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JUSTICE DE L'ABBAYE SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS, CENSIVE DE L’UNIVERSITÉ

(Petit-Pré-aux-Cleres. )

Granpe maison sans désignation, faisant le coin oriental de la rue Bonaparte et äboutissant rue des Marais. Elle occupe la moitié d'un terrain de cinquanteneuf perches de superficie, qui était encore vague lorsque, le 21 février 1565, l'Université le bailla à Alexandre Papin, écuyer et seigneur de Beaulieu, moyennant deux sous parisis de cens, douze livres de rente, et à charge de bâtir avant cinq ans. Mais cette dernière clause ne fut point observée par le preneur, qui se défit de sa propriété, le 5 février 1584, au profit du maçon Christophe Mercier, ou Le Mercier, demeurant « au logis de Neesle. » Le Mercier divisa son lot en deux parcelles, et céda celle du com, le 11 novembre 1584, à Baptiste Androuet du Cerceau, architecte du roi et fils de Jacques Androuet du Cerceau, l'auteur du livre « des plus excellens bastimens de France. » Dès l’année suivante, une maison, « bastie avec grand artifice et plaisir, » s'élevait sur le terrain de Baptiste Androuet, qui avait sans doute déployé tout son talent dans la construction de sa nouvelle demeure. Toutefois il ne put en jouir bien longtemps; car, au mois de décembre, aimant mieux, dit Lestoile, « quitter... ses biens que de retourner à la messe, »il fut obligé de s'éloigner et d'abandonner sa maison, « qui fust toute ruinée sur Jui. »

Nous avons établi que Baptiste Androuet, à la suite de cet événement, ne quitta point la France, comme on l'a longtemps cru, et qu'il resta même au service de Henri II; mais nous ne saurions dire si, avant la reddition de Paris en 1594, id revint habiter sa maison, qui dut être une fois de plus saccagée pendant le siége de la Ville. Le 23 mars 1609, Marie Raguidier, veuve de Baptiste Androuet et tutrice de leurs enfants, vendit la maison à son beau-frère Jacques Androuet du Gerceau, architecte et contrôleur des bâtiments de la Couronne. Après la mort de celui-ci, qui fut enterré le 17 septembre 1614, sa femme, Marie de Malaper, continua à habiter la maison, et elle la laissa en héritage à leur fille Marie Androuet, laquelle épousa Élie Bedée, propriétaire de la maison voisine D),

Mason sans désignation, aboutissant rue des Marais, et élevée sur la seconde parcelle du lot de Le Mercier, parcelle qu'Antoine Delaistre, veuve de ce dernier,

® Conf. la notice sur cet architecte dans la Topographie historique du Vieua* Paris (Région du Louvre et des Tuileries, £. I“, p. 273. — ® Arch. nat. cart. S 6188.

vendit, le 11 juillet 1602, à Jean Bedée, sieur de la Gourmandière, avocat au Parlement. Jean Bedée y fit bâtir une maison qu'il transmit à ses deux fils David et Éliel), et qui fut acquise, le 29 février 1669, par Alexandre-Simon Bolé, seigneur de Champlay.

Mason sans désignation, aboutissant rue des Marais, et construite sur un terrain dit de trois cents toises, accensé par Pierre Leclerc à Jean Courjon, bourgeois de Paris, le 7 mars 1546. Cette maison, qui présentait onze toises de façade sur la rue du Colombier, neuf toises sur la rue des Marais, et plus de trois cents toises

de superficie totale, appartenait, en 1547, à Jean Beddon, par la fille duquel elle

fut vendue, le 2 août 1582, à François Coignet, sieur de Pontchartrain. Ge dernier la revendit, le 12 novembre suivant, à Jean Honoré, écuyer, sieur de Bagis. Dans l'acte de vente, la maison est énoncée «joignant la barre du Pré aux Cleres… «et faisant Fun des coings dudict Pré» (le terrain de Papin n'était point bâti). Vers le milieu du xvn° siècle, Marie Thibalier, descendante de Jean Honoré, la fit abattre et rebâtir en deux propriétés distinctes, lune sur la rue du Colombier et l'autre sur la rue des Marais. Au commencement du xwmf siècle, la partie donnant sur la rue des Marais formait une propriété à part, nommée Fhôtel de Rannes et possédée par Louis d'Argouges, marquis de Rannes.

Musox sans désignation, aboutissant rue des Marais, et élevée sur la parcelle dont Pierre Leclerc se réserva la possession lorsque, le 31 octobre 1559, il rétrocéda le Petit-Pré-aux-Clers à l'Université. Les héritiers de P. Leclerc abandonnèrent cet emplacement, où il existait un jardin, au cardinal de Givry ©, qui, le 9 avril 1604, le vendit à Guillaume Lusson, docteur en médecine. De la famille Lusson, la maison passa à la fâmille des conseillers Loiseau, en 1658. Vers le même temps, elle formait deux propriétés, dont Fune faisait hache derrière l'autre.

Maisox sans désignation, élevée sur une place, dite de cent soixante-huit toises et n’en renfermant réellement que cent cinquante-six, baillée, le 18 juin 19 L5 , par P. Leclerc à Jean Dupont, sergent à verge. Le 6 mai 1547, cette place ayant été mesurée, on trouva qu'elle avait, hors œuvre, six toises moins dix pouces de largeur sur la rue du Colombier, vingt-quatre toises de profondeur par son milieu, et sept toises dix pouces de largeur à son extrémité septentrionale, qui demeurait ouverte et donnait sur «ung heurt descendant en bas à ung lieu x que lon disait “estre en différent entre ledict Leclere et Me Pierre Boullant.» Le terram fut vendu, le 13 mai 158, par les héritiers Dupont au procureur Guillaume Guyon:

et une maison que celui-ci parait y avoir construite fut aliénée par sa veuve, le

17 mai 1605, au profit d'Etienne Tricot. Suivant Pourchot, le 10 juin 1619. les

files de Guyon vendirent à Jean Boyer les deux tiers d'une autre maison élevée

” Elie Bedée, alias Bedaÿ sieur des Fougerais, © Anne de Peyrusse d'Escars, cardinal de Givry, reçu docteur en médecine l'an 161, et praticien né le 29 mars 1546, mort le 19 avril 1619, à fort connu de son temps. l'âge de soixante-sept ans.

RUE DU COLOMBIER. 67 sur le terrain de Dupont; mais nous croirions plutôt que cette seconde maison occupait une partie du lot de Leclerc, qui aurait été annexé à celui de Dupont. Quoi qu'il en soit, les deux maisons, réunies en une seule, dépendaient, au xvin® siècle, de la grande propriété contiguë et précédemment énoncée.

Mason sans désionation, élevée sur un terrain de cent cinquante-huit toises,

baillé par P. Leclerc, le 18 juin 1545. à Robert Sourdeau, praticien, qui, le [ ? J > 27 janvier 1547, l'échangea avec Henry Millet (alias Jean Mallet). Jean (alias André), frère de celui-ci, vendit, le 20 décembre 1559, la maison bâtie sur ce terrain à Ambroise Amy, procureur, aux héritiers duquel elle ap artint ensuite Var )

pendant longtemps. À la fin du xvnt siècle, elle était divisée en deux. après l'avoir été en trois. Aujourd'hui, elle forme hache, après avoir été agrandie, dans sa partie postérieure, aux dépens du manége Boulanger de Viarmes, qui tonstituait son aboutissant en 166.

Musox sans désignation, construite sur un terrain large de six toises du côté

(e] ? eo] de la rue du Colombier, de sept toises et demie à son autre extrémité, et contenant cent cinquante-deux toises de superficie. Ce terrain fut baïlé, le 18 juin 1545, à Nicolas Baujoan, maître brodeur, par lequel vingt-quatre toises et demie furent cédées au procureur Gabriel Montaigne, pour l'accroissement d’une maison dont O Jl l'entrée était en la rue de Seine. Le lot de Baujoan appartenait, en 1568, à Ambroise Amy, et la maison qui y fut bâtie parait être celle que le nommé Régnier vendit au procureur Étienne Bonnetz le 4 août 1607, et que celui-ci, le 7 octobre 1629, donna à sa fille, à l’occasion de son mariage avec Pierre Calluze. 9 ? Le] Deux masoxs sans désignation, élevées sur un terrain de cent quarante-six (eo) : |

toises, baillé, le 5 janvier 1544, par P. Leclere à Husson Frérot, doreur sur fer.

«M. René Reionier, dit Pourchot, ayant acquis les droits dudit Frérot, fit bastir

: deux maisons sur ladite place, et, après sa mort, sa veuve Marguerite Lespicier

“ayant fait saisir réellement ladite maison sur M. Pageot, tuteur des enfans mineurs

+ dudit défunt Reignier et d'elle, par sentence. du 31 mai 1628, elle fut adjugée «à M. Athanase Amy, avocat. »

Mason sans désignation, élevée sur un terrain de cent quarante-deux toises, baillé, le 5 janvier 1544, par P. Leclerc à Guillaume Maillard, libraire et doreur de livres. auquel, en 1545, était substitué Jean Bonamy, aussi libraire. Cette maison, dite en 1553 située « devant le colombier de Abbaye, » aboutit aujourd’hui à la suivante, qui fait hache derrière et a été agrandie à ses dépens; néanmoins, en rétablissant la partie supprimée, on ést encore Join de trouver la surface de cent quarante-deux toises, énoncée dans l'accensement.

Maison sans désignation, bâtie par Marin Duhaval (alias Duhamel), prêtre de Saint-André-des-Arts, sur un lot de terrain acquis par lui, le 22 août 1545, du brodeur Richard Carré, et faisant partie d'une pièce de cent trente-huit toises baïllée par P. Leclerc à Carré, le 5 janvier 1544. La maison de Duhaval fut

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vendue par ses héritiers à messire Jean de Feu, conseiller au Parlement, et l'un de ceux que les Seize proscrivirent au mois d'avril 1591.

Maisox sans désignation, élevée sur un lot de soixante-quatre toises, partie de celui qui fut accensé à Carré, en 1544. Ce lot de soixante-quatre Loises fut vendu par Carré, le »8 août 1554, à Adam Godard, marchand au Palais, qui y fil bâtir une maison, et la céda, le 29 janvier 1556, à François Desprez, « commis «à relier les livres de la Chambre des comptes. » Catherine Longis, veuve de ce dernier, s'étant remariée en secondes noces au chirurgien Christophe Godin, les enfants nés de ce mariage échangèrent la maison, le 23 juillet 1597, avec le procureur Jean Petit, par la fille duquel elle fut vendue au procureur Michel Pous- /

teau, le 8 juillet 16:

. I y avait, par derrière, un petit emplacement de cinq

toises carrées, qui formait une encoignure du Pré et qui fut cédé, le 2 novembre

1543, à Louis Lemaignan, pour l'accroissement de sa maison de la rue de Seine.

La maison bâtie par Adam Godard, rue du Colombier, et située à 34,70 du coim l ; 7

de la rue de l'Échaudé, était la première du Petit-Pré-aux-Cleres.

LE PETIT-PRÉ-AUX-CLERCS. En 1368, lorsque, pour creuser ses foss l'abbaye eut besoin d’une certaine quantité de terrain appartenant à l'Université, elle lui abandonna, entre autres choses, à titre d'indemnité, une pièce de terre qu'on disait contenir deux arpents el demi. Cette pièce de terre est celle qui à été nommée depuis le Petit-Pré-aux-Cleres. Elle renfermait, en réalité, près de trois arpens el trois quartiers, et Fon ne voit pas néanmoins qu'il y ait jamais eu de contestation importante sur sa contenance. Ses limites étaient, au midi, le chemin

sur les fossés, ou rue du Colombier, à l'ouest, le chemin de la Noue (rue Bona-

parte), au nord, une ligne longue d'environ cinquante toises, parallèle à la rue des Marais et commençant à 27 mètres au delà du coin de cette rue. Vers lorient, le Petit-Pré-aux-Cleres présentait un grand angle rentrant, dont le tracé précis ne nous laisse aucune incertitude, bien qu'il ne se rencontre nulle part.

L'an 1539, le Petit-Pré-aux-Cleres, exposé à de continuelles usurpations, de-

venu un réceptacle d'immondices et souvent mondé au temps des hautes eaux, ne produisait plus rien à l'Université. 1 lui était, au contraire, onéreux par les dépenses que coùlait périodiquement l'entretien des fossés dont il était entouré. L'Université résolut en conséquence de laliéner. La proposition en fut faite le 31 mars, el la question, soulevée déjà six ans auparavant, ayant été agitée dans des assemblées des 5, 6 et 21 juin, on convint d'annoncer, par des afiches, que le Pré serait baillé aux enchères. Plusieurs acheteurs se présentèrent immédiatement: mais l’'accensement ne fut décidé que le 29 mai 15ho, et il s'effectua le 2 juin suivant, au profit de Pierre Leclere, vice-gérant du conservateur des priviléges

® On le trouve cependant sur le plan levé en 1548, plan que reproduit l'atlas de 1753 (Arch. nat.

atlas n° 39). — ru. v.

apostoliques, dont la redevance fut fixée à deux sous parisis de cens et à dix-huit livres de rente annuelle. Ce chiffre était le résultat d'une première enchère du prêtre Claude Barbier, qui, le jour de l'adjudication, en offrit une seconde dont on ne tint pas compte.

Barbier, mécontent de ce procédé, intenta à Leclerc, devant le Parlement, un procès qui fut terminé, en août 15/42, par un arrêt donnant gain de cause à Leclere et à l'Université. Leclerc eut pareillement maille à partir avec l'abbé de Saint- Germain, et, la minute du contrat de 1540 ayant été égarée, le 31 mars 1543 on en passa un nouveau, que Leclerc fit homologuer le A octobre par les vicaires de lévèque de Paris. Le jour même il commença la vente du terrain, divisé en parcelles. Nous venons d'indiquer la plupart des transactions relatives à cette vente. y compris la dernière, qui est du 7-15 mai 1546.

Le traité avec Pierre Leclerc n'avait point été conclu sans soulever de lopposition au sein de l'Université. Les écoliers regrettèrent cet amoindrissement de leur fief, et prétendirent qu'il constituait une spéculation imaginée dans l'intérêt de certains de leurs suppôts. Les plaintes prirent bientôt un tel caractère de vivacité, que les chefs de l'Université, entraînés, demandèrent au Parlement la cassation du traité, et, ce qui était fort injuste, la démolition des maisons construites

en vertu des baux passés par Leclerc. Celui-ci fut amené, le 17 avril 1549, à

résilier tous ses droits, dont il proclama derechef Fabandon le 31 octobre 15

mais à la condition qu'il demeurerait possesseur d’un lot et que les maisons ré-

cemment élevées seraient laissées intactes. L'Université recouvra ainsi la propriété

du Petit-Pré-aux-Cleres. En 1559, il était entièrement couvert d’édifices et de jar-

dins, à l'exception de cette pièce de cinquante-neuf perches qui était en bordure

sur Je chemin de la Noue et ne fut accensée qu'en 1565 (0,

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