SAINT-CÔME
ÉCOLES DE CHIRURGIE (COLLEGIUM CHIRIATRICUM).
Dans sa notice historique sur la paroisse de Saint-Côme, Le Beuf passe de l’église au collège de chirurgie, el c’est la confrérie des chirurgiens qui lui serf de transition.
« Quoique cette église, dit-il, soit très resserrée de tous côtés, on n’a pas laissé que d’y ménager un cimetière et des charniers, et un lieu où plusieurs chirurgiens visitent, tous les premiers lundis des mois, les pauvres malades de tout ége qui se présentent, et leur assignent les remèdes convenables; ce qu’on assure avoir commencé dès le tems de saint Louis, en ce même lieu où étoil leur confrérie; en quoi ils paraissent avoir succédé à l’office charitable qu’exerçoient autrefois, à l’entrée de l’église cathédrale de Paris, les chanoines, médecins ou mires, comme on disoit alors PI. n
Du Breul et Félibien, beaucoup plus explicites, donnent d’assez longs détails sur les antécédents de la confrérie des chirurgiens. Il est certain qu’une partie au moins delà communauté chirurgicale, les barbiers-chirurgiens, tenaità l’ensemble du régime corporatif; ils figurent, en effet, dans le livre d’Étienne Boileau, à titre de corporation parisienne, et sont soumis à certains statuts et règlements M. On ne sait au juste à quelle époque la communauté se constitua; mais il est probable que sa formation fut une première sécularisation du métier. Les chanoines-mires de Notre-Dame, à qui la proximité de l’Hôtel-Dieu donnait beaucoup de facilités pour l’exercice de la profession médicale, durent abandonner aux laïques la médecine opératoire et la chirurgie, autant pour se renfermer dans leurs fonctions religieuses que pour obéir aux prescriptions de l'Église: Ecclesia abhorret a sanguine. Constitués, selon l’esprit du temps, en communauté moitié ouvrière et moitié libérale, les chirurgiens laïques quittèrent Notre-Dame et l’Hôtel-Dieu, où ils eussent été trop complètement subordonnés au chapitre de la cathédrale, ainsi
11 Ilia, (le la ville el du diocèse de Paris , eilit. Gocheris, t. III, p. 36. — Titre XCVI. «Des cireurgiens. -n
qu’aux administrateurs de la maison hospitalière, et ils vinrent établir le siège de leur confrérie en plein quartier de l’Université, espérant sans doute pouvoir être agrégés à Y Alma mater, comme ils en eurent toujours le désir, et ne plus compter parmi les artisans te œuvrant delà maint.
ir II n’est pas facile, dit Le Bcuf, de découvrir pour quelle raison la seconde église que l’abbé de S. Germain bâtit vers l’an 1210, sur la partie de son ancien territoire, comprise depuis peu dans l’enceinte de Paris, fut bénite sous l’invocation de S. Corne et de S. Damien ; on peut seulement conjecturer que, comme il y avoit eu, dès l'an 1 1 63, un des autels du rond-point de Saint-Germain bénit sous le nom de ces martyrs ... , le peu de reliques qui en fut tiré fut renfermé dans celui de la nouvelle église bit
Cette explication nous paraît insuffisante : la communauté des chirurgiens, qui avait pour patrons deux anciens confrères martyrisés et inscrits au catalogue des saints, dut s’entendre avec l’abbé Jean de Vernon, constructeur de Saint-Côme, pour y installer, avec leurs reliques tirées de l’Abbaye, le siège de sa confrérie; ce qui était de nature à donner quelque importance à l’église nouvelle. Si cette entente 11’eut pas lieu , les chirurgiens, en se séparant des chanoines-mires, allèrent tout naturellement porter le bâton de la confrérie dans un édifice de construction toute récente, placé sous le vocable des saints Côme et Damien, médecins et martyrs.
Selon Du Breul et Félibien, le fait se serait produit soixante ans plus tard.
ce La confrairie, dit Du Breul, estoit érigée dès le temps de S. Louys, comme il apparoit par les anciens statuts de ladite confrairie , faits et dressez en l’an 1268, qui est deux ans devant le deceds de S. Louys. Plus en 1 arest de la Cour de Parlement, donné au temps du roi Jean, l’an 1 3 5 5 , le 25 février, est fait mention des lettres et privilèges de sainct Louys à eux octroyez n b). et En effet, ajoute Félibien, les premiers fondements en furent jettez, sous l’autorité de ce saint Roy, par Jean Pitard, son chirurgien au Chastelet de Paris, homme de mérité et fort zélé pour le progrès de sa profession. 11 obtint d abord une charte par laquelle saint Louis lui donnoit. . . le pouvoir d’examiner et d’approuver, dans la prevosté et vicomté de Paris, ceux qui vouloient y exercer l’art de chirurgie. Ensuite il fit entendre à ce prince qu’il estoit du bien public d’establir, par son autorité royale, un corps de chirurgiens munis de bons reglemens, pour empescher les abus qui se commeltoient dans la pratique chirurgicale, parla diversité des opinions de ceux qui l’exerçoient, afin que personne ne fust admis dans ce corps, quil 11e voulust s’assujettir, tant pour la théorie que pour la pratique, aux maximes recettes dans cette espèce, d’escole W. v
M Hist. de la ville et du diocèse de Pans, loc. cit. — {î) Th. des Atltiq. de Paris , p. 27 h. de la ville de Paris, t. I, p. 438.
« Hist.
ECOLES DE CHIRURGIE
En créant une sorte d’orthodoxie chirurgicale, Pitard voulait exclure les chirurgiens italiens qui abondaient à Paris; il y parvint, et ne conserva que le célèbre Lanfranc, de Milan. Mais les deux dates de 1268 et 1278, données par Du Breul et Félibien, semblent devoir être reportées plus haut; la première, en effet, appartient aux dernières années du règne de saint Louis, et la seconde à celui de Philippe le Hardi; or il est certain qu’Etienne Boileau enregistra plusieurs années auparavant les statuts et règlements des chirurgiens.
Quels étaient donc ces chirurgiens que le prévôt de Paris mettait au nombre des artisans manuels, et plaçait à côté des étuvistes? C’étaient les barbiers-chirurgiens, qui formaient le second ordre des opérateurs, et que l’Université 11e voulait pas avouer. Ainsi que tous les corps de métiers, ils devaient avoir leur confrérie, et la fondation de la nouvelle église de Saint-Côme dut leur paraître une occasion toute naturelle de s’affirmer, en tant que communauté.
Quoi qu’il en soit, le corps des chirurgiens lettrés, ayant au moins le grade de maître ès arts, et ne voulant avoir aucun rapport avec les membres de la communauté ouvrière, parvint, lui aussi, à se procurer des reliques des saints Côine et Damien, qu'il reconnaissait pour ses patrons, et à les faire transporter à Paris, à la suite d’un accord conclu avec les chanoines de Luzarches, possesseurs de ces reliques. La reine Jeanne de Bourgogne, fondatrice du collège de ce nom, joua un rôle important dans la négociation : les deux confréries de Paris et de Luzarches furent réunies en une seule, et l’église de Saint-Côme devint le siège officiel de la communauté des chirurgiens.
Les historiens de l’Université exposent fort au long les démêlés qu’eurent entre eux les chirurgiens de longue robe et ceux de robe courte, c’est-à-dire les gradués et les barbiers. Ceux-ci, forts de la protection du premier barbier du Boi, Jean de Pracontal , et et voulant entreprendre les grandes opérations de la chirurgie, parce qu’ils avoient réussi dans la saignée», soutinrent le procès que leur intentèrent les gradués, lesquels, dit Du Breul , tt vouloient, pour marque et distinction de ceux qui n’ont l’expérience et la science, avoir au-devant de leurs maisons l'enseigne des SS. Cosme et Damian, avec trois bouettes au-dessous»!1). L’affaire donna lieu à de nombreuses plaidoiries et se termina, au bout de soixante ans, par la fusion des deux communautés en une seule. Nous n’avons pas à en raconter les péripéties. Cette rivalité de métier ne touche à l’histoire de la topographie parisienne que par le côté des fondations et constructions. En lutte avec les barbiers, les chirurgiens dérobé longue l’étaient également avec les médecins, et chaque corporation bâtissait pour affirmer sa puissance.
La première construction dont il soit parlé est le bâtiment de i56o. L’office charitable dont parlent les historiens de Paris, et dans l’exercice duquel les chirurgiens laïques avaient succédé aux chanoines-médecins, était la « visitation des pauvres malades et le pansement des navrez », ou blessés, avec obligation toutelois de faire leur rapport aux gens de police. Ils remplirent cette double fonction pendant plusieurs siècles, sans avoir besoin d’un abri autre que celui que leur offraient l’église, le presbytère, les charniers et autres dépendances de Saint- Côme. C'est en 1 56o seulement qu’on eut la pensée d’installer ce service de bienfaisance d’une façon moins défectueuse. Il se faisait auparavant, dit Félibien, a les premiers lundis de chaque mois, après le service divin, par les chirurgiens qui s’y estoient fait inscrire... Nicolas Langlois, un des anciens prevosts, en 1 5 5 5 , laissa un fonds pour animer cette visite . . . , et quelques gratifications au concierge pour allumer du feu dans la chambre, lorsqu’on est obligé, dans la saison froide, de démailloter les enfans pour les visiter et remédier à leurs inlirmitez» W,
Cinq ans plus lard, le curé, qui était alors Claude Versoris, ou Letourneur, les marguilliers et les paroissiens de Saint-Côme s’émurent d’un tel étal de choses, et voulurent ajouter quelque aumône aux libéralités de Nicolas Langlois. Ils ne s’adressèrent ni à l’abbaye de Saint-Germain, qui s’était, désintéressée de Saint- Côme en abandonnant à l’Université le droit de présentation à la cure, ni à l’Universilé elle-même, qui n’avait pu jusque-là mettre d’accord les médecins et les chirurgiens; ils allèrent jusqu’au pape, afin d’obtenir la permission de construire tien leur église», c’est-à-dire dans le pourpris ou tour d’échelle de l’édifice, un bâtiment «pour accomodcr les pauvres». Pie IV se rendit à leur vœu, et leur expédia des bulles dont le Parlement autorisa la publication, par arrêt du iq novembre i56i(2l.
Ce bâtiment, dont nous ne possédons aucune vue, paraît avoir été fort simple; il était sans doute appliqué à l’église et y communiquait, puisque l’arrêt du Parlement en autorise la construction «en ladicte église et enclos d’icelle»; mais il devait toucher aussi aux écoles de chirurgie, afin que les opérateurs pussent accomplir plus facilement leur office. Ce bâtiment symbolisait donc l’union de la confrérie des chirurgiens avec l’église de Saint-Côme.
r' Ilist. de la ville de Paris, I, p. h 3 9 .
(2) rf Du mercredy xix novembre. La Cour a permis à M. Claude Versoris, cure de S. Cosme et S. Dam ien à Paris, et aux marguilliers et paroissiens de ladicte église, de jouir de l’effet des bulles de nostre S. Pere le pape, a eux accordées pour la construction du bastiment en ladicte église et enclos d’icelle, pour accomoder les pauvres qui, chacun lundi du mois, sont, par les chirurgiens et barbiers
de ladicte ville, visitez , pansez et medicamenlez ; et icelles bulles et indulgences faire publier selon la concession de ce faicte par l’evesque de Paris. » ( Extrait des arrêts du Parlement.)
On voit, par le texte même de cet arrêt, que les chirurgiens de longue robe et les chirurgiens de robe courte, c’est-à-dire les barbiers, aussi bien que les gradués, participaient à la visite des pauvres et des blessés.
ÉCOLES DE CHIRURGIE
Quant au rt collège», c’est-à-dire aux salles et amphithéâtres d’enseignement, on n’en trouve aucune mention précise avant 1691, année où les vieilles constructions, dont on s’était contenté jusqu’alors, firent place à un édifice plus digne de la puissante corporation des chirurgiens. O11 sait seulement qu’en 1 6 1 5 , forts des témoignages de faveur que leur avaient accordés les papes et les rois, ils firent apposer, sur la porte de leur école, une inscription qui leur attira toutes sortes de déboires.
Saint Louis, Philippe le Hardi, Philippe le Bel, Charles V, Henri III, comptaient parmi les protecteurs des chirurgiens; Louis XIII, ou plutôt la reine mère, les prit plus ouvertement encore sous son patronage : considérant que et il avoit plu à Dieu de faire naistre le Boy le jour de la feste des SS. Cosme et Damien», elle fit expédier, en juillet 1611, des lettres patentes portant confirmation des « privilèges, immunités et exemptions du collège des chirurgiens jurez auChastelet de Paris, faisant partie du corps de l’Université ». La même année, le jeune monarque se fit, tepar singulière dévotion envers ces SS. martyrs», inscrire parmi les membres de la confrérie, et corna les armes de la société d’une fleur de lis. . .. En reconnaissance de ces bienfaits, dans l’inscription quelle fit mettre à son collège en 1 6 1 5 , elle y fit graver, avec distinction, le nom de Louis XIII; mais elle y prenoit le nom de Collège royal des maistres docteurs chirurgiens de Paris-e W.
Le titre était ambitieux, surtout depuis la lusion des gradués et des barbiers en une communauté unique. La faculté de médecine s’en émut, et intenta aux chirurgiens un nouveau procès qui dura près d’un demi-siècle.
Les médecins avaient gagné 1 Université à leur cause : aussi c’est cà la requeste des recteurs de 1 Université, doyen et docteurs régens de la laculté de médecine de Paris» que la poursuite est laite et l'arrêt rendu. Nous omettons les détails relatifs aux titres pris par les chirurgiens, à l’emploi du latin dans leurs billets, au port du bonnet et autres insignes universitaires, pour nous borner aux questions matérielles. On les condamne à faire disparaître les deux inscriptions, intérieure et extérieure, ainsi qu’à coster une chaire haulte en laquelle ils s’ingeroient faire des leçons publiques. . . Sinon et a faute de ce faire, permis ausdits supplians de les faire oster par le premier des huissiers de ladite Cour, sauf à repeter les frais contre lesdits barbiers-chirurgiens». Le Collegium chin'alricurn ne devra plus,
(1> H‘st ■ ‘le la cille île Paris, I, p. 443. L’arrêt du Parlement, en date du 4 août 1C60, donne l in* scription en latin ; c’est probablement en cette langue qu’elle figurait sur la porte du Collegium cliiriatricum :
Collegium M. AI. D. D. Chirurgorum Parisien-sium Juratomm.
Au dedans, on lisait :
Scliola regia.
TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, à l’avenir, être qualifié de. » college, escolle ou salle ny assemblée royale, mais chambre de jurisdiction du premier barbier du royn; le tout à peine de prison, en cas de récidive.
Malgré la rigueur d’un tel arrêt, le Parlement 11e va pas jusqu’à interdire la profession : les chirurgiens-barbiers ne devront désormais faire tt aucunes lectures ou actes publics; ains pourront seulement faire des exercices particuliers pour l’examen des aspirans, mesme des démonstrations anatomiques à portes ouvertes n M. Cette concession devait conduire, et elle conduisit, en effet, les chirurgiens à faire la dépense nécessaire pour appeler le public à eux et donner >à leurs tt démonstrations anatomiques d tout l'éclat dont elles étaient susceptibles. Ils résolurent d’élever un amphithéâtre rival de celui que les médecins avaient fait construire, en 1 6 1 7, dans le jardin de leur collège, à l’angle des rues de la Bêcberie et des Rats P', et qui avait été une sorte de protestation contre le patronage accordé par Louis XIII aux chirurgiens-barbiers.
La première pierre du nouvel amphithéâtre anatomique fut posée le a août 1691. et l'édifice achevé en 1696. De 1707 à 1710, d’importantes additions y ont été faites; elles consistaient en un second corps de bâtiments travée une nouvelle sale d’une grande estenduem.
Cette nouvelle et vaste salle était destinée aux examens, et ceux qu’y subissaient les élèves chirurgiens témoignent, par leur nombre ainsi que par leur variété, du sérieux de ces diverses épreuves.
Le premier, nommé immatricule, et le second, appelé la tentative, n’étaient que des exercices préparatoires, dont on tirait les sujets au sort. Les actes sérieux commençaient avec le troisième, qui portait le titre de premier examen. Venait ensuite une série d’épreuves en deux séances, qualifiées de semaines : il y avait la semaine d 'astrologie, la semaine anatomique, celle des saignées et celle des médicaments. Le tout se terminait par un dernier examen, auquel s’ajoutait 1 acte (le réception, comportant un rapport écrit sur la chirurgie légale, et On conviendra aisément, dit Félibien , qu’un jeune chirurgien qui sort avec honneur de toutes ces pénibles épreuves se trouve en estât de rendre service an public!3’, n
Les dépenses occasionnées par ces diverses constructions furent considérables, et les chirurgiens n’auraient pu les supporter s’ils avaient été encore divisés en
:l) Extrait des arrêts du Parlement.
I -'amphithéâtre de la rue de la Bûcherie existe encore avec les bâtiments qui en dépendaient; feu le docteur Chéreau en a fait la monographie, avec le concours du Service historique de la ville
de Paris, et nous les décrirons, à notre tour, dans le volume consacré à la région centrale de l'Université. Affectés à des usages plus que profanes, ces bâtiments sont aujourd’hui dans le plus triste état.
(3/ Histoire de la ville de Paris , 1 , p. h k h.
ÉCOLES DE CHIRURGIE, deux corporations rivales : leur réunion doubla leurs ressources, ainsi que leur crédit, et leur permit de ne rien épargner pour leur nouvelle installation. rCe qui a donné lieu à cette augmentation de bastimens, dit Félibien , a esté la réunion en un seul corps de Lous les chirurgiens, tant du roy que des maisons royales et autres. Les chefs des deux compagnies des chirurgiens graduez et des chirurgiensbarbiers, en unissant la charge de barbier du roy à celle de premier chirurgien dont ils se trouvoient revestus, avoient employé un grand nombre d'années à bien establir leur juridiction et leur autorité dans la compagnie !l). n
Les nouvelles écoles de chirurgie, plus élégamment construites et mieux situées que celles de la faculté de médecine, furent le signe extérieur du haut rang auquel s’était élevée la corporation : d’abord simple métier soumis à réglementation et placé, comme les autres, sous la main du Prévôt de Paris, la chirurgie avait constitué école, puis collège, et était enfin devenue, sous le règne de Louis XIV, académie royale, titre quelle conserva, puisqu’elle le portait encore au moment où Louis XV acquit l’ancien collège de Bourgogne, pour lui assurer une installation de plus en plus digne d’elle.
Les constructions de 1691-1696, de 1707-1710 servirent donc moins d'un siècle aux chirurgiens. Piganiol, qui écrivait au moment où l’enseignement chirurgical y était eu pleine activité, les décrit ainsi :
et L’école, telle qu’elle est aujourd’hui, a été nouvellement bâtie aux dépens de la communauté des chirurgiens. On y entre par une grande porte assez bien décorée et sur laquelle est cette inscription en lettres d’or :
AEDES CH1RURGORUM.
et On trouve ensuite deux beaux corps de bâtiments séparés par la cour, cr A main droite, en entrant, est l’amphithéâtre anatomique. La porte de cet amphithéâtre est décorée d’un ordre ionique, et de quelques ornements de sculpture, symboliques de l’artde chirurgie. Sur un marbre sontgravés ces deux beaux vers de Santeul :
Ad cæiies hominum prisca amphilheatra patebant;
Ul discant longum vivere uostra patent .
ccDe l’autre côté de la cour, et vis-à-vis de cet amphithéâtre, est un beau bâtiment construit aussi aux dépens de la communauté des chirurgiens, en la place de l’ancienne maison où elle faisait ses assemblées et la visite des pauvres malades
[l) Hist. de le 1 ville de Paris, I , p. 444. fait d’ailleurs dans ses nombreux distiques inscrits
(ï) L’antithèse, que suggère le mot d'amplii- sur tes fontaines de Paris. Toutefois, ils y aurait
théâtre, devait naturellement venir à l’esprit de bien quelque chicane grammaticale à lui faire à Santeul; il l’a fort bien accentuée ici, ainsi qu’il l’a propos de celui-ci.
TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, qui avaient besoin des secours de la chirurgie. Ce bâtiment fut commencé eu 1707 et achevé en 1710. O11 mit d’abord sur la porte ce distique latin, de la composition du sieur Le Comte, professeur émérite d’humanités au collège Mazarin :
Hic probat ingenium doctrina, Pradenlia dextrani.
Ut certa in cives prodeat inde salus.
tt La communauté a fait ôter ce distique depuis quelques années, et a fait mettre en sa place cette inscription que le feu P. Ménestrier, jésuite, lui avait donnée, et dont elle ne voulut pas faire usage dans ce lemps-là :
Consilioquc manuque. r>
Echelle de cirujuanU lais ex
10 Echelle ' aV
Saint-Cônie (église et écoles), d’après le plan de Verniquet.
On sait ce qu il advint de ces bâtiments, en 1775, au moment où l’Académie royale de chirurgie prit possession du palais, encore inachevé, que l’architecte Gondouin venait de construire sur l’emplacement du collège de Bourgogne. L’école gratuite de dessin, qui avait été installée, en 1 76 A, dans l’ancien collège d’Autun , rue Saint-André-des-Ars, fut transférée à Saint-Côme aussitôt que les chirurgiens eurent évacué les locaux. Elle s’y est maintenue depuis, et elle les occupe encore aujourd hui sous son nouveau titre : École nationale des arts décoratifs.
RUE DE L’ÉPERON