‹ Topographie historique du vieux ParisChapitre 135 sur 202 · LL · texte numérisé non relu

LL

Dès 1584, le parce de l'hôtel s'étendait, du côté de l'ouest, derrière des maisons en bordure sur la rue de Vaugirard, jusqu’à la hauteur de la rue du Pot-de-Fer.

Dans la direction opposée, le pare s’accrut, par les soins du prince, d'une pièce

de vingt-quatre toises deux pieds de long sur quatre toises deux pieds de large. dont 1 passa déclaration le 18 mars 1588, et qu'il augmenta le mème jour d'une autre pièce attenante, renfermant cent cinquante-sept perches, y compris une allée servant d'entrée et communiquant avec la rue d'Enfer. (Voir Rue d'Enfer.) Aucun document ne fournit, au reste, les moyens de retracer l'ancien mur de

clôture du pare, démoli il y a deux siècles et demi, et dont le dernier accroisse-

ment, du fait des ducs, eut lieu par l'achat de sept quartiers, vendus les 30 juillet,

31 juillet et 7 octobre 1611, par les hoirs Poussemye.

Le prince de Tingry étant mort, son hôtel passa à son fils, François de Luxembourg, duc de Piney, qui, le 2 avril 1619 et au prix de 90,000 livres, le vendit à la reine Marie de Médicis. La vente comprenait, en outre, une petite maison contiguë, le pavillon de la ferme du Bourg, le pare de Fhôtel, la maison du com de la rue Garancière, une pièce de trois arpents quarante-deux perches et demie, en hache, attenante au pare et aboutissant sur la rue de Vaugirard, et deux autres pièces au même lieu, lune de sept quartiers et l'autre de cinq. Bientôt après fut commencé, sous la direction du célèbre Salomon de Brosse, le palais auquel est demeuré le nom du Luxembourg, et dont les principaux bâtiments n'occupaient point l'emplacement du vieil hôtel ainsi appelé. Ge dernier se trouvait en face de la rue Garancière, [à où sont actuellement le Petit-Luxembourg et une portion de l'édifice contigu ; aussi la maison du coin occidental de la rue Garan-

cière est-elle dite, dans le contrat de 1612, « devant lhostel de Luxembourg. » À

l'appui du fait, que confirment {ous les renseignements, nous lisons, en outre,

dans le censier de Sainte-Geneviève pour 1646 : « Au lieu de lhostel du Luxem- “bourg... a esté la maison de Me Alexandre de la Tourette, président dans la «Cour des monnoyes, qui fit bastir la maison, fit faire le jardin au lieu où est à + présent l'hostel dict à présent le Petit Luxembourg, que la feue Royne, mère du

«roi Louis treize, . .. ayant achepté, fit bastir comme il est à présent), »

C'est dans les environs de Fhôtel de Luxembourg que, vers 1589, habitait

liustre Bernard Palissy ); mais nous n'avons point vu de titre où son nom fül

mentionné.

9 Arch. nat. reg. S 1634, fol. 316 r°. imprimeur, on lit lannolation suivante, écrite en M. Ch. Read nous a communiqué un exem- caractére du temps: +Le susd, imprimeur m'a dit plaire des Discours admirables, où, en marge du “que l'auteur se lient à présent, l'an 1582, au passage dans lequel Palissy fait savoir qu'on peul «faulbourg Sainct Germain, rue de Vaugirard connaître sa +demeurance» en s'adressant à son rprès l’hostel de Luxembourg. »

Mason pe L'Imace-Samre-Bange, mentionnée dès 1536, et alors récemment bâtie sur un quarüer de terre par M° Michel Bénard, lequel, en son testament, la légua aux religieux de Sainte-Groix-de-la-Bretonnerie. Elle fut vendue par eux, avant 147, à «M° Kristofle Richer, ambassadeur pour le roi de Dampemart. » Vers 1604 , elle existait encore; mais, en 1608, elle était disparue, ou, du moins, elle avait été absorbée dans l'hôtel de Luxembourg 0.

JUSTICE

ET CENSIVE DE L'ABBAYE SAINTE-GENEVIÈVE

Perir APPENTIS ET JARDIN (1595) où, sous le rèone de Henri IV, pendit pour enseigne «LA SIGONGNE. » Celle propriété était une dépendance de la suivante, el doit avoir formé le complément du demi-arpent sur lequel cette dernière fut bâtie.

Janin cos (1531), puis maison pe 'Image-Sanr-Nicoras (1595-1612). Elle s'éendait jusqu'au sentier du Pressoir et contenait quarante-cinq perches, partie d'un demi-arpent que Louis Mars acquit de Jean Daneau, et dont il fut ensaisiné le 15 novembre 1529. Le 28 septembre 1622, Jean Baudoin la vendit 9,000 livres aux religieuses du Calvaire, qui l’annexèrent à leur couvent; mais, en 1630, la reine Marie de Médicis la leur reprit, et le terrain qu'elle occupait, joint à celui de Fhôtel de Luxembourg, a servi d'emplacement à l'hôtel du Petit-Luxembourg,

r 1647. Celte pièce corrobore

comme il est dit dans une déclaration du 26 févr ce que nous avons avancé plus haut relativement à la situation de la maison du président de la Thourette.

Mason nes Trois-Pr:

rs-Rois (1585), aboutissant à la suivante, avec laquelle elle était confondue vers la fin du xvi° siècle ®. Étienne Hardouin, sieur de Montherbu, en fut ensaisiné le 28 novembre 1585. Elle était située en face de la rue Servandoni et existait déjà en 1539. Elle appartenait alors à Robinet Fallentin, propriétaire de la maison des Trois-Rois de la rue de la Harpe, et ne contenait

qu'un quartier; mais elle est dite depuis renfermer un demi-arpent.

Mason p£ L'Image-Sanrs-Gexeviève (1 536-1608), ou HÔTEL DE MONTHERBU.

Elle fut élevée sur un terrain baïllé à bâtir en 1529 et faisant partie de

sept quar-

üers que Jean de Néry vendit, de 1 0 février 1 51 1, à Jean Daneau, Elle était à moilié

En 1608, la maison de l'Image-Saint-Nicolas — Christophe Richer avait possédé plusieurs autres est dite altenante à l'hôtel de Luxembourg. propriétés auprès de l’Image-Sainte-Barbe: mais * Elle est cependant mentionnée encore en nous n'avons pu appliquer les titres qui s'y rap- 1608; mais peut-être n'est-ce que pour mémoire. portent.

fi

construite lorsque, le 23 novembre 1551, Robert Fallentin, qui la fit achever, en fut ensaisiné. Elle renfermait un jeu de paume en 1546, et passa, en 1584, à Pierre de Montherbu, qualifié, plus tard, de secrétaire ordinaire de la chambre du roi. Dans une déclaration de 1587, elle est énoncée : « maison au milieu de laquelle, «et proche d'un grand portail, est un pilier enclavé en partie de la muraille de «ladicte maison, une figure, image et représentation de madame saincte Gene- - vielve, entre deux eseussons et armoiries painetes contre la muraille, en la pre- +mière desquelles est un lieu où est escrit le mot Zabertas, et en l'autre il y a #une petite croix au milieu. » Elle aboutissait au sentier du Pressoir, et, unie à la précédente, elle fut rebâtie par Pierre de Montherbu postérieurement à 1594. Le 11 avril 1629, Michel Renouard la céda, moyennant 48,000 livres, aux religieuses du Calvaire, pour l'établissement de leur monastère. Ce couvent, comprenant la maison de lImage-Saint-Nicolas, offrait d'abord une superficie de près de deux arpents et demi, et a considérablement été amoindri en 1630, afin de construire le Petit-Luxembourg. Au même lieu il existait, en 1243, une vigne pour laquelle l'abbaye Saint-Antoine payait deux sous de cens à Sainte-Geneviève ); deux siècles plus tard, celte redevance était réduite à dix-huit deniers, comme il appert d'une sentence du Châtelet, rendue, le 14 juin 1h11, pour contraindre les reli-

gieuses de Saint-Antoine à s'en acquitter.

Mausox dite La Fenue-ou-Boune (1595-1612), faisant le coin du sentier conduisant au Pressoir de l'Hôtel-Dieu. Elle avait trente-six toises de largeur sur la rue de Vaugirard, et fut vendue au due de Luxembourg, le 11 juillet 183, moyennant une rente sur la Ville de seize écus et deux tiers, réduits suivant l'édit à 5o livres, par Jean de Hévez, seigneur de la Tillaye, lequel, en 1570, se plaignait

de la «grande perte» qu'il }

avait subie à cause des guerres. Elle fut comprise dans l'acquisition de l'hôtel de Luxembourg par Marie de Médicis, qui la donna, en 1630, aux religieuses du Calvaire. À cette époque, c'était encore la dernière construction du côté méridional de la rue de Vaugirard, et le terrain au delà.

dépendant du fief de l'abbave Saint-Germain, demeurait en culture.

Au mois de juillet 1230, un arpent de vigne, «en Vigneroi,» en la censive de l'abbaye Sainte-Geneviève, fut vendu quinze livres parisis par le pelletier Milon Le Bourguignon, à M° Étienne Le Poitevin, qui, en octobre 1244, la céda au monastère en échange d'une rente annuelle de cinq muids de vin @), Le seul lieu du canton de Vigneroi où les moines de Sainte-Geneviève aient eu droït de censive

était précisément celui sur une partie duquel fut bâti le couvent du Calvaire:

Le livre du cellerier de Sainte-Geneviève et, à côté de l'article on lit cette note, ajoutée au

renferme (fol, 28 v°) un article ainsi conçu : Sanctus xvn' siècle : #A présent le monastère du Calvaire. »

{ntonius 11 sol. pro vinea comitis de Bello-Monte, ? Cart. de Sainte-Geneviève, p. 151.

auuervt

TEE ea

AnCO?S LH \

mo)

c'est donc à ce terrain que doivent se rapporter les deux transactions que nous

venons d'indiquer.

Tel était l'état des lieux, au moment où Marie de Médicis prit la résolution d'acquérir les pro-

priélés nécessaires à la construction de son nouveau palais et à l'établissement des jardins dont elle voulait l'entourer. L'aspect de toute cette région nous est révélé par un plan inédit, qui fut dressé à l’occasion d’une contestalion judiciaire entre l'abbé de Saint-Germain et la confrérie aux Bourgeois. Ce document porte la double signature de Claude Vellefaux et de François Quesnel, ce qui lui donne une valeur topographique toute particulière. Le célèbre architecte de Thôpital Saint-Louis et l'auteur du premier plan de Paris, auquel on s'accorde à reconnaitre une certaine précision géométrique, ont dû certainement reproduire ayec une scru puleuse fidélité les maisons. jardins et terrains en litige. Voici, d’ailleurs, comment s'exprime à ce sujet François Quesnel, lun des auteurs de ce plan, dont l'original est conservé aux Archives nationales, sous la cote S 869:

e Rapport faict par nous, François Quesnel, maistre peintre, bourgeois de Paris. «commis pour ce faire par monsieur maistre Nicollas Guynet, conseiller du Roy «nostre sire, en son Grand Conseil, commissaire en ceste partye, de la figure s

« présentée, suivant le serment par nous faict par devant le dict sieur Guynet.

«des lieux et places qui nous ont esté démontrés par icelluy sieur, contentieuses «entre les abbé, doyen et confrères de la confrairie aux Bourgeois de Paris, etles «abbé, prieur du couvent de l’abbaye Monsieur Saint Germain des Prez lès Paris, «au procès pendant entre eux au dict Grand Conseil, distribué et prest à juger, «au rapport du dict sieur Guynet. À quoy faire avons vacqué, après le serment x par nous prestez au cas requis ef accoustumé, tant en la présence d’icelluy sieur «de Guynet, des dictes partyes ou de leurs procureurs pour elles, que en nos «particuliers, ainsy qu'il apert par le plan de la dicte veue cy-dessus, que en «toute équicté avons faict et dressé sur ce qui nous a esté désigné, tant les jours «cottés au procès-verbal faict d'icelle qu'ès autres jours consécutifz et suyvant;: «asisté de plusieurs notables personnes estant, asistant et discourant par les lieux; « par la quelle figure avons représenté le plus exactement qu'il nous a esté posssible, nous estantz transportez plusieurs jours sur les dicts lieux, représentant «le plan du terreuer avecq la levée des maisons et le nombre d'icelles, avecq les «clostures et murailles, aveeq la plus grande fidélité qu'il nous a esté possible. « Tesmoing mon seings sy-dessoubz mis. Et en tesmoing de ce, nous sommes soubz- «signez en présence du diet sieur Guynet et des procureurs des partyes, comme

«il est contenu au procès-verbal du dict sieur.

(Signé) « Françgoys Quesnez. »

La réalisation des projets conçus par la reine mère eut pour résultat de modifier complétement la région dont Vellefaux et Quesnel nous ont conservé l'aspect. Nous ne possédons point, malheureusement, de plan parcellaire contemporain de l'achèvement du palais; mais, comme la

configuration des lieux n'a pas varié pendant le xvn° siècle, il est facile de s'en rendre compte, en consultant les plans géométraux dont la série commence à celui de Gomboust. Nous en extrayons le grand ilot comprenant le palais et ses annexes, les propriélés situées en bordure des rues de Vaugirard et des Francs-Bourgeois, de la place Saint-Michel et de la rue d'Enfer, ainsi que le couvent et l'enclos des Chartreux. — 1...

Échelle de rever . 200 mèlres LÉGENDE pu PLAN : À, palais du Luxembourg; — Be dépendances du palais; — C, jardin réservé attenant au palais; — D, Petit-Luxembourg; E, communs du Petit-Luxembourg; — F, couvent des Fillesdu-Calvaire; — G, porte d'entrée des Chartreux; — H, puits et pompe des Chartreux; — 1, moulin des Chartreux; — K, rue de Tournon; — L, rue de Vaugirard; — M, rue Notre-Dame-des-Champs ; — N, impasse Notre-Dame-des-Champs; — 0, rue des Francs-Bourgeois; — P, place de la porte Saint-Michel; — Q, rue d'Enfer; — R, ancienne voie romaine.

Page 1