‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 5)Chapitre 107 sur 206 · COMPRISES DANS LA RÉGION OCCIDENTALE DE L’UNIVERSITÉ · texte numérisé non relu

COMPRISES DANS LA RÉGION OCCIDENTALE DE L’UNIVERSITÉ

RUE DE L’ÉPERON

Celte voie, qui subsiste encore dans son intégrité, établissait une communication entre les rues Saint-André-des-Ars et des Cordeliers, par l’extrémité orientale du cul-de-sac de Rouen et la rue du Paon; elle servait, en même temps, de débouché aux rues Serpente, des Poitevins et du Cimetière-Saint-André. Il est probable quelle fut ouverte vers la fin du xue siècle, ou au commencement du xme siècle, comme la plupart des voies de ce quartier; sentier ou chemin de desserte dans la région des Petits-Champs, elle dut bénéficier de l’accensement de 1179 et de la construction de l'enceinte de Philippe-Auguste, qui assura la sécurité de toutes ces ruelles. Elle lut cependant moins favorisée que les voies environnantes dont elle est contemporaine, rues Gille-Ie-Queux, Pavée, des Grands-Augustins, etc., parce que, au lieu de tendre, comme elles, vers la Seine, ce qui leur donnait un débouché commode et spacieux, elle aboutissait, en réalité, à une impasse. On 11’y a donc construit ni église, ni collège, ni couvent, ni hôtel; les grandes résidences seigneuriales , situées à l’extrémité occidentale et au côté méridional de la rue Saint-André-des-Ars, étaient bornées au levant par la rue de l’Éperon; mais elles n’y avaient point leur entrée, et elles se sont annexé divers immeubles en bordure de cette voie. La rue de l’Éperon a conservé jusqu’à nos jours ce caractère de voie latérale, et les percements opérés dans ses environs immédiats n’en ont point modifié l’aspect.

Bien qu’il y ait tout lieu de la croire antérieure, d’un demi-siècle au moins, à l’année 1267, 011 n’en trouve pas de mention avant cette époque. Elle est appelée alors viens Galgani, et, quelques années après (1294) voie Gaugai. U11 titre de 1296 porte Gaugain et on lit Cauvain dans le Dit de Guillot (1 3 0 0 ) ; Guillebert de Metz ne la mentionne pas.

Ce nom de Gaugain ou Cauvain , qui était selon toute vraisemblance celui d’un

TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, de ses habitants, ou d’un des premiers locataires à cens qui y firent construire, a persisté pendant plusieurs siècles; on le retrouve jusqu’au xvie siècle sous des formes variées : Gougaud en i5ai, Gayain en i53i, Goyani en i5A3; c’était la vieille appellation. Mais il s’en est produit d’autres dans l’intervalle : on rencontre en iA3o les vocables suivants: crrue du Chapperonn; en iA85, «rue du Chappeaun; en 1 5 2 1 , et rue du Chappon».

Corrozet, dans sa liste des voies publiques de Paris, lui donne le nom quelle porte aujourd’hui : le doit-elle à une corruption du mot Chaperon, ou à l’enseigne d’un éperonnier? C'est ce qu’il est fort difficile d’affirmer, en l’absence de documents précis. Il semble que le Chaperon, le Chapeau, \' Eperon ont pour origine une ou plusieurs enseignes. A l’appui de cette conjecture, citons un tait récent : non loin de la rue de l’Éperon, lors de l’ouverture du boulevard Saint-Germain, on a démoli une maison formant l’angle des rues de l’Ancienne-Comédie et de l’Ecolede-Médecine et ayant pour enseigne un tt chapeau lortn, grossièrement taillé dans la pierre. La rue dont il s’agit a peut-être possédé une enseigne de ce genre.

Nous avons déjà dit que certaines dénominations, vraies ou altérées, arcs, bouderie, sagettes, rondelle, éperon, etc., avaient amené quelques écrivains à croire que la région était le siège d’une fabrication d’armes et autres ustensiles de guerre, parce que ces dénominations semblent groupées dans un rayon assez restreint. Mais cette opinion 11e supporte pas l’examen ; nous 1 avons discutée à l’article de chacune des rues sur l’appellation desquelles on a prétendu la baser.

Adolphe Berty a établi très incomplètement le parcellaire de cette rue; nous nous sommes efforcé de suppléer aux lacunes que présentent ses notes.

CÔTÉ ORIENTAL

(du Nord au Sud).

JUSTICE ET CENSIVE DE SAINT-GKRM A1N-DES-PRES

PAROISSE DK SAINT-ANDRÉ-DES-ARS

Maison de la Statue , formant le coin oriental de la rue Saint-André-des-Ars. sur laquelle elle avait peut-être son entrée, et paraissant avoir été divisée en deux portions dont l’une aboutissait à la rue du Cimetière-Saint-André. Le nom quelle portait lui venait sans doute d’une statue d’angle, comme il en existait aux encoignures d’un grand nombre de rues.

Maison sans désignation, faisant le coin septentrional de la rue du Cimetière.

Deux maisons attenantes, également sans désignation et ayant été bâties sur une

RUE DE L’EPERON

partie du cimetière, aune époque où l’on en réduisit la superficie, probablement vers 1 5 h o .

Maison de l’Ymaige Nostiie-Dame, formant l'angle septentrional de la rue du Battoir.

Collège ou Hôtel de Vendôme, dont le pourpris était délimité par les rues du Battoir, du Jardinet, de l’Eperon, et qui avait son plus petit côté sur cette dernière rue W.

CÔTÉ OCCIDENTAL

(du Nord au Sud).

JUSTICE ET CENSIVE DE SAINT-GERM AIN-DES-PRES

PAROISSE DE SAINT-ANDRE-DES-ARS

Maison sans désignation, appartenant, avant 1282, à «Jean le Cirier de Petit- Pontu. En 1 282, elle est englobée dans le séjour de Navarre, qui prend plus tard le nom d Orléans, et elle perd son individualité. Elle ne la retrouve qu’en i485, époque où fut vendu et démembré l'bôtel ou séjour d’Orléans. La partie formant le coin des rues de l’Eperon et Saint-André-des-Ars s’appelle alors la

Maison de Violle, construite ou aménagée sur le lot d’angle acquis par Nicolas Violle W. Ce lot, qui ne mesurait que quatorze toises sur la rue Saint-André, occupait selon le plan dressé par le docteur Chéreau, collaborateur de Berly, tout le côté occidental de la rue de l’Éperon.

Sur ce côté occidental , Adolphe Berty place un rectangle qui, à en juger par 1 épaisseur des lignes dont il est formé, figurerait un édifice de quelque importance. Aucune légende dans le plan, aucune note dans le texte ne nous renseignent sur cette figuration. Une étoile unique, placée au centre dn long trapèze irrégulier qui représente, selon toute apparence, le lot de Violle, semblerait indiquer que ce terrain n’a pas été subdivisé.

Cependant il existait, en 1262, sur le côté occidental de la rue de l’Éperon, une seconde

Maison sans désignation, qui fut englobée, comme celle de Jean le Cirier, dans le séjour de Navarre, et qui se confond dès lors avec cette résidence. Lors de la vente et du morcellement de ce séjour princier, en iù85, cette maison devint

ul Voir la monographie sommaire de Dhôtel ou collège de Vendôme, à l’article de la rue du Jardinet. J Voir à l'article de l’hôtel, ou séjour de Na¬

varre et d'Orléans (rue Saint-André-des-Ars), la note relative à ce personnage qui fut prévôt des marchands^

TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, partie intégrante ou dépendance de la maison de Violle. C’est pour ce motii que Berty ne l’a point distinguée sur son plan.

Peut-être faut-il voir, dans le rectangle ligure par Berty, la maison bâtie par Violle, et, dans le reste du trapèze irrégulier où elle est inscrite, les dépendances de cette maison.

Sauvai , qui avait beaucoup étudié cette région , s était rendu compte des modifications résultant du lotissement des terrains ayant formé le pourpris du séjour de Navarre et d'Orléans. Les nouveaux possesseurs allèrent, dit-il, jusqu’à supprimer des portions de rues ou allées des murs : rc Entre les murs du faubourg Saint- Germain et l’hôtel des ducs d’Orléans, appellé le séjour d’Orléans, il y avoit encore, en 1/18 h, une rue parallèle à la rue de 1 Éperon, qui aboutissoit à la porte de Bussy et à la rue S. André-des-Ars, et qui fut condamnée depuis ou alors par celui à qui échut la partie de ce logis la plus proche de la porte de Bussy et dos murailles de la V i Ile h), v

C’est entre cette rue ou allée supprimée, et celle de l’Éperon, que s étendaient, d’occident en orient, les terrains lotis.

Page 1