ORIENTALE DE L'ABBAYE DE S.GERMAIN DES PREZ TELLE QU'ELLE ETOÏT EN
(Planche insérée par Dom Bouillart dans sou Histoire de l'abbaye de Saint-Germain-des- Prés, page 160
ABBAYE DE SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS. 111 ment effacée, tant par le percement de deux rues récentes que par la démolition des grands édifices claustraux, dont il ne subsiste plus que l'église et le palais abbatial, devenu propriété particulière.
Le palais abbatial, restauré et modifié en 1691, est bâti en pierres eb en briques; il consiste en un corps d'hôtel, flanqué d’un grand pavillon en retour d'équerre, à la suite duquel est une petite construction, également en manière
de pavillon. L'ordonnance, surchargée de bossages,ne manque point de grandeur,
et l'édifice, bien que pâté, mérite plus d'attention qu'on ne lui en accorde ordinairement. Dans un des frontons du pavillon d'angle, on observe une figure, de mauvaise exécution, qui tient un cartouche sur lequel est posé un écusson. Cet écusson, mutilé, ne porte aucune charge; il paraît avoir été timbré d’un chapeau
de cardinal, dont les cordons sont encore distinets.
L'église de l'abbaye, dont la maçonnerie aceuse d'innombrables reprises, fort gênantes pour l'étude, est maintenant l'un des vieux monuments les plus considérables de Paris. Elle se compose d'une nef de cinq travées, à bas côtés simples, précédée d'un porche que surmonte une tour; d'un transept; d'un chœur de quatre travées, garni de collatéraux simples, avec chapelles latérales; enfin d'un chevet circulaire, garni de cinq absidioles. Dans tout l'édifice, le porche et la tour dont il est surmonté sont seuls l'œuvre de l'abbé Morard 0); encore faut-il en retrancher l'étage supérieur de la tour, qui date de la fin du x1° siècle, et la baie ogivale du portail, construite au milieu du xn°. Cette baie, sur l'âge de laquelle on à jadis avancé beaucoup d'erreurs, a son linteau orné d'un bas-relief repré sentant la Cène; avant la Révolution, les pieds-droits en étaient décorés de huit
statues de personnages, sur l'identité desquels on a aussi disserté longuement 2 el Le] Le]
” La tour est celle dont fait mention l'épitaphe dehors, celles de saint Germain, de Clovis, de Clo-
de Morard. Lebeuf, qui la croyait mérovingienne, tilde et de Clodomir: au midi, celles de Thierry,
dit (p. 427): rJe penserois aussi volontiers que de Childebert, de la reine Ultrogothe et de Clotaire.
“cerlaines arcades et voûtes, par où l'on va de la lour septentrionale à la chapelle de la Vierge, «hors l’église, après avoir descendu huit marches. peuvent être de ces tems-là, ou approchant. » Ces voüles, situées entre le chapitre et les sacristies, sont détruites.
? L'une de ces figures était incontestablement celle de saint Germain; quant aux autres, toutes couronnées , il est bien diflicile de ne pas y voir des princes et des princesses de la famille de Clovis, puisque D. Ruinart avait ln, sur deux des phylac-
ières des statues , les noms de CLonournvs et Curo-
(tri }vs, et que Clotaire et Clodomir furent les frères de Childebert, qui fonda l'abbaye. On croit que les
statues élaient, au nord et en allant du dedans au
Cependant Lebeuf (t. IE, p. 431) est d'avis que ces figures, à l'exception de celles qui avaient une iuscription, représentaient des rois et reines de l’ancienne loi. Cette opinion paraît ici insoutenable
car comment imaginer que les moines de l'abbaye
reconstruisant leur portail au xn° siècle, y aient placé la statue de Clodomir et non celle de Childebert, dont ils se plaisaient à invoquer si souvent le souvenir ? Et d'ailleurs, la présence de Clotaire et de Clodomir n'implique-t-elle pas celle de Clotilde partant de Clovis, ete. ?
Lebeuf dit aussi que la porte avait jadis un trumeau auquel étail accolée une statue, et que cette statue, ayant été déplacée, était probablement celle qu'on voyait au côté septentrional de l'église, qui
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éœaéiisie
qui ont été brisées. La nef et ses bas-côtés indiquent la fin du xr siècle et présentent plusieurs chapiteaux historiés fort curieux à étudier. Les bases des piliers sont modernes : le sol a été remué sous la Restauration. La voûte de la nef fut faite en 1644 et remplaça un lambris, dont on retrouve les traces dans les combles®. En 1653 existaient, accolées au bas côté méridional, deux ou trois chapelles qui ont été jetées bas pour l'établissement d'un cimetière. Dans le transept, les piliers de la croisée sont du xu° siècle; mais les croisillons, avec leurs grandes fenêtres géminées, appartiennent à la fin du x; ils ont été fort remaniés dans leurs voûtes et leur ornementation vers 1644. La chapelle à lanterne et la porte à côté sont de cette dernière époque. Le chœur, dont le trilorium offre, particularité rare, plusieurs fûts en beau marbre varié(), a été bâti tout d’un jet, ainsi que ses dépendances, au milieu du xn° siècle, et a été terminé peu avant la
consécration de 1163.
La basilique Saint-Germain possédait naguère encore {rois tours, ou clochers : celle du portail, qui subsiste. et deux autres adossées aux croisillons et au chœur. La tour du portail s'appelait au moyen âge turris plumbala, évidemment parce que la flèche qui la surmontait était revêtue de plomb. Elle renfermait les eloches qu'on sonnait aux grandes fêtes. En 1557, les deux qui s’y trouvaient, étant rompues, furent descendues au bas de la nef, où elles demeurèrent jusqu'à ce que, par un marché passé au prix de 4oo livres, Pierre le Roy les prit pour les refondre dans des proportions plus fortes qu'auparavant. La première fut coulée au mois de septembre 1580, et la seconde au mois de janvier 1581. Les tours du transept, abattues en 1899 et 1823, ne remontaient probablement qu'au x siècle. Suivant lOrdinaire publié par D. Bouillart 6), celle du midi se nommait anciennement lurris major où magna, Cl elle renfermait un autel consacré à saint Michel, ce qui signifie sans doute que cet autel était dans le croisillon, sous la tour. Celle du nord était qualifiée de turris minor où parva, parce qu'elle était
moins haute, et Lebeuf dit qu'on voyait aisément qu'un étage y avait élé ajouté.
a passé pour une image de la déesse Isis , et qui fut Nous en jugeons surtout par des colonnettes détraite en 1514, parce qu'elle était devenue l'objet du croisillon sud, lesquelles ont conservé leurs bases d'un culte superstilieux; mais on sait que celte et leurs chapiteaux intacts. La décoration d
statue était de plâtre, et il serait fort étrange qu'une pelles de Saint-Casimir et de Sainte-Marguerite à statue ornant un trumeau du xu° siècle fût en pa- élé exécutée vers 167, d'après les dessins de reille matière. Bullet.
ü) Ces chapiteaux ont été refaits vers 1820. Les (Aujourd'hui toutes les colonnettes de ce trioriginaux sont au musée de Cluny. M. Albert Le- forum paraissent être en marbre; quelques-unes noir à publié les plus curieux dans sa Statistique seulement sont réellement de celle matière; les monumentale. — TH. v. autres, qui sont en pierre, ont été stucquées en
Les chapiteaux de cette voûle, qui étaient de imitation de marbre, il y a plusieurs années, pour style composile, ont été refails récemment dans le les accorder d'aspect avec les premières. — 7n. v. style de l'époque de transition. 5 Pages cxxxv, 1, CLY el CLVII.
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