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Entre les rues des Canettes
et Beurrière
moment de son exécution, il y avait déjà plusieurs mois que ses biens étaient confisqués, puisque le cardinal de Tournon. abbé de Saint-Germain, en avait été mis en possession dès le 12 mai précédent. La réunion des maisons que Gentils
possédait sur la rue du Four et de celles qu'il y avait annexées sur la rue des
Caneltes formait une propriété considérable. Le cardinal ne la garda point: il sen défit, le 20 septembre 154%, en faveur de son neveu Juste de Tournon, comle de Roussillon, d’où est venu le nom d'hôtel de Roussillon, qui lui a été donné, Le 19 avril 1619, Henri Juste, baron de Tournou, fils du précédent, devant de fortes sommes aux nommés Pierre Germain et Claude Saulhier, marchands lyonnais, leur vendit l'hôtel de Roussillon au prix de quarante-deux mille livres 0. Ceux-ci firent abattre l'hôtel et en baillèrent le terrain à bâtir, en ouvrant deux voies nouvelles, les rues Princesse et Guisarde, que nous avons vues mentionnées dès le mois d'octobre 1621. La maison faisant le coin occidental de la rue du Four a eu pour enseigne le Grand-Moise (1628-1690).
Mason sans désignation (1595), morcellement de la suivante.
Maisox sans désignation, faisant le coin oriental de la rue des Canettes. Au commencement du xv'sièele, elle appartint à Martin Gouge, dit de Charpaigne, évêque de Chartres, puis de Clermont, et elle passa ensuite au président du Parlement Yves de Scepeaux. En 1523, on la qualifiait de grange, et elle était depuis peu divisée en deux dans le sens de sa profondeur. En 1543, elle avait pour enseigne l'Image-Shint-Maurice, rappelant le prénom d'un de ses propriétaires, Maurice Moye, qui la possédait en 1534 et la tenait de maître Léon le Gentilhomme. A la fin du xv siècle, la maison de lmage-Saint-Maurice proprement dite formait deux propriétés distinetes sur la rue du Four. Celle du coin, en 1698, était à son tour subdivisée en trois. dont deux étaient situées dans la rue des Canettes, et la troisième faisant front sur la rue du Four. Gette dernière avait alors pour
enseigne le Corbeau.
Mason De L'ImaGr-Sanr-Cunisropue (1/1413-1628), faisant le coin occidental de la rue des Canettes, On la confondait souvent avec la suivante, dont elle était séparée, en 1628, par une maison dite la Chaumière, dépendance d'une des pro-
priélés contiguës. En 1595. elle aboutissail encore à la maison du Chef-Saint-
Jean de la rue des Canettes; mais, en 1698, elle avait été morcelée, et, entre la
maison du Chef-Saint-Jean et celle du coin, il s'en trouvait trois autres qui ont eu pour enseignes, la première (vers le midi), la Folie; la deuxième. les Deux-Haches (1687), et la troisième, Sant-Claude. Une portion du jardin de Fa maison de l'Image-Saint-Christophe fut aliénée, dès 1529, par le propriétaire, et paraît se
rapporter au plus grand des deux corps d'hôtel de la maison de la Folie.
Arch. nat. cart, S 2849
RUE DU FOUR. 163 Mason pe «ra Fourve» (1513).
Maison sans désignation en 1513, et dite dans la suile nôrex pe Viens (1687). Mason sans désignation en 1593, puispes Trois-Roirs (1547-1687). Au xvir siècle, elle formait trois maisons, dont la première a eu pour enseigne le Chariot-Roupe (1628), la deuxième, les Trois-Roïs ct la Volle-de-Beroerac (1 687), et la troisième, la Croix-Blanche, autrement le Pavé-Rompu (1685). Elle s'était alors agrandie de la partie postérieure de la maison suivante.
Maisox sans désignation (1523). Au xvi siècle, elle parait avoir été divisée en
deux, et appartenait à l'abbé de Saint-Germain-des-Prés.
Mason dite, en 1523, formée de trois autres. Elle a eu pour enseigne LES Taois-Croissanrs (1592), puis LE Graxn-Moxanque (1687). C'était une propriété de lHôtel-Dieu dès 1523. En 1698, un de ses corps d'hôtel, constituant une propriété particulière, la séparait de la suivante.
Musox sans désignation en 1523, puis pe L'Imace-Savr-la-Barrisre ( 1595), aboutissant à la précédente.
Maison pe L'Iace-Sanr-Pienre (141 7-1534), puis pe 14 Crocne-Perse (1543- 1687). Elle avait été élevée sur deux pièces de terre, et formait deux maisons en 1595 et 1680. À celle dernière date, la seconde maison avait pour enseigne le Bras-d'Or. Sur son emplacement existait, en 1456, une grange à l'état de masure et distincte de la maison de lImage-Saint-Pierre.
« Hosrez pu Four-Bann » (1456), où masox pe La Conxr-ve-Crnr (1929- 1688), faisant le coin oriental de la rue Beurrière et Sétendant le lons de cette rue jusqu'à celle du Vieux-Colombier. Ce four banal de l'Abbaye est celui qui à donné son nom à la grande rue du bourg Saint-Germain. À la fin du xvr siècle et au commencement du xvu*, la maison où il avait existé appartenait à maître Guillemin, auditeur de la Chambre des comptes. De [à vient que la rue qui, vers 1631, fut percée sur une partie de son terrain, et qui l'a séparée de la précédente, a été appelée rue Neuve-Guillemin, où simplement Guillemin, autrement de la Corne.
Il est fait mention, dans une charte de 1271, de la maison faisant le coin de la rue du Four et de la rue Beurrière; mais nous ignorons sil s'agit de. celle-ci ou
de la suivante. Le four existait dès 1290, el parait avoir été supprimé avant 1/72.
Maison sans désignation (1523), faisant le coin occidental de la rue Beurrière. Elle renfermait plusieurs corps d'hôtel qui, vers 1610, étaient devenus trois maisous distinctes : la deuxième avait alors pour enseigne l'Écu-de-France, el la troisième, l& Téte-Noire (1602). Il Sy trouvait une bergerie en 1543.
Maison DE La Fonrane (15431 623), aboutissant à la rue du Vieux-Colombier. En 1687, elle était divisée en deux parties, dont l'une avait pour enseigne la Villed'Épernon. Cette maison à conservé jusqu'à nos jours son ancienne enseigne, bas-
la rue Beurrière el le carrefour
de la Croix-Rouge
relief en pierre, placé au-dessus de la porte, et exécuté au commencement du
vi siècle. Nous en donnons iei la reproduction"?
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PR
\uson pe La Vure-Fonrane (1595), ou Perrre-Fonrane ( 1687), aboutissant
à la rue du Vieux-Colombier. Avec la précédente et la suivante, elle ne consli- Luait, en 1523, qu'une mème propriété, énoncée qui «soulloit estre deux mai- * SOIIS. ”
Maisox pu Sourecer-Verr (1595), morcellement de la précédente. Cette maison est la dernière de celles que lon construisit sur le terrain large de trente toises, qui fut baillé, en 1511, par Liénard-Baudart à Vaucombert, et qui est dite faire le coin de la rue de Vrolande. (Voir Rue Beurrière.)
\uson sans désignation en 159, puis pe La Saramannne (1628-1690).
Mason sans désignation en 159b. puis pe LImace-Norne-Daue (1628), qui aboutissait primitivement à la rue du Vieux-Colombier; la partie donnant sur cette rue formait une propriété distincte dès 1603.
Mason pes Quarre-Vexrs (15995), faisant le coin du carrefour de la Croix- Rouge, et s'étendant sur la rue du Vieux-Golombier. Au xur siècle, elle à été Rennes, cette enseigne de la Fontaine a été recueillie
I y a quelques années, lors de la démolition et transportée à l'hôtel Carnavalel. — ur. v
de celle maison pour le percement de la rue de
RUE DU FOUR. 165 divisée en trois propriétés, qui eurent pour enseignes, la première, les Quatre- Évangélistes ; la deuxième, les Quatre-Éléments, et la troisième, les Quatre-Vents.
La maison des Quatre-Vents et les deux précédentes ne formaient d'abord qu'une grande propriété qui renfermait une maison, des jardins, une tuilerie, et fut baullée, de 10 avril 1388, à Bélot-Mahieu, marchand de Paris. En 1534, une seconde maison était déjà bâtie sur le terrain de la tuilerie, encore mentionnée en 1547; le morcellement eut lieu peu après. En 1428, elle est dite occuper tout l'ilot jusqu'à la rue Beurrière; à faut en conclure qu'elle était alors plus vaste qu'un siècle auparavant; car, au mois d'octobre 1315, lorsqu'elle fut vendue par Pierre de Montreuil et Isabelle, sa femme, à Étienne Domont, chantre de l'abbaye, elle aboutissait à l'hôtel de l'évêque de Rodez, qui doit être la propriété bordant
la rue Beurrière.
CARREFOUR DE LA CROIX-ROUGE. Ce lieu est appelé le «bout de la ville» dans le rôle de la taille de 1292, «le chief de la ville» dans le même document.
5 et 1415, et «l'entrée de la ville» dans
ainsi que dans d'autres de 1319,1 un acte de 1531. C'est là, en eflet. que se terminait le bourg Saint-Germain. Nous trouvons, dans des titres de 1400 et 1/41, la mention d'une porte placée en cet endroit; elle fermait apparemment la rue du Four, et était déjà ancienne alors, puisque, dans une charte de 1377, une vieille grange est dite située «au « bout de la ville Saint-Germain ,oultre la vielle porte et carrefour, devent le Grez 1. Au xv° siècle, le carrefour de la Croix-Rouge était assez souvent nommé carrefour de la Maladerie, non pas. assurément, à cause du voisinage des granges aux malades de Naples, comme Fa pensé Jaillot, mais bien à cause du chemin de la Maladerie, ou rue de Sèvres. Une raison analogue, la proximité du chemin de la Justice, parait être le motif pour lequel le carrefour a 616 aussi nommé « carrefour «de la Justice» (1529). Nous n'avons, en effet, jamais rencontré la moindre indication des prétendues fourches patibulaires qui se seraient élevées là, suivant Jaillot, Landis que nous connaissons une foule de documents faisant allusion à celles de Grenelle.
Le carrefour de la Croix-Rouge s'appelait encore «le carrefour de la grant rue (1531), «le carrefour du Four» (1535), et tele carrefour du Jeu de boules» (1531). Cette dernière désignation, extrêmement commune dans la première moitié du xvr siècle, provenait d'un + boullouer» dont il est indirectement question dans les archives de l'abbaye, de 1492 à 1543, mais sur la disposition et même Femplacement exact duquel nous n'avons point obtenu d'éclaireissement. I est très-probable que ce n'était point une construction; c’élait simplement un lerrain qui, préparé pour le jeu, s'étendait le long de la rue de Sèvres; car, des
Nous ne savons ce qu'il faut entendre par ce mot. S'agirait-l de quelque borne ou + gros caillou?-
dE RE dE SE 7
maisons formant les coins du carrefour, 1l n'en est aucune que les Uitres déclarent contiguë au jeu de boules, et nous voyons que, en 1535, une propriété, située à l'encoignure des rues du Dragon et de Grenelle, a été énoncée «au heurt du car- «refour au dessoubz du heu appelé le Jeu de boulles. » Le jeu de boules était done un emplacement, une aire, plutôt qu'une bâtisse quelconque.
Une croix monumentale, peinte en rouge, est, dit-on, la cause du nom que porte actuellement le carrefour; toutefois nous n'avons jamais obtenu la preuve que celle croix ait réellement existé, et la lacune existant dans les archives de l'abbaye nous a empêchés de vérifier si le carrefour doit réellement son nom à une croix qui en aurait occupé le centre. Ne le doit-1l pas bien plutôt à l'enseigne de la maison formant le coin de la rue de Sèvres?
Quoi qu'il en soit, la première indication de la « Croix-Rouge,» monument ou enseigne, que les documents nous aient offerte, date de 1377, et nous doutons lort que l'origine en soit beaucoup plus ancienne, parce qu'il n’en est point parlé dans les nombreux titres antérieurs à 155o, relatifs à la localité. Sur le plan de la Tapisserie, dont l'inexactitude, en ce qui touche les fauboures, est d'ailleurs assez grande, le carrefour est représenté avec une croix au milieu; mais peut-être est-ce là une invention du dessinateur, qui s'en est permis plusieurs autres. Dans tous les cas, il serait imprudent de rien conclure du fait, altendu que, sur le plan de Braun, publié en 1595, à la place de la croix on remarque un arbre, et il est certain qu'on constate l'existence d'un arbre planté au carrelour, longtemps avant celle d'une eroix quelconque. Get arbre était nommé « FOrme du Four, » en 1489, et il servait à dénommer Fun des coins de la rue du Cherche-Midi, qu'on trouve appelé «la Pointe de lOrme,» en 1372 et1355. Sur le plan de
Quesnel, un arbre est encore figuré au milieu du carrefour P, et l'enseigne de la
Croix apparaît suspendue à la maison du coin de la rue de Sèvres, ce qui achève
de nous persuader qu'on s'est mépris jusqu'ici sur l'origine du nom que porte le
carrelour ?.
On le retrouve sur le plan de Gomboust, où il est placé à l'extrémité de la rue du Four.
Une croix monumentale en pierre n'eûl assurément point été peinte en rouge, et l'on n'aurait point barbouillé de cette couleur une croix en bois seulpté. L'hypothèse que nous rejelons implique done que la croix en question n'eût consisté qu'en une menuiserie grossière, comme ces croix de mission qu'on voil encore dans les campagnes et qui
datent de la Restauration. Dans le riche faubourg
Saint-Germain, à l'époque où s'épanouissait la Renaissance, il est peu probable qu'on se füt contenté d'un pareil insigne. — 4. 8.
En l'absence de tout dessin authentique et de loute figuration contemporaine, vraiment digne de foi, nous avons pensé à reproduire les divers aspects du carrefour, tels que les anciens plans les donnent. La vieille notoriété de ce point de Paris, appelé à perdre prochainement sa physionomie primitive, exi-
geait au moins ce geure de représentalion.— L.m.r.
DNOEMMO LS
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