‹ Topographie historique du vieux ParisChapitre 81 sur 202 · RUE D’ENFER · texte numérisé non relu

RUE D’ENFER

L'hôtel de Bourges, ne contenant que trois arpents environ, n'atteignait point, vers l’ouest, les limites du clos. La superficie de ce clos, qui sans doute a beaucoup varié réellement, est fort différemment indiquée dans les titres. Elle est évaluée à huit arpents, en 1293 et 13/48; à quatre arpents et demi, en 1453: à cinq arpents un quartier, en 1h39; à cinq arpents trois quartiers et cioq perches, dans un arpentage du À septembre 1570 ; à sept arpents trente-huit perches, dans un autre d'avril 1619, et à sept arpents un quartier, en 1615; mais ces dernières estimations ne comprennent point les mille quatre-vingts toises absorbées dans le palaisetle jardin du Luxembourg. Nous aidant des divers documents graphiques ou écrits, que nous fournissent les archives de la Confrérie. nous {rouvons que, aux derniers temps de son existence, le Clos-aux-Bourgeois, formant un des côtés de la rue des Francs-Bourgeois, se développant sur une longueur de soixante et une Loises dans la rue de Vaugirard et sur une longueur de trente-trois toises dans la rue d’Enfer, présentait une surface totale d'environ huit

arpents et demi.

Le Clos-aux-Bourgeois nous apparaît pour la première fois, en 1344, avec cette

dénomination. [l à été dit également «eloz de la porte d'Enfer» (1 348), et «le

«Mertray» ( 2) où « Martroy.» Un registre de 1348 rapporte que «le eloz de «ladite Confrérie... soulloit estre appelé Ghastelet Ë),» ce qui fait allusion à la vigne de Castellulo, un des objets de la transaction de 1917. Dans un grand nombre de pièces se rencontre la locution «au clos de Vignerai, où au clos aux « Bourgeois, » parce que, suivant une habitude ordinaire en pareil cas, on comprenait sous le nom de Glos-aux-Bourgeois non-seulement les terres de la Confrérie, mais encore celles qui y étaient attenantes et méritaient plutôt d'être considérées comme dépendant du territoire de Vignerai, dont les limites n'étaient point rigoureusement fixées. Une raison analogue a produit quelque confusion

entre les climats du Glos-aux-Bourgeois et du clos Saint-Sulpice ; le fief de la Con-

frérie a néanmoins été toujours fort distinct de la propriété de Saint-Sulpice. Piganiol a donc commis une erreur en affirmant que lenom de clos Saint-Sulpice a été appliqué au Clos-aux-Bourgeois; pour être dans le vrai, 11 faut étendre aux

territoires seulement cette identité d'appellation.

Ÿ Parmi les plans du clos qui proviennent des Quesnel, assisté de Claude Vellefaux, dont il porte archives de la Grande Confrérie, il s'en trouve un les signatures. On le trouvera plus loin, au chapitre (cart. S 882), fort curieux et entièrement inédit, que nous consacrons à l'origine du palais Médicis. que nous avons faitreproduire. Levé à l'occasion de ? Fol. 108 r°. C'est à propos d'un don de contestations provoquées par l’abbaye Saint-Ger- cinq quartiers, fait à la Confrérie, audit lieu du main-des- Prés, il représente l'état des lieux au Châtelet, par Hue le Borgne; la date n'est point mois de mars 1615. Il a été exécuté par François mentionnée.

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XUE FÉROU.

La rue Férou, qui commence aujourd'hui à la place Saint-Sulpice, commencait jadis à la rue du Vieux-Colombier : elle finit à la rue de Vaugirard.

Elle comptait au nombre de ces voies qu'on appelait collectivement el mème isolément, avant le milieu du xvi siècle, les ruelles Saint Sulpice. Nous la trouvons énoncée rue Saint Sulpice, dans un titre de 1517, le premier que nous puissions citer où elle soit certainement désignée: elle a été nommée ensuite rue Férou, à cause du grand clos qu'elle longeait et qui appartenait à Étienne Férou, sieur de Frétoiseau, procureur au Parlement, lequel mourut avant 1547 et fut un des transformateurs du quartier. Une pièce de terre, qu'il aliéna le 14 mars 1542. est dite dans le texte du bail aboutir « par devant sur une rue qui sera nom-

+ mée rue Férou ©), » et ce vocable a effectivement été cons: ré depuis, non sans

éprouver quelquefois les modifications d'orthographe habituelles : ainsi, on lit rue Farrou dans une transaction de 1555, etrue de Ferron dans le censier de 1595. Il est arrivé de plus que, par confusion avec l'impasse qui en était voisine, la rue Férou a été dénommée rue des Prétres. Les titres relatifs à une maison qui était située près de l'église Saint-Sulpice, et dont la principale façade donnait rue Servandoni, nous ont fourni, entre autres, une preuve très-authentique, datant de l'année 1620. Au reste, la synonymie est affirmée dans des documents de 1608, 1617 et 1627, où il est question de la crue des Prestres, autrement dit + Férou.» et de la crue Férou, ey-devant ditte des Prestres. » Nous croyons qu'on s'exprimait ainsi dès 1593.

Le 26 mai 1401, Pierre Morissel vendit à Lorin (alias Laurent) Gauldry, boucher et bourgeois de Paris, une pièce de deux arpents sur le chemin (la rue) de Vaugirard, et à ces deux arpents Gauldry en ajouta deux autres. Le tout forma uu clos qu'on appela le cloz Lorin Gauldry, » et dont les archives de l’abbaye offrent plusieurs mentions, que les historiens n'y ont point remarquées. Le clos Gauldry, augmenté d'autres terrains el acquis en 1505 par M° Adam Fumée, sieur des Roches, maître des requètes de l'Hôtel, fut par lui cédé, avec ses dépendances, le 28 avril 1517, à Christophe de Brilhac, archevèque de Tours, qui, le Q février 1518 (n.st.)5, l'abandonna à Étienne Férou. Gelui-ci, faisant de cette

sropriété un objet de spéculation, la bailla par parcelles à divers particuliers, prof ] Ï pars] I

Le titre n'est point passé dans nos mains; nous ne le citons que d'après un mémoire imprimé

en 1767, dont il y a un exemplaire aux Archi

nationales (cart. Q 1292), et qui fut rédigé à

propos d'un procès entre la Ville et les créanciers

des Jésuites.

I ne serait point impossible que la rue dont

il est question fût celle qui est devenue plus tard

l'impasse Férou.

Reg. d'ensaisinements de 1530 el

fol. 32 v°, Arch. nation. portefeuille S 3006. La

date de la cession faite à Férou est très-précise el implique une erreur dans le Gallia, où on lit que

Christophe de Brilhac mourut le 10 mai 1517.

RUE FÉROU. 143 qui y bâtirent, et le clos où, en 1542, existaient + d'ancienneté» trois maisons, disparut promptement sous les constructions. La rue prit alors une importance qu'elle était loin d'avoir jusque-là, et on la considéra même, en quelque sorte, comme une voie neuve; aussi la trouve-t-on appelée, en une transaction de

1560, «rue faicte de nouvel.»

Le clos Férou comprenait d'abord le clos Gaudry, c'est-à-dire une pièce de onze quartiers, que représente indubitablement l'ilot renfermé entre les rues Férou, de Vaugirard, du Pot-de-Fer, et l'impasse Férou, récemment fermée; le reste du clos Férou consistait en d'autres terrains correspondant aux maisons situées au nord de l'impasse, et le long de la rue Férou jusqu'au coin de la rue du Vieux-Colombier 0, Cette seconde partie du clos Férou, suivant les archives de l'abbaye, avait été vendue, en 1267, par Guillaume Lesnelle et Pétronille, sa femme, au curé de Saint-Sulpice ; et elle avait été cédée, en 1305, par Ysabeau de la Cour, femme de Jean de Baney, à Guillaume de Suey. Elle avait ensuite appartenu à M° Pierre Veault et à Jehan Rat. Nous avons reconnu que les limites du clos, vers le nord et l'ouest, d'ailleurs très-diMficiles à fixer, coïncidaient avec celles du grand séminaire de Saint-Sulpice, avant qu'on y annexät le petit séminaire. L'ensemble du clos, ainsi restitué, donne une superficie d'environ cinq arpents, équivalente à celle qu'il présentait jadis. Nous sommes dans l'impuissance de préciser davantage, par suite de la déplorable insuflisance des documents, qui ne nous permeltent point de discerner l'état ancien sous l’état moderne. Il n'y a, dans les archives de l'abbaye, aucune transcription des baux de morcellement du clos Férou, de l'hôtel de Garancière et des propriétés de Henri du Verger, de

sorte que la transformation de toute la région au xvr siècle est impossible à suivre.

? Dans l'acte du 9 février 1518 (ou 1517 v.st.), la propriété est décrite en ces termes : «C’est as- “savoir : uné maison, court, cave, puys, jardin, “pourpris et appartenances des dicts lieux, ainsi que (ils se) poursuivent el comportent; conte-

“nant lroys quartiers ou environ, à incl Ger-

main des Prés lez Paris, en la grand’ rue Sainet «Sulpice, près, devant et à l'opposite de l'esplise « Sainct Sulpice; tenant d’une part etayans yssuesur «le cymetière d’icelle esglise; d'autre part, du costé «du puys, deversle dict Sainct Germain, à Geuffroy «Landier, aboutissant d’un bout au mur du jardin qui fust feu messire Jehan Ra; en la censive des «religieux, abbé et couvent de Sainct Germain des «rez, et chargés envers eulx de trois solz parisis de «cens, etencore chargés envers les hoirs feu Jacques «Jacotin les Cordons de soixante solz parisis de

«cens (et) rente rachelable, Item, certaine pièce de

«terre contenant dix sept piedz de largeur et autant «par hault, et de longueur trente neuf Loises, mon- “lant ensemble (à) unze perches trois quars ou en- «viron ; tenant d’une part, en partie, ans dictes mai- “sons el jardins dessus déclarés: d'autre part, el «d’un bout par bas au dit Geufroy Landier et Macrion, sa femme, et d'autre bout à Guillaume Gil- «bert, tout le long de la muraille, et faisant por- «lion de demy arpent de terre on envyron assis au “dict lieu; les dites unze perches trois quars ou environ franches et quictes de toutes charges. “parce que le seurplus les en acquite. Item. une “autre pièce de terre contenant cinq arpens et plus capellée le cloz Lorin Gauldry, tenant d'une part aux hoirs feu Henry du Verger, d'autre part à la rueSainet Sulpice, aboutissant d'un bout au chemin

#de Vaugirard, d'autre part... en la dicte censive

#du diet Sainct Germain des Pre

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