DEUXIÈME PARTIE — ACTE II
LE ROI
Dis. Parle.
LE MARQUIS
A Torquemada.
LE ROI
Moi, le roi !
LE MARQUIS
Lui, le grand inquisiteur !
LE ROI
Oui-da !
LE MARQUIS
Seigneur, l'église en lui s'incarne. S'il se fâche...
LE ROI
Eh bien ?
LE MARQUIS
L'église prend facilement, et lâche Malaisément. Il est l'inquisiteur. Il est Chargé de maintenir les couvents au complet. Pas une nonne, pas un moine, que la fraude Ou la force lui puisse arracher ! Sire, il rôde Montrant les dents, autour des cloîtres, mordant tout. Fauve, et tous ces agneaux sont gardés par un loup. Le roi n'attaque pas le prêtre s'il est sage. Sire, Torquemada vous barre le passage.
Il fait échec au roi, bien que vous en ayez.
LE ROI
Ce n'est rien. C'est un homme à corrompre.
LE MARQUIS
Essayez.
LE ROI
S'il me plaît de dompter ce moine...
LE MARQUIS
Essayez, sire.
LE ROI
Je puis prodiguer tout ce qu'un homme désire. Et toujours devant moi le plus fier s'inclina. Et d'abord, pour venir à bout d'un prêtre, on a... Les femmes.
LE MARQUIS
Il est vieux.
LE ROI
Les dignités, la mitre, La pourpre, un diocèse, une grandesse, un titre. Les honneurs.
Sire, il veut rester moine.
LE ROI
L'argent.
LE MARQUIS
Sire, il veut rester pauvre.
LE ROI, pensif.
Oui, vieux, humble, indigent Cet homme est fort. —