IV. — CHAPELLE DE SAINT-AUGUSTIN
Dans l’ordre de succession , cette chapelle était la quatrième, à droite, en entrant par la façade occidentale, et la sixième à gauche, en descendant du chœur; elle avait, comme les précédentes, vue sur la rue du Cimetière.
D'acte de fondation ou de « concession 11 , pour parler le langage des marguilliers de Saint-André, ne se trouve pas dans la liasse; mais de nombreuses pièces constatent qu’elle a été possédée par la famille de Thou, notamment le contrat de fondation de la chapelle Saint-Jérôme. Plusieurs de ces pièces sont intéressantes à un point de vue autre que celui de la topographie; elles se rapportent, en elfet, à la généalogie des de Thou et à leurs alliances.
La pièce principale de cette catégorie de documents est relative à Augustin de Thou; ce qui prouve que la fabrique, ainsi quelle le dit d’ailleurs dans l’acte conclu avec la famille Chartier, faisait remonter à ce membre de la famille de Thou la première possession de la chapelle (l).
François Blanchard, auteur de l'ouvrage intilulé : Les présidents au mortier « Parlement de Paris, n'hésite point à lui en attribuer la construction; voici ce qu'il dit à la page 189 de son livre :
<r Augustin de Thou, fils de Jacques de Thou, conseiller et advocat du Roy en la Cour des Aydes, et de dame Geneviève Le Moine, etc.
rr II décéda le sixiesme jour de mars mil cinq cens quarante-quatre, et le lendemain septiesme il fut inhumé en la chapelle qu’il avoilfait construire en l'église de Saint André des Arcs , dans les vitres de laquelle se voit encores aujourd’huy son portrait avec celuy de dame Claude du Marie, sa femme, qu'il avoit espousée avant l'année mil cinq cens vingt. »
ÉGLISE SAINT-ANDRÉ-DES-ARS. 169
Il est un autre document faisant partie de la même liasse et ayant son importance au point de vue du droit de propriété; c’est un mémoire intitulé : Observations sur la chapelle de MM. de ïhou dans l’église paroissiale de Saint-André-des- Arts, dite la chapelle de Saint-Augustin. L’auteur de ce mémoire, après avoir traité de divers autres sujets, examine si la famille de Thou a droit à la possession de la chapelle, et voici comment il résout la question : «Les mausolées et les épitaphes qui se trouvent dans cette chapelle annoncent qu’elle appartient à celte maison; les armes qui sont tant en haut de la décoration qu’aux vitres de cette chapelle, sont une preuve que la chapelle appartient à la maison do Thou. Le nom même de la chapelle confirme cette preuve : elle est qualifiée chapelle de MM. de Thou dans l’acte de fondation de messes du 8 novembre 1GA2.11
C’est à la ch apelle de Saint-Augustin que s’appliquent les détails descriptifs suivants donnés par Le Bcuf : c Le vitrage d’une des chapelles de l’aile méridionale a cela de singulier qu’il représente Jésus-Christ foulé comme les raisins par un pressoir, avec cette sentence d’Isaïe en lettres gothiques du xvie siècle: Quare rubrum est indumentum tuum? — Torcular calcavi soltts. La statue de saint Christophe est audessus de l'autel; c’étoit apparemment le patron du fondateur. Celles de sainte
Barbe et de sainte Jacqueline y sont aussi. Dans la maison qui est vis-à-vis de cette chapelle, il y a deux niches, où sont deux semblables statues de saint Christophe et de sainte Jacqueline, de hauteur naturelle; et il y a grande apparence que c’étoit la maison du fondateur ('h n
Cette conclusion à laquelle arrive Le Beuf s’appuie, d une part, sur l’identité du nom des saints dont il a vu les statues, et des prénoms de quelques membres de la famille de Tliou; d’autre part, sur la proximité de la résidence occupée par cette famille. Aussi, il est constant que le second, sinon le premier possesseur de la chapelle est Christophe de Tliou; que sa femme s’appelait Jacqueline, et l’une de ses sœurs, Barbe; enfin que l'hôtel de la famille de Tliou, dont l’entrée principale était rue des Poitevins, avait une façade postérieure sur la rue du Cimetière-Saint-André, vis-à-vis de la chapelle de Saint-Augustin.
La liasse de la chapelle Saint-Augustin contient diverses pièces parmi lesquelles nous avons distingué d’abord un petit recueil d’épitaphes de la famille de Tliou, recueil fait au xvmc siècle, puis une sorte de procès-verbal établissant l’identité des corps trouvés dans les caveaux. Il semble résulter de ce document que les restes de plusieurs membres de cette illustre famille, dont l’inhumation dans la chapelle des de Tliou est certaine, n’ont pas été retrouvés <SL En revanche, on a les épitaphes de Christophe do Tliou, de dame Jacqueline Tuleu ou Tuleau, sa femme, de Marie de Barbanson-Cani , première femme de Jacques-Auguste, son fils, de Gasparde de la Châtre, seconde femme de ce dernier, et d’ Aimée de Tliou, fille de Christophe. Les historiens de Paris ont recueilli la plupart de ces épitaphes.