‹ TorquemadaChapitre 69 sur 176 · DEUXIÈME PARTIE — ACTE II · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE — ACTE II

LE MARQUIS

Roi, les juifs passeront leur vie à vous bénir.

LE ROI

Je veux de leur argent et non de leurs prières. Leur bénédiction m'insulte.

LE MARQUIS

Roi, vos pères Trouvaient bon de régner sur eux. Les juifs chassés. C'est un peuple de moins dans le royaume.

LE ROI, impérieusement.

Assez !

Il s'agit bien d'un peuple ! il s'agit d'une fille. Depuis qu'entre elle et moi j'ai fermé cette grille, Je ne dors plus, j'en rêve, il me la faut. Ah çà. Je suis plus que jamais amoureux de Rosa. Que viens-tu me parler politique ! Je penche Tout entier du côté de l'amour. Et don Sanche ? Est-il moine enfin ?

LE MARQUIS

Non.

Les échafauds sont prêts.

S'il refuse. Il mourra. Je les ai mis exprès Tous deux dans deux couvents de la ville où j'habite. Pour les avoir toujours sous la main. La petite Au cloître Asuncion, et lui sous les verroiis

Du couvent Saint-Antoine, où don Jayme le Roux, Mon aïeul, enferma jadis son fils rebelle. Don Sanche sera prêtre, et moi j'aurai la belle. Je vais reprendre Rose.

LE MARQUIS

Et le nouvel édit Sur les couvents ?

LE ROI, étonné.

L'édit ?...

LE MARQUIS

Est déclaré bandit.

Traître et pervers à Dieu, parricide, anathème. Quiconque ose en un cloître entrer, fût-ce vous-même, Pour y mettre la main sur qui que ce soit.

LE ROI

Hein?

Regardant fixement le marquis.

J'entre et suis roi partout. Le moment est prochain Où je vais ressaisir l'infante. Je diffère, Mais j'achève. A moi Rose !

Ah ! vous aurez affaire...

LE ROI

Affaire à qui ?

LE MARQUIS

Mais...

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