SCÈNE VIII LE COMTE JEAN, TAGUS
TAGUS
Merci, maître ! Sans toi j'étais pendu. Merci ! Je te dois d'être libre. Ils me l'ont dit ! Aussi, Mon maître, écoute bien : le bohème, homme fauve. Vit pour qui le fait vivre et meurt pour qui le sauve. Eh bien ! je suis à toi. Va, je te suis partout. Prends le bout d'un fer rouge et je prends l'autre bout. Et je dirai : Voyez ce digne gentilhomme ; Je l'aime, car sans lui je ferais un fier somme ! Sans lui, le vent du soir au gibet me berçant, Comme pris aux cheveux par un arbre en passant. Dans un enclos fermé de livides murailles, J'effleurerais du pied la pointe des broussailles ! — Je t'appartiens.
LE COMTE JEAN
C'est bien. Je compte aussi sur toi, TagiTS. Va maintenant.
TAGUS
Mais le Louvre est au roi, La barsique est à nous. Il faut que je l'emporte.
Il se met à démolir lestement la baraque, arrache les perches, défait les tentures et charge le tout au fur et à mesure