CÔTÉ UNIQUE
faisant face h la Seine (d’Orient en Occident).
JUSTICE ET CENSIVE DE SAINT-GERMAIN-DES-PRES
PAROISSE SAINT- ANDRÉ-DES-ARS
Maison sans désignation, formant l’angle occidental du quai et de la rue Gillesle-Queux, point où commençait le quai proprement dit. La partie montant au pont Saint-Michel, qui était appelée descente ou tournée, a porté le nom de rue des Augustins et se continuait par celle de Hurepoix, que Berty fait commencer au point où s’élevait la première demi-tour du mur de soutènement élevé par Etienne Barbette. Cette maison touchait, par le fond et par le liane, au pourpris de l’hôtel d’Arras.
(Voir la monographie de cet hôtel aux articles des rues Saint-André-des-Ars, Pavée et Gilles-le-Queux.)
Dépendances de l’hôtel d’Arras, figurées parBerty sous la forme d’un carré long divisé en deux parties. Le plan dressé par Berty montre que ces dépendances, ainsi que la maison précédente, faisaient originairement partie du pourpris du grand hôtel d’Arras, lequel était de forme trapézoïdale et s’étendait depuis la rue Saint-André-des-Ars jusqu’à la rivière.
Maison de la Nasse (1/176), formant l’angle oriental du quai et de la rue Pavée, et appartenant, en i543, à Simon Cornu, procureur au Parlement. En iüi5, elle faisait partie du pourpris de l’hôtel d’Arras, ainsi que la Maison de l’évêque de Lodève, ou de Rodez, à laquelle elle touchait par le fond. C’est alors qu elle en fut détachée et accensée à Odon, queux du Roi, à la charge de laisser libre le chemin longeant le fleuve.
Quand on jette un coup d’œil sur le plan dressé par Berty, et qu’on y aperçoit le Petit hôtel d’Arras, faisant l’angle oriental des rues Pavée et Saint-André-des- Ars, on est porté à croire que le pourpris du Grand hôtel d’Arras avait primiti-
(l) Voir aux appendices.
veineuL pour limites les deux rues Pavée et Gilles-le-Queux, la rue Saint-Andrédes-Ars et le te chemin sur Sainnent1'.
Maison sans désignation, faisant, du côté de 1 occident, le coin de la rue Pavee. En i 368, cette maison appartenait à Rifflart, jadis queux de Msr de Beauvais, et payait quatre sols à la Pitancerie de Saint-Germain-des-Prés. Sous la domination anglaise, elle fut confisquée au préjudice de Mc Jehan Mangin, qui suivait le parti de Charles VII. On trouve, en effet, dans le Compte des confiscations de Paris, de iâs3 à iUnrj, la mention suivante : tt Maison faisant le coin de la rue Pavée, du costé des Augustins, tenant, d’une part, à l’hostel de Laorni; et dans le Compte de là 37 à ià3â, cette autre mention : tt Maison qui fut à Mc Jehan Mengin, faisant le coin de la rue Pavée, du costé des Augustins, tenant d’un costé à l’hostel de Laon ci-dessus déclaré -n 0). Après 1 436 , cette propriété dut faire retour à Jean Mengin; nous la perdons de vue jusqu’à la fin du xviue siècle, époque où elle est l’objet de diverses transactions (3i.
Maison sans désignation, ayant, comme la précédente, fait partie du pourpris de l’hôtel de Laon et en ayant été détachée à une époque que nous ne saurions préciser. En 1 368 , elle appartenait à Jehan Bout, tr qui fu Henry d’Autueiln, et payait sept sols six deniers à la Pitancerie de 1 Abbaye. A la fin du xv' siecle, elle paraît n’avoir formé qu’une seule propriété avec la maison précédente, bien qu’elle eu fût séparée par une ruelle, qui subsiste encore sous forme de passage et fait communiquer le quai avec la rue des Grands-Augustins. En ibai, par suite de démembrements opérés dans cet immeuble, on mentionne trois maisons distinctes sur l’emplacement occupé par la maison primitive. C’était probablement, ainsi que nous l’avons constaté plusieurs lois ailleurs, le fait d un partage entre plusieurs enfants. L’opération contraire se rencontre fréquemment aussi, quand il s’agit de constituer un hôtel avec plusieurs maisons contiguës au logis principal.
Maison sans désignation ( 1 3 6 8 ) , appartenant alors à Guitte Le Bûcheron «qui fu Jehan Huèten. Cet immeuble avait de l’importance, à en juger par la redevance qu'il payait à la Pitancerie de Saint-Germain-des-Prés , savoir : vingtcinq sols.
Maison sans désignation (i368), appartenant alors à Jehan Irouvart, dit Mite ^ Sous Louis XIV et sous Louis XV, dit Le |S) Sadvai., III, p. 3i8 et 58o.
Feuve, la maison de la Nasse passait de Revelois en (") Le Fcuve dit avoir constaté qu elle lut vendue,
Revelois, seigneurs de Buéré.s ( Anciennes maisons en 1700, à un procureur du nom de Martin, par de Paris, IV, 117.) les familles Feydeau et Montliolnn.
QUAI DES AUGUSTINS
(aine, batelier, et grevée d’une redevance annuelle de vingt-huit deniers au profil de la Pitancerie de Saint-Germain-des-Prés.
Maison sans désignation ( 1 3 6 8 ) , ayant, selon toute vraisemblance, été détachée de la précédente dont elle formait le lot le plus important, puisqu’elle était chargée de cinq sols de redevance envers la Pitancerie de l’Abbaye. Jehan Trouvart l’avait démembrée et cédée à son gendre : nouvel exemple de ces partages de famille, qui jouent un grand rôle dans l’ancien parcellaire de la topographie parisienne.
Maison sans désignation (i368), appartenant alors à Gilles Chartier, ttqui lu Guillaume de Neufl'ontaine s. Elle acquittait une redevance de trois sols entre les mains du Pitancier de l’Abbaye.
Maison sans désignation ( 1 3 6 8 ) , <r faisant le coing de la rue aux escoliers de Sainct-Denis et appartenant à Mc Jehan de Montargis W. n La redevance de vingt sols qu elle payait à la Pitancerie prouve qu’elle avait quelque importance en i 368.
Les diverses restitutions que nous venons de faire résultent d’un document relevé dans les archives de Saint-Germain-des-Prés W, par feu II. Legrand, collaborateur de Bcrty; ce qui nous a permis de placer six immeubles au point où ce dernier n’en figure que deux marqués d’un astérisque , et assez étendus, d’ailleurs, pour avoir pu recevoir chacun trois constructions. Le croquis joint à sa note par H. Legrand loge ces six immeubles dans les dépendances de fliôtel de Laon. La partie du pourpris de cet hôtel aboutissant à la rivière a cl ù , en effet, être détachée et vendue lors de la construction du quai qui mit ces terrains en valeur, en les préservant des inondations. L’hôtel de Laon, comme celui d’Arras, ayant sou entrée sur une rue et ses dépendances sur la Seine, ou pouvait facilement détacher et aliéner avantageusement l’extrémité septentrionale de son vaste pourpris.
HÔTEL DE S.4NCERRE, puis d’HERCKLE. Bcrty a consacré quelques lignes seulement à cette résidence: et Elle faisait, dit-il, le coin des Grands-Augustins , appartenait au comte de Sancerre en î 3 5 5 , puis au comte dauphin d’Auvergne avant î A î 6, et aussi à Jean Le Viste et à Jean de la Driesche , qui acheta pour l’agrandir un tiers du Jardin de l’hôtel Saint-Denis; puis à messire Loys Hallevin, seigneur de Piennes, qui la vendit au roi Charles VIII , avec tous ses meubles de bois et de
(l) La date de 1 368 se concilie difficilement avec celle de 1 355 que nous indiquons plus loin, ù propos de l’Hôtel de Sancerre et d’IIercule, et à
laquelle la maison est dite appartenir au comte de Sancerre.
(2) L 783, Pitancerie.
fer, la somme de seize mille livres tournois, le a5 juin i/tg3. Elle fut donnée
par François 1“ à Antoine Duprat, en i5/i3.n
Une si courle notice est évidemment insuffisante : elle ne donne aucune idée ni de l’intérieur ni de l’extérieur de l liôtel de Sancerre. Nous sommes donc obligé d'y suppléer, en créant de toutes pièces une monographie digne de 1 importance historique de cette résidence.
Comme le Grand et le Petit Nesle dont il était peu éloigné, l'hôtel dit de Sancerre et d’Hercule passa dans plusieurs mains, y compris celles du Roi, et porta plusieurs noms. En 1 3 5 5 nous voyons un comte de Sancerre possesseur d'un logis faisant le coin du quai et de la rue des Grands-Augustins. Le P. Anselme nous apprend quel était ce personnage : «Jean, IIIe du nom, dit-il, comte de Sancerre et seigneur de Saint-Michel-sur-Loire, chevalier conseiller et chambellan du Roi, se trouva à «l’ostn devant Saint-Jean d’Angely, le 2(j août 1 3 5 1 , et à la bataille de Poitiers, où il demeura prisonnier. . . En 1 3 8 3 , il commanda la compagnie des gens d’armes du duc de Berry dans l’armée de Flandres. . . En i3go, il accompagna Louis II, duc de Bourbon, au voyage d’Afrique et servit au siège de Thunis. 11 étoit mort au mois de février 1 4o 2 t> (*>.
Le comte Jean de Sancerre avait un frère qui portait le titre de chevalier et lut lait maréchal de France puis connétable. C’est de lui que parle Sauvai quand il dit: «Le connétable de Sancerre logeoit à la rue de l’Hirondelle en 139711 Plus loin il lui consacre une plus longue mention : «Notre Louis de Sancerre, ditil, mourut en 1/102, le G février, et, pour les bons services rendus au Roy et à l’État, fut enterré, par ordre du Roy, à Saint-Denys, en la même chapelle de Charles V. Son tombeau est posé à main droite, dont voici l’épitaphe: «Cy gist, «Louis de Sancerre, chevalier, jadis maresclial de France, et depuis connestable « de France, frère germain du comte de Sancerre, qui trespassa le sixième jour de «février, l'an mcccciihW.
Après avoir constaté de nouveau que Louis de Sancerre demeurait en la rue de l’Hirondelle, Sauvai ajoute : «Ses prédécesseurs avaient encore un autre hôtel en la rue Saint-André, attaché à ceux du connétable Le Brun et de ChastillonnW.
Ces diverses citations nous serviront à ne point nous égarer dans nos recherches. Elles nous permettent d’abord d’écarter le connétable Louis de l’hôtel de Sancerre; d'une part, en effet, il avait son logis dans la rue de l’Hirondelle; d’autre part, ses prédécesseurs, comme connétables sans doute, logeaient en la rue Saint- André, à côté de leurs pairs, Gillon Le Brun et Gaucher de Châtillon. Reste le comte Jean III, «frère germain 11 de Louis, qui seul put acheter, taire construire
(l) Histoire généalogique , par le P. Anselme, article Sancerre. — li] Antiquités de Pars, II, p. 64y. — (î) Ibid., p. G '17. — Ibid. , p. t45.
QUAI DUS AIJGUSTINS. 209
ou recevoir en héritage l’hôtel faisant l’angle du quai et de la rue des Grands-Augustius. En ellet, le connétable mourut sans enfants, et à supposer même qu’il ait été l’acquéreur de l’immeuble de Jehan de Montargis, c’est à son frère Jean que cet immeuble fût allé.
Mais ce dernier ne laissa que des filles, et Marguerite, l’aînée, fit passer, par sou mariage, l’hôtel deSancerre, ainsi que le comté, dans une antre famille. C’est, ce que le P. Anselme nous apprend dans les termes suivants: tr Marguerite, tille de Jean III. comtesse de Sancerre, dame de Sagonne, de Marmende, de Cliarauton , Meillant et Faye-la- Vineuse, fut mariée quatre fois. . . En second lieu à Béraud Il du nom, comte de Clermont, dauphin d’Auvergne et seigneur de Mercœur, à qui elle porta en dot les châtellenies de Trêves et de Rilly en Anjou, etc. ... De sou second mari, elle eut, entre autres enfants, Bernard III du nom, comte de Clermont, dauphin d’Auvergne, mort le 98 juillet 1/196. . . , et Marguerite, dauphine, femme de Jean II du nom, sire de Beuil, maître des arbalétriers de France, d’où vint Jean III d u nom, sire de Beuil et comte de Sancerre, amiral de France, duquel descendent les autres comtes de Sancerre iW.
Nous verrons reparaître plus tard les noms que nous relevons ici; qu’il nous sullise pour le moment d’expliquer de la manière la plus naturelle la possession de l’Iiôtel de Sancerre par un dauphin d’Auvergne avant 1/11G : Bernard II, qui portait ce titre avec celui de comte de Clermont, avait eu le logis du quai des Augustins par le fait de son mariage avec Marguerite de Sancerre ('2l.
Voici l’hôtel du quai des Augustins possédé par un dauphin d’Auvergne. Comment passa-t-il en d’autres mains, ainsi que le comté de Sancerre, annexe du dauphine? Encore par une alliance, colle que mentionne Moréri : Jeanne, comtesse de Clermont, dauphine d’Auvergne, épouse en 1/198 Louis de Bourbon, comte de Montpensier, à qui elle apporte son comté et son hôtel. Mais celui-ci possédait déjà de son chef un hôtel assis au faubourg Saint-Germain, en la rue de Mézières W, et ne jugea sans doute pas à propos de conserver le nouveau logis
(I) Ilist. généalogique par le P. Anselme, loc. cil. Ibid.
(3) Le Dictionnaire de Moréri élucide en ces termes la question assez obscure du dauphiné d’Auvergne: "Celle principauté, dit-il, doit son origine à Guillaume VII, comte d’Auvergne. Ce Guillaume VII avait épousé une des tilles de Guigues III, comte d’AJbon, et de Marguerite de Bourgogne. Leur fils, Guillaume VIII, prit le nom de dauphin, quitta par dédain les armes d’Auvergne, prit celles des dauphins de Viennois, ses aïeuls maternels, et même donna aux terres qui lui échurent en partage, par l’accommodement cju'il fit avec Guillaume-le-
Vieil, son grand-oncle, le titre de dauphiné d’Auvergne. Ce dauphiné consiste dans la châtellenie de Vodable, qui en est le chef-lieu, Lcscoing, Vieille- Brioude. La postérité de Guillaume VIII en a joui jusqu’à Jeanne, comtesse de Clermont, dauphine d’Auvergne, qui fut mariée en 1628 avec Louis de Bourbon I ou 111 du nom, comte de Montpensier. Elle mourut sans postérité en iâ36, et Anne, dauphine, sa tante, devint par sa mort dauphine d’Auvergne. Elle avait épousé Louis II du nom, duc de Bourbon, dans la maison duquel le dauphiné d'Auvergne est resté , jusqu’à ce qu’il fût entré en celle de France et d'Orléans. *
TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, qui lui venait de sa femme. C'est donc selon toute apparence à l’époque de son mariage, en 1/128, ou peu après, qu’il s’en défit. Nous n’avons point lacté de vente et nous ne pouvons, en conséquence, affirmer sans réserve que cette résidence fut achetée par un membre de la famille Le Viste ; mais toutes les présomptions, y compris l’assertation de Berty, se réunissent pour faire dun Le A iste l’acquéreur de l’hôtel de Sancerre, d’Auvergne et de Montpensier. Ici pas d’alliance possible, les Le Viste étant gens de robe, et les Montpensier, les Auvergne, les Sancerre gentilshommes du plus haut lignage11’.
Mais à quel membre de la famille Le Viste l’hôtel fut-il vendu? François Blanchard, auteur de l’ouvrage intitulé: Les Présidents à mortier du Parlement de Pans, est amené, a propos de messire Antoine Le Viste, seigneur de Fresne, conseiller du Roi en ses conseils et président en sa cour de Parlement (1 5a 3), à rechercher ce que furent les ancêtres de ce magistrat : cil estait issu, dit-il, d’une ancienne famille, originaire de Lion, car, entre les eschevins de cette grande ville, il est fait mention de Jean Le Viste, docteur ès droits, en io8ü, dAntoine Le Viste, en 1A99, et de Marelot Le Viste, en Ma. De l'un de ceux-là estait issu Barthélemy Le Viste, qui, après avoir longtemps suivi le barreau du Parlement de Paris, fut reçu conseiller en iceluy, le quatorziesme jour de novembre, Pan î hlx o. De celui-là vint Aymé Le Viste, aussi conseiller au niesme 1 ailement, en î Zi6 i, qui fut père de deux fils. L’aisné, nommé Jean Le Viste, fut longtemps conseiller aumesme Parlement, puis président en la Cour des aydes, et mouiut le premier jour de juin de 1 an i5oo, laissant de dame Genevieve de Nanterie, sa femme, seulement trois filles, c’est à sçavoir : Claude Le Viste, qui fut mariée en premières nopces avec Geoffroy de Balsac, de la maison d Entraigues, en deuxiesmes, avec N . . . de Chabanes, seigneur de Vandenesse, frère du mareschai de la Palisse, et mourut sans enfants; Jeanne Le Viste, première femme de Thibault Baillet, seigneur de Sceaux, président au Parlement, duquel elle eut deux fils décédés en jeunesse; GeneviefveLe Viste, qui mourut sans avoir este mariée n *2'.
11 s’agit maintenant de savoir quel est le membre de la famille Le Viste auquel
branche des comtes de Montpensier, demeuroit au faubourg Saint-Germain, dans une maison appelée, à cause de lui, Yhostel Dauphin , parce qu'il estoit dauphin d’Auvergne. Cet hostel donna le nom a la rue Dauphine, appellation par laquelle on a désigné jadis la rue de Seine , quoiqu’on l’ait appelé plus lard l’hostel de Bouillon et l’hostcl de Liancourt. » ( Histoire de la ville de Paris, I, p. 659.)
(-') j ies Presidents à mortier de Parlement de Paris , par François Blanchard, p. 1 h h.
(1) Les Montpensier en possédèrent un autre au \vie siècle : c’est celui que l’on connaît davantage sous le nom d'hôtel de Liancourt, ou de Larochefoucauld, sis en la rue de Seine, et sur l’emplacement duquel a été percée la rue des Beaux-Arts. Voir, pour les deux hôtels de Montpensier, le volume du Bourg Saint-Germain, p. 216 et 289.
Félibien a écrit sur ce point quelques lignes courtes et précises: «Louis de Bourbon, dit-il, troisième fils de Jean I", duc de Bourbon et chef de la
QUAI DES AUGUSTIN S
le comte de Montpensier vendit son hôtel, et de déterminer l’époque approximative de cette vente. 11 faut, de nécessité absolue, la circonscrire entre deux dates, 1/128, année où Louis de Bourbon épousa Jeanne, dauphine d’Auvergne, et 168/1, année où Jean de la Driesche aliéna l’hôtel, après l’avoir reconstruit et habité un certain temps. Antoine Le Viste, qui était échevin à Lyon en 1/129, sera*t> au seul point de vue chronologique, un acquéreur possible; mais 011 ne saurait admettre qu’il ait acheté un hôtel à Paris en même temps qu’il occupait l’échevinage à Lyon. D’autre part, Berty et, avant lui, Jaillot parlent expressément d’un Jean Le Viste : b O11 voit, dit ce dernier historien , dans les titres de l’abbaye de Saint-Germain, que l’hôtel de Sancerre et d’Hercules fut successivement occupé par le comte de Sancerre et par Mc Jean Le VislenW.
Au témoignage de Blanchard, ce prénom est porté, dès 1 3 8 G , par un Le \ iste «docteur ès droits n et ayant été, comme Antoine, échevin à Lyon; il l’est, un siècle plus tard, par un autre Le Viste, président de la Cour des aides. Celui-là avait évidemment quitté Lyon , et il se peut fort bien qu’il ait acquis, dans sa jeunesse, l’hôtel de Sancerre, puisqu’il avait été, avant de présider les Aides, tt longtemps conseiller au Parlement». 11 se pourrait également que le premier Jean Le Viste ait vécu fort âgé et se soit rendu acquéreur de 1 hôtel dans son extrême vieillesse. Nous écartons Marelot, que Blanchard nous dit avoir exercé 1 échevinage à Lyon, en 1662, comme Antoine l’exerçait en 1/129. Barthélemy et Aymé, qui ont été conseillers au Parlement de Paris, l’un en 1Z1/10, tr après avoir longtemps suivi le barreau dudit Parlement», l’autre en 1/161, seraient également des acquéreurs fort probables, s’ils avaient porté le prénom de Jean.
11 existe peut-être un moyen de tout concilier : Barthélemy et Aymé, 1 un grandpère, l’autre père du second Jean Le Viste, auront pu acquérir l'hôtel de Louis de Bourbon au nom de leur petit-fils et fils aîné, Jean, chef delà lamille, désormais parisienne, des Le Viste, et faire figurer son nom dans l’acte de vente. Voilà comment Jaillot l’aura trouvé dans les litres de l’abbaye Saint-Germain-des-Prés.
La succession des propriétaires de l'hôtel nous réserve encore des difficultés. Si, comme tout nous le fait croire, l’hôtel de Sancerre-Auvergne-Montpensier , devenu hôtel Le Viste, fut possédé par Barthélemy, Aymé et Jean dans le cours du xvc siècle, il est certain, d’autre part, que le dernier propriétaire 11e le garda pas jusqu’à sa mort. Selon Blanchard, en effet, il décéda le 1" juin i5oo, et seize ans auparavant, Jean de la Driesche, qui le possédait alors, le vendait à son tour. «En l’an 1686, dit Du Breul, le premier jour de septembre, Jean de la Driesche vendit la Maison d’Hercules à messire Louys de Halermin, chevalier, seigneur de Piennes, conseiller et chambellan du Boy de France Charles VIII n (2L Sauvai con-
(1) Il y a là sans doute une faute d’impression : Le Visio pour Le liste. — ( > Th. des anliq. de Pans.
TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, firme le fait en deux endroits de son ouvrage : ttHarmelin, seigneur de Piennes, chambellan de Charles VIII, acheta, en 1/18Ô, du Président de la Driesche, Yhâtel d’ Hercules -a ; et, plus loin, avec un lapsus topographique qu'il faut imputer à ses éditeurs: ttLe comte de Piennes acheta, au coin de la rue ( ïilles-Cœur (sic), en 1/18Ô, la maison du Président de la Driesche». Enfin Jaillot, plus explicite encore que Du Brcul et Sauvai, écrit : tt 11 (le Président de la Driesche) le vendit, le icr septembre 1 48 i , à Mc Louis Hallevin, seigneur de Piennes, chambellan du Roy».
11 est à remarquer que Sauvai et Jaillot donnent à l’acquéreur le titre de Président et à l'immeuble le litre d ’Hülcl d’Hercules, qualifié de Maison d’Hercules par Du Breul. C’est en effet à un haut magistrat que Jean Le Viste, haut magistrat lui-même, vendit son hôtel. Tout autre mode d’acquisition, une alliance matrimoniale en particulier, doit être écarté, puisque, au témoignage de Blanchard, Jean Le Viste ne laissa que trois filles, dont aucune n’épousa un La Driesche. Celui qui acquit l’hôtel, était et Président en la Cour des comptes» ; Jean Le Viste occupait la charge de président à la Cour des aides ; des relations parlementaires existaient sans doute entre eux et amenèrent la négociation dont il s'agit. Mais la famille de la Driesche avait, en outre, des motifs particuliers d’acquérir. Depuis deux siècles déjà, elle était propriétaire dans la même région, dans la rue même le long de laquelle l'hôtel projetait sa façade latérale.
En racontant la formation du pourpris de l'hôtel et des écoles de Saint-Denis, Sauvai est amené à parler des propriétés qu'il fallut acquérir pour en arrondir l’enclos, te Mathieu de Vendôme, dit-il, abbé de Saint-Denys et Régent du royaume, fit bâtir une maison à la rue Saint-André-des-Arts sur des terres amorties qu’il prit à cens et rente en ia63 et 12G8, des religieux de Saint-Germain-des-Prés. En 1265, il l’agrandit d’une grange qu’il acheta six livres parisis, d 'Alix de la Driescheet de ses enfants, et que les religieux amortirent en 126811W. Cette grange 11’était peut être pas la seule propriété de la famille de la Driesche dans la rue te aux escholles de Saint-Denys». Si cette famille y avait conservé quelque portion de son ancien domaine, ou même si elle en avait seulement gardé le souvenir, on s’explique qu’elle ait acquis un hôtel voisin , alors surtout quelle avait I intention d’en faire une nouvelle et splendide demeure.
Le président de la Driesche a été, en effet, le reconstructeur du vieil hôtel de Sancerre, d’Auvergne, de Montpensier et Le Viste: c’est lui qui a valu à ce logis le nom du héros grec sous lequel il est connu.
Et d’abord, il l’a fait, non pas construire, comme le dit Du Breul, mais recon-
{[) Àntiq. (le Paris, II, p. îùg.
QUAI DES AUGUSTINS
striure, après en avoir agrandi ie pourpris aux dépens des jardins de l’hôte] de Saint-Denis, dont il acheta un tiers, rentrant ainsi en possession de la grange et des terrains vendus par ses ancêtres.
tt Au coin de la rue des Augustins, dit cet historien, il y a une grande maison appelée vulgairement la Maison, où I'Hôtei, d'Hercules pour ce que, par les salles et chambres et aussi extérieurement, le long des murailles d'icelle, les prouesses de ceL ancien héros y sont dépeintes. Marie-Jean de la Driesche, président à la Chambre des comptes à Paris, lut le premier qui le fil bâtir. — Du Breul a voulu dire rebâtir. — Et, en l’an i48ô, le premier jour de septembre, il le vendit h M° Lovs de Halermin, chevalier, sieur de Piennes, conseiller et chambellan du Pioy de France, Charles VIII nW.
Mais pourquoi le président de la Driesche, en faisant reconstruire l’hôtel qu’il avait acquis de Jean 1,0 Viste, y lit-il représenter tt les prouesses d'un ancien héros grec ii? Pourquoi, parmi tant d’antiques paladins, choisit-il, non pas Childebrand , non pas les neuf preux et les neuf preuses, comme le décorateur du château de Coucy?2), mais Hercule? Ne serait-ce point parce que la tradition de l'Hercule gaulois n’était pas éteinte au xve siècle et qu’elle subsistait tout entière dans la mémoire des lettrés, parmi lesquels il faut compter le président de la Driesche. Un demi-siècle après la reconstruction du vieil hôtel de Sancerre, Knobelsdorf, tout plein de l’antiquité grecque et latine, met en scène le héros revendiquant pour lui-même l’honneur d’avoir fondé Paris, sibi originem Luleliœ vindicans (3). Voici le résumé du passage où le poète allemand expose les origines herculéennes de notre ville :
Par ordre d’Eurysthée, Hercule, accompagné d’une élite de Parrhasiens, va conquérir les pommes d'or des Hespérides. I.a tempête jette le corps expéditionnaire dans le port de Monaco :
Herculeus posthac, nostro de nomine, dictus.
Là ses compagnons, à bout de forces, demandent au héros de les établir en Gaule. Accordé! Les voilà à la recherche d’un site approprié! Enfin :
Errantes viridis nos excipit insula dorso,
Quam vagus undanti Sequana reddit aqua.
On pose les fondations d’une ville :
Parrhasii condunt, priscu; Moenia, de patria Parrhis
(1) Théâtre des antiquitez de Paris.
(2) Voir, dans le poème d’Astesan , la description de la salle où figuraient ces dix-huit personnages. Paris et ses historiens, p. 55“2-55q.
<3) Nous avons reproduit in extenso, aux ap-
referentia nomen , iiosque vocant.
pendices, le passage du poème de Knobelsdorf où sont raconte's les hauts faits de l'Hercule gaulois, et en particulier la fondation de Paris, passage dont notre texte ne contient que quelques extraits.
21/i TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX. PARIS.
Ensuite, comme il leur fallait un dieu, ils adorèrent leur fondateur;
Me triplici coluit G a il i a clausa sinu.
Survint le christianisme, balayant tous les anciens dieux :
Sed non immcmores noslri vixere minores.
En elïet, pénétrez dans l’église de Notre-Dame; à main droite, voyez-vous la statue gigantesque de saint Christophe? Lui, c’est moi, Hercule; suit un parallèle :
Ille gerit vastos generosi corporis artus;
Me non exiguum pondus liabere vides.
Æquora proculcat, mixtuin fluilantibus undis;
Svrlis me Lvbicas obstupuisse scio.
Exerit ingentem nodoso robore clavam;
Hac rabidas domui concutiente feras.
Ille poli dominum; nos gestabamus Olympum;
His humeris æque nobile sedit opus.
Hæc igitur nostri manifesta laboris imago Testatur titulum muncris esse mei.
Ainsi, au témoignage de Knobelsdorf qui écrivait eu i532, le saint Christophe de Notre-Dame était une réminiscence plus ou moins inconsciente de l'Hercule gaulois. Uu demi-siècle auparavant, le président de la Driesche, continuant la tradition du moyen âge et devançant la Renaissance, que les ducs d’Orléans et d’Angoulême, ainsi que le roi Charles VIII, avaient importée d’Italie bien avant Louis XII et François Icr(1), faisait peindre à la fresque, et à la manière italienne, sur les murailles de son hôtel reconstruit, les faits et gestes du héros grec et gaulois tout à la fois, auquel les vieux chroniqueurs attribuaient la fondation de Paris.
Ce n’était point, du reste, un magistrat ordinaire que ce Jean de la Driesche, premier président cclaïquen de la Chambre des comptes, laquelle en comptait deux, dont un clerc, archevêque ou évêque pour le moins, et un qui, n’étant pas d’église, devait avoir le titre de baron ou de chevalier. Elevé trà cette dignité n en 1/467, Jean de la Driesche était, en outre, trésorier de France, conseiller du roi, concierge ou capitaine du Louvre; il avait le litre de monseigneur, jouissait de pensions, droits, rentes et revenus de diverses maisons, étaux et autres louages, sans compter différents autres avantages qu’il trouvait encore dans la « ceinture du palais 11
(1) Voir, dans Paris et ses historiens (Collection de Y Histoire générale de Paris), le poème d'Astesan, avec la notice et les ilotes que nous lui avons consacrées.
■"I Sauvai, dans son tome 111, pages 11-88 , 3.8g
et /127, fait connaître, en ces termes, les divers emplois et sources de revenus dont jouissait le président Jean de la Driesche :
eVidimus des lettres patentes du Roi, par lesquelles il donne à M. Jehan de la Driesche, con-
QUAI DES AUGUSTIN S
Ainsi, pourvu d’amples ressources, plein des souvenirs païens et mythologiques que les vieux chroniqueurs avaient perpétués dans leurs écrits et que la Renaissance allait raviver encore, Jean de la Driesche créa, sur l’emplacement du vieil hôtel de Sancerre, une résidence vaste et somptueuse, si nous en jugeons par le prix auquel l’acquéreur, Louis de Hallevin, consentit à la céder neuf ans plus tard. Du Breul dit « 1,000 livres tournois*, ce qui paraît peu; Jaillol écrit tr 10,000 livres*, et Bertv, par une erreur de copie sans doute, tt 1 6,000 livres*, somme considérable à la fin du xvc siècle.
Si Jean de la Driesche n’était point un petit compagnon, le seigneur de Piennes faisait de son côté assez bonne figure dans le monde. 11 avait été d’abord l’un des favoris de Louis XI, sur les comptes duquel il est porté, au témoignage de Sauvai W, et qui lui fit don d’un domaine célèbre, avec les avantages y attachés; sous la rubrique Dons et modérations, Sauvai enregistre l'article suivant : «Me Louis de Hallevin, chevalier, seigneur de Piennes, auquel Louis XI avoit fait don de la chastellenie de Montl’hérv, à en prendre le revenu *(2L Son crédit ne diminua point à l’avènement de Charles VIII. En sa qualité de chambellan de ce prince, il l’accompagna dans son expédition d’Italie, et, ce qui prouve qu'il était digne d’habiter l'hôtel où étaient dépeintes les prouesses d’Hercule, c’est qu’ttil fut l’un des six preux que Charles VIII choisit pour combattre à ses côtés à la bataille de Fornoue, le 5 juillet iôg5*W. Le généalogiste auquel nous empruntons ce détail ajoute que Louis de Hallewin :■ mérita depuis d’être appelé au gouvernement général de la Picardie, en i5i2*W; ce qui prouve qu’il continua à jouir, près de Louis XII, du crédit qu’il avait obtenu à la cour de Louis XI et de Charles VIII. Sa situation de famille était d’ailleurs considérable, et ses ancêtres, bien alliés, bien vus des rois, étaient depuis longtemps en possession d’une bonne renommée (5h
seiller et maislre des comptes et trésorier de France, l’ofTice de concierge du Palais Royal à Paris, et avec la somme de douze cens livres tournois, à l’avoir et prendre sur le Domaine par manière de pension, tant qu’il tiendra ledit office de concierge; datées d’Orléans le 2 3 novembre 1 406. « — Vidimus des lettres patentes par lesquelles le Roi a octroyé à Monseigneur M. Jehan de la Driesche, président en la Chambre des comptes, trésorier de France et concierge du Palais, de prendre par ses mains tous les droits, rentes et revenus des louages de maisons, élaulx, autres lieux, et autres choses appartenans au Roi, étant dans le pourpris et closlure du Palais, tant qu’il tiendra ledit office de concierge, à quelque somme
qu’ils montent. Donné au Quesnov, le 18 octobre 1 6G8.«
— Vente de cens. M* Jehan de la Driesche, chevalier, conseiller du Roy, président, clerc en la Chambre des comptes, trésorier de France, et capitaine du Louvre, à Paris. »
{1) Sauvai, , III, 453, sous la rubrique Dépense. W Ibid.
w Histoire des pairs de France, par de Courcelles.
(4> Ibid.
Le Dictionnaire de la noblesse fournit les renseignements suivants sur la famille et la seigneurie de Louis de Hallewin :
rf Piennes, terre et seigneurie en Artois, qui
C’est pendant le cours de ses prospérités et probablement grâce à la faveur dont il jouissait à la cour, que Louis de Hallewin vendit son hôtel au roi, après l'avoir possédé neuf ans seulement.
et En l’année 1 Zig3 , le vingtième juin, dit Du Breul, ledit acquéreur — Messire Louys de Halermin, chevalier, sieur de Pionnes, conseiller et chambellan du Roy de France, Charles VIII — ■ revendit la maison d’IIebcoles qu’il avoit acquise de Jean de la Driesche, avec les meubles de fer et de bois dont elle estoil garnye, au susdit Roy, pour la somme de mille livres tournoys. Ce contrat fut passé par devant les notaires Florent L’Huillier et Estienne Rousseau, l’an et jour que dessus W. v
Acquéreur de l’hôtel, Charles VIII dut acquitter, entre les mains du pitancier de Saint-Germain-des-Prés, la redevance dont le fonds de terre était grevé, et le chilfre de ce cens, que nous indique Sauvai, témoigne des agrandissements de
passa, dans le xiv* siècle, de la maison de Sainl- Omer en celle de Hallwin, par l’alliance de Péronne de Saint-Omer avec Waultier, 11 du nom, seigneur de Hallwin, qui, en i3Go, fut un des otages du roi Jean. Josse de Hallwin, son petit-fils , eut celle terre en partage, et épousa, en 1Ô69, Jeanne de la Trémoille. 11 fut le quatrième ayeul de Louise de Hallwin, mariée à François de Brouilly, seigneur de Mesvilliers. tué à la bataille de Senlis, eu 1 58g , auquel elle avait porté la seigneurie de Piennes, érigée en marquisat, par lettres du mois d’août 16G8, enregistrées en la Chambre des comptes le 17 décembre suivant, et au Parlement le i5 août 1GG9, en faveur de Charles de Brouilly, son Gis, seigneur de Piennes et de Lannoy.»
L 'Histoire des pairs de France ajoute quelques renseignements à ceux qui précèdent :
cr La maison de Hallwin était du petit nombre de ces antiques races de chevalerie qui , dès le xie siècle, avaient déjà illustré leur nom. . . Les sires de Hallwin tenaient alors un rang considérable à la cour des comtes de Flandre ... La petite ville de Hallwin, située près de la Lys, entre Commines et Menin , était un des principaux de leurs
domaines . Les seigneurs, puis marquis de
Piennes, etc., etc., éteints en 1698, avaient pour auteur Josse de Hallwin, second fils de Jean, seigneur de Hallwin, etc., et de Jacqueline de Ghistelles. Josse fut souverain bailli de Flandre. Louis, fils aîné de Josse, fut le premier de sa maison qui s'attacha à la corn- de France. Il fut fait chevalier
de l’Ordre du roi et gouverneur de Béthune, accompagna le roi Charles VIII dans son expédition de Naples, et fut l’un des six preux que ce prince choisit pour combattre à ses côtés, à la bataille de Fornoue, le 5 juillet 1 4 9 5 . Depuis, il mérita d’être appelé ou gouvernement général de la Picardie, en i5i2.
cr Philippe de Hallwin, son fils aîné, fut nommé en 1 5 1 3 lieutenant général de l’armée que le roi Louis XII assemble à Blansy en Ternois. Le dernier fut le père d’Antoine de Hallwin, qui signala sa valeur contre les Impériaux, en Artois en i523, en Italie en t53y, et à la défense de Metz en 1 5 5 *2 , et qui périt glorieusement l’année suivante en soutenant l'assaut donné à la ville de Thérouenne par les Impériaux. Charles I'1 de Hallwin obtint l’érection de son marquisat en duché-pairie de Hallwin, par lettres patentes données par Henri III, au mois de mai 1687. . . Charles Ier, duc de Hallwin , fut fait lieutenant général et gouverneur de Picardie, puis de Metz et du pays Messin, conseiller au conseil d’Etat et privé, et nommé chevalier des ordres du roi, le 3i décembre 1578. Charles II, duc de Hallwin, petit-fils de Charles Ier, étant mort à l’âge de sept ans, en 1698, cette pairie se trouva éteinte. Mais Anne, dame de Hallwin, sa sœur, en obtint la réintégration au mois de février 1611, et ce duché-pairie passa, en 1620, à Charles de Schomberg, son second mari. »
(1) Du Breul.
QlIAl DES AUGUSTINS.
l’immeuble par le fait de Jean de la Driesche, puisqu’il faut acquitter 25 sols, au lieu de 20 que l’on payait en i 3 G 8 :
tt Ordinaire de Paris, îàgà- — Le Pitancier de l’église Sainct Germain des Prez avoit droit de prendre vingt cinq sols parisis de fonds de terre, par an, sur une maison appartenant au lioy, seize à Paris, prez les Augustins, tenant, d’une part à la ruelle et jardin de l’Hostel Sainct Denys, laquelle maison a esté nouvellement acquise par le Roy, de M. Louys de Hallevin, seigneur de Pienues, et Johanne de Gastille, sa femme 11 W.
Le roi Charles VIII habita-t-il l’hôtel , que sa récente reconstruction et ses fresques avaient déjà rendu célèbre? En fit-il tout simplement un (rséjour», c’està-dire un lieu de promenade et de plaisir entre le vieux Louvre et le palais delà Cité? II est difficile d’affirmer quoi que ce soit à cet égard; une circonstance toutefois permettrait de croire que Charles VIII fit quelque usage de son acquisition : c’est le changement d’appellation que subit l’hôtel, au témoignage de Sauvai. irTant qu’il appartint à des particuliers, dit l’auteur des Antiquités de Paris, on le nomma l’Hôtel d’Hercules, à cause des Travaux d’Hercules qui y étoient peints à fresque dedans et dehors; mais depuis qu’il fut au Roy, il changea de nom, et on ne l’appela plus que l’Hôtel du Roy, près les Augustins 11 (sh
II était dans la destinée de ce logis de changer fréquemment de possesseur. Charles VIII mourut en avril 1 éi 9 8 , cinq ans seulement après l’avoir acquis, et, soit qu’il y ait renoncé de son vivant, soit que Louis XII son successeur, dont on connaît les habitudes de simplicité et d’économie, ait jugé inutile de conserver l’hôtel, nous le voyons, en 1/199, possédé par Guillaume de Poitiers, seigneur de Clérieux, qui l’habitait lorsque l’archiduc Philippe d’Autriche, allant de Flandre en Espagne, y logea en celte même année. Jaillot, qui rappelle le passage de l’archiduc à Paris et son séjour dans l’hôtel, insinue que Guillaume de Poitiers avait reçu en pur don la splendide résidence de Jean de la Driesche : cr Sous le règne de Louis XII, dit-il, l’hôtel était occupé par le seigneur de Clé— rien, auquel il l’avait apparemment donné, car il portait, en 1/199, le nom d’HÔTEL DE ClÉRIEU'3). 7)
Ici Jaillot est d’accord avec le plan de tapisserie, où se lit, en toutes lettres, L. de Cléiueux, etavec celui de Saint Victor, où l’on voit cr Poste! de Rieulxn, altération due soit à un vice de prononciation, soit à une faute de gravure. Du Rreul et Sauvai 11e mentionnent pas cette nouvelle mutation; ce qui ne nous dispense point de dire sommairement ce qu’était le nouvel et éphémère possesseur de
(1) S ad val, III, p. 5o8. — (2) Saüval, II, p. 187. — (3) Recherches historiques, etc. Quartier Saint- André-des-Arts.