‹ TorquemadaChapitre 156 sur 176 · ACTE II — SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II — SCÈNE IV

M. DE LA FERTÉ

Voyons.

H pénètre par la petite ouverture dans le caveau noir. p

ALIX, à part

Tout est perdu.

Le soldat a marché derrière le gouverneur, le suivant de près, et au moment où M. de la Ferté disparaît dans le caveau voisin, le soldat ramène vivement la plaque de la cheminée qui se ferme avec bruit, puis arrachant sa perruque blanche et son bandeau noir, il se tourne vers Alix. Tagus et le Masque stupéfaits. C'est le comte Jean.

LE COMTE JEAN

Tout est sauvé. C*est moi !

Le geôlier vous trompait et vous manquait de foi Cette nuit.

Au Masque.

VOUS dormiez.

Montrant Tagus.

avec lui, mon fidêie.

J'ai scié les barreaux, j'ai préparé réchelle. Maintenant tout est fait. Sous clef la garnison ; Le gouverneur sous clef ; le geôlier en prison ;

Au Masque.

Et VOUS en liberté. — Partons.

Explosion de joie. Alix court au comte Jean et lui prend les mains qu'elle presse sur son cœur.

LE MASQUE, avec effusion, au comte Jean.

Dieu vous le rende !

TAGUS

Ah ! je comprends !

ALIX

Merci !

LE COMTE JEAN

Ma joie est aussi grande Que la vôtre.

ALIX, lui baisant les mains.

Ami !

LE COMTE JEAN

Mais hâtons-nous, c'est pressé.

Il coupe avec son poignard les cordes qui attachent Tagus, puis il ramasse l'échelle de corde qui est restée à terre.

L'échelle à la fenêtre !

II court attacher aux barreaux de la croisée l'échelle de corde qu'il fait pendre au dehors.

T/iGUS, prenant sm: la table les clefs du cachot où est '

enfermé le gouverneur.

Et les clefs au fossé !

Il jette les clefs par la fenêtre.

LE MASQUE, au comte Jean.

Vite ! ôtez-moi ce masque !

Page 1