RUE DES FRANCS-BOURGEOIS
La rue Monsieur-le-Prince commençait à la rue de Condé et finissait à la rue
des Francs-Bourgeois, qui en formait la continuation. Celle-ci commencait au
droit de la rue de Vaugirard et finissait à la rue d'Enfer. Les deux rues, qui ont été récemment réunies sous une dénomination unique, étaient bien rarement distinctes lune de l'autre avant la seconde moitié du xvn° siècle. Elles formaient une voie qui, longeant le fossé de la ville, a été appelée successivement : + voirie qui «va à la porte Saint Michel (1419); «chemin de dessus les fossez, par lequel
“on va à Saint Germain des Prés» (1435); «chemin allant à la porte Sainct
Entre les rues Honoré-Chevalier et de Mézières
Entre les rues de Mézicres el
du Vieux-Colombier
+ Michel» (1510): «rue estant dessus les lossezn (1539); «rue des Fossez d'entre «la porte Saincl Michel et celle Sainet Germain» (15b9); «chemin sur les «fossez»n (1579), et «rue des Fossez» (1582); puis, sous Louis XIV, à cause de l'hôtel du prince de Condé, rue des Fossés-Monsieur-le-Prince, et par abréviation rue Monsieur-le-Prince.
Quant à la rue des Francs-Bourgeois, considérée isolément, elle a été énoncée -chemin des Fossez qui va de ladite porte (Saint-Michel) au chemin de Saint + Sulpice» (1 ha); «chemin des Fossez par où lon va à Saint Souplice» (1453); «rue devant la porte Sainet Michel» (1570). Le nom de rue des Francs-Bourgeois est peu ancien, Car nous ne l'avons point trouvé consigné dans les titres avant le règne de Louis XIV; mais il a pu être en usage antérieurement, car le clos de la grande confrérie, qui à motivé cette appellation, est dit «le cloz des Francz- + Bourgeois» dans le censier de 16280), Cette désignation n'avait d'ailleurs aueune raison d'être, attendu que les membres de la confrérie n'étaient nullement exempls d'impôts, el ne méritaient point par conséquent qu'on les qualiliät de
francs bourgeois.
COTÉ ORIENTAL
ET CENSIVE DU PARLOIR-AUX-BOURGEOIS
Dévenoances De L'nôrez pe LA Synène, faisant le com de la rue des Boucheries (de l'École-de-Médecine), et s'étendant sur trois places acquises de la Ville. La première, qui était déjà aliénée dans le premier tiers du xv siècle, et que Jean Lamoureux vendit, en 1547, à Julien de Bonacursi, propriétaire de la maison située en face, fut acquise, le 2 mai 1b6/, par Charles de Dormans; elle était large de douze toises, el en offr&it sept de profondeur d'un côté et quatre de
l'autre. La deuxième était large de huit toises, et la troisième, mesurant treize
toises et demie de largeur, avait une superficie de quatre-vingt-douze toises ©. Celle-ci fut prise à bail par Charles de Dormans, le 18 juin 1561; mais nous ignorons si elle n'avait point été aliénée précédemment. Vincent Notaire, propriétaire de l'hôtel de la Syrèné, en posséda pareillement les dépendances, qu'il morcela, par une série de transactions qui portent les dates du 4 novembre 1603,
des 99 mars. 4 octobre 1608, etc., et dont nous n'avons pu suivre le détail.
C'est sur l'emplacement des anciennes dépendances de l'hôtel de la Syrène
\rch, nat. S 2050, fol. 204 v°. — ® On entrevoit à peine l'agencement de cette place.
RUE MONSIEUR-LE-PRINCE. S 231 que les administrateurs de lHôtel-Dieu ont fait ouvrir la rue de Touraine, à la fin de l'année 1673 ou dans le courant.de l'année 1674. Cette spéculation a causé un bouleversement complet dans les terrains des environs, où nous ne retrouvons plus le lotissement ancien.
Prace baillée par la Ville à Gilles Pinel, le 11 mars 1608. Elle avait seize loises de largeur sur cinq loises un pied de profondeur vers le nord, et neuf pieds seulement vers le sud. Pinel la divisa en deux parties : une première, large de quatre toises, qu'il céda, le 19 septembre 1608, à François Ferry, et la seconde, large de douze, qu'il céda, le 4 novembre suivant, à Claude Paulmier, par lequel elle fut ensuite morcelée,
Nous n'avons point vu que la place acquise par Pinel ait été donnée à bail avant 1608, et les terrains qui la suivaient ne l'ont été que postérieurement; mais il y avait au xvr siècle, près de la porte Saint-Michel, quatre où cinq petites maisons qui furent démolies en 1589: l’une avait été baillée à Pierre Lombard, le oh juin 1540, et paraît avoir fait le coin du chemin sur le fossé, au bout du pont Dormant. Dans les environs se trouvait une place qui fut cédée, le 1 avril 15/0, à René Fleury, et mesurait sept loises de large sur trois toises deux pieds de pro-
fondeur vers le midi et dix-huit pieds vers le nord. CÔTÉ OCCIDENTAL.
JUSTICE DU ROI
CENSIVE DE LA GRANDE CONFRÉRIE
(Clos-aux-Bourgeois).
Mason sans désignation (1585), et de plan triangulaire, formant le coin de la rue d'Enfer. Le terrain de cette maison, mesurant dix toises deux pieds sur Ja tue, quatorze Loises deux pieds d'un côté et douze loises quatre pieds de l'autre, renfermait un berceau de cave avec trois caveaux, lorsque, le 7 février 1534, il fut baïllé à bâtir au procureur Louis Roucher, par le fondé de pouvoirs de Marthe de Selve, veuve de François Roger, procureur général au parlement de Rouen.
L'emplacement de la maison de Louis Roucher et de toutes les suivantes jusqu'à la rue de Vaugirard était occupé, au xv° siècle, par les jardins de l'hôtel de Bourges. ( Voir Rue d'Enfer.)
Maison sans désignation en 1545, et alors nouvellement bâtie; puis pe L'Imace- Sanr-Jran (1568... .) et ou Hraume (1642). Elle renfermait, dès 1558, un jeu de paume, qui tombait en ruine vers 1977 et lut réédifié en 1657; il s'appelait
le Jeu de paume Fesson. Le terrain de la maison de l'Image-Saint-Jean fut cédé
Entre les rues d'Enfer et
de Vaugirard
par Marthe de Selve à Antoine CGhoquier, le 25 septembre 1537: il est énoncé dans l'acte de vente : «place en laquelle est de présent une grande porte.» Gette wrande porte était sans doute celle de l'ancien hôtel de Bourges.
Maison sans désignation en 186, puis ou Graxn-Roi-Fraxcois (1 629). Elle fut élevée sur un terrain vendu par Marthe de Selve au procureur M° Guy Baillart, le o février 1534, et elle parait avoir été annexée, dès le xvi° siècle, à la maison suivante.
Mason er Jeu pe Paume Des « Ragarus » (1574), ou e Rarz parreurs» (1589). Un
morcellement de cette propriété avait pour enseigne la Croix-Blanche en 1649, et le jeu de paume qui en dépendait s'appelait alors Le Jeu de paume du Pavillon- Royal. La maison des Rats-Batteurs, dont l'enseigne comportait un jeu de mots! avait été construite sur un terrain vendu par Marthe de Selve au maçon Jean Martin, le 7 février 1534; ce terrain était clos dès 1537.
Mason pe La Cace-n On (1579-1282), dépendance de la suivante.
Nason pe L'Imace-Sanr-Micnez (15 582), contenant un jeu de paume, qui s'est appelé, en 164o, le Jeu de paume de Montaillard. Le terrain de cette maison et de la précédente fut vendu par Marthe de Selve à Claude Verdureau,
le 7 février 1534.
Maisox pes Trois-Bouzes (19
1582), qui appartenait, en 157h. à Baptiste Bérardier, «joueur de comédie,» et avait été, avant lui, à Jean de Bénac, sieur de + Beau » (Baux). Le terrain de cette maison fut vendu par Marthe de Selve à
Ï Je
in des Gastières, + maistre esteufñer, » le 7 février 1534.
Maison pe La Grexane (1559-1563), puis DE L' Acnus-Der (12
71), qu'on appelait
La Granpe-Brasseme en 1607. Elle fut donnée, le 25 novembre 1559, à l'église Saint-Côme, par M° Antome Lefèvre, vicaire de Saint-Séverin. Le terrain de cette maison et des deux suivantes avait été acheté par Guillaume Lefèvre, de Marthe de Selve, le 8 juin 1535.
Mason sans désignation en 1571, puis ve za Pie (1639). C'est peut-être la mème que celle pu Gorrin (1h60), que nous n'avous pu reconnaitre.
Mason sans désignation (1582), faisant le coin méridional de la rue de Vaugirard. On voit, par le plan de 1615, qu'elle était alors divisée en trois maisons ou corps d'hôtel : le premier formant l'encoignure, et les deux autres ayant leur facade sur la rue de Vaugirard. Un arpentage de 1612 indique que le troisième corps d'hôtel, offrant une superficie de neuf toises, constituait une maison dislinete, et que les deux premiers corps d'hôtel étaient réunis en une seule propriété. Nous sommes sûr toutefois que le second corps d'hôtel est la même maison que celle qui, mesurant quatre toises de largeur sur quatre toises de profondeur, appartenait. en 1551. à Pierre de la Baume (ahas de la Bonne), doreur sur fer. I semble
Rats batteurs, Rabatteurs. — Rabattre à la la balle à la partie adverse le plus près de terre
longue paume , disent les dictionnaires , c'est envoyer qu'il est possible
RUE MONSIEUR-LE-PRINCE. 258 aussi qu'une cerlaine maison de l'Etoile, mentionnée en 19706, doit ne pas différer de la maison du coin, laquelle, probablement, n'était point encore séparée de la précédente.
JUSTICE ET GENSIVE DE L'ABBAYE SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS
Toutes les maisons du côté occidental de la rue Monsieur-le-Prince, jusqu'au droit de la rue de Touraine, furent élevées sur une grande pièce de terre de quatre arpents trois quartiers et demi, cappellée Bel Ayr» (1515-1597), que les Cordeliers vendirent cent livres à Ange Coignet, sieur de Croix-Fontaine, avocat au Parlement. Celui-ci, ayant annoncé l'intention de baïller son terrain à des particuliers pour qu'ils y construisissent, rencontra, à ce sujet, une vive Opposition de la part des religieux de l'abbaye, qui lui reprochèrent, entre autres choses, de s'approprier une lisière de sol à eux appartenant et large de trois à quatre pieds. L'affaire se termina par un accord du 1% août 1515, suivant lequel Coignet s’engagea à payer aux moines une rente annuelle de six sous parisis, et
fut libre ainsi de procéder à l’aliénation de sa propriété.
GRANDE MAISON sans désignation en 1543, puis DE L'Imac
Norre-Daue (1698),
faisant le coin septentrional de la rue de Vaugirard. Elle parait être la même que
le «grant hostel de Bel Ayr. » mentionné en 1547, et fut élevée sur un jardin ou Le] mn Al
place vide baillée, en 1531, par Ange Goignet à Pierre Jacquin, principal du
collége de Calvi. Ce jardin mesurait vingt-sept loises sur la rue de Vaugirard,
vingt-deux toises sur la rue Monsieur-le-Prince , vingt loises cinq pieds et sept
toises un pied dans les deux autres sens.
Mason sans désignation en 15h47, puis seu De raume pu Brau-Reçann (1560- 1687), où il y avait une académie en 1725. Elle semble avoir eu, dès 1547, des 1 J 1 / dépendances sur la rue de Vaugirard, et fut élevée sur une place cédée par Ï 8 l [
Ange Coignet au coutelier Georges Métais, le 30 juin 1518.
Mason sans désignation en 1531, puis seu DE Paume pe « BEL Esrar » (Bel-Ébat) (1543) et ou Permrr-Rexan (1628-1687), élevée sur un lot de terre cédé par Ange Coignet à Nicole Aubry, avant l'année 1510.
Mason sans désignation en 1534, puis seu DE PAUME pe 14 « Crré ne Jnérusazen +
[eo] I 1546-1687). Vers 1740, réunie à la suivante. elle renfermait encore un jeu de ll / J paume.
Maison sans désignation (153 1).
Mason sans désignation (1531), bâtie sur une place large de quatre toises et profonde de dix-sept et demie, baillée, le 10 Janvier 1527, à Richard Le Tort, tailleur. Elle fut acquise, le 18 août 1703, par le prince de Condé, et servit à agrandir son hôtel, dans lequel elle fut englobée, de sorte qu’on n’en retrouve
Entre les rues de Vaugirard el de Condé
ae à eee
aucun plan. Mème défaut d'indication pour les maisons suivantes qui ont été pareillement abattues pour l'accroissement de l'hôtel.
Mason sans désignation en 1531, puis JEU DE PAUME DE Praisance (1547-1690). acquis par le prince de Condé, le 12 avril 1707. Get établissement paraît ètre le même que le jeu de paume de la Queue-de-Renard, mentionné en 159».
Mason sans désignation (1531), acquise par le prince de Condé, le 292 août 1699. Nous n'avons vu aucun plan de cette maison, ni de celles que nous énoncons à la suite et qui ont été également réunies à l'hôtel de Condé; il n’est done pas possible d'en indiquer les dimensions.
Mason sans désignation (1531), acquise par le prince de Condé le 19 août
Mason sans désignation en 1531, puis pu Sanr-Esprrr (1628), acquise par le prince de Condé le 1° juin 1709.
Mason sans désignalion (1331), acquise par le prince de Condé le 4 septembre 1700.
Mason sans désignation (1531), acquise par le prince de Condé le 17 août 1700. Cette maison et les quatre précédentes étaient «en masure » dans les dernières années du xvr° siècle.
Prusigurs maisons sans désignation (1531), qui lurent la propriété du cardinal de Tournon, et qui, dès 1599, ainsi que les deux suivantes, appartenaient à M. de Gondi, comme on le voit par le censier de ladite année. Elles y sont énoncées. en effet, dans un seul article, sans détails, peut-être parce qu'elles ne formaient, en réalité, qu'une seule maison divisée en plusieurs corps d'hôtel. Avant
1699. l'hôtel de Condé ne s'étendit point, dans la rue Monsieur-le-Prince et vers
le midi, au delà de l'emplacement oceupé par ces maisons. Marsox sans désignation (1531), qui fut absorbée dans l'hôtel de Gondi. Coignet l'avait bâtie sur un emplacement qu'il s'était réservé dans la vente de son terrain. Maison sans désignation (1923), dont l'emplacement a été compris le dernier dans l'hôtel de Condé. Elle fut bâtie sur un terrain mesurant quatre loises de
largeur et vingt de profondeur, et fut baillée par Coignet à Nicolas Lourdel, en
20 JEU DE PAuME (1531), ayant pour enseigne la « Gmioue Face » (1599). En 1698. elle était unie à la maison correspondante de la rue de Condé. Elle fut aussi achetée par le prince de Condé, et probablement en mème {temps que la suivante.
Maison Avec JEU DE PAUME, sans désignation, en 1929, puis DE LA SALAMANDRE
(1564-1698). Elle avait été bâtie sur un lerrain large de huit toises et profond
de dix-sept toises quatre pieds, cédé par Étienne Taboullart à Jacques Testelin, le 7 juillet 1516. Le prince de Condé en fit acquisition le 5 juillet 1703. Jannix (1531), puis masox pu Grirron (1595). En 1698. cette maison dépendait