RUE DU COŒUR-VOLANT
La rue du Cœur-Volant commençait à la rue des Boucheries et finissait à la rue des Quatre-Vents. Elle est maintenant confondue avec la rue Grégoire-de-Tours, auparavant appelée rue des Mauvais-Garçons.
Suivant Jaillot, dont l'opinion n’a jamais été rélutée, cette rue se serait nommée, jusqu'au xv° siècle, ruelle de la Voirie-des-Bouchers: 1 n’en est rien toutefois. Non-seulement, comme nous le démontrerons, la voirie des bouchers correspond à la rue des Quatre-Vents, mais encore la rue du Cœur-Volant n'a été percée que postérieurement à l'époque où la voirie des bouchers a été transportée hors du boure Saint-Germain. Nous voyons effectivement, par tous les titres et censiers de l'abbaye, y compris celui de 1547, que, dans la première moitié du xvi° siècle, les maisons de l'Écu-de-Bretagne et de la Croix-d'Or, au lieu d'être séparées par une rue où ruelle quelconque, se touchaïent sur la rue des Boucheries, ainsi que sur la rue des Quatre-Vents. Nous constatons même que, de ce dernier côté, la maison de la Croix-d'Or ayant eu cinq toises de façade, la rue du Cœur-Volant a dù être ouverte sur son emplacement;-car, en réunissant sa largeur à celle de la maison
( Dans un titre de 1429, relatif à l'hôtel Casin, la rue des Ciseaux est effectivement énoncée «rue qui va desdits fossez en ladite rue de Blan- «choue. »
® Il n’a pu l'être qu'au xvu' siècle, c’est-à-dire bien après le morcellement de l'hôtel Casin. Le censier de 1687 fait mention d’une petite rue appelée «rue “Gamard,» qui communiquait de la rue Sainte-
Marguerite à la rue du Four, et était située près de la maison du Polonais-Armé, de sorte qu'elle devait déboucher vers le milieu de l'espace compris
entre les rues Mabillon et Princesse. Cette rue
n'était, en réalilé, qu'un passage peu ancien, et dont il ne reste rien aujourd'hui. Elle portait le nom de Christophe Gamard, qui bâtit les maisons du côté
septentrional de la rue Sainte-Marguerite.
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du coin occidental de la rues on retrouve la dimension de cinq toises, donnée par le cueilleret de 1523 comme largeur du jardin de l'hôtel de la Croix-d'Or, près de la rue des Quatre-Vents.
Sur un croquis fait vers 1581, la rue du Gœur-Volant est mdiquée par la formule «rue pour descendre aux Bouscheries,» et le censier de 1595 l'énonce «rue de la Croix d'Or, dicte des Marguilliers. » La première de ces appellations s'explique tout naturellement par la situation de l'hôtel que nous venons de mentionner. Quant à la seconde appellation, elle provient, et c’est là une circonstance ignorée de tous les historiens, de ce que la rue fut percée, par les marguilliers de Saint-Sulpice, à travers une partie de l'hôtel de la Groix-d'Or, lequel fut acheté par eux, dans cette intention, le 27 fé rier 1569, d'un nommé Nicolas Dardelet, ainsi qu'il est rapporté dans un cartulaire de la paroisse. Les marguilliers se proposaient d’aliéner le terrain acquis, et, le 19 mars suivant, ils commencèrent par céder à Jean Ménard ul corps d'hôtel avec un petit jardin sur la nouvelle rue: Celle-ci, dite dans l'acte de vente rue des Marguilliers, existait donc à cette dernière date, avec une dénomination déjà consacrée, On lit dans le censier de 1698 : «rue Neufoe des Marguilliers, dicte du Cœur Vollant,» et, dans les titres un peu postérieurs, rue du Cœur Volant seulement. La rue renfermait dès 1595 nne en-
seigne du Cœur-Volant, origine du vocable actuel; on le trouve employé dans la
troisième partie des Aventures du baron de Fenæste®, ouvrage publié en 1619..et
il devait être usité alors depuis un certain nombre d'années.
CÔTÉ ORIENTAL
JUSTICE
ET CENSIVE DE L'ABBAYE
Dépevoaces de la maison de l'Amage-Sainte-Catherine (1595), contiguë à la maison de l'Écu-de-Bretagne, faisant le coin de la rue des Boucheries. Le terrain occupé par ces dépendances et par les propriétés suivantes était compris dans l'hôtel de l'Écu-de-Bretagne, avant le percement de la rue.
Prace evose (1595), puis Musox ve za Cronx-ne-Fer (16928). La partie postérieure de cette maison occupait un emplacement qui avait précédemment fait partie de la maison de YImage-Sainte-Catherine, sise en la rue des Boucheries.
Aurne p1acE e1ose (1595), attenante au jeu de paume qui faisait le coin de la rue des Quatre-Vents. Il sy trouvait deux maisons en 1628.
Arch. nat. reg. LL 95, fol. 344 1°. — Voir l'édition qu'en a donnée Mérimée, p. 155.