ACTUELLEMENT PARTIE OGCIDENTALE DE LA RUE DE L'ÉCOLE DE MÉDECINE
La rue des Boucheries commençait, en dernier lieu, au droit de la rue de Condé, c'est-à-dire à l'extrémité occidentale de la rue des Cordeliers. avec laquelle elle est aujourd'hui confondue sous le nom de rue de l'École-de- Médecine, et elle linissait à la rue du Four; mais, au xvr siècle el jusqu'au temps de la démolition de la porte Saint-Germain, on la faisait souvent partir de ce point; c'est pour ce motif qu'elle est appelée la rue de la Porte dans un titre de 1604.
La rue des Boucheries était l'une des deux grandes voies qui conduisaient de Paris au bourg Saint-Germain. Probablement d'une origine moins ancienne que la rue de Bussy, elle pourrait néanmoins avoir remplacé quelque voie mérovingienne reliant le monastère au palais des Thermes, et, avant la construction de l'enceinte de Philippe-Auguste, elle faisait partie du chemin qui est devenu la rue des Cordeliers. Elle n'était encore que très-imparfaitement bâtie au milieu du x siècle; mais l'extension, en 1274, des boucheries qu'elle renfermait, dut la rendre plus fréquentée; et, dans les siècles suivants. la fermeture répétée de la porte de Bussy, détournant toute la circulation à son profit, en fit le principal chemin du faubourg, l'artère où les maisons étaient le plus serrées et le mieux peuplées. Aussi voil-on que, depuis le règne de Charles V jusqu'à celui de Louis XI, elle | a été toujours appelée Grant rue, Grande rue Saint-Germain, où simplement rue Saint-Germain et Grant rue de la Boucherie. On disait également rue de la Boucherie, et, dès 1406, rue des Boucheries.
Nous lisons dans un document de 1376 : «rue par où l'on va de ladite église
RUE DES BOUCHERIES. 27 «de Saint Germain à la porte de Paris près des Frères meneurs; » et nous remarquons qu'on a parfois divisé la totalité de la rue en deux sections : l'une en decà et l'autre au delà de la rue des Mauvais-Garcons. La seconde section est énoncée «rue qui va de la Boucherie à l'Abbaye,» dans un titre de 1ho7, et, dans un autre de la même année, la première est dénommée « Grant rue par laquelle «on va de la porte de la Bastide dudit Saint Germain à la Boucherie. » C’est. en eflet, dans cette rue qu'était située la boucherie qui lui a valu, dès 1290, la dénomination de «rue de la Boucherie, » ou + via Carnificerie Sancti Germani, per e quam directe itur de Sancto Germano ad portam eivitatis Parisiensis, que dicitur + porta Fratrum minorum.» Une charte de 1254 contient une indication de la rue des Boucheries sans désignation particulière, et, dans l’obituaire rédigé en 1 2591), des maisons sont mentionnées tn carnificiarta. in villa ista (Sancti Germani). «Les bouchers de Saint-Germain, dit Jaillot, étaient établis en ce lieu depuis «un temps immémorial. Plusieurs actes du xu° siècle en font mention, ainsi que « de la maison des Trois-Étaux, située près du Pilori.» Mais la maison des Trois- Étaux était loin du Pilori, et nous sommes persuadé que Jaillot n'a jamais vu ces prétendus actes du xn° siècle où il en serait parlé ®). Dans les archives de l'abbaye, il en est question, pour la première fois, à l'occasion de la création, par l'abbé Gérard, en 1274, de seize étaux qui étaient destinés à être tenus par des individus natifs du bourg et furent chargés de redevances autres que celles dont était grevée la maison des Trois-Étaux. I est présumable, au surplus, que ces trois étaux n'exislaient point seuls avant 1274; les expressions n carnificiaria et in macello istius ville, employées en 1259, le donnent du moins à penser. Le 29 mars 1393, eut lieu un nouveau bail de seize étaux. qui furent expressément maintenus dans leur emplacement antérieur, à lorient de la rue des Mauvais-Garçons et de la maison de la Croix-de-Fer. De ces seize étaux, les titres n’en font connaître que douze, parce que le nombre primitif ne se maintint pas longtemps. Il était tombé à dix quand, le 31 janvier 1553, les bouchers Pierre Moufle et Pierre Mathieu rachetèrent, au prix de 5oo livres, la rente foncière due à l'abbaye sur les seize élaux, «au lieu desquels seize estaux, est-il dit dans l'acte de rachat. sont de «présent batis sept estaux, dont trois du costé de la rivière de Seine... en ce +non compris la maison des Trois Estaux, qui est du costé de l'Escu de France. » En 129:
>, il y avait un puits dans la rue des Boucheries, au droit de ja rue des Mauvais-Garçons. Devant la maison de la Fleur-de-Lis. il ÿ à eu un autre puits, qu'on retrouve d’ailleurs assez mal placé sur le plan de Gomboust, et qui, en1513et1538, s'appelait «le Puys de Malleparole. » L'extrémité orientale de la rue est nommée «le Grant carrefour,» dans un document de 1553.
® Arch. nat. reg. LL, 110, fol. 91, v°. en eflet, le terrain qu'elle occupait faisait partie ® Il nous semble que la maison dite «des Trois- d'une place baillée, en cette même année, à Raoul Étaux» ne peut guère avoir été bâtie avant 1254: d'Aubusson. k.
Re
Entre
la porte Saint-Germain et la rue de Condé.
CÔTÉ MÉRIDIONAL
JUSTICE