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8 lOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS.
à leur suite. Les ravages furent si grands, que, quinze ans après, lon comptait encore bien des ruines dans la paroisse Saint-Sulpice. Toutelois la tranquillité des dernières années du règne de Henri IV rétablit la confiance et ramena les populations au faubourg Saint-Germain, non moins dévasté par les soldats qui l'avaient défendu que par ceux qui l'avaient attaqué. Les maisons abattues se reconstruisirent, et le développement du quartier, arrêté pendant un quart de siècle, ne fut plus interrompu.
Dès l'origine, les premières maisons du bourg Saint-Germain s'étaient groupées au pied des murs du monastère, le long de la voie royale qui à pris le nom de rue du Four. Au milieu du xur siècle, les constructions se prolongeaient sur les bords du chemin qu'on appelle maintenant la rue de l'École-de-Médecine:
es Mauvais-
mais elles ne semblent pas avoir dépassé l'emplacement de la rue d
Garcons (actuellement rue Grégoire-de-Tours), qui fut ouverte en 1 25/4. La créa-
tion. en 1974, de seize étaux de boucherie, entre cette rue et la porte des Cordeliers, augmenta le nombre des maisons bordant la voie qui conduisait à cette porte, el qu'un concours particulier de circonstances favorables rendit promptement la plus vivante du quartier. Nous savons aussi qu'au x siècle les maisons du bourg s'étendaient jusqu'aux rues du Vieux-Colombier et des Saints-Pères ; mais. au mois d'avril 1360, lorsque le roi Édouard IF menaça Paris, le Régent fit brûler les fauboures de la rive gauche, pour empêcher les Anglais de s'en saisir, et plusieurs hôtels furent complétement rasés. Des démolitions analogues furent pareillement excécutées aux alentours de l'abbaye en 1368, de sorte que le terrain du côté septentrional de la rue Taranne fut remis en culture, et que l'extension du bourg, dans cette direction, se trouva arrêtée pour de longuès annees.
\ la fin du x siècle, le bourg Saint-Germain avait pour limites : le chemin sur les fossés (rue de l'Ancienne-Comédie), les rues de Bussy, de Seine, le quai (à cause du séjour de Nesle). diverses voies que remplacent aujourd'hui la rue des Petits-Augustins (partie septentrionale de la rue Bonaparte), les rues Saint- Benoît. Taranne et du Dragon, le carrefour de la Croix-Rouge, la rue du Vieux- Colombier, au midi de laquelle étaient probablement quelques habitations, mdépendamment du grand hôtel de Garancière, enfin l'emplacement des rues Saint Sulpice et des Quatre-Vents. Gent ans plus tard, le bourg parail avoir renfermé une population plus nombreuse; mais la superficie occupée ne s'était point aug-
mentée d'une manière appréciable. En effet. si, d’un côté, l'on avait bâti dans les
Dans la conférence qu'il eut avec le cardinal “livres par les soldats qui les démolissent.r Ces de Gondi. lors du siége de Paris. Henri IV disait: douloureux événements se sont renouvelés de nos -Il ne se passe jour que les fauxbourgs de Paris jours. dans la banlieue suburbaine, avec les mêmes
ne souffrent ruine de la valeur de cinquante mille désastres. —L.M.T.
ORIGINE ET DÉVELOPPEMENT DU BOURG SAINT-GERMAIN. 9 environs de Saint-Sulpice et au fond des fossés, près des portes de Paris, d'autre
part le sol du séjour de Nesle était redevenu une terre labourable (.
C'est à la fin du xve siècle que commence la série des accroissements définitifs du bourg Saint-Germain; ils ont eu lieu dans l'ordre que nous allons indiquer.
Vers l'an 1500, ouverture de la rue des Quatre-Vents, et, en 1501, bail à bâtir des terrains compris entre cette rue et celle du Petit-Lion.
Vers 1510, bail des terrains compris entre les rues de Tournon et de Condé. et, vers 1515, bail des terrains compris entre les rues de Condé et Monsieur le-Prince. I ne se révèle plus rien d'important, en fait d'accensement, jusqu'en
En cette année, Jean Lescuyer, arpenteur-Juré du roi, fut chargé de mesurer toutes les terres labourables de la paroisse Saint-Sulpice, et son travail nous permet de déterminer avec une extrême précision les limites du bourg, dont les maisons étaient agolomérées presque sans aucune solution de continuité. Ce périmètre est aujourd'hui représenté par les rues suivantes :
Rues de lAncienne-Comédie, de Bussy, de Seine, du Colombier (Jacob);
Rue Saint-Benoît, du côté occidental de laquelle était la courtille de l'abbaye:
Rue Taranne et rue du Dragon, du côté occidental de laquelle était l'hôtel du Sépulcre;
Carrefour de la Croix-Rouge, complétement entouré de maisons, parce que lon avait bâti à la pointe des îlots compris entre les rues de Grenelle et du Cherche-Midi:
Rue du Vieux-Colombier, dont le côté méridional élait garni de maisons depuis la rue du Cherche-Midi jusqu'à la rue Cassette, et depuis l'emplacement de la rue du Gindre, qui n'existait pas encore, jusqu'à Saint-Sulpice ;
Rue du Pot-de-Fer (Bonaparte), bâtie des deux côtés:
Rue de Vaugirard, du côté méridional de laquelle il n°y avait que les édifices du CGlos-aux-Bourgeois;
Rue Monsieur-le-Prince.
Le bourg Saint-Germain, qui avait pour dépendances une maladrerie et son cimetière, renfermait alors le grand monastère de l'abbaye, l'église paroissiale de Saint-Sulpice avec son cimetière, la chapelle Saint-Père et son cimetière. les halles de la Foire, enfin deux cent soixante maisons, ou hôtels plus où moins importants, un quai, celui du port de Nesle, et trente-quatre rues, ou chemins
pouvant être regardés comme des lues, SAVOIr :
® Dans les lettres patentes données par le roi ctemps des guerres par lesquelles ledict faulxboure le 3 mai 1550 et ordonnant l'ouverture des portes e(il s'agit du bourg Saint-Germain) fut ruyné et de Bussy et de Nesle, il est dit que rlesdictes portes «réduit en terre labourable, mesme à l'endroit desrsont demeurées closes et fermées, dès et depuis le «dictes deux portes. » Hu, 3
La rue. ou chemin, sur les fossés, entre les portes Saint-Germain et de Bussy (de l'Ancienne-Comédie);
Le chemin sur les fossés, entre les portes de Bussy et de Nesle (rue Mazarine). où il n'y avait aucune construction ;
Les rues de Bussy et de Seine;
Les quatre rues des fossés de l'abbaye (de l'Échaudé, Jacob, Saint-Benoit el Sainte-Marguerite);
Les deux chemins allant à Saint-Père (rues Taranne et des Saints-Pères
Les rues du Sépulere (du Dragon), du Four, Coppieuse (du Sabot) et de Taranne (de l'Egout);
La ruelle dite des Ciseaux et celle de Cassel (Beurrière);
Les rues Saint-Sulpice (des Canettes), des Boucheries (de l'École-de-Médecine ) et de la Folie-Regnier (Grégoire-de-Tours) ;
Le chemin sur les fossés, entre les portes Saint-Germain et Saint-Michel (rue Monsieur-le-Prince );
La rue, où chemin, allant de la porte Saint-Michel aux Chartreux (rue d'Enfer):
Les rues de Vaugirard, du Clos-Bruneau (de Condé) et de la Foire (des Quatre- Vents), avec la ruelle qui y débouchait (impasse des Quatre-Vents);
Les rues Combault (du Petit-Lion), du Marché-aux-Chevaux (de Tournon) et Garancière ; ‘
La ruelle Saint-Sulpice (Serv ndoni) et une autre ruelle par laquelle on allait à Saint-Sulpice (rue Saint-Sulpice):
Les rues Férou et Henry-du-Verger (du Pot-de-Fer) ;
Le chemin de Cassel (rue Cassette) et la rue du (Vieux-) Colombier.
L'année 1599 est à noter dans les annales du bourg Saint-Germain : elle marque le point de départ d'une série d’accensements qui en reculèrent les limites. C'est ainsi qu'en 1229 furent -baillés à bâtir,» sur une longueur de cent cinquante Loises, les terrains de l'ilot compris entre les rues du Cherche-Midi et de Sèvres, la plupart des terrains situés du côté méridional de la rue de Vaugirard, ceux du côté occidental de la rue des Saints-Pères, au-dessus du Pré-aux-Cleres, et ceux des deux côtés de la rue de Grenelle, en decà de la rue de la Chaise. En 1530 et dans les années suivantes, furent semblablement baillés à bâtir les terrains de lilot compris entre les rues de Seine et Mazarine; en 1535, ceux de l'ilot compris entre les rues du Dragon et des Saints-Pères. Vers le mème temps, l'espace compris entre la rue Cassette et la rue Férou acheva de disparaitre sous les maisons et les jardins, en vertu de transactions dont les titres sont perdus. En 1538, l'emplacement de l'ancien marché aux chevaux (entre les rues de Tournon et Garancière) et celui de l'ancien séjour de Nesle (sur le quai, entre les rues de
Seine et Bonaparte) furent acquis par-des spéculateurs. Les constructions du côté
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