de luy ou des autres sculpteurs cy devant nommez,
Cy . . . nj‘l-
A Thomas Boudin, autre sculpteur auquel Sa Mag" a accordé la somme de Trois cens livres de gaiges sur le fond de Huict cens livres revenant à Sad. Mag" par le decedz de feu Anthoine Metivier, architecte™, par brevet du dernier jour de Septembre Mil six cens dix sept, Les autres Cinq cens livres ordonnez à Jehan Androuet(4), architecte cy devant nommé,
cy lad. somme de . m« |
A Pierre Biard, sculpteur qui a cy devant servy souhz le sieur Francqueville, sculpteur, d’où il a esté en Italie pour continuer ses estudes et se rendre capable de servir Sa Mag"
en sculpture ™ . v« |
A . Jacquet, dict Grenoble, au lieu de feu Mathieu Jacquet, son pere, garde des An-
ticques de Sa Mag1" à Paris et Fontainebleau, Pour ses gaiges . ij' I.
A Simon Lerambert au lieu de Louis Lerambert, son pere, pour la garde des figures anticques, tenir neetz et pollir les marbres des maisons à Paris, Pour ses gaiges. . . njc 1.
A . Hanemant (sic)(6), aleman que le Roy a retenu pour travailler à son service en
marbres de toutes couleurs contrefaictz, Pour ses gaiges durant la présente année, La somme
,le • ’ ; . ,!j' *•
A Claude Mollet, jardinier, pour servir àdesseigneren tous les jardins de Sa Mag"(?l. vj‘ 1. Au Sieur Francyne, ingénieur en artifices d’eaue en toutes Iesd. maisons, Pour ses
gaiges . xvnj' I.
A Leonnard Margerit, au lieu d’André Du Molin , Pour le service qu’il rend aux bastimens de Sa Mag'" près les sieurs intendans et ordonnateurs d’iceulx et en leur absence, Pour ses gaiges . vj' 1.
(I1 Voir plus haut, dans l’état de 1608, p. ao5. Ici le nom est écrit avec deux s et J’n semble pouvoir former un u , ce qui ferait Manssart. Nous suivons cependant l'orthographe du premier état dont l’écriture est plus nette.
(a) Voir plus haut la note sur Vouet, p. 210.
(3) Voir Métivier, ci-devant, p. 208. La famille Métivier était alliée aux de Brosse.
(4) Voir ci-devant, p. 208.
(5) Voir la note sur Vouet, p. 210.
(<) Dans un état de 1625, du môme registre des Archives de l’Empire, il est nommé Jouel Hanneman.
(7) Voir la première partie de ce volume , p. 98, et ci-dessus, p. 206.
A Thomas Aubert, ordonné en l’absence du concur (contrôleur) general des bastimens du Roy et pour ce qu’il ne peult estre en tous les lieux desd. bastimens, Pour avoir l’œil à ce qui est du faict et conllB (contrôle) general, A raison de lxxv 1. par mois, La somme
de . . . 1-
Somme totale . . . . xxuijmixcL 1.