‹ TorquemadaChapitre 137 sur 176 · ACTE PREMIER — SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER — SCÈNE IX

ALIX

Il souEre tant !

Ayez pitié de lui.

LE COMTE JEAN

Son visage, pourtant, Vous ne Tavez pu voir, madame.

ALIX

Je le rêve.

LE COMTE JEAN

Et rêvez-vous aussi l'échafaud et la Grève,

Les juges effrayants, pourvoyeurs de tombeaux,

Et les arrêts de mort qu'on vient lire aux flambeaux ?

ALIX

Il faut que je le sauve ou bien que je succombe. Dieu le veut. J'ouvrirai son cachot — ou ma tombe.

LE COMTE JEAN

Oh ! n'allez pas plus loin — pour mourir, je le sai, — Dans ce projet sinistre, impossible, insensé ! Par tous vos parents morts, par leui âme et la vôtre. Par le lien obscur qui nous joint l'un à l'autre. Moi vieillard tout à l'heure et vous encore enfant. Je vous en prie, Ahx, — et je vous le défend I

ALIX

J*entends la voix d'en haut m'ordonner le contraire. Et, qui que vous soyez, je ne puis m'y soustraire. Votre défense est vaine. — Écoutez, mon ami ; Quand ma mère, cet ange avant l'heure endormi. Quand monsieur le marquis Paul de Créqui, mon père, Sortirait de la tombe exprès pour me la faire, Me pardonne le ciel, je n'obéirais pas ! '

LE COMTE JEAN

Eh bien, allez ! Dieu sait où vous mènent vos pas. Je n'ai plus rien à faire à présent que vous suivre. Vous aimer, vous aider, et ne pas vous survivre.

ALIX

Je vous attends demain.

LE COMTE JEAN

L'heure ?

ALIX

Minuit.

LE COMTE JEAN

Le lieu ?

ALIX

Derrière l'arsenal.

LE COMTE JEAN

J'y serai.

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