‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 5)Chapitre 72 sur 206 · QUAIS DU PONT-NEUF (PARTIE ORIENTALE · texte numérisé non relu

QUAIS DU PONT-NEUF (PARTIE ORIENTALE

La voie publique que nous allons décrire a porté successivement ces différents noms.

11 faut tout d’abord distinguer entre le vieux et chemin sur Sainnen, qui paraît avoir existé fort anciennement sur la rive gauche du fleuve, et le quai, ou chaussée, défendu contre les grandes eaux par un mur de soutènement, dont l’établissement ne remonte pas au delà des premières années du xiv' siècle. Le chemin existait certainement dès le règne de Philippe-Auguste, puisque, dans un accensement daté de I2i5, et relatif aux terrains aboutissant sur la rivière, entre les sentiers qui sont devenus plus tard les rues Pavée et Gilles-le-Queux, il est stipulé que les voitures devront toujours passer librement sur le terrain accensé.

A cette époque, le et chemin sur Sainnen n’avait pas de dénomination propre, celle-ci pouvant s’appliquer à toute voie charretière longeant le fleuve. La berge, assez basse en cet endroit, n’était ni une grève ni un port de débarquement, comme sur l'autre rive, mais un terrain en pente douce, bordé de saules isolés, de saulsaies croissant sur les bords de la rivière et y laissant pendre leurs

(I) La partie occidentale n'est autre que le quai Conti, auquel nous consacrons un article spécial.

branches. C’est, là que se trouvait la petite île de Roule-Clou et dont les arbres pendoient sur la rivière n dit Félibien W, et que les religieux de Sainl-Victor et de Saint-Germaiu-des-Prés se disputèrent longtemps. On sait que celte petite île «assise entre l’église des Augustins et le jardin du Palais-Royal n, c’est-à-dire les jardins du palais de la Cité, dont remplacement est représenté aujourd’hui par la place Dauphine, fut réunie à la terre ferme, lors de la construction du quai i'2h Des abreuvoirs étaient ménagés le long de la berge, et, eu temps de grandes eaux, la rivière venait battre le mur des maisons avoisinant le couvent des Augustins, successeurs des Sachets. La partie orientale du quai, contiguë à la rue de Hurepoix , dont nous parlerons plus loin, était seule, par la pente qu’elle offrait, à l’abri des inondations.

Cet état de choses subsista jusqu’aux premières années du xiv° siècle: le y juin lois et itérativement le 2 3 mai 1 3 1 3 , Philippe le Bel donna l’ordre de construire un quai depuis l’hôtel de Nesle, qu'il possédait depuis cinq ans pour l’avoir acquis d’Amaury de Nesle (3), jusqu’à la maison de l’évêque de Chartres, qui était située à l’angle oriental de la rue Gilles-le-Queux. C’était précisément là que se terminait la rue de Hurepoix, dont le sol, relativement plus élevé parce qu’il montait en pente douce vers le Petit-Pont, 11’était pas menacé par les eaux. Félibien expose ainsi, d’après les documents originaux, les difficultés et les lenteurs que rencontra la construction du quai :

r Tout le bord de la rivière, du costé des Augustins, n’estoit alors revestu d’aucun mur; il esloit en pente et garni de saules, à l’ombre desquels les habitans alloient se promener; mais les inondations fréquentes de la Seine minoient peu à peu le terrain et faisoient craindre pour les maisons. Cette considération porta le roi Philippe le Bel à donner ordre, par ses lettres du 9 juin i3ia, au Prévost des marchans debastir, de ce costé là, un quay de pierres de taille. Par autres lettres du a3 may de l’année suivante, il reproche au Prévost des marchans qu'il n’a pas eu soin d'obéir aux ordres réitérez qu’il lui avoit donnez do bastir un quay sur la rive qui estoit entre la maison de Nesle, alors appartenante au Boy, et celle de l’évesque de Chartres, quoique les maisons soient menacées d’une ruine prochaine, à cause des inondations de la rivière. 11 renouvelle les mesmes ordres et menace le Prévost de lui faire sentir les effets de son indignation, s’il se rend encore négligent à exécuter ce qui lui a esté commandé W. n

(1) Histoire de la ville de Paris, IV, p. 545 et

Les Registres du Parlement (3o mars 1894) disent: erpour les arbres de ladicte isle qui pendoient sur riauë».

(i) Voir le volume du Faubourg Saint- Germain , p. 295 et 3a4.

(3) Voir h l’article de la Tour et pourpris de Nesle, p. 4o.

(l) Histoire de la ville de Paris , I, p. 5a 3. Félibien renvoie aux pièces justilîcalives delà dissertation de Le Roy, où se trouvent imprimées les lettres impératives de Philippe le Bel. Les termes en sont des plus vifs : «■ . . . Licet tibi non solum

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Le Prévôt des marchands, m vertement •

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des tourelles, ou demi-tours, simples ou jumelées, qui ! Manquent la rivière; quelques-uns des abreuvoirs antérieurs à l’étal. b ement disparu, et des échoppes apparaissent de loin en loin adosses .» Nous reproduisons, aux appendices, uni! pièce extraite des J; w.-, la Ville , qui ordonne la suppression de res échoppes.

Adolphe IL- ! pt, .» figuré huit tourelles ou demi-tours sur son ; ; le milieu de ta n. /!•• Ilurepoix, une au débouché de la , ne (- H deux u ui es \ ■■...<■{, ...» des deux rues Pavée et Augustin.*

la rue Guénégaud -, âne.- v u r»*tto dernière qui, avait subsisté ju» ment du barrage < - >* -u- »..*• une écluse, en 1 85**, • . Gr¬

êlait munie de son lanuM f. ie \i- a "ne. dit-il, de com-ater qn

semel. setl pluies dederimus hostris alii? lilleris in mandat» ut cayum sic faceres indilate. tu nicliitoiniiiiis, mandata noslru n«*gligens et contempnens , id facere non curasti. . : <jw «I nobis quam pluri-

nmm displicet. . . Idooqm- tibi iterato mandamus, iirmiier injnngenles ijie-.i i!,: predictum cayum absque prolixiori more, dis|nndio fieri faciès, dum ad hoc tempus convcniens habes, sciturus quod, nisi hoc foceris, te negligenlia pugniri graviter; et diiloininus nd illud t'aciendum compelli virilin •:

‘ r us. i ( Tiré , dit Le Roy, du lin? rougi de l'Hôtel de ! iile, fol. 107 r°.)

Nous avons <-\p sommairement les actes

administratifs d'Étienne lion historique placée •

Etienne Marcel, p.

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QUAI DES AUGUSTIN S. 199

Le Prévôt des marchands, si vertement tancé, était alors Étienne Barbette, ttmaistre de la monnoien, dont le nom est resté attaché à l’une des vieilles rues de Paris. Magistrat infatigable, en même temps qu’habile financier, il avait encouru l’impopularité en défendant les mesures fiscales du Roi, et le peuple irrité avait, dans un moment d’émoi, détruit et pillé sa maison M. Au moment où le Roi, peu reconnaissant des services que lui avait rendus ce prévôt, lui adressait de si dures injonctions, Etienne Barbette était à sa seconde ou troisième prévôté; l’ingratitude du roi et du peuple avait du le désabuser, et l’état de la caisse municipale, mise à sec par les tailles extraordinaires qui se succédaient depuis plusieurs années, ne lui avait sans doute pas permis de se rendre plus promptement aux ordres du monarque. Il s’exécuta néanmoins et bien et loyaumentu, car le quai qu'il lit construire s’est maintenu pendant fort longtemps dans son état primitif, et avec les ouvrages de défense dont on l'avait muni à l’origine.

On n’a fait depuis que le réparer, et il était encore presque intact au commencement de ce siècle. Les plans des xvic et xvnc siècles le montrent sous la forme d’une large chaussée soutenue par une solide muraille s’élevant un peu en contrehaut. Des escaliers sont placés aux deux extrémités de ce mur, ainsi qu’au pied des tourelles, ou demi-tours, simples ou jumelées, qui le flanquent du côté de la rivière; quelques-uns des abreuvoirs antérieurs à l’établissement du quai oui disparu, et des échoppes apparaissent de loin en loin adossées à la muraille. Nous reproduisons, aux appendices, une pièce extraite des Registres du bureau de la Ville, qui ordonne la suppression de ces échoppes.

Adolphe Berty, qui a figuré huit tourelles ou demi-tours sur son plan, une vers le milieu de la rue de Hurepoix, une au débouché de la rue Gilles-le-Qneux , deux accolées vis-à-vis de chacune des deux rues Pavée et Augustins, une en face de la rue Guénégaud, dit avoir vu cette dernière qui, avait subsisté jusqu’à l’établissement du barrage de la Seine par une écluse, eu 1 85 3 <2). Celte tourelle, qui était munie de son larmier, nous a permis, dit-il, de constater que, depuis l’époque

semel, sed plures dederimus nostris aliis lilleris in mandatis ut cayum sic faceres indilate, tu nichilominus, mandata noslra negligens et contempnens, id facere non curasti. ... ; quod nobis quam plurinium displicet. . . Ideoque tibi iterato mandamus, firmiler injungenles quod ibi predicluin cayum absque prolixiori more, dispendio fieri facias, dum ad hoc lempus conveniens liabes, scilurus quod, nisi hoc feceris, le negligentia pugniri graviter; et nichilominus ad illud faciendum compelli viriliter laciemus. * (Tiré, dit Le Roy, du livre rouge de l’Hôtel de Ville, fol. 107 r°.)

(,) Nous avons exposé sommairement les actes

administratifs d'Lliennc Barbette dans l’introduction historique placée en tète de l’ouvrage intitulé: Etienne Marcel, p. xm et suiv.

(2) Il 11e faut pas confondre celle tourelle, qui adhérait au mur de soutènement du quai , avec celle qui était accolée au bâtiment du Château Gaillard. Cette dernière, dans laquelle les partisans d’une enceinte sur la rive gauche, antérieure à celle de Philippe-Auguste, voient quelque chose d’analogue aux tours Barbeau, de Nesle, Saint-Bernard , etc., c’est à-dire un ouvrage de défense de la muraille aboutissant à la rivière, a été démolie en 1 üy5. Voir l'article relatif au quai Conti.

TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, de sa construction primitive, le quai des Augustins n’avait subi que des restaurations. Nous ne doutons point, ajoute-t-il, que la partie circulaire des escaliers descendant à la berge, qu’on a détruits également il y a peu d’années, ne fût un resle des tourelles élevées au commencement du xivc siècle.

La partie supérieure du quai des Augustins, qui était fort étroite et que, dans les temps modernes, on a appelée rue de Hurepoix, à cause d une hôtellerie de ce nom qui s’y trouvait, a dû être modifiée lors de la construction du pont Saint- Michel. Le tablier de ce pont était établi, en effet, fort au-dessus du sol du quai, lequel était à peu près au même niveau que la rivière à la hauteur des rues Pavée et Gilles-le-Queux. La pente douce qu’on y remarque encore, malgré la réfection récente du pont et le rehaussement du sol dans la partie basse du quai, date certainement do cette époque.

A l’autre extrémité, le plan incliné qui conduit au Pont -Neuf et à la rue Dauphine, est contemporain de ces deux opérations édihtaires. Lorsqu on ouvrit le nouveau pont à la circulation, il fallut bien le raccorder, d’une part au quai des Augustins, d’autre part au quai de Nesle ou de Nevers, aujourdhui de Conti. Le percement de la rue Dauphine obligea d’ailleurs les entrepreneurs à imposer aux deux quais le niveau de la nouvelle voie.

rr On ne se borna point alors, dit Bertv, à changer le nivellement: on modifia en outre l’alignement du quai, en le faisant s’ouvrir vers le Pont-Neuf. En effet, si l’on continue idéalement le quai, en traçant une ligne parallèle à la façade latérale de l’ancienne église des Augustins, cette ligne va se raccorder avec la portion du quai laissée intacte et qui commence vers la rue de Nevers. Si 1 on fait, ajoute llerty, la même opération en s’alignant sur l’église des Augustins, et si Ion prolonge le mur occidental d’enceinte de ce couvent jusqu’à la rue de Nevers, on arrive juste à la dimension que ce mur avait sur la ruelle, iom,o7; ce qui na pas lieu sur l’alignement actuel. Enfin , la ruelle elle-même , du côté occidental . a, mesurée ainsi, 8 1 toises de longueur depuis la muraille de Philippe-Auguste, à laquelle elle aboutit, jusqu’au quai. Nous savons, en effet, que telles étaient ses dimensions au xvf siècle, tandis que, avec l’alignement actuel, elle a 3 ou h toises de nlusr.

Après un long statu quo, le quai des Augustins, considéré comme 1 un des plus beaux de Paris, témoin le dithyrambe que lui consacra Raoul Boutrays, en î G î a P), eut à subir divers remaniements dans le courant du xvu' siècle. La cou-

{1) Voici la pompeuse description qu’en fait ce versificateur :

L’Lquc ferocis equi, forti fræno ntque lupatis Ora coerccnlur, landeinque assuescit licrili

Imperio, dorsoque equilem, frænumque subaclo Mandit in ore, audit docilesque regentis liabenas, Aggere sic saxis stralo , inter scpla reclusus Fræna vclut patilur, quaque indignatus, ab imbre Cum dal byems vires, Pleins et aquosus Orion .

QUAI b:.- AUGUSTINS.

siruction du Pont-iNeul, l’ouverture de lu i ...IJne et le.1- ira dement jugés nécessaires, lui avaient valu une ■!!.■ appellation .. , -- <rle qnay ou les quays du Pont-Neuf« la double J* • l’orient ».-■ des Grands-Augustins , à l’occident vers la rue üuéiié;; 1 sou:-

nomination que nous voyons ligur«r, dans les Rr/psins r </<■

diverses pièces relatives aux opérations de démolition et d’él.n >nt des d<

quais W.

En i 6 f» 7 , la Ville ami»! ■ ■ • - va. e pour obéir aux ordres du taire

continuer le |na\« P t-N n .lu . ! .i. l i t ’<■;(: • de Neslen, et elle mine

les pr»|m i." ioc.n..i.!\- iisiiiiin'» ie- ii«.!i: a , »îitier de leurs droits

: ■ 1 i Ile lait taire Min mur rampant le long de la de-rente delà tourne • ■■ Mieiioi -, ï i'i.ibiir soi pl»-ieiir- points les marches le, banquette- ■ • i quai ; refaire rie pissoir ou bond»- n .-s.ni ulvaiie- hors le parapet dudict qnay qui est vis-à-vis la rue Pavée; rempietter b mur en n oui- au fond de l’abb: . «voir qui est au devant des Augustius; restablir le pavé de la descente dudict abbreuvoir; refaire le bas de ladicte descente jusques à l’encoignure de l’arcade pour entrer dans la rivière; . . . mettre à ladicte encoignure une pièce de li e ... : et au devant deux bons pieux bien battus, avec la loinette g ■■ -oulenir la clientet pente du pavé dudict abbreuvoir. . . J.

En 166. elle fan di es-.-i i, r devis -le- réparations à faire aux inirestans i- long de la rixi-:. de Seyne, Umt du costé des Au;; in ili.

l’allais-. Ces réparations ont leur importance : elles cm, . ..«us les travaux

suivants : .

r i° Au pied ■!. la descente qui est à la . . t- - d» . . Niint-Micliel, avau*

l’iiostel de Luynes, il emen! laii- . i met ir<- n-.ui.f. marches Je dix eide long chacune, plus cinq marches de six pion- -i long, les mesm. - lai de

giron et liaulteurs que les aiilirs niavi l.es de bulii le <1 . : . , . Je

maçonnerie en dessoubs;

sa" L’appuv rampant de ladicte descente sera n-iahlv : - . au bas

d'iceluy, de six p» Js de- liai»' . -ur vingt • : un pouices de p» iq

kmgnc durée: la | tarife occidentale des quai* du Pont-Neuf prit le nom île Conti en td'jo, à F occasion de la construction de cet liûtel sur remplacement de celui de (luénégaud. Nous «tous donc dû *crer un article au quai Coati . on le trouvera jllus loin.

■i' Nous les avons réunies en appendices, sous une appellation commune.

Jam non se copions, so:» • *puiu »■ 'inini* ,

Hune tmnen iljuvic uu'.-i .m, timu.Ii. un !’. ci» rit« n. Vincla récusa nleiu . .'iju-sju» urbique iiiinaceui .

Jnni maria icquantem coinpescit «av u* ubvï.

Inde sei it medi un fri inoxio Viribus, etflqctu saxis insuif.it ;i.

Ho dot phi Uotcrei, I.LTtri,, [ i lit a', , m.

1 Ou dénomination commune ne lût pas de

QUAI DES AUGUSTINS

struction du Pont-Neuf, l’ouverture de la rue Dauphine et les travaux de raccordement jugés nécessaires, lui avaient valu une nouvelle appellation : on appelait de quay ou les quays du Pont-Neuf n la double descente, à l’orient vers la rue des Grands-Augustins , à l’occident vers la rue Guénégaud W. C’est sous cette dénomination que nous voyons figurer, dans les Registres du bureau de la Ville, diverses pièces relatives aux opérations de démolition et d’élargissement des deux quais

En 1 6 5 7 , la Ville annonce qu’elle va, «pour obéir aux ordres du Roy, faire continuer les quays du Pont-Neuf du costé de la Porte de Neslen, et elle somme les propriétaires, locataires, usufruitiers des lieux à justifier de leurs droits.

En 1 6 5 g , elle fait faire «un mur rampant le long de la descente de la tournée du pont Saint-Michel i>, rétablir sur plusieurs points les marches et les banquettes du quai; refaire «le pissoir ou bouche d’égout, en advance hors le parapet dudict quay qui est vis-à-vis la rue Pavée; rempietter le mur en retour au fond de l’abbreuvoir qui est au devant des Augustins; restablir le pavé de la descente dudict abbreuvoir; refaire le bas de ladicle descente jusques à l’encoignure de l’arcade pour entrer dans la rivière; . . . mettre à ladicte encoignure une pièce de bois ... ; et au devant deux bons pieux bien battus, avec la toinette pour soutenir la cheute et pente du pavé dudict abbreuvoir. . . d.

En 1 6 6 . elle fait dresser le «devis des réparations à faire aux murs des quays estans le long de la rivière de Seyne, tant du costé des Augustins que de l’isle du Pallaisii. Ces réparations ont leur importance: elles consistent dans les travaux suivants :

« i° Au pied de la descente qui est à la tournée du pont Saint-Michel, avant 1 hostel de Luynes, il convient faire et mettre trois grandes marches de dix pieds de long chacune, plus cinq marches de six pieds de long, des mesmes largeurs de giron et haulteurs que les autres marches de ladicte descente, avec le massif de maçonnerie en dessoubs ;

«2° L’appuy rampant de ladicte descente sera restably et continué, au bas d’iceluy, de six pieds de hault, sur vingt et un poulces de parpin ;

longue durée: la partie occidentale des quais du Pont-Neuf prit le nom de Conli en 1 670 , à l’occasion de la construction de cet hôtel sur remplacement de celui de Guénégaud. Nous avons donc dû consacrer un article au quai Conli; 011 le trouvera plus loin.

(,; Nous les avons réunies en appendices, sous une appellation commune.

Jam non se capiens, solito spumosior amnis,

Ilunc tamen illu vie undarum lumido ore i'rementem, Vincla recusantem, ripisque urbique minacem,

Jam maria a’quantem compescit saxeus obex.

Inde secat rnediam fractis innoxius urbem Viribus, cl fluclu sa.xis insultât inani.

Rodolphi Doterci , Lutetia ( 1 0 1 2), p. 111.

I} Celle dénomination commune 11e fut pas de

rr 3° Au hault de ladicte descente, sera mis une marche de dix pieds de long sur deux pieds de large, se raccordant avec le dessus du pallier;

ttZi» Vis-à-vis le coing de l’hostel de Luynes, sera continué le nmr d’appuy du- < I ict quay, de neuf pieds et demy de long sur trois pieds un quart de hault. . ., l'advance au derrière d u cl ict appuy devant estre conduicte en glacis lort rampant;

tt 5° A la grande descente qui est vis-à-vis la rue Pavée, il convient mettre, de neuf, huit marches réduict à neuf thoises de long chacune, de treize poulces de large de giron et de six poulces de hault;

6° Sera restably les deux fractions et manquemens de pierres, qui sont aux deux bouts des murs au hault et de part et d autre ladicte descente.. ., et sera mis un quartier de pierre de taille à l’encoigneure du pillior qui porte les deux arcades de la descente ;

«70 Sera refaict au mur du quay attenant ladicte descente, du costé de main droicte, une fraction de quinze pieds de long, sur cinq assizes de hault et de six pieds de profondeur. . . ;

,r 8° Du costé de main gauche, en descendant et joignant le petit esperon en advance, sera restably le mur du quay, sur quatre pieds de longueur;

tt q° A la descente qui est vis-à-vis l’église des Augustins, il y a quarante et une marches en tout. . . desquelles les six premières d’en bas, en la longueur de vingt huit pieds, seront refaictes de neuf, de douze poulces de giron, sur six à sept poulces de hault. . . ; des trente cinq marches restantes, moityé seront refaictes à neuf, et l’autre moityé sera restablye entièrement des anciennes qui se trouvent bonnes ;

rr io° Au hault de ladicte descente, sera refaicte une assize de la longueur de dix neuf pieds, et de quinze à seize poulces de hault;

tt 1 1° Entre les deux grandes descentes, sera faict plusieurs reprises au mur du quay, sçavoir : la première vis-à-vis la rue et le coing de l’église des Augustins. . . ; les autres reprises en remontant d amont 1 eau D). d

Suit le détail de ces deux reprises, en bon langage de maçon et avec un luxe de précautions qui prouve que l’entrepreneur dut faire, sous la surveillance du tt maître des œuvres», sa besogne et en bon père de famille n. Nous avons cité textuellement une partie de ce devis, comme type de documents de ce genre, et pour montrer en même temps ce qu’a été le quai des Augustins depuis sa construction par Étienne Barbette jusqu’à l’époque contemporaine. On a remplacé les marches des descentes, recouvert de dalles le mur de soutènement, comblé les brèches, relancé des pierres dans la maçonnerie, travaux de simples repa-

0) Registres du Bureau de la Ville, H 181/1, fol. 554 el suiv.

qi;ai dk. s aügustivs.

rn lions qui ont laissé à peu près inla< . |. qu-.i établi pat on. • ••• i'o le Bel.

Aux travaux de maçonnerie se sont joints, ij u. - plus lut

vaux d’élargissement, surtout pour la partie la plus ; . al la plus

quai, qui touchait au pont Saint-Michel et qui avait à p<- < i tir d'utn- •

Aussi lui en avait-on donné le nom, en le faisant suivre u . . 1 hôtels

qui se trouvait en cet endroit et qui était dite de Ifurepoix '

lin 'i 676, comme en t‘îi3. il fut fait par le Roi injonction au Pn-.é dos mat chaut!-- de pnt.'.'.i.-t •. - fié., -ri • ■■■■ .lu qui tourne, du pont Sain i -Michel

. a b !.-. ,j . 1 plusieurs constructions ; utiles

. -, 1 • . ,u;;iislins et le passage pn-

hiii.j- : • ■ . 1 - • - ■ ■; uict tpu ie llo: enjoignait de faire les expropriations ,

dc:n ,'iijo 1- ' -ott -• . o air. nécessaires, «sur le vu des plans que les Prévost des .tl* et 1\ , ... i.-ol 'mcI i'.iirc par scs onlresr; il ordonnait, en outre,

u claire retrancher u.-s Ij.c.îu.u us tics maisons à la feue daine Bordier et aux nommez Philippart etMareschal, suivant l’allignernent marqué sur lesdicts plans n. mais 'seulement «à la charge de desdommager lesdictes maisons qui seront retranchées ni31. Suivant la jurisprudence du temps, on devait tenir compte, non seulement de la plus-value donnée aux maisons et portions de maisons exproprié pour l’élargissement de la voie publique; mais eucun i! saires à ce députés de • procéder -, la I : - su : . maisons voisine < ’ < > « • !

debvr.ni' ou ■ V I

des -maisons rei: , .■ ■ •- -, - te!. •

diulicl eslargisseincn!

Les ordres du furent exécutés, mais avec une certaine lenteur. •:nst qu'il était advenu en 1 -u 1 üuq ans après l’injonction dont nous . • de parler,

les travaux -n’étaient qie- oinmencés, et la principal. 1 m : restait à faire :

c’était celle de la maison d. I . • • 1 u < ■ Mari.-rJiaox >d \ la cour*, pei-.o -

nage que la pièce précédé" appc- Ma:

clave en la rue du Henropm

Par de nouvelles h que l’eslargissenn e • la « • ]>-

Vl Région située ou sud-ouest dt- I'-.-: • ■ ion jjour ville principale. Les voveip-. vendent a rrivontpar la route d'Orléans, <it*« - • mis lit mj i. tin»» Ihotellcrie qui en ovailpt-

resrha! *\ don i l'immeuble e laisoit

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<*> Ibid.

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(ancie< ’îl des évéqu* ' - et de ClepvnQrrt )

fiel Sylvestre )

QUAI DES AUGUSTINS. 203

râlions qui ont laissé à peu près intact le quai établi par ordre de Philippe le Bel.

Aux travaux de maçonnerie se sont joints, quelques années plus tard, les travaux d’élargissement, surtout pour la partie la plus ancienne et la plus étroite du quai, qui touchait au pont Saint-Michel et qui avait à peine la largeur d’une rue. Aussi lui en avait-on donné le nom, en le faisant suivre de celui d’une hôtellerie qui se trouvait en cet endroit et qui était dite de Hiirepoia :M.

En 1675, comme en 1 3 1 3 , il fut fait par le Roi injonction au Prévôt des marchands de procéder à tt l’élargissement du passage qui tourne du pont Saint-Michel au quay des Augustins, et descharger lcdict quay de plusieurs constructions inutiles et qui incommodent l’abord de l’église des Grands-Augustins et le passage puhlicq -n (2). Il est juste d’ajouter que le Roi enjoignait de faire les expropriations, démolitions et autres travaux nécessaires, tr sur le vu des plans que les Prévost des marchands etEschevius avoient faict faire par ses ordres 11 ; il ordonnait, en outre, de tr faire retrancher les bastimens des maisons à la feue dame Bordier et aux nommez Philippart et Mareschal, suivant l’allignement marqué sur lesdicts plans », mais seulement ttà la charge de desdommager lesdictes maisons qui seront retranchées id81. Suivant la jurisprudence du temps, on devait tenir compte, non seulement de la plus-value donnée aux maisons et portions de maisons expropriées pour l’élargissement de la voie publique; mais encore il était enjoint aux commissaires à ce députés de tt procéder à la liquidation de ce que les propriétaires des maisons voisines, et qui sont de l'autre costé de celles qui seront retranchées, debvront contribuer pour le desdommagement qui sera donné aux propriétaires des maisons retranchées, attandu l’advantage que lesdicts propriétaires retireront dudict eslargissementid1'.

Les ordres du Roi furent exécutés, mais avec une certaine lenteur, ainsi qu’il était advenu en 1 3 1 3 . Cinq ans après l’injonction dont nous venons de parler, les travaux n’étaient que commencés, et la principale expropriation restait à faire : c’était celle de la maison de tt Jacques Mareschaux, advocat en la couru, personnage que la pièce précédente appelle «Mareschal v, et dont l’immeuble tt faisoit enclave en la rue du Heurcpois*.

Par de nouvelles lettres données quelques années après, tt le Roy, désirant tjue l’eslargissement de la rue du Heurepois, qui faict la communication du pont

(1) Région située au sud-ouest de Paris et ayant Dourdan pour ville principale. Les voyageurs qui en venaient, arrivanlpar la roule d’Orléans, descendaient sans doute dans l'hôtellerie qui en avait pris le nom.

(2) Registres. du Bureau de la Ville. H 1807, V î 54.

<3> Ibid.

<4> Ibid.

Saint-Michel au Marché au pain et à la volaille, étably depuis peu sur le quay des Augustins!1), soit continué pour la commodité publique-», avait ordonné la translation hors la porte Saint-Michel du marché au pain seulement; et n voulant Sadite Majesté, que le publicq jouisse de toute la commodité qu’on avoit commencé à lui procurer», ordonnait itérativement que tria place au bout du pont Saint-Michel, occupée par ledict marché, fust rendue libre et dégagée de ce qui peult empescher le passage»!2).

A propos du couvent des Augustins, dont il a écrit une courte monographie, Millin s’est occupé du quai sur lequel se profilait l’église du monastère; après avoir reproduit ce qu’en dit Fol i bien , il hésite è croire, sur la foi de Germain Brice, qu’on ait reconstruit ce quai en 1619 W. Le terme de reconstruction est trop large; Brice n’a voulu parler que des remaniements et des raccordements exigés par l’achèvement du Pont-Neuf et l’ouverture de la rue Dauphine. Ce qui est plus certain, c’est que, indépendamment des réfections partielles dont il a été l'objet et que nous avons mentionnées d’après les Registres du Bureau de la Ville, le quai des Augustins a été rebâti en très grande partie, dans le courant de l’année 1708. Millin, qui écrivait en 1791, nous apprend que, de son temps, il existait, au-dessous du bas-relief des Sergents dont nous parlerons à l’article du couvent, et une longue table de marbre noir, avec cette inscription en lettres d’or :

1708. DU RÈGNE DE LOUIS XIV, CE QUAI , L’UN DES PLUS FREQUENTEZ DE LA VILLE, A ÉTÉ RECONSTRUIT, DE LA QUATRIÈME PRÉVÔTÉ DE MESSIRE CHARLES BOU¬ CHER, seigneur d’Orsay et autres lieux, conseiller du Roi en sa Cour de Parlement, Prévôt des Marchands; et eschevinage de Guillaume Scourgeon,

ÉCUYER CONSEILLER DU Roi ; QUARTINIER , NICOLAS DENIS, ÉCUYER, FIUISSIER ORDI¬ NAIRE du Roi, en tous ses Conseils d’État, privé et finances; Étienne Péri-

CHON, ÉCUYER, CONSEILLER DU Roi ET DE L’HÔTEL DE VILLE, NOTAIRE AU CHATELET, et Jacques Pejart, écuyer : étant, Nicolas-Guillaume Moriau, échevin-con- SEILLER , PROCUREUR DU Roi ET DE LA VlLLE, ET AVOCAT DE Sa MAJESTÉ EN

l’Hôtel de ville; Jean-Baptiste Taitbout, écuyer, conseiller de Sa Majesté,

CONSERVATEUR DES HYPOTHÈQUES ET GREFFIER D’iCELLES, ET JACQUES BOUCOT , ÉCUYER, CONSEILLER DU Roi, RECEVEUR (4).

Depuis le commencement du xvmc siècle jusque vers le milieu du xixe, le quai des Augustins n’a été l’objet d’aucun travail important, si ce n’est l’établissement

l( L’ancien marché de la Vallée, établi en 1809 sur l'emplacement de l'église des Augustins, et supprimé lors de la créalion des Halles centrales, où un pavillon spécial a été affecté à la vente de la volaille, conlinuail la tradition de celte vente sur le quai des Augustins et au bout du pont Saint-

Michel, le marché au pain ayant été transféré hors la porte de ce nom.

Registres du Bureau de h Ville, H 1827, fol. 597, 598.

(;l) Germain Brice, t. IV, p. 18.

Antiquités nationales , III , p. 12.

01 U fi F. S VU G U STI N S.

■ l’un trottoir en contre-haut le long il< . . . ent et !.■ relèvement du

sol du bas-port, lors de la création de loch. i Monnaie. Les tourelles et les descentes ont complètement disparu; les tresclm, , dont nous avons parlé plus haut, avaient été supprimées peu après l'ai le •• ni du Pont-Neuf el le percement de la rue Dauphine*1).

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