PORTE GIRARD, D’ENFER OU DE SAINT-MICHEL
les Armagnacs la tenaient étroitement bloquée. On n’en pouvait sortir pour aller vendanger au Vigneray, près des Chartreux, et ensemencer les terres voisines. ttCeulx de devers Berry tindrent si court ceulx de devers Paris, par devers la porte Sainct-Michel, que les vignes demourèrenl à vendenger et les semailles M. n
C’est par erreur, sans doute, que Corrozety a placé l’entrée du connétable de Richemond et la reprise de possession de Paris par l’armée royale Les troupes de Charles VII, arrivant parla grande route d’Orléans, qui traversait alors le territoire de la Tombe-Issoire, et non par le petit chemin de Vanves et de Chevreuse, devaient naturellement se présenter devant la porte Saint-Jacques; c’est du reste ce que raconte le Bourgeois de Paris ^ et ce que disent, après lui, la plupart des historiens. Il ne faut pas oublier, d’ailleurs, que la porte Saint-Jacques était l’une des quatre grandes entrées de Paris, et que plusieurs cortèges imposants ont défilé entre ses deux tours.
Les motifs qui avaient déterminé, au xivcsicle,la réfection partielle des travaux de défense de la porte Gibard, se reproduisirent cent quarante ans plus tard. Après la défaite de Pavie et la prise du roi, on entreprit certains ouvrages extérieurs, tels que tranchées et fossés. Ces travaux de retranchements sont mentionnés par les Registres du Bureau de la Ville. On y lit notamment un tt extrait de ce qui a esté advisé et conclud es assemblées tenues en l’ostel de la ville de. Paris depuys le mardi septiesiue jour de mars, mil cinq cens vingt, que furent sceues les doulouzeuzes Isic'j nouvelles de la prinse et rétention de la personne du Boy, nostre souverain seigneur, par ses ennemys devant Pavie v. La porte Saint-Michel n’est pas nommément désignée dans la et délibération du conseil tenu en la court de Parlement pour la garde, seureté et déffense d’icelle ville n; mais le premier article de cette délibération porte que et est besoin de visiter les fossés, murailles, portes, liarses et pontz leviz, serrures de portes, repparer les bresches des murailles, fortiffier lesdictes portes et reparer le tout de ce qui sera nécessaires. La porte Saint-Michel était l'une des quatre par où pouvait pénétrer dans Paris un ennemi venant du midi de la France; il y a donc toute apparence qu’on y lit alors les travaux extérieurs dont nous parlons plus loin.
Dix-neuf ans plus tard, lors de l’invasion de la France par les Impériaux, de nouveaux ouvrages de défense furent entrepris sur la rive gauche, dont les fort!—
(,) Journald’un bourgeois de Paris , édition donnée par Alexandre Tuetey, p. 8.
Folio 189.
(3) (fltem, en celluy vendredi d’après Pasques, vindrent devant Paris les seigneurs de la bande devant dicte, c’est assavoir le conte de Richemont,
qui esloit connestable de France de par le roy Charles, le bastart d'Orléans, le seigneur de l’Isle- Adam et plusieurs autres seigneurs, droict à la porte Sainct-Jacques , et parlèrent aux portiers n, etc. (Journal d’un bourgeois de Paris , édition publiée par Alexandre Tuetey, p. 3i4.)
TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, fications étaient regardées comme insuffisantes. Corrozet, qui en fut témoin, les mentionne en ces termes : nEn tithk, par commandement du Roy, furent faicts les rampars es jaortes n. La porte Saint-Michel fut certainement, comme ses voisines les portes Saint-Jacques et Saint-Marcel, l'objet de quelques travaux. On n'y construisit point un rempart proprement dit, comme le donne à entendre le texte de Corrozet; ce qui est beaucoup plus probable, c’est qu’on fit, soit en arrière du gros mur, soit en avant et sur les flancs de la porte, des terrassements, ou ttbouleverts», destinés à en défendre les approches. Les mouvements de terrain que présentaient les abords de la porte Saint-Michel, avant l’ouverture du boulevard de ce nom , c’est-à-dire , à l’orient, l’escarpement des rues Saint-Hyacinthe et Saint- Thomas (escarpement dont il reste encore quelque chose, même après le nivellement opéré pour le percement de la rue Soufflot) et, à l'occident, la pente de l’ancienne place de la porte Saint-Michel, à partir du sol de la rue des Francs-Bourgeois, paraissent à M. A. Bonnardot autant de témoignages matériels des travaux de défense exécutés, en i5a5 et i5i/i, aux abords de la porte Saint-Michel.
Depuis lors, aucune addition ou modification de quelque importance n’a été laite à la porte Saint-Michel. Il faut aller, non point à Tannée 168A, comme le dit M. Bonnardot, mais à l’année 1679, au plus tard, pour assister à la démolition, au moins partielle, de cette porte!1).
Le 2 février 1 6 8 3 , le Bureau de la Ville recevait des ouvrages faicts par Oddle Tarade, architecte et entrepreneur des bastiments du Roy, pour la construction du bastiment dune fontaine, acqueduc et réservoir à l’endroit où esloil cy-devant la porte Saint-Michel r, , et chargeait le maître des œuvres de les expertiser!2'. Ces travaux lui parurent sans doute insuffisants; car le 1 5 mars de 1 année suivante, le maître des œuvres de charpenterie de la Ville, Julien Pourrat adressa aux membres du Bureau un rapport, duquel il résulte qu'il était tt nécessaire de faire couvrir la tour dans laquelle on veult mettre le regard des fontaines, y laire un plancher au-dessus dudict regard, et mettre une poultre à 1 endroict et au-dessoubz de la cloison qui sépare le corps de logis de ladicte tour, pour porter la poultre qui supporte le comble dudict logis13) n.
Nous croyons quil s agissait de métamorphoser en une sorte de château d’eau ce qui restait de 1 une des tours do la porte Saint-Michel, celle d'orient sans doute, car celle d occident et le pavillon entre deux n’existait déjà plus, ainsi que le témoigne le document cite plus haut. Ce détail , que personne n’a remarqué jusqu'ici, explique parfaitement 1 établissement de plusieurs autres fontaines publiques au
Reg.du B. de la Ville (H 1899, f°* 636 et fi 4 0 ). gielres du Bureau de la Ville , et qui porte la date
1 du 8 janvier 1680, parie du lieu tr où estoit la
"Une pièce que nous avons extraite des Be- porte Saint-Michel ». (H 1898, U 727.)