‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 5)Chapitre 119 sur 206 · HUE DU JARDINET · texte numérisé non relu

HUE DU JARDINET

puisque Guillot, qui écrivait l’année suivante (i.3oo), désigne la rue qui nous occupe par son ancienne appellation de Champ petit :

Par la rue rie Haute fueille Ving en la rue de Champ petit.

Cette dénomination de Champ petit, ou des Petits-Champs, était pour lui une appellation commune aux mes Mignon et du Jardinet qui se soudaient en équerre, et semblaient, comme la rue des Poitevins, constituer une seule et même voie.

Presque à la même époque, un autre vocable apparaît : c’est celui de YEseweil, de 1 ’Escureuil, des Escureulx, de ÏEscoulle, en latin, viens Scurelli. On le trouve dans le Livre de la Taille de 1 3 1 3 , et on l’a fréquemment employé aux xivc et xvc siècles. Adolphe Berty a meme remarqué qu d était d un usage presque exclusif au xvic siècle. Cette appellation était due à une maison dite de l’Escdreuil, parce quelle avait pour enseigne l 'Escuruel. Le roi Philippe le Bel en fit don, en 1 3 1 5 , à Marie de Thou O.

Les dénominations par à peu près jetteraient une grande confusion sur la rue du Jardinet, si des textes positifs n’en établissaient clairement la situation et le parcours : ainsi, on la trouve confondue, du moins par le nom, avec la rue Serpente , à laquelle elle conduisait avant son raccourcissement, et avec la rue Mignon , qui la continuait en retour d’équerre. Tout cet ensemble de petites voies sillonnait l’ancien territoire des Paroi Campi.

Il n’est pas jusqu’au nom moderne de Jardinet, ou Petit Jardin, qui n’ait ajouté à la confusion, en conduisant les historiens à rechercher l’hôtel dont les jardins, s’étendant dans cette direction, auraient pu lui valoir une dénomination nouvelle. Jaillot estime que ce doit être l’hôtel ou collège de Vendôme ; mais on peut objecter que cet hôtel a été détruit en î Ul\ î , et que l’appellation de rue du Jardinet ne se rencontre que postérieurement à cette date. Adolphe Berty croit qu’il s’agit plutôt de l’hôtel de Reims, dont les jardins plus étendus ont subsisté beaucoup plus tard, et longeaient la rue du Jardinet dans la plus grande partie de son parcours, tandis que 1 hôtel de Vendôme ne la touchait qu’à son extrémité occidentale.

Enfin, comme pour la dénomination de l'Ecureuil, on a mis en avant une enseigne du Jardinet ou Petit Jardin; ce qui n’est point absolument improbable, puisqu’il existe encore, de nos jours, des enseignes de ce genre W.

La rue du Jardinet a subsisté jusqu’à l’ouverture de la seconde section du boulevard Saint-Germain (î 866); cette grande voie l’a absorbée presque tout entière.

;l) Noies de Berty. — (!> Ou en voil une, notamment, au coin du quai (les Céleslins et de la rue du Pont-Louis-Philippe.

ainsi que ia rue et l’impasse du Paon, ne laissant d autre témoin du groupe de ruelles ayant porté jadis le nom de vici Parvorum Camporum, que la partie méridionale de la rue Mignon, laquelle, on le sait, se soudait en équerre avec la rue du Jardinet, et la continuait au nord, depuis que les agrandissements de 1 hôtel de Reims avaient amené la suppression de son extrémité orientale.

CÔTÉ SEPTENTRIONAL

(d’Occidenl en Orient).

JUSTICE ET CENSIVE DE SAINT— GERMAIN— DES— PRES

PAROISSE DE SAINT-ANDRÉ-DES-ARS

La partie de la rue du Jardinet, de l’Escureul, ou des Petits-Champs, qui fut supprimée, puis englobée dans les dépendances de l’hôtel de Reims, ainsi que nous l’avons exposé à l’article de la rue des Étuves et de l’impasse du Paon , ne paraît pas avoir été bordée de constructions importantes, à en juger du moins tant par le plan de Berty que par les chétifs bâtiments que le percement de la deuxième section du boulevard Saint-Germain a emportés il y a quelques années, et dont l’aspect rappelait un peu les granges et écuries que le président Le Maistre fit établir à quelques pas de là. Voici la succession approximative des immeubles sur ce côté de la rue :

Pla.ce vide, à l’encoignure de la rue de la V ieille— Plalrière ;

Terrain contigu à la Maison des Carneaulx, laquelle avait son entrée sur la rue Mignon;

Débouché méridional de la rue Mignon;

Partie latérale du collège Mignon, ayant son entrée sur la rue de ce nom.

Jardin compris dans le pourpris do la Maison de l’Image saint Martin, qui avait son entrée sur la rue du Battoir, et que le plan de Berty nous montre avoir été divisée en trois portions.

Hôtel d’Enneval, formé du démembrement de la Maison de l Image saint Martin, et ayant appartenu successivement h dix propriétaires dont le docteur Chércau a relevé les noms. (Voir à la rue du Battoir.) Cet hôtel occupait, entre les rues du Battoir et du Jardinet, un terrain en forme de rectangle évasé vers le sud. Il avait son entrée sur cette dernière voie, presque en face du débouché de la rue du Paon, était limité, à l’occident, par le collège de Vendôme, et à 1 orient par la partie occidentale de la Maison de l Image saint Martin.

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