SCÈNE II
L'HOMME, seul, les yeux fixés sur la lettre.
— Une flotte en Gascogne...
Une armée en Piémont... — Des agents à Madrid...
Relevant la tête.
De son côté la. reine a des plans dans l'esprit.
Rêvant.
Mais cette jeune fille ! astre hors de sa sphère,
Comment se mêle-t-elle en cette sombre affaire ?
Ce Mazarin n'est bon qu'à tout corrompre. Rien
Dans cet homme ! — Oh ! les rois ! comme ils choisissent bien
Leurs ministres ! — S'il est, quelque part, dans un bouge.
Un noir faquin rêvant une soutane rouge.
Fourbe léchant d'abord ceux qu'il mordra plus tard.
Un faux prêtre, un faux noble, à l'âme de bâtard,
Qui fasse, peuple et roi, tout passer par son crible.
Et dont l'esprit ne soit qu'un dissolvant terrible.
C'est lui qu'ils vont chercher, Bourbons comme Valois !
Pour bien nourrir le peuple avec de bonnes lois,
Pour faire vivre tout, le trône et le royaume,
Ils lui livrent l'état, du Louvre jusqu'au chaume.
Du haut jusques en bas, de la cave au grenier,
Et d'un empoisonneur ils font un cuisinier !
Rêvant, les yeux sur la lettre.
Certe, — en cas de succès, — sans guerre et sans campagne,