‹ TorquemadaChapitre 132 sur 176 · ACTE PREMIER — SCENE VIII · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER — SCENE VIII

dans la petite charrette à bras, où il entasse également table, chaises, grosse caisse et tout leur mobilier de saltimbanque. — Le comte Jean pensif le regarde faire.

LE COMTE JEAN

OÙ te retrouverai- je ?

TAGUS, tout en travaillant à son déménagement.

A côté de la porte Baudoyer, au logis de l'Orme Saint-Gervais.

LE COMTE JEAN

Bien, dépêche.

TAGUS, s'interrompant.

A propos, les sergents sont mauvais.

Ils brillent fort de loin, mais quand on les approche...

Il tire de son haut-de-chausses un papier qu'il donne au comte Jean.

. Maître, je n'ai trouvé que ceci dans leur poche.

LE COMTE JEAN, dépliant le papier et le lisant à la lunûère de la lanterne allimiée au coin de rue.

« Vous pouvez vous fier au porteur du présent. »

— Signé Mazarin. — Oui ? Mais, dans un cas pressant.

Cela peut fort servir.

Il serre le papier dans sa poche. Pendant ce temps-là Tagus a fini. Toute la baraque est sur la charrette. Il s'approche du comte Jean et lui prend la main.

LE COMTE JEAN

Pars.

Tagus s'attelle à la charrette et sort en la traînant. Dès qu'il a disparu, le comte Jean regarde vers le coin de la place que Guillot-Gorju lui a indiqué.

Rien encor !... —

Revenant sur le devant du théâtre.

Peut-être...

Mais non.

Trois coups frappés dans la main se font entendre dans l'obscurité.

C'est le signal ! Enfin !

Élevant la voix.

Dieu seul est maître.

Compiègne et Pierrefonds ! —

Une femme, toute jeune fille, en noir, avec un long voile de dentelle noire, sort, au fond de la place, de l'angle désigné par Guillot-Gorju, et s'avance avec précaution et à pas lents vers le comte Jean.

Page 1