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RUE DU COLOMBIER. 61 CÔTÉ OCCIDENTAL

JUSTICE

ET CENSIVE DE L'ABBAYE

Mason sans désignation (1595), contiguë à la maison faisant le coin de la rue des Quatre-Vents. Ainsi que toutes les suivantes, elle fut bâtie sur un emplacement qui provenait du morcellement de la maison de la Croix-d'Or, située en la rue des Boucheries.

Maison sans désignation en 159, puis pe L'Image-Sanr-Axrone ? (1 628).

Maisox pu Cosur-Vozanr (1 59»).

Maison sans désignation (15

EE

99). C'est le corps d'hôtel (avec petit jardin attenant) qui fut baïllé en 1560 à J. Ménard, par les marouilliers de Saint-Sulpice. / I 9 Ï O l

Gonrs wnôrez dépendant de la maison du Ghef-Saint-Denis, et contigu à la

maison faisant ie coin de la rue des Boucheries.

La rue du Colombier commençait à la rue de Seine et finissait au droit de la rue Saint-Benoît; on ne la distingue plus aujourd'hui de la rue Jacob.

Cette rue était anciennement un chemin qui conduisait au Grand-Pré-aux-Cleres, en longeant d'un côté le fossé de l'Abbaye, et de l'autre le Petit-Pré-aux-Clercs. On ne lui donnait aucun nom particulier, si ce n’est peut-être celui de chemin du Pré-aux-Cleres, et, d'ailleurs, il en est à peine question avant l’époque où le Petit- Pré fut baillé à bâtir. Jaillot assure qu'en 1585 on l'appelait rue du Pré-aux- Clercs, et on la trouve encore désignée par la formule analogue de + ruelle qui va aux «Prés aux Cleres,» dans un titre de 1607. Nous avons lu dans d’autres titres «chemin à aller au Pré aux Clercs»(1545,1553, ete.) et « Grant rue tenant aux « lossez de l'Abbaye» (1546). Quant au nom de rue du Colombier, il ne nous est point apparu avant 1589, et il provient de la proximité du colombier du monastère, puisque, dans un document de 1553, la troisième maison du Petit-Pré-aux- Cleres est énoncée + devant le colombier de l'Abbaye. » Ge colombier existait déjà en 1496; cependant il est à croire que la rue n’a porté ce nom que vers la fin du xvi siècle, et nous sommes parfaitement sûr que, contrairement à l'opinion de Jaillot, les indications antérieures d’une rue du Colombier se rapportent exelusi-

vement à celle des environs de Saint-Sulpice. D'ailleurs, la rue du Colombier est

demeurée à l'état de simple chemin, dépourvu de toute construction, jusqu'en 1543, etil n'y avait point lieu de la regarder auparavant comme une rue. C'est, en outre, depuis 1 5h1 seulementque, l'ilot de l'Échaudé ayant été bâti, elle à atteint la rue de Seine. Moins large que le reste, la section comprise entre cette dernière rue et celle de T'Échaudé a été appelée «petite rue allant sur les fossez de l'Abbaye «et au Pré aux Cleres,» en 159b, et «petite rue par laquelle on va au Pré aux « Ceres,» en 1547.

La rue du Colombier a été pavée aux frais des propriétaires, et en vertu d'un arrêt du Parlement du 5 août 1586 0. Le 4 octobre de l'année précédente, lalignement définitif en avait été fixé, de concert avec l'Université, par Pierre Martin, voyer de Saint-Germain, qui, le lendemain, défendit aux charretiers d'y passer, et ordonna de mettre. aux extrémités, des barrières destinées à être fermées la nuit ®.

Jaillot dit que, avant 1585, la rue du Colombier était plus rapprochée de la rivière, par suite de l'existence du fossé qui entourait l'abbaye: mais il se trompe :

la rue moderne occupe exactement la mème situation que l'ancien chemin lon-

geant ce fossé. Nous en avons acquis la certitude en étudiant les baux des terrains du Petit-Pré, qui n'a point été agrandi, et en constatant que les maisons du côté

méridional de la rue, adossées à l'enceinte du monastère, présentent une pro-

fondeur de dix toises environ, équivalente à la largeur du fossé, qu'on retrouve en cet endroit même, à lorient et au midi. Les maisons du côté méridional de la rue du Colombier ont eu leur mur de face posé sur la contrescarpe du fossé. Au reste , il est certain que la rue du Colombier n'a jamais été plus près de la rivière

qu'aujourd'hui; elle a dû, au contraire, en être un peu plus éloignée. Le chemin

qui à précédé la création des fossés occupait, en effet, une partie de l'emplacement de ces fossés; il était done plus distant de la Seine que ne l'est la rue actuelle. I longeait le pied des murs du monastère, passant entre ces murs et la chapelle Saint-Martin-des-Orges ; une sentence de 1278 l'énonce rantiqua via quæ olim

« fuit inter dictam capellam veterem et murum abbatiæ Sancti Germant. »

CÔTÉ MÉRIDIONAL

JUSTI

ET CENSIVE DE L'ABBAYE

Maison Avec

janDIN , « où souloit estre, au dessus de la porte, LA Coroxe (1599), el qui faisait le coin occidental de la rue de l'Échaudé. En 1595, elle appartenait

Cet arrêt est le même que celui qui ordonna % L'inventaire de l'abbaye parle de barrières

la continuation de la rue de l'Égout. et non de portes, comme on l'a dit tant de fois.

au sieur de Chanteloup, qui la tenait des hoirs du sieur de Moussy, le propriétaire de la tuilerie voisine, lequel l'avait fait bâtir, avant 1547, sur deux lots de terre, l'un de neuf perches et demie et l'autre de six. Gette maison, dont le plan triangulaire, ou plutôt trapézoïdal, s’est maintenu intact, tenait vers l'occident à un petit chemin longeant le fossé de l'Abbaye. De ce côté, le mur mitoyen entre les deux propriétés est à peu près parallèle à la direction biaise que présentait celui du monastère. Vers le milieu du siècle passé, la maison de la Couronne était connue sous le nom d'hôtel de Luynes.

La maison de la Couronne a longtemps été la seule qui existät du côté méridional de la rue du Colombier, et, au delà, on ne voyait plus que le fossé de l'abbaye, déjà presque entièrement comblé en 15480. L'an 1585, le cardinal de Bourbon en céda la propriété à ses moines, en leur interdisant de le bailler à bâtir, mais en leur laissant Ja faculté de le clore d'un mur, ce qu'ils firent jusqu'au droit de la tour du Colombier; c’est à cette occasion que fut pris l'alignement du l octobre 15850. À cette même époque, on creusa de nouveau une partie du fossé, longue, dit D. Bouillard, de trente-trois toises trois pieds et demi, et, après l'avoir revètue de maçonnerie, on la transforma en un vivier ®). L'emplacement de ce vivier a été depuis absorbé par le grand jardin du monastère, et n’a laissé aucune trace pouvant aider à vérifier l'exactitude des dimensions que lui attribue D. Bouillard. Il est certain, au surplus, que le vivier formait l’encoignure de la rue Saint- Benoît, et que, à l'époque où il fut détruit, on comprenait, sous le nom de le Vivier, les deux tiers environ du fossé de la rue Saint-Benoît. Les maisons placées entre celle de la Couronne et le jardin du couvent ont été construites à partir de 1640. Un des baux porte la date du 5 juillet 1641.

Au côté méridional de la rue du Colombier se rattache le souvenir de la CHAPELLE SAINT-MARTIN-LE-VIEUX , ou SAINT-MARTIN-DES-ORGES. Elle appar-

tenait à l’Université et était située + sur sa terre, » c’est-à-dire sur le Pré-aux-Clercs.

En 1978, elle fut rebâtie, ou du moins restaurée, ce qui prouve qu’elle était déjà ancienne, et les moines de l'abbaye furent alors condamnés à y entretenir un chapelain. Elle n'en possédait point antérieurement : le service religieux ne sy faisait que par occasion et d'une façon accidentelle. Elle est énoncée simplement Capella Sancti Martini dans l'épitaphe de l'abbé Simon, mort en 19/4; puis : Vetus capella

®) Car sont encore, de présent, les vestiges main-des-Pres , p. 184) que, vers 1543, les moines «desdicts fossez apparens;» c'est ce qu'on lit dans firent aussi creuser le fossé du côté du Pré-auxles plaidoiries du procès qui eut lieu alors entre Cleres, afin que l'eau, y venant avec plus d'abonl'abbaye et l'Université. dance, formât une espèce de vivier. Cette assertion

* D'après l'inventaire de l'abbaye, l'Université est fondée sur un article de l'inventaire des titres: aurait consenti, dès 1584, à la clôture des fossés toutefois, comme en 1543 la Noue, ou Petite-Seine, du monastère. était comblée en partie, on ne voit pas comment ce

D. Bouillart dit (His. de l'abbaye Saint-Ger- vivier devait être alimenté d'eau.

Sancti Martini infra muros abbatie en 1278, Capella vetus Beaii Martini juxta ecclesiam nostram en 1285, Capella vetus Sancti Martini juxta muros abbatie en 1286, et enfin Capella Sancti Martini de Ordeis en 1317, 1368 et 1369. On la jeta bas en 1368, et la chapellenie qui y avait 6t6 fondée fut transférée dans l'église de l'abbaye, où on lui donnait quelquefois le nom de chapellenie des Bienfaiteurs. Puisque la chapelle Saint-Martin-des-Orges disparut pour faire place aux fossés du monastère, il y a tout lieu de croire que l'édifice était très-voisin des murailles du couvent, dont un chemin seulement la séparait. D. Bouillard assure qu'elle s'élevait vers l'angle du grand jardin, proche du Pré-aux-Cleres, c'est-à-dire au lieu qu'oceupe maintenant la maison sise rue Jacob. entre les rues Saimt-Benoit et Bonaparte. Cette indication doit être exacte. En ellet,.c'est au nord du monastère que se trouvait certainement la chapelle, puisqu'il estparlé, dans une charte de 1317, d'un terrain s'étendant entre ce petit édifice et les jardins de Nesles : « Platee site inter capellam Sancti Martini de Ordeis et muros jardini de Nigella; » et, d'un autre côté, dans une transaction de 1289, citée par Du Boullay, une place qui y était contiguë, et où l'on voulait bâtir une maison pour le chapelain, est dite tenir de deux côtés à des voies publiques : « Quadam platea sila apud «Sanctum Germanum de Pratis, prope Parisius, contigua, ex una parte, sive ex «uno latere, capelle Sancti Martini Veteris de Sancto Germano, et, ex alia parte,

«domui dicti magistri (Petri de Ancelira). et, ex terlio latere, est via pu-

«blica: ex quarto vero latere, est via publica, et prope muros abbatie dicli Sancti | ] F

+ Germani D).

Sur une partie de l'emplacement oceupé par la chapelle Saint-Martin-des- Orges, à l'angle que formait en cet endroit le mur de clôture de l'abbaye, c'està-dire à la jonction des rues du Colombier et Saint-Benoît, on construisit, dans le premier quart du xvnt siècle, un pavillon de garde, ou de jardinage, qui à subsisté jusqu'à nos jours. Une petite tourelle quadrangulaire, à consoles sculptées, y était accolée dans les mêmes conditions que celle de l'hôtel Lamoignon. qu'elle surpassail en élégance, comme le prouve la planche ci-jointe. Gette échaupuelle , qui rappelait celles des rues Hautefeuille et des Francs-Bourgeois, de la place de

Grève et de la Maison de Ville, a disparu vers 1850 ©.

Du Boullay, Historia Universitatis, vol. HE, p. 490. Un terrain en forme de T, placé à l'angle des deux chemins représentés par les rues Jacob et Saint-Benoît, satisferait aux conditions énoncées dans la charte de 1317 et dans la transaction

de 0.

Feu Berty, on le sait, avait adopté, pour point extrême de son travail de restitution. l'année 1610,

date de la mort de Henri IV. I Jui semblait qu'elle

marque à Paris le terme du moyen âge, ainsi que de la Renaissance, et que la topographie parisienne

des deux derniers siècles, d'ailleurs beaucoup plus

facile à retracer, appartient au Paris contemporain. Cette opinion nous a paru lrop absolue : partout

où nous avons jugé utile de franchir la date de 1610.

nous l'avons fait sans scrupule, ajoutant, comme nous le faisons ici, un paragraphe au texte et une

gravure à la série des planches. — L. x. 7.

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