‹ Topographie historique du vieux ParisChapitre 30 sur 202 · RUE DES CANETTES · texte numérisé non relu

RUE DES CANETTES

La rue des Canettes commence à la rue du Four et finit à la rue du Vieux- Colombier.

Des documents de 1259 et 1270, ainsi que le rôle de la taille pour 1299,

la mentionnent sous le nom de vicus Sancti Sulpieu, ou «rue Saint Souplice.» Ge

-vocable, provenant de ce que la rue conduisait à l'église consacrée sous l'invo-

cation de saint Sulpice, se rencontre diversement orthographié : Saint Suplice, Soulpice, etc., dans presque tous les titres jusqu'au milieu du xvu siècle, époque où le nom de rue des Canelles commence à devenir fréquent. Empruntée à une enseigne, cette dernière dénomination était déjà usitée en 1628, puisque le cen-

, dicte des Canettes

sier de cette année énonce «la rue Sainet Sulpic » Auparavant on faisait quelquefois usage de la locution : Grande rue Saint Sulpice (1509, 1517, etc.), apparemment pour éviter la confusion avec les ruelles Saint-Sulpice aboutissant au chemin de Vaugirard. Nous avons lu dans une charte de 1413 : true par où l’on va à l'hostel de Sainct Sulpice,» et «rue Sainet Sulpice, autre- «ment diete le Trou Punetz, » sur des actes de 1511 et 1578.

Le Trou-Punais dont il est iei question était une propriété privée, car une maison située au coin de la rue du Four et de la rue des Ganettes est énoncée,

en 1505, aboutir «au jardin du Trou Punais‘).» D'autre part, la maison du Trou-

Puvus est Pobjet d'un article dans des comptes de 1454, 1463, ete. Au reste,

bourbiers dans la rue des Canettes et dans les environs,

ïl y avait encore d

Cette dénomination, quiscomporte l'existence

quente dans le vieux Paris: on la trouve €

léchur déchar

d'un puisard. ou bouche d'égout, est assez fré- ppliquéeaux voiries et res publiques. 1

RUE DES CANETTES. 45 sous le règne de Charles IX : un arrêt du Conseil privé, rendu le 22 juillet 1566, ordonna que le Prévôt des Marchands et les Echevins fourniraient cent manouvriers ‘pendant deux mois, pour être employés, sous la direction des ofliciers de

l'abbaye, à faire les « vidanges des terres massives, haussement et baissement des

«terres, rues et cloaques des rues du Four, de Saint Sulpice et autres cireum- « voisins !), »

Au nombre des rues mentionnées dans la liste que donne Corrozet, et dont l'identité est restée jusqu'ici à l’état d'hypothèse, figure celle de Viracoublé; mais, alors même que l'édition du livre des « Antiquitez, chroniques et singularitez de «Paris,» donnée en 1543, ne nous eût point appris les aboutissants de cette rue®), il nous aurait élé facile de comprendre que cette voie ne différait point de la rue des Canettes, puisque nous savons que le seigneur de Villacoublay avait là son habitation, au temps de François [*. Un censier de 1400 indique six ou sept maisons pour le côté oriental de la rue des Canettes, et dix pour le côté occidental. Toutes les maisons dont nous allons parler existaient donc dès le xn° siècle ;

toutefois ce n'est qu'au xvi siècle qu'il est possible de les distinguer entre elles. ] Ï ] 8

CÔTÉ ORIENTAL

JUSTICE

ET CENSIVE DE L'ABBAYE

Mason sans désignation en 1547, puis pe L'Image-Saivr-Crauve (1615), contiguë à la propriété du coin de la rue du Four. Elle en avait fait partie anciennement, el, après avoir été détruite pendant le siége de Paris, elle fut rebâtie en 1605.

Maison sans désignation (1523). Achetée vers 1535, du nommé Bigant, par le président René Gentil, et comprise dans la confiscation de ses biens, en 1543. ainsi que la suivante, elle passa aux mains du cardinal de Tournon, et devint, en 154, la propriété de son neveu, le comte de Roussillon.

Mausox og L'Imace-Norre-Dane (4 hhG-1531), dont les jardins, énoncés comme ayant un arpent et demi, s'étendaient jusqu'aux halles de la Foire, en longeant la partie postérieure des dépendances du presbytère Saint-Sulpice. Elle appartint aux Mathurins, puis à Edmond Hesselin, seigneur de Villepèle. Le 31 décembre 1539, elle fut vendue par la fille de Hesselin, épouse de l'avocat Guy Cotte-

Blanche, à Jérôme Gentil. René Gentil, le père de celui-ci, la posséda d’ailleurs,

® nv. de l'Abbaye. Arch. nat. reg. LL 1145, fol. 11 v°.

® Dans le livre de Goxrozet. la rue des Canette rSainel Sunplie

comme l'indique le censier de 1547, où il est rapporté qu'elle fut confisquée au profit du cardinal de Tournon. On y dit, en outre, que ven partie desquelz -lieux ledict deffunet Gentilz fei

st bastir et édiflier une grant maison de la +modde ytalienne, couverte de thuille, où il y a trois tournelles couvertes d'ar- « doises. »

C'est sur l'emplacement de cette maison, absorbée avec la précédente dans l'hôtel de Roussillon (voir Rue du Four), qu'a été ouverte la rue Guisarde, d'abord dite Guyarde, suivant un ütre du mois d'octobre 1621. De plus, il semble que l'hôtel du comte de Sancerre, qu'on trouve mentionné dans le censier de 1355, et devant lequel se trouvait une masure contiguë à l'hôtel des Carneaux et à ce dernier manoir, s'élevait vers lé lieu où a été percée la rue Guisarde. Il est parlé de cet hôtel du comte de Sancerre dans un document de 1270.

Masox sans désignation (1531), contiguë à la maison du coin de la rue du

Vieux-Colombier. Elle appartint aux marguilliers de Saint-Y ves.

CÔTÉ OCCIDENTAL

JUSTICE

ET CENSIVE DE L'ABBAYE

Grañpe Maison sans désignation, formant le coin de la rue du Vieux-Colombier. C'était d'abord une propriété composée d'une grande et d'une petite maison, avec un grand et un petit jardin. Le tout fut vendu, en 1509, par Gasset le Viel (alias le Véel) à Jean Tabour, orfévre, qui s'en défit, le 19 avril 1590, au profit de Léon le Gentilhomme, prètre et licencié en droit. Celui-ci y fit

bâtir un hôtel important, que possédèrent après lui messire François de Mon-

seaulx, seioneur de Villacoublay (

3h), M° Oudart Hennequin, Christophe de

Thou, avocat au Parlement (1547), puis Philippe Goureau, sieur de la Prous-

tière, maître des requêtes (1576). Dès 1698, on y avait établi un manése, qui ] \ 1 à Oo

fut possédé, vers 1656, par Hugues de Villelongue, sieur de Mesmont, écuyer

ordinaire de la grande écurie, et qui s'est appelé Académie de Mesmont, et plus $ I PI

tard de Vaudreuil.

Musox sans désignation (1595 ).

Masox sans désignation (1576), qui, dans la première moitié du xvr siècle, était confondue avec la suivante.

Maisox pu Péricax (1555-1685). L'emplacement de cette maison et de la pré-

® «Mons. Bernart le Brun, pour sa masure des Querneaux, devant l'ostel mons. de Sancerre, vi 8.» Arch. nat. reg. LL 1033, fol, 30 v°.

RUE DES CANETTES. 17 cédente doit être le même que celui de l'ancien Hôrez «aux Canneauex, » qu'on trouve encore mentionné en 1531. Îl appartenait, en 1306, à l'abbé de Saint- Remy de Reims, lequel, contraint par les moines de Saint-Germain-des-Prés «d'en vider ses mains,» le vendit à évêque de Limoges, Bernard Brun. L'hôtel des Garneaux était peut-être, à celte époque, plus vaste qu'il ne l'a été depuis ; car Bernard Brun, dans une reconnaissance du 2 juin 1310, parle de plusieurs maisons qui y élaient attenantes. Le 2/4 mars 1403, les Quinze-Vingts le cédèrent à Henry Joigneau. Ge dernier l'aliéna, le » janvier 1409, au profit du pitancier de l'abbaye, qui le revendit, le 29 novembre 1446, à Laurent Poutrel.

Mason, sans désignation (1511), propriété de l'abbaye au xvn° siècle. Cette maison, où l’avant-dernière, avait pour enseigne, en 1575, le Purgatoire, et Tune des maisons contiguës à l'hôtel des Carneaux s'appelait l’hôtel.de la Hotte, en 1403.

Mason sans désignation en 1595, puis des: Canettes (1628-170..). Elle fut élevée sur une portion de jardin que J. Daneau, propriétaire de la maison précédente, vendit, en 15411, à Jean de Montjay, à la condition de réserver, auprès de la maison attenante, l'emplacement d’uné ruelle longue de douze toises et large de quatre pieds et demi. Cette ruelle, dont il est encore question en 1529, était une propriété privée et a promptement disparu. Jaillot dit qu'on l'appelait la ruelle du Chef-Saint-Jean.

Entre la maison des Canettes (1) et la maison suivante, il en existe aujourd'hui une troisième, qui semble être un morcellement de cette dernière: elle a eu pour enseigne l’Autruche, vers 1580, et les Canettes-Blanches, en 1698; mais il n’en est point fait mention au xvi* siècle.»Le décrochement que présente le mur mitoyen méridional de la maison de lAutruche nous paraît être une trace du ‘passage de la ruelle.

Masure (1395), puis muson:nu Cuer-Saivr- Jean (1500-1628), contiguë à la maison faisant le coin de la rue du Four. Jaillot dit que l'enseigne de cette maison existait dès le xiv° siècle, de même que la ruelle attenante; mais c'est une

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