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CHAPITRE XIV

ÉGLISE DES SAINTS COME ET DAMIEN

Comme celle de Saint-André-des-Ars , l’église des Saints Corne et Damien eut pour origine, dit D. Bouillard, nie désir qu’avoit l’abbé Jean deVernon de s’acquérir un droit de patronage dans la villenM. Ce que l’historien de l'Abbaye appelle cria ville d, c’était la partie de l’ancien dominimn de l’Abbaye, enfermée dans Paris par l’enceinte de Philippe-Auguste et déjà couverte de constructions, en vertu de l’accensement de i 17g. Nous avons vu, en effet, que et l’abbé Hugues de Monceaux, après son voyage à Rome, permit à plusieurs particuliers de construire des maisons dans une partie considérable des vignes de son abbaye, plantées au territoire de Laas, entre la ville de Paris et le bourg de Saint-Germain, à condition que les propriétaires lui payeraient tous les ans, pour chaque maison, trois sols de redevance

Les habitants de celte portion de la censive de Saint-Germain-des-Prés étaient paroissiens de Saint-Sulpice. Mais la construction de l’enceinte eut pour résultat de les séparer matériellement de cette église dont ils étaient, en outre, beaucoup plus éloignés que de Saint-Séverin. Le curé de cette dernière paroisse profita de l’occasion pour les revendiquer à son profit, et celui de Saint-Sulpice résista à cette prétention. Une commission arbitrale fut nommée pour trancher le différend et lit d’abord un compromis, en attendant une solution définitive. Les paroissiens, détachés en fait de Saint-Sulpice, furent autorisés à suivre les offices de Saint- Séverin, tant qu'il n’aurait pas été bâti une ou deux églises sur le territoire nouvellement enclos dans la ville, et il fut entendu qu’ils appartiendraient, de droit, à la paroisse ou aux paroisses à créer <3).

C’était encourager l’Abbaye à faire construire au moins une église, afin de conserver non seulement son tepatronagen sur le nouveau territoire urbain, mais

Histoire de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés , liv. III, p. 11 3.

(2) Ibid., liv. III, p. 98.

(3) Oulre la question paroissiale, la seule qui doive nous occuper ici, il y en avait deux autres que Félibien expose fort longuement (t. I, p. 254 et suiv.); nous voulons parler du droit de suzeraineté réclamé par Philippe-Auguste sur le territoire

nouvellement enclos dans sa capitale, et de la juridiction spirituelle que l’évêque de Paris prétendait exercer sur ce même territoire, h l’exclusion de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Le différend, porté devant le pape Innocent III, qui n’approuva point la décision de la commission arbitrale, ne lut tranché par le Saint-Siège que soixante ans plus tard.

encore les avantages matériels que l’annexion de ce territoire à Saint-Séverin lui aurait fait perdre. Au hou d’une église, elle eu fit bâtir deux, et cela en l’espace de deux ans.

Nous avons, à l’article de l'église Saint-André-des-Ars, reproduit les principales pièces du procès (é; déboutés de leurs prétentions respectives, les curés de Saint- Sulpice et de Saint-Séverin durent laisser faire l’abbé Jean de Vernon, qui ne perdit pas un moment. Commencée vers la fin de 1210, l’église de Saint-Côme était terminée en 1212, laps de temps très court à une époque où les moyens matériels étaient fort restreints.

L’édifice se ressentit naturellement de cette précipitation. De plus, comme on l'avait, pour 11e laisser échapper aucun paroissien, construit à l’extrémité orientale de la censive de Saint-Germain, à l’angle même des rues de la Harpe et des Cordeliers, on ne put lui donner le même développement qu’à l’église Saint-Andrédes-Ars, dont l’emplacement était moins rigoureusement limité. Gênée, à l’est et au nord, par deux voies publiques, étroitement circonscrite, à l'ouest et au sud, par les dépendances du couvent des Cordeliers, elle dut, avec les charniers dont on l’entoura, affecter la forme d’un quadrilatère irrégulier que nous montrent les anciens plans de Paris, et qui s’est conservée jusqu’en 1 8 3 6 , époque où le prolongement de la rue Racine exigea la démolition de ces vieux bâtiments si hâtivement construits.

L’époque dit assez quel était le style de la nouvelle église. L'ogive triomphait alors du plein cintre, et l’architecture romano-byzantine s’ effaçait devant un nouvel art de bâtir. Pressé de construire, l’abbé de Saint-Germain ne se préoccupa point de la question artistique; mais l’architecte auquel il s’adressa, imbu sans doute des idées nouvelles, lui édifia, dans les étroites limites où il était obligé de se mouvoir, une petite chapelle ce gothique v , peu élevée, à une seule nef, et par conséquent sans bas côtés, sans chapelles collatérales, sans contreforts, tourelles ni clochetons.

Voici ce que dit à cet égard un descripteur do visu. Millin a vu Saint-Côme, tel que le xme siècle l’avait bâti; cinq siècles et demi, il est vrai, s’étaient écoulés depuis l’achèvement de cette église minuscule; mais, à part quelques détails de distribution et de décoration intérieures, elle était restée telle que 1 architecte constructeur l’avait livrée à l’abbé Jean de Vernon.

cc L'église paroissiale de Saint-Côme, dit l’auteur des Antiquités nationales, avoit été construite vers 1212, par Jean, abbé de Saint-Germain-des-Prés. Il la fit édifier, pour ne pas perdre l’ancien domaine cpii lui appartenoit, et dont le curé

(1) Voir ci-dcssus, p. iü-2 cl suiv.

ÉGLISE DES SAINTS CÔME ET DAMIEN

de Saint-Séverin prétendoit s’emparer à cause du voisinage de son église. Étienne, évêque de Paris, qui était aussi bien aise d’augmenter sa juridiction, représenta que ie territoire dont il s’agissoit étoit trop éloigné de Saint-Sulpice, la paroisse du lauxbourg, et qu'il étoit impossible que le curé put vaquer exactement à toutes ses fonctions, à cause de l’éloignement de ce quartier qui venoit d’être renfermé dans la ville.

«Il s’en falloit cependant de beaucoup que la ville fût aussi peuplée alors qu’clle l’est à présent : le quartier dont il s’agissoit n’étoit même occupé que par quelques maisons de campagne, entourées de vignes et de jardins.

c Le portail de Saint-Côme n’a rien de remarquable; c’est une simple voùle

Le portail de l’église Saint-Côme.

(Fac-similé d’une planche de Millin.)

ogive, ornée de moulures. Au-dessus, dans le fronton coupé, d’une architecture moderne, est une statue de la Vierge entre deux niches vides.

TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, et En entrant dans l’église, qui est petite et placée de biais, on trouve, à main droite, une longue inscription en caractères gothiques, qui indique que la dédicace avoit été faite par le secours de personnes charitables, le dimanche après Saint- Luc de l'an 1/126 0). n

Millin, qui n’a décrit à Saint-Côme que ce qu'il y voyait, ne parle naturellement que de ce qui avait laissé des traces matérielles dans cette église. Avant lui, Le Beuf s’était borné à mentionner la confrérie des chirurgiens, dont le nom en est inséparable, mais il a oublié la confrérie de Saint-Joseph fondée à Saint-Côme en 160/1, par les compagnons charpentiers de Paris, et celle du Saint-Sacrement instituée dix ans plus tard. L’un et l’autre ont donné une liste des personnes de marque inhumées tant dans l'église que dans les charniers, liste qui a été complétée par H. Cocheris 1J1, et à laquelle nous renvoyons le lecteur (*).

Bornée dans ses limites, la petite église de Saint-Côme l’est également dans son histoire, et les historiens de Paris n’ont relevé qu’un petit nombre de faits ayant quelque importance, soit sous le rapport topographique, soit au point de vue de la décoration extérieure et intérieure de l'édifice. L’événement le plus considérable qui se soit produit à Saint-Côme, depuis la construction hâtive de cet édifice, est la cession à l'Université du droit de présentation à la cure, droit que s’étaient réservé les abbés de Saint-Germain, pour conserver leur <r patronage v. Cette cession fut le dernier acte du long drame que jouèrent les religieux et les écoliers, et qui avait pour objectif la possession des deux Prés-aux-Clercs. Après des luttes sanglantes, que nous avons racontées dans notre volume du Bourg Saint- Germain, l’Abbaye fut obligée de faire des concessions à l’Université, et elle lui céda, entre autres droits, celui de nommer aux cures de Saint-André-des-Ars et de Saint-Côme.

Cette dernière paroisse était topographiquement plus universitaire que la première; toute entourée de collèges, à quelques pas seulement de la Sorbonne et des Mathurins, elle ne pouvait raisonnablement être une enclave de l’Abbave dans le domaine de l’Université; aussi, en 1 3 /1 5 , elle obtint des religieux de Saint- Germain la concession suivante: ttNos religiosi predicti, pacis vinculo eidemUniversitati desiderantes conjungi, et ut magis vigeat inter nos affectio charitatis et Universitatem predictam, jus patronalus, sive presentandi ad duas parrochiales ecclcsias sitas Parisius, videlicet S. Andree de Arcubus et SS. Cosme et Da-

(l) Antiquités nationales , III, art. xxxv.

(J Notes et additions an texte de Le Beuf, t. III,

(,1) Les épitaphes et inscriptions funéraires de Saint-Côme, ainsi que celles des Cordeliers, des

Grands-Augustins, de Saint-André-des-Ars et des anciens collèges de Paris, décrits au cours du présent volume, trouveront leur place dans l’Epitaphier général , dont la Ville a commencé la publication.

ÉGLISE DES SAINTS CÔME ET DAMIEN

miani, ab olim ad nostrum monasterium spectantes, in Universitatem prefatam, condusu unanimi, pure et libéré transtulimus W. »

L’Université, dit Crévier après Du Bouiiay, usa pour ia première fois, en 1 3 6 1 , de son droit de présentation: elle présenta pour curé Albert de Saxe, de la nation allemande, qui avait été recteur. Près d’un siècle après, en iû36, un autre recteur était curé de Saint-Côme, et fit ordonner par l’Université que le jour de la fête patronale, 27 septembre, serait jour de fête et de vacances pour elle

Ces deux nominations dans le même groupe universitaire donnèrent à la nation allemande une situation privilégiée à Saint-Côme, et il s’éleva, cà cette occasion, un différend qui a son intérêt dans l’histoire topographique de cette église, cr II s’était, dit Millin traduisant Du Boullay, élevé une contestation entre le curé et les marguilliers , dune part, et la nation allemande, de l’autre. Il s’agissait de conserver à la nation ses bancs qui avaient été changés de place. Elle donna cinquante sols dor pour la réparation de l’église, aux conditions que le procureur de la nation aurait la première place à l'église et à la procession , que ses bancs seraient cloués, afin qu’ils ne fussent plus déplacés, et qu’on ouvrît les fenêtres pratiquées à la séparation du chevet et de la nef, afin que ceux de la nation pussent voir le célébrant; enfin qu’il y aurait, entre les bancs et le grand autel, une place réservée à la sépulture de ceux des nations d’Allemagne et d’Irlande, sans qu’on y pût enterrer aucun autre particulier M. *

Ceci se passait en 1 5 8 8 ; nouvel émoi vingt-sept ans plus tard.

La nation allemande prétendit alors, dit Du Boullay, posséder dans le chœur de Saint-Côme «un monument de ses droits». Ce monument, que l’histoire de l’Université ne désigne point autrement, était un banc, ou une suite de stalles, décoré des attributs emblématiques de la nation: cr Extitit olim in ecclesiæ choro, ad altare majus, monumentum quoddam, cum ipsius insignibus symbolicis » Si modeste qu il fût, ce n monument» offusquait le curé et les marguilliers, qui demandèrent à la nation allemande, en mars 161 5, et de raser ledit monument, sauf à transporter les insignes de la nation allemande dans un autre lieu plus apparent». nPetebant, dit Du Boullay en son latin classique, ut ipsis potestatem faceret æquandi solo, sumptibus suis, monumentum quoddam nationis, quod in ipsorum choro situm est, insigniaque nationis, quæ dicto monumento bine inde adixa sunt, in alio loco conspicuo erigendi (5). »

Bien que deux curés eussent été antérieurement pris dans ses rangs, la nation

(1) Histoire de l’abbaye de Saint-Germain-des- Près, pièces justificatives, p. i.xxix.

(î) llist. Univ. Paris., t. II, p. /n5.

(3) llist. Univ. Paris., t. II.

l4) Ibid., t. IV, p. 36a.

<s> Ibid.

allemande dut subir les prétentions du curé de 1 6 1 5 , et des marguilliers. Elle eut beau, dit encore Du Boullay, vouloir que ses insignes fussent partout à Saint-Côme et affirmassent ainsi sa situation privilégiée: eut insignia dictæ nationis sculpantur, pinganturque in omnibus et singulis operibus, ut parietibus, januis, imaginibus, etc.» (1b

Aussi bien l’influence traditionnelle de l’Université et de ses quatre nations déclinait chaque jour; ce n’étaient plus les clercs, mais les chirurgiens qui avaient le pas à Saint-Côme; et ce qui le prouve, c’est que le banc de la nation allemande avait été remplacé par celui des opérateurs: <r On trouve, dit Millin , en face de la grille du chœur, des bancs d’une menuiserie gothique, portant sur le dossier les armes des chirurgiens, d azur a trois vases d or, avec un scalpel pose en pal, et cette devise : Consilio manuque ; et, au bas des armes on lisait aussi, en lettres gothiques : et Aux maistres chirurgiens de Paris s ; ce qui nous conduit de Saint-Côme paroisse à Saint-Côme collège de chirurgie.

Mais, avant de parler du eollegium chiriatricum, il nous reste à présenter, au point de vue topographique seulement, une courte analyse des documents que renferment les archives de Saint-Côme. II. Cocheris, dans ses additions au texte de Le Beuf, les a reconnus et en a donné la cote; mais elles n’ont été explorées par personne jusqu’à ce jour. Ces archives ne datent, d’ailleurs, que de la seconde moitié du xvic siècle, et n’ont trait qu’à de petites questions d’administration paroissiale.

Il y est dit, par exemple, que le presbytère de Saint-Corne appartenait à la fabrique et attenait à l’église, qu’un curé l'avait converti «en hostel garny» vers , 5 5 o , et qu’on dut. à la suite de nombreuses dégradations, le reconstruire de 1 586 à 1 58g.

Un document de i55a fait connaître qu’en cette même année les marguilliers louèrent, pour vingt-neuf ans, îles places situées entre les piliers de l’église, dans la rue de la Harpe, jusqu’à la graud’porte donnant vers les Cordeliers, à la charge de faire bâtir neuf ouvroirs et de payer dix livres de loyer par an, pendant toute la durée du bail». 11 s’agit, comme on le voit, d’une utilisation analogue à celle dont avait été l’objet la façade latérale de l’église des Grands-Augustins. Comme ces religieux, les marguilliers de Saint-Côme tirèrent parti de la situation exceptionnelle de leur église, à l’angle des deux rues les plus fréquentées du quartier de l’Université.

D’autres pièces sont relatives aux tt maisons, terres et héritages appartenant a la fabrique de Saint-Cosme», aux trente-trois sous parisis de cens et rente an-

llist. Univ. Paris.

ÉGLISE DES SAINTS CÔME ET DAMIEN, nuelle dus aux religieux de Saint-Germain et imposés sur les église, presbytère, jardin et cimetière des Saints-Gosme et Damien, tr sciz en la rue de la Harpe d. L’Abbaye, on le voit, avait bien cédé son droit de présentation à la cure, mais elle avait conservé ses redevances annuelles.

Deux documents, des 5 novembre 160/1 et 26 juin i6o5, ont également Irait à des cens et rentes dus à l’abbé de Saint-Germain, pour immeubles appartenant à l’église Saint-Côme: trois sous et quatre deniers grèvent aune place où souloil avoir maison manabie, à costé du presbytère, et depuis une eslablen.

Deux autres pièces de 1 657 et de 1716 sont relatives, l’une à une petite maison dont le curé se déclare propriétaire, et seize rue de la Harpe, et par derrière est une petite place -n ; l’autre, «aux biens mouvans de l’abbaye Saint-Germaindes-Prési;. Sous forme de déclaration faite, par les marguilliers de Saint-Côme, au cardinal de Bissy, abbé de Saint-Germain, la fabrique énumère les propriétés de l’église qu’elle administre. Ce sont:

«L’église, le presbytère, deux maisons attenantes du côté de la rue de la Harpe tournant le coin de la rue des Cordeliers; une autre maison dans cetle rue, tenant d’un côté à une maison des Cordeliers, de l’autre à une maison servant d’école de chirurgie; le tout appartenant à ladite fabrique et, sis depuis un temps immémorial dans la censive de ladite abbaye, -n

Enfin un document de 1782, intitulé : Déclaration des liens de la fabrique, mentionne :

Une maison, sise rue des Cordeliers, attenant à l’église; une autre maison située rue de la Harpe, entre les rues Serpente et des Deux-Portes W; une autre maison où sont logées deux sœurs de la charité, tr laquelle , située entre les murs de l’église et la maison curiale, a toujours été à l’église et s’appeloit anciennement le vieil presbytère 11 ; enfin « trois échoppes attenant les murs de l'église, du côté de la rue de la Harpe et des Cordeliers, qui ont été reconstruites à neuf PI*.

On le voit, la petite église de Saint-Côme, bâtie hâtivement sur une «place étroite n à l’angle des deux rues, était enserrée de toutes parts; le peu d’espace qu elle ne couvrait pas était occupé par les charniers, des maisonnettes, d’humbles boutiques, le presbytère et son jardinet. Plus tard, la construction de l’amphithéâtre de chirurgie vint encore rétrécir ce pourpris déjà si exigu. La paroisse n’avait, d’ailleurs, pas plus d’importance que l’édifice, ainsi que le constatèrent en 1790 les commissaires chargés de recevoir la déclaration du curé.

Les historiens de Paris n’en ont pas moins beaucoup parlé de Saint-Côme, au

1 C’était la maison de «la Gibecière”. Voir à l’article de la rue de la Harpe. — (a) Arch. nat. 533 1 8- 533ig.

point de vue de l'histoire et de l’anecdote. Parmi les curés que l’Université lui donna, on cite l’écossais Hamilton , ligueur fougueux qui dut quitter Paris après l’entrée de Henri IV W. Au nombre des singularités que renfermait son cimetière, se trouvait la tombe de (d’homme cornu id2). Enfin quelques-uns des monuments funéraires, dont nous n’avons point à relever les inscriptions, offraient un certain

intérêt sous le rapport décoratif. ((Dans la chapelle des fonts, dit Millin, on voyoil un très beau bas-relief, qui représentait les Juifs attachant Jésus-Christ sur la croix. . . , et près de la porte de la sacristie était la statue d’un homme à genoux, en habit de docteur, élevée sur une colonne de pierre W. d

11 Voir la savante Histoire de Sainte-Barbe de Jules Quicherat, t. II, p. 93. — ■ L’Estoille et Sainl- Foix en parlent fort longuement. — (3) Millin, t. III , art xxxv.

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L eglise de Saint-Côme, son presbytère, ses charniers et autres dépendances, sa fontaine même, dont nous donnons une vue d’après Millin, n’avaient rien qui les recommandât aux rares archéologues de la fin du siècle passé. On se contenta d’abord d’aliéner ou de louer les parties de bâtiments et les terrains utilisables. Réduit, depuis la fondation du collège des chirurgiens et la construction de leur amphithéâtre, le pourpris de Saint-Côme, rigoureusement borné au nord par celui des Cordeliers, n’offrait, d’ailleurs, qu’un champ fort restreint tant aux acheteurs qu’aux locataires.

Vendue, avec son petit cimetière, le 12 nivôse an v, à la condition, par l'acquéreur, de fournir le terrain nécessaire pour l’ouverture d’une rue nouvelle, l’église, comme celle de Sainte-Marine dans la Cité, servit longtemps d’atelier; elle ne fut abattue qu’en 1 836, pour élargir les abords de la rue, à son débouché dans celle de la Harpe. On sait, en effet, que la première section de la voie qui porte le nom de Racine eut lieu , en vertu de lettres patentes du 1 0 août 1770 entre la place du nouveau Théâtre-Français et la rue Monsieur-le-Prince, et que ce percement se rattachait à l’ensemble des opérations édilitaires motivées par la démolition de l’hôtel de Condé. La seconde section, prévue dès 1797, mais ouverte seulement en vertu d’une ordonnance royale du 3 janvier 1822, a été percée ;i 1 extrémité nord de 1 enclos des Cordeliers, à travers la ruelle de desserte et les petits bâtiments contigus à Saint-Côme. Les travaux de démolition et de fouilles ont mis à découvert un certain nombre de sépultures en briques et plâtre, analogues à celles qu’011 a découvertes sur plusieurs autres points de Paris.

11 ne resterait donc, de Saint-Côme, qu’un souvenir, si l’amphithéâtre voisin ne rappelait, malgré son changement de destination, une fondation charitable de l'un des curés de cette église, fondation qui s’est transformée et qui a eu son importance dans l’histoire des institutions parisiennes.

ECOLES DE CHIRURGIE

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