‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 5)Chapitre 41 sur 206 · PORTE DES CORDÈLES, DES CORDELIERS OU DE SAINT-GERMAIN · texte numérisé non relu

PORTE DES CORDÈLES, DES CORDELIERS OU DE SAINT-GERMAIN

Somma ire : Dale de l’ouverture de la porte des Cordeliers. — Réfutation de l’opinion qui en fixe l’ouverture à l’année mâo. — Epoque où la porte des Cordeliers prend le nom de porte Saint-Germain. — Événements dont elle a été le théâtre. - — Ouvrages ajoutés à la porte Saint-Germain. — Fermetures et réouvertures de cette porte. — Sa reconstruction en 1697. — Louages et concessions. ■ — Droits de la Ville. — Dessins et vues de la porte. — Époque de sa démolition.

On a désigné successivement sous ces trois noms l'ouverture ménagée primitivement, ou pratiquée un peu plus tard, dans la muraille de Philippe-Auguste pour faire communiquer avec l’abbaye et le bourg Saint-Germain la région centrale de l’Université, à laquelle conduisait l’ancienne voie aboutissant au palais des Thermes.

Un savant auquel nous avons fait plusieurs emprunts, M. A. Bonnardot, pense que cette porte n’était pas absolument contemporaine de la construction du mur d’enceinte : il en place l’ouverture à l’année 12/10, trente ans environ après l’achèvement de cette muraille. Ce furent, dit-il, les religieux de Saint-Germain qui obtinrent, à cette date, l’autorisation de percer le mur , frangere murmn, pour y pratiquer une issue W.

A première vue, et avant toute discussion, on ne s’explique guère que ces religieux, tout puissants au moment où furent commencés les travaux de l’enceinte, aient laissé, sans protestation, boucher par une forte muraille la voie qui conduisait directement de leur monastère dans la ville et qui formait la continuation, à peu près en droite ligne, de la principale rue du bourg, «grantrue du Four et de la Blanche Oyen.

ttLa rue des Boucheries, dit Adolphe Berty, était l’une des deux grandes voies qui conduisait de Paris au bourg Saint-Germain. Probablement d’une origine moins

Pour éviter tout reproche d’inexactitude, nous consignons ici le texte même de M. A. Bonnardot : fr Du temps de Philippe-Auguste, il n’y avait point de porte en cet endroit. Un acte rédigé en latin permet, en 12/io, aux religieux de Saint-Germain de percer le gros mur , frangere murum , pour y pratiquer une issue. A cette époque , ils possédaient

déjà la porte voisine nommée Saint-Germain, que Philippe-Auguste leur avait donnée en 1209. Ils appelèrent la nouvelle porte des Cordèles, ou Cordeliers, religieux établis depuis dix ans sur l’emplacement actuel de la Clinique, n ( Dissertations archéologiques sur les anciennes enceintes de Paris , p. 260. )

TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, ancienne que la rue de Bussy, elle pourrait néanmoins avoir remplacé quelque voie mérovingienne reliant le monastère au palais des Thermes, et, avant la construction de l’enceinte de Philippe-Auguste, elle faisait partie du chemin qui est devenu la rue des Cordeliers. Elle n’était encore que très imparfaitement bâtie au milieu du xuic siècle; mais l’extension, en 1 27 4, des boucheries qu’elle renfermait et qui, dit Jaillot, étaient établies en ce lieu de temps immémorial, dut la rendre plus fréquentée. Dans les siècles suivants, la fermeture répétée de la porte de Bussy, détournant toute circulation au profit de celle des Cordeliers, en fit leprincipal chemin du faubourg, l’artère où les maisons étaient le plus serrées et le plus peuplées^, n

O11 ne comprendrait donc pas l’obstruction de cette voie lors de la construction de l’enceinte, à moins que la cession de la première porte Saint-Germain, consentie aux religieux par Philippe-Auguste, pour les dédommager des emprises faites sur leur territoire, ne les ait suffisamment désintéressés et rendus indifférents ou hostiles à l'ouverture d’une nouvelle porte. En tout cas, ils auraient assez promptement changé d’avis, puisque cette seconde entrée ne serait postérieure que de trente ans à l’achèvement de l’enceinte.

M. A. Bonnardot, qui lui assigne la date de 1260, nous paraît avoir inexactement interprété le document qui sert de base à son assertion. Cette pièce, queFélibien a réimprimée après du Breul, est un et acte de reconnoissance donné parles religieux do Saint François à l’abbaye de Saint Germain ii. Il y est dit que les Cordeliers tiennent de l’Abbaye deux pièces de terre, situées en dedans et en dehors de l’enceinte et comprises partie dans le domaine, partie dans la censive de ce monastère : duas pecias terre. . . silas infra et extra rnuros civitatis, partim in domu nio, partim in censiva monaslerii® . Pour faire communiquer entre elles ces deux pièces de terre, ils expriment le désir d’être autorisés à percer le mur, lorsqu’une nécessité quelconque se produira, sauf à boucher l’ouverture après achèvement de l’ouvrage pour lequel ils l’auront faite. Voici le texte même de cet accord entre les Cordeliers et les religieux de Saint-Germain : aclo etiam inter partes et a nobis promisso quod, in muro secus viam que ducit a porta civitatis Parisiensis aionasterio nostro contigva ad BURGUM Sancti Geruani, nec aditum nec egressum habebimus, vel habere poterimus. Tamen si nécessitas operandi in illo loeo nobis immineret, murumfrangere poterimus ; et cum opus illud impletum fueril, fracturant mûri obslruere tenebimur et sumptibus noslris reficere mururn M.

Ainsi, les Cordeliers s’interdisent d’abord, en principe, toute entrée et toute sortie par le mur d'enceinte; puis ils se réservent, à titre exceptionnel, de le percer

11 Topographie historique du vieux Paris, Région du bourg Saint-Germain , p. 26. — ^ Félibien, Preuves, I, 116. — (3) Ibid.

PORTE DES CORDELES.

quand ils auront à * œuvrer v dans la pièce de terre située au delà. 11 n’est donc point question d’une porte de ville à ouvrir, mais Lien d’une brèche à pratiquer dans la muraille pour un temps et pour un travail limités, brèche que les religieux s’obligent à boucher à leurs frais. L’expression frangere murum a évidemment égaré M. Bonnardot; il a oublié que ce sont les Cordeliers, et non les religieux de Saint-Germain, qui demandent à percer le mur, et, en outre, il n’a point aperçu dans le texte un passage qui constate l’existence d’une porte de ville contiguë au couvent des Cordeliers, à cette même date de 12/10 qui lui paraît être celle où ladite porte fut ouverte. Quelle était, en effet, la porte qui touchait alors à la maison des Frères Mineurs? Ce 11e pouvait être ni la porte Gibard, ni la première porte Saint-Germain, éloignées l’une et l’autre de plusieurs centaines de toises; la seconde porte Saint-Germain, dite porte des Cordèles, ou des Cordeliers , après l’installation des Franciscains en cet endroit , est la seule qui réponde aux indications fournies par le texte.

11 existait, d’ailleurs, dans l’ordre de Saint-François, une sorte de tradition sur ce point; on savait que les Cordeliers de Paris s’étaient établis dans la rue qui a pris leur nom, entre la rue Saint-Cûme et la porte de la ville. Voici, à cet égard , un passage significatif du livre intitulé ; De origine seraphice religionis franciscane ejusque progressibus, et composé par François de Gonzague, ministre général des Cordeliers, élu en 1679 par l’assemblée du couvent : Illic ergo, anno 13 3o, inter portant et ecclesiam sanctorum Cosme et Damiani, simplicium Fralrum Minorum plantula primo imita et constituta, radices egil. Si donc le couvent des Cordeliers fut fondé, en ia3o, entre l’église Saints-Côme-et-Damien et la porte de ville, il est impossible de soutenir que cette porte ne fut ouverte que dix ans plus tard. Peutêtre ne lut-elle terminée qu’après l’achèvement de l’enceinte méridionale, à raison même de la cession, faite par le roi à l'Abbaye, delà porte située dans l’axe de la rue Saint-André-des-Ars. On comprend que les religieux, devenus possesseurs de celle entrée, aient employé toutes leurs ressources à la compléter et à la faire valoir, et que, par contre, la porte voisine soit restée quelque temps inachevée; mais il nous semble impossible que l’ouverture de celle-ci soit le fait d’une brèche pratiquée dans le mur, sous les clauses et conditions que nous avons exposées plus haut.

En admettant, comme tout porte à le croire, que la seconde porte Saint-Germain ait été à peu près contemporaine de la première, on est amené à penser qu’elle devait en avoir la forme et les dimensions : les deux voies qui conduisaient à l’une et à l'autre avaient, en effet, une importance à peu près égale. Nous devons seulement faire remarquer que la direction un peu oblique de la muraille par rapport à la rue dans laquelle la porte donnait accès et peut-être le désir de desservir du même coup les rues du Paon et du Jardinet, où se trouvaient les

hôtels des archevêques de Reims et de Rouen et qui sont sans doute contemporaines de l’enceinte, lui firent donner un alignement légèrement biais, qu’il est facile de constater en consultant les anciens plans : la seconde porte Saint-Germain fait face à la rue du Paon, presque autant qu’à celle des Cordeliers.

Nous avons dit plus haut dans quelles circonstances eut lieu la cession, par l’Abbaye, de la première porte Saint-Germain, et comment ce vocable fut transporté à la seconde. Toutefois cette substitution de nom ne fut pas exclusive : la porte de Buci garda, dans le public, sa première dénomination, et il en résulta une confusion que les historiens de Paris n’ont pas toujours évitée.

L’une et l’autre porte passent pour avoir été le théâtre de certains événements, et en particulier de la trahison de Périnel-le-Clerc, qui introduisit les Bourguignons dans la ville, en mai 1 Ai 8.

Nous avons cité, à propos de la porte de Buci, le texte du Journal d’un bourgeois de Pans, où le fait est raconté comme s’étant passé à la porte Saint-Germain; Corrozet,qui écrivait plus d’un siècle après, ne spécifie pas davantage: et L’an i4i8, dit-il, au mois de may, Jean de Villiers, seigneur de l’Isle Adam, au nom du duc de Bourgongne, entra dedans Paris par la porte Saint Germain des Prez, avec CCC combatans; et de nuit lui feict ouverture Pernet le Clerc serrurier, qui avoit desrobé les clefs à son père, n Le passage du Journal d’un bourgeois de Paris que nous avons cité plus haut ne jette pasplus de jour sur la question; cependant, avons-nous dit, contrairement à l’opinion de M. A. Bonnardot,il paraît y avoir plus de probabilités pour la porte de Buci que pour celle des Cordeliers.

Construite selon le système adopté pour les entrées de Paris au xui° siècle, la seconde porte Saint-Germain dut, comme les autres, subir certaines modifications à l’époque où l’on creusa les fossés, c’est-à-dire en 1 3 5 6 W. Elle fut munie, entre autres ouvrages de défense, d’un pont-dormant et d’un pont-levis, dont il est question dans un compte de 1673, où il est dit que Pierre Beaufils et Jean Megret, poissonniers, avaient la ferme rc de la pescherie du pourpris de la fortiffication de la ville, prez de l’ostel de Neelle... jusques au pont-dormant de la porte Sainet Germain des Prez(2)u.

M. A. Bonnardot, qui a consacré un chapitre de ses Dissertations aux travaux de défense entrepris, sous les règnes de Jean le Bon et de Charles V, en différents en-

'' Les comptes de Philippe d'Acy, payeur des œuvres de la Ville, comptes dont nous avons déjà reproduit quelques fragments, nous apprennent qu'il fut rrbesongné» en 1 366 crà la porte de Saint- Germain- des- Prez encoste les Cordeliers n. Le travail consista à v faire la massonnerie des murs de

ladicte Ville entre ladicle porte et la première tournelle, qui est en montant à la porte d’Enfer», et de plus à cr faire un clochier couvert de merrien à pendre cloche». ( Mém. de la Soc. de l’hist. de Paris et de V Ile-de-France , t. IV, p. 291 et 29Æ.)

,2) Cité dans le Mémoire de Boüquet.

PORTE DES CORDÈLES.

droits de l’enceinte méridionale, s’est efforcé de déterminer le genre d’ouvrages qui furent alors exécutés, et Comme il n’existait, dit-il, aucun faubourg important, du moins dans le voisinage immédiat de cette enceinte, mais seulement des terres en culture et de vastes clos, il fut aisé d’établir , sans de grands frais préalables, un large fossé au pied du vieux mur, et de le rendre, au moyen de quelques appendices et de certaines modifications, plus propre à la défense de la ville. On reprit à cette occasion, pour obtenir la place nécessaire aux fossés et aux chemins de ronde, tous les terrains contigus au gros mur, terrains qui, depuis Philippe- Auguste, avaient été inconsidérément accordés à diverses communautés religieuses. On déposséda, avec promesses d’indemnités ultérieures, les Cordeliers, les Jacobins, les religieux de Saint-Germain-des-Prés, de Sainte-Geneviève et de Saint- Victor, de terres ou de bâtiments qui leur appartenaient. Plus tard , on les dédommagea par des concessions de certains droits et par des propriétés sises à Paris , ou ailleurs. Outre l’addition de ce fossé et d'un arrière-fossé et l’établissement d’un chemin de ronde intérieur devenu indispensable, au moins sur certains points, on dut dès lors, si ne n’est un peu plus tard, réparer et remanier en quelques endroits l’ancien mur de clôture. Peut-être porta-t-on à l’intérieur du mur une partie des déblais du fossé; peut être forma-t-on de ces déblais, dans le voisinage, des buttes de terre en talus, nommées alors baslides ou boulleverls, espèce de forts détachés établis près des portes et garnis de canons et autres engins M. d

La seconde porte Saint-Germain eut certainement sa part de ces additions : sans parler du pont-dormant et du pont-levis que nous avons déjà mentionnés, Sauvai et Bouquet ont cité diverses pièces des xivc, xv= et xvie siècles, d’où il résulte que l’entrée primitive avait subi d’importantes modifications. Dans un compte de i366 à 1 3 68 , il est question d’un clocher couvert d’ardoises, fait, pour y pendre une cloche à la porte Saint-Germain, qui avait alors une porte latérale et une bassecour!2). Un autre compte, dressé sous le règne de Charles VI, mentionne aune loge assise en la basse court Saint Germain dehors œuvre, entre la basse court du boullevart et ladicte porte Pf d Enfin, dans le Mémoire de Bouquet, où se trouve cette dernière mention, il est parlé, à l’année i5ôo, d’une maison trsise hors la porte Sainct Germain, contre la herse d’icelle n

Fermée, puis rouverte à différentes reprises, comme la plupart des autres entrées de Paris, en temps de guerre ou de troubles, la seconde porte Saint-Germain fut et rétablie v , c’est-à-dire rebâtie à neuf, ou réparée complètement en i5g8. Félibien a imprimé, dans ses Preuves, une ordonnance datée du a3 septembre de cette année, et relative à ce travail. C’est un mandement au quartenier

!l) Dissertations archéologiques sur les anciennes enceintes de Paris, p. î a 3 et î ah. — 0) Sauval, III , t 2.0. — oi Mémoire de Bouquet, p. 178. — (1) Ibid., p. 275.

Huot itde faire assembler les deux dixainiers de la ville et quatre du faubourg Sainct Germain, des dixaines plus proches de la dicte porte, et de faire eslire, en chacune des dictes dixaines, deux bourgeois, et les faire tous rendre en l'hostel de ville pour procéder à la taxe des dictes dixaines , en leur présence et à la concurrence des frais nécessaires pour le reslablissement de la dicte porte W.i>

Nous avons inutilement consulté les Registres du Bureau de la Ville pour y trouver les procès-verbaux des assemblées et des élections , ainsi que les rôles de la taxe à asseoir sur les bourgeois; ces documents ne s’y trouvent point.

La Ville avait fait, aux environs de la porte Saint-Germain, des louages ou concessions gracieuses à divers individus, tout en se réservant expressément les fonds et propriété des murailles, fossés et allées des murs. Elle eut soin, comme aux alentours des autres portes, de ne rien faire ou laisser faire qui pût être considéré comme une négation ou comme une prescription de son droit. Parmi les nombreuses protestations que renferment à cet égard les Registres du Bureau de la Ville, nous citerons celle du 18 juillet 1628 à propos et des maisons scizes sur la contrescarpe des fossez de la ville au faulxbourg Saint-Germain n , et celle du 9 janvier 16Û8 ttpour s’opposer aux criées qui se poursuivent en la cour de Parlement, d’un appenty et filouer scis dans les fossez de la ville, entre les portes Sainct-Germain et Sainct-Michel<3). n Nous passons sur les diverses conférences qui eurent lieu entre les membres du Bureau de la Ville et les religieux de Saint- Germain-des-Prés, lesquels prétendaient à une certaine part de propriété des terrains sur lesquels avait été construite la muraille de Philippe-Auguste, ainsi que ses dépendances W, pour arriver à l’arrêt du Conseil dEtat du aû août 1691, qui reconnaît les droits do la Ville et vise notamment une sentence rendue à son profit <r contre les créanciers du nommé Le Blanc, détempteur de places, maisons et lieux scituez dans les fossez de la dicte ville, entre les portes de Saint-Germain et de Saint-Michel u. Nous avons groupé en un appendice collectif les pièces les plus importantes que renferment, à cet égard, les Registres du Bureau de la Ville W.

M. A. Bonnardot déclare n’avoir jamais rencontré de dessin spécial et détaillé de la porte des Cordeliers; il faut donc se contenter des représentations fort im¬

parfaites qu’en offrent les anciens plans

Félibien. Preuves III, 48o.

(2) Registres du D ureau delà Ville, H 1 8 o 2 , f° 6 1 a .

Ibid. , H 1808, f 180.

(4) Lire notamment le procès-verbal de la conférence du 26 février 1 63g (H i8o5, f° 448) et celui de l’assemblée qui fut tenue à l’hôtel de ville le 2 août 1746, ffà cause de l’accommodement que

en élévation ou à vol d’oiseau. Antérieu-

cherchoient M. l’abbé et les religieux de l’abbaïe de Saincl-Germain-des-Prez sur l’aliénation que la Ville entend faire des fossez, rampars et contrescarpes d’icelle*. Registres du Bureau de la Ville, H 1 808, P 116.

(5) Félibien, Preuves, II, p. 3oo.

(6> Voir à la fin du volume.

PORTE DES CORDÈLES.

rement à 1 5g8 , les figurations sont assez confuses. Munster montre, cà l’extrémité de la rue des Cordeliers, une baie sans caractère. La Grande Gouache et la copie de Gaignières laissent apercevoir, dans la muraille, une ouverture à l’endroit où se trouvait la porte. Braun, qui s’est cependant inspiré de la Tapisserie, omet de figurer la porte Saint-Germain. Les plans de Saint-Victor, de Truschet, de Belleforest la représentent sous la forme d’une large baie, inscrite dans un pavillon rectangulaire, lequel est précédé de deux lignes de maisons.

Les plans du xvnc siècle, postérieurs non seulement à la reconstruction mentionnée par Corrozet, mais encore à celle dont parle Félibien, sont assez peu précis dans leur figuration. Quesnel montre un bâtiment carré, sans toit, haut de deux étages, se composant d’un pavillon flanqué de deux ailes et ouvert du côté de la ville; un pont-levis le précède. Vassalieu fait voir la même construction; mais elle est dominée, du côté de la ville, par deux tours assez élevées et coiffées d’un toit en poivrière. En avant de la porte, on aperçoit un élégant pont-dormant construit sur le modèle du pont Neuf et décoré de quatre hémicycles en saillie sur le fossé. Mérian, qui dressait son plan-estampe six ans après, revient à la figuration de Quesnel : les tours de Vassalieu ont disparu, et le pont-dormant, à exèares semi- circulaires, est remplacé par un pont-levis. Melchior Tavernier reproduit la porte de Quesnel et de Mérian; ce qui porterait croire que Vassalieu a fait de la fantaisie, ou qu'il a figuré comme parachevé un édifice dont une partie seulement a été exécutée. Les tours et le pont-dormant peuvent, en effet, avoir fait partie d'un plan que l'insuffisance des fonds a obligé de simplifier.

La porte des Cordeliers apparaît encore sur les plans de Gomboust et de Jean Boisseau; mais Jouvin de Rochefort ainsi que Bullet et Blondel ne la figurent plus; elle avait été comprise dans le programme général de destruction des murs et de comblement des fossés qui coïncide avec l’achèvement du collège Mazarin, la formation de la place des Victoires et la construction des arcs de triomphe de Blondel (portes Saint-Denis et Saint-Martin).

PORTE GIBAIiD, D’ENFER OU DE SAINT-MICHEL.

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